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{ort difficile ; il a été créé en 1700 et communique avec Narbonne par nn canal maritime.
— Agde, sur l'Hérault et à l'embouchure de l’une des branches du canal du Midi, possède un port fondé par le cardinal de Richelieu, qui est très-sûr et commerçant, mais qui ne peut recevoir que des bâtiments de 200 tonneaux.
Au Sud de la pointe élevée qu'on appelle le cap d'Agde, est le fort Brescou, qui défend ces parages, — Celle, situé sur une hauteur assez élevée, qui se trouve sur le bourrelet de l'étang de Thau et à l'embouchure du canal du Midi, à un port sûr, commode, trés-commerçant et bien défendu; sa fondation ne remonte qu'à 1666. De vastes marais salants sont établis aux environs de Cette. — Aigues-Mortes comm ique avec la mer par le canal de la Grande-Koubine, qui aboutit au grau d'Aigues-Mortes, où est aujourd'hui le port de cette ville, en face duquel est une bonne rade, Saint Louis s'embarqua à Aigues-Mortes, en 4270, pour la croisade de Tunis; il avait acquis cette ville, en 1248, et y avait créé un port, qui est aujourd'hui comblé par la vase. — Arles est un port de commerce encore assez considérable, quoique déchu de son ancienne importance. — Bouc est un port de commerce et un excellent refuge par les gros temps et pendant la guerre. — Les Martigues ne sont qu'un port de pêche.
La mer Méditerranée et les étangs qui la bordent sont très-poissonneux ; les principales espèces que l’on y pêche sont : l’auge, variété de raie, la baudroie, les soles, les carrelets, les pineaux, les cabottes, les congres, les belugons, le pilot, la liche, le miraillet, la vive, la sardine, la mélette et surtout l’anchois et le thon. L'anchois se pêche principalement sur les côtes de Provence et de Corse, à Antibes, Fréjus, Cannes et Saint-Tropez; là aussi on l’embarille dans la saumure pour le vendre à la foire de Beaucaire. La mélette est l’objet d'importantes salaisons pour les classes pauvres du Midi. Le thon est pris sur les côtes de la Provence et de la Corse ; ce poisson mariné est l’objet d’un commerce considérable. Le corail, qui est employé dans la bijouterie, est pêché dans les golfes de Cassis, de la Ciotat et d'Ajaceio
Les côtes de Provence ® et du comté de Nice.
La côte de France sur Ja Méditerranée change
1. C'est le cardinal de Richelieu qui à établi Le nouveau port d'Aigues-Mortes en faisant ouvir le grau,
* Launr, les côtes de Provence, dans la Revue des Deux Mondes des 4° mars, 15 mai et 1° juin 4847. — Vay, aussi les notes explieatives des cartes de l'Hydrographie française,
de caractère à partir du cap Couronne. Dés lors elle devient rocheuse, élevée, bordée de mornes grisâtres et très-découpée; elle présente partout des golfes, des rades, des presqu'iles, des caps et des iles. Le littoral de la Provence est aussi abondamment pourvu de ports et d’abris excellents, que la côte linguedocienne en est dépourvue.
Le premier golfe que nous ayons à mentionner est celui de Marseille. On entre ensuite dans le golfe de Cassis; puis en doublant le bec ou cap de l'Aigle, remarquable par ses escarpements jaunâtres, nus et coupés à pie,
arrive au golfe sablonneux de la Ciotat.
A VE, du cap de l’Aigle, est l'ile Verte, attaquée, en 1812, par les Anglais, qui furent repoussés. Plus loin est la baie de Bandol, où Joseph Vernet à placé la scène de son tableau de la pêche du thon; la rade de Bandol est peu spacieuse, mais elle offre un bon abri aux grands comme aux petits bitiments, Les vaisseaux de guerre et les navires de commerce trouvent aussi, dans la baie de Saint-Nazaire, l'excellente rade de Bruse, située au N.-E. de l'ile des Embiez. La rade de Bruse, par la facilité de son accès et la sûreté de son mouillage, est, sans contredit, l'un des points de relâche les meilleurs de la côte de Provence,
Depuis ce point, la côte est très-élevée et présente bientôt : le cap Sicié, haute montagne dont les flancs boisés et sombres descendent rapidement jusqu'à la mer, le cap Cépet ct la rade de Toulon. Au delà, est la presqu'île de Giens, étroite, bordée de plages sablonneuses, excepté au Sud, où son littoral est rocheux et élevé. Dans toute son étendue, la presqu'île est couverte par l'étang du Pesquier, qui communique, à l'Est, avec la rade d'Hyères par une espèce de grau appelé le Gras-Passage et qui rappelle l'aspect des côtes du Languedoc. Le rivage méridional de la presqu'île de Giens, haut et rocheux, se termine, au S.-0., par les grands escarpements du cap Escampobariou, et, au S.-E., par le cap d'Esterel, La presqu'ile forme deux excellentes rades : à l'O., la rade de Giens, abri sûr et d'une bonne tenue; à l'E., la rade d'Hyéres. Le rivage de la rade d'Hyères est sablonneux ot couvert de marais, de salines et d'étangss il offre cinq bons mouillages, celui des Salines entre autres, très-sûr ct illustré par le débarquement de saint Louis au retour de sa première croisade, « La rade d'Hyères sert de rendez-vous aux escadres d'évolution de la Méditerranée, de champ d'exercice à nos équipages, de point de départ et de ralliement
à nos grandes expéditions, en un mot, de complément à l'établissement de Toulon.» La rade d'Hyères est fermée, au $.; par trois îlots rocheux et nus, appelés Porquerolles, Portcros et l'île du Titan ou du Levant; on les désigne sous le nom d'iles d'Hyéres (Stæchades insulæ). Leur rivage est découpé et présente une multitude de petites criques appelées calanques. — Six forts défendent la rade d'Hyères : le fort Brégançon, sur le rivage de la rade même ; le fort du Grand-Langoustier, le fort de Porquerolles et le fort de l'Alicastre, dans l’île de Porquerolles; le château de l’Estissac et le fort de Man, dans l'ile de Portcros.
Après le cap de Benat on trouve la rade de Bormes, dont le fond n’est pas d’une bonne tenue, et la baie de Cavalaire, dont les côtes sablonneuses, mais bordées. de hautes montagnes, présentent un bon mouillage et un abri contre le mistral. La presqu'ile rocheuse de Saint-Tropez est entre la baie de Cavalaire et le golfe de Grimaud ou de Saint-Tropez, entouré de hauts rochers. Vient ensuite le golle sablonneux de Fréjus, dans lequel se jette l’Argens, la seulerivière un peu considérable qu’on ait à mentionner et dont les alluvions ont ensablé le port de Fréjus. « Du golfe de Fréjus à celui de la Napoule, la côte est formée par le soulèvement porphyrique de l'Esterel; elle présente une longr? suite d'escarpements rapides et de déchirures profondes. » La calanque ou rade d’Agay, très-bien abritée et capable de recevoir des frégates et même des vaisseaux, s'ouvre au milieu de mornes élevés et abrupts, qui présentent parfois de belles falaises rougeâtres. Le golfe de la Napoule est sablonneux cu me le golfe de Juan ou de Gourjean, séparé du premier par la pointe de la Croisette; ils offrent tous les deux de hons mouillages. C'est à 3 kilom. à l'E. de Cannes, au bord du golfe de Jouan, que Napoléon débarqua, le 1° mars 4815, au retour de l’île d'Elbe, On pèche dans les deux golfes, et point ailleurs, un excellent poisson, le saint-pierre, «l'ortolan de l'ichthyologie. » AuS. des golfes, sont les îles rocheuses de Lérins, composées de l’île Sainte-Marguerite, au N., célèbre par son ancienne prison d'État, et de l'ile Saint-Honorat, au S. La petite presqu'île d'Antibes, terminée au S. par le cap Garoube, est toute formée de rochers. —
De là jusqu’au Var, la côte est sablonneuse,
des plus sûrs de la France; c'est le centre de nos relations avec le Levant, et le point de départ des paquebots de l'Indo-Chine et de la Chine. — Cassis, port de commerce et de relâche, dont l'étendue et la profondeur assurent un excellent abri aux vaisseaux de guerre et aux navires de commerce:
le port et la rade sont défendus par un fort. — La Ciotat, port de relâche très-sûr, pouvant recevoir des frégates; le mouillage du golfe est bon, accessible à des vaisseaux de ligne et bien défendu. — Bandol, port de commerce et de pêche; c'est aussi une bonne relâche. — Le Brusc, port de refuge. — Saint- Nazaire, port de commerce et de pêche. — Toulon, port de guerre, arsenal et place forte de premier ordre ; c’est notre grand établissement imaritime sur la Méditerranée ; Colbert et Vauban en sont les fondateurs. Toulon est précédé d'une magnifique rade, divisée en deux parties : la grande et la petite rade ; elles sont séparées l’une de l’autre par deux presqu'iles, qui laissent entre elles un détroit large seulement de 1500 m. Les deux rades offrent d’excellents mouillages. Tout ce rivage est défendu par 24 forts ou batteries; quant à la ville même, elle est protégée par une enceinte bastionnée et par une ceinture de 14 forts. — Giens, petit port de commerce et de pêche, — Porquerolles, port de relâche. — Saint-Tropex, port de commerce et de pêche, placé entre les deux excellents mouillages des Canoubiers et des Moulins. — Saint-Raphaël, autre port de commerce et de pêche; c'est là que débarqua, en 1799, le général Bonaparte au retour d'Égypte. Saint-Raphaël remplace le port de Fréjus (Navale Augusti), qui était l'une des stations de la flotte romaine et qui aujourd’hui est comblé par les vases de l’Argens. — Agay, port de relâche. — Cannes, port de commerce et de pêche; ce n'est qu'une anse peu profonde. — Antibes, place forte et port de commerce et de pêche, au N. duquel est le fort Quarré. — Nice et Villefranche, ports de commerce. La rade de Villefranche est une des plus belles de notre littoral méditerranéen.
I nous reste, pour terminer, à parler de ia Corse. Les côtes de cette ile, qui appartient à la région italienne, sont partout hautes, rocheuses et découpées, excepté à l'E, entre Bastia et l'embouchure du Travo; là, le ri-
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Pastia, le seul refuge sur la côte orientale; le vort est aujourd’hui établi dans l’anse de Saint-Nicolas.
On a vu quels étaient les principaux points fortifiés du littoral de la France. Les parties du rivage qu'il est nécessaire de défendre pour s'opposer à un débarquement, sont protégées par plus de 900 ouvrages, forts, redoutes, batteries, postes, tours et corps de garde défensifs, armés de plus de 3000 bouches à feu et reliés par un système de télégraphie électrique*.
$ 5 Orographie *.
L'ensemble des montagnes de la région gauloise, ou française, se divise en cinq parties :
Le système du Jura, à l'Est,
Le système des Vosges, au Nord-Est, Le système des Cévennes, au centre, Le système des Pyrénées, au Sud, Le système des Alpes, au Sud-Est.
4. Sysrème pu Jura. — Le Jura forme un massif situé entre le Rhin, l'Aar, les lacs de Neufchâtel et de Genève, le Rhône, l'Ain, le Doubs et l’Ill, et dont les limites sont exactement celles du terrain jurassique, qui le constitue en entier. Le Jura couvre la partie orientale de la Franche-Comté el le Bugey, en France; la lisière occidentale du canton de Vaud, le canton de Neufchâtel, la partie N.-0. du canton de Berne, les cantons de Soleure et de Bâle, enfin le N.-0. du canton d'Argovie, enSuisse. Sa longueur est de 280 kilom., et sa largeur varie de 45 à 60 kilom. Le Jura s'élève brusquement, comme une muraille de 1000 à 1200 m., au-dessus de la plaine arrosée par l'Aar. Les parties les plus élevées et les plus abruptes du Jura sont à l'E., du côté de l’Aar et du Rhône; de ce côté, la hauteur moyenne est de 1200 m., avec des sommets de 1700 m.; l'altitude du massif diminue à mesure que l'on avance à l'O.,et n’est plus que de 500 à 600 m., lorsqu'il se termine, un peu à l'O. de l'Ain, sur les plateaux de la Bresse et de la Franche- Comté occidentale, plateaux peu élevés et for-
* Voy. divers rapports insérés dans le Moniteur des 29 mai et 98 juin 1845, 928 février et 29 avril 1846.
# Notre source principale a été la carte de France publiée par le Dépôt de la guerre.
Comme il est impossible, dans la description des montagnes et des rivières d'une région naturelle, de se plier aux caprices d:; la géographie politique, nous avons réuni dans les mèmes chapitres les montagnes et les rivières de l'ancienne Gaule, de façon à présenter un tableau d'ensemble, et nous donnons, aux chapitres de la Belgique, de la Hollande et de la Suisse,
les détails nécessaires à la géographie générale de ces divers pays,
imés par les allnvions anciennes de la Bresse.
Le Jura se compose d'un grand nombre de chaînons, généralement parallèles, dirigés de l'E. à l'O. dans le Nord, du N.-E. au S.-0. dans le vatre, et du N. au S. dans la partie mériuionale de la chaîne. Ces chaînons ont de 15 à 20 kilom. de longueur; ils sont plats au sommet, larges de 4 à 5 kilom. et séparés les uns des autres par des vallées (combes ‘ ou cluses) de même longueur et de même largeur que les chainons, peu profondes en général et parallèles aux chainons.
La disposition du Jura est l’un des exemples les plus remarquables de ce qu’on appelle en géologie plissement des terrains. Il semble, en effet, que les couches du terrain jurassique, d’abord horizontales, se soient plissées et contournées sous une forte pression agissant à l'E. et à l'O., de manière à produire ces chaines et ces vallées parallèles, dans lesquelles la crête des chaines présente le sommet des courbes formées par le terrain plissé, tandis que le fond des vallées en offre la concavité®,
Le Jura est tout entier compris dans la formation jurassique et se compose de calcaire tendre (calcaire oolithique) et d’argile. Le mélange de ces deux roches donne au sol une extrême fertilité, que les industrieux habitants du pays entretiennent par une culture bien entendue. Les parties les plus élevées des montagnes sont couvertes de forêts de sapins et de pâturages, qui nourrissent de nombreux bestiaux de belle race; plus bas, on cultive l'orge et le seigle ; plus bas encore, le froment, et au pied des montagnes, le maïs et la vigne.
On divise l’ensemble du Jura en trois parties : le Jura méridional, central et septentrional.
Jura méridional. — Le Jura méridional, situé presque tout entier en France, dans le département de l'Ain, s'étend entre le Rhône, auS., et la Dole, au N. La partie de cette section comprise entre le London, à l'E., la Valserine, à l'O., et le Rhône, au S., est la plus élevée de tout le Jura; c'est là aussi que le plissement du terrain et le parallélisme régulier des chaînons sont surtout remarquables. Les principales sommités sont : le Grand-Credo (1690 m.), le Reculet (1720 m.), leColombey ouColombier (1689 m.), le Châlet (4419 m.) et la Dole (1681 m.). Cette dernière montagne est en Suisse.
Le Jura méridional, à l'O. de la Dole, pro-
{ Combe, en latin comba ou cumba, vallée, Des fissures perpendiculaires à la direction des chaînes permettent de voir cette structure bizarre,
jette un grand contre-fort qui est composé, comme la chaîne principale, de chaînons parallèles et dirigés du N. au S. Ce contre-fort, qui couvre le Bugey, est situé entre Je Rhône et l'Ain; les chainons qui le composent forment les vallées de la Valserine, du Seran, du Furan, de la Bienne et de l’Albarine, et se prolongent jusqu’au coude du Rhône, entre le Guiers et l'Ain. Quelques sommets descendent à 400 et 500 m.; d’autres, au contraire, atteignent 800 et 900 m. C'est dans cette partie du Jura que se trouvent les gorges de Nantua.
Jura central. — Le Jura central est compris entre la Dole, au S., et le plateau d’étalières, au N. Quatre de ces chainons, le Noirmont, le Rizoux, le mont Landoz et le mont d'Or, servent de limite entre la France et la Suisse. Le Jura central est la partie la plus large de tout le massif. Le parallélisme des chaînons, dirigés du NE. au S.-0, dans cette section, se remarque surtout dans le versant suisse, tandis que le versant français ne présente qu’une masse confuse de montagnes. Les sommets ont de 1100 à 1600 m.; les principaux sont :
le Rizoux ou Rixoux {1290 m.), le mont Landoz (1426 m.), le mont d'Or (1463 m.), la dent de Vaulion (1486 m.), le Suchet (1591 m.) et le Chasseron (1611 m.); tous sont à l'Est. A l'Ouest, on remarque le Jura et le Larmont (1326 m.), ainsi que le lac de Saint-Point (851 m.), d'où sort le Doubs, et le lac d'Etalières.
Le principal contre-fort du Jura central commence au N. de la Dole et se dirige au N.-E. jusqu’à Vaulion. Ce chainon, séparé du Jura central par le cours supérieur de l'Orbe, a 37 kilom. de longueur ; il rattache le Jura au Jorat et est situé tout entier en Suisse. Son sommet le plus élevé est le mont Tendre (1682 m.); le Marchairn a encore 1450 m.
Dans sa partie méridionale, ce contre-fort présente le col de Saint-Cergues (1046 mètres).
Jura septentrional. — Le Jura septentrional commence au plateau d’Étalières et finit à la trouée de Béfort, grande dépression formée par les alluvions de la Bresse et qui sépare le Jure des Vosges. Le Jura septentrional est un plateau accidenté et brisé en tous sens, offrant partout un chaos de montagnes, entre lesquelles coulent le Doubs, la Dessoubre, l'Illet la Birse. Le parallélime des chainons n'existe que sur le versant suisse ; leur direction est ici de l'E, à l'O.; de sorte que, vu dans tout le massif, le parallélisme suit la direction d'une courbe allant du N.-E, au S.-0., et dont la convexité est à l'O, Cette courbe est parallèle à la ligne qui sépare le terrain jurassique des montagnes,
du terrain tertiaire de la plaine de l'Aar.
Jusqu'au mont Terrible, situé au N.-E. du coude que forme le Doubs, à Sainte-Ursanne, les sommets du Jura septentrional ont de 1200 à 1350 m.; le Chasseral s'élève même à 4609 m., mais le mont Terrible n’a plus que 195 m. De ce mont, qui domine un nœud de montagnes, se détachent trois chaines : à l’E., les montagnes Bleues (Blauenberg) entre la Birse et l'Il, boisées et hautes de 700 à 800m .; — au N., l'extrémité du Jura septentrional, composé dès lors de faibles collines, qui séparent l'I de la Savoureuse et vont se terminer au col de Valdieu; — à l'O., le Lomont ou Laumont, qui se dirige parrallèlement au cours du Doubs.
Le Jura septentrional a pour contre-for!
principal le Leberberg! ou Jura helvétique, hant de 1200 à 14450 m., qui se détache à la source de la Birse, court au N.-E., entre la Birse et l’Aar, et se termine au confluent de cette dernière rivière par une suite de mamelons de 500 à 600 m. Un des plus célèbres sommets de cette chaîne est le Weissenstein (1285 m.}), du haut duquel on découvre la chaine des Alpes se déployant dans toute son étendue.
La ligne de partage des eaux de l'Etirope suit, dans le massif du Jura, la crête du mont Tendre, du Jura central et du Jura septentrional.
On a déjà dit que le massif du Jura était entièrement composé de calcaire jurassique; il abonde en mines de fer et en sources sulfureuses et salines; on y trouve aussi de beaux marbres, de l’albâtre et du gypse.
Le Jura est traversé par un grand nombre de passages : on peut citer, dans le Jura méridional, le col de la Faucille, sur la route de Gex à Saint-Claude; les gorges de Nantua, sur la route de Genève à Lyon; — dans le Jura central, le col de Saint-Cergues, sur la route de Genève à Besançon, et le col de Balaigue, sur la route d'Yverdun à Pontarlier; — dans le Jura septentrional, la Cluzette, dans le pittoresque Val-Travers, sur la route de Pontarlier à Neufchâtel; le passage de Pierre-Pertuis, sur la route de Bienne à Porentruy ; — dans le Jura helvétique, les cols de l'Ober-Hauenstein et de Ja Klus, sur la rouie de Bâle à Soleure; enfin le col du Nieder-lauenstein, sur la route de Bâle à Lucerne.
2. Sysrème pes Voscrs. — Le système des Vosges, auquel se rattachent toutes les calli-
! Leberberg, de leber, foie, à cause de la couleur du fer de ses mines,
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nes qui couvrent le Nord-Est de la région gauloise, est compris entre le Rhin à l'E., la Saône au S$., et la Meuse à l'O. Il comprend les Vosges, le Hundsrück, les monts Fancilles, l’Ardenne et l'Eifel.
Vosges‘. — La chaine des Vosges commence au col de Valdieu, dans la trouée de Béfort, qui la sépare du Jura; elle se dirige du S. au N., entre l'Alsace et la Lorraine, établissant le partage des eaux entre le Rhin et la Moselle. Son étendue est de 260 kilomètres.
On divise les Vosges en trois sections : les Vosges méridionales, centrales et septentrionales.
Vosges méridionales. — Elles sont comprises entre le col de Valdieu et le ballon d'Alsace; ce ne sont d'abord que de hautes collines de 400 à 500 m.; mais elles se relévent enavancant au N., ont bientôt 700 et 800 m., et le Bærenkopf atteint 1005 m. Les Vosges méridionales ont peu de largeur, et leur longueur n’est que de 27 kilomètres.
Vosges centrales. — Les Vosges centrales, situées entre le ballon d’Alsace et le col de Saverne, sont la partie la plus élevée et la plus large de la chaîne; leur longueur est de 110 kilom., et leur l:-geur de 54, entre Colmar et Épinal. Elles sont généralement forinées de roches cristallines, telles que le granite porphyroïde et la syénite. Leurs sommets, arrondis en forme de dômes, comme toutes les montagnes granitiques, sont souvent désignés sous le nom de ballons. Les plus élevés sont : le ballon de Guebwiller ou de Sulz, haut de 1426 m., et composé d'eurite et de porphyre; le ballon d'Alsace (1250 m.), masse de syénite, et le Donon (1040 m.). La violence des vents ne permettant pas aux arbres de croître sur les sommets des Vosges, ils ne sont recouverts que de bronssailles ou de prairies #, quand le roc ne se montre pas seul, et la neige y séjourne pendant huit ou neuf mois. Les Vosges centrales sont àpres, boisées, couvertes d'étangs, de marécages et de petits lacs; elles forment une excellente barrière sur notre frontière du Rhin, un corps de troupes ne pouvant les traverser qu'en marchant pendant deux ou trois jours au milieu de chemins très-difficiles et d'épaisses forèts de sapins.
Vosges septentrionales. — Les Vosges septentrionales, longues de 110 kilom., commencent au col de Saverne. À ce point, la hauteur
! En allemand, Vogesen ou Wasgau.
* Les pelouses qui couvrent les sommets des Vosges S'appellent chaumrs.
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de la chaîne tombe tout à coup à 450 et 350 m., mais elle se relève au N. de Niederbronn, et les sommets atteignent 550 et 600 m. Les Vosges septentrionales ne sont plus une barrière; avec leurs sommets plats, sablonneux, sans forêts, on peut les traverser partout, et leur largeur n’est que de 20 à 29 kilomètres.
Les Vosges septentrionales prennent le nom de Hardt ou Haardt, dans la Bavière rhénane, ct finissent au mont Tonnerre (Donnersberg), montagne porphyrique de 669 m., escarpée et boisée, dont les derniers contre-forts se prolongent jusqu’au coude du Rhin. Le plus haut sommet du Hardt est le Kalmuk (674m.), et la hauteur moyenne de la chaîne, 520 m.
Le Hardt est couvert de forêts, de noyers, de châtaigniers, de belles cultures et de vignobles renommés ; ses vallées sont fertiles. La largeur du Hardt, comme celle de toutes les Vosges septentrionales, n’est que d'environ 90 kilom. Ses sommets, formés de grès rougeûtre, appelé le grès des Vosges, sont plats et présentent une suite de plateaux horizontaux, séparés les uns des autres par de larges dépressions.
Le versant oriental des Vosges françaises est abrupt et tombe à pic sur l'Alsace, à 20 kilom. du Rhin ; il est creusé par de nombreuses vallées, étroites et encaissées entre des contre-forts hauis et épais. Le versant occidental s’abaisse, au contraire, en longues pentes douces sur la Moselle, et forme en Lorraine un plateau peu élevé et ondulé, mais dont les vallées sont profondément encaissées entre des rives escarpées.
Le versant occidental des Vosges centrales, entre la haute Moselle et la Vologne, est couvert de lacs et de cascades, célèbres par leurs aspects pittoresques. Les plus renommés sont : le lac de. Gérardmer, le plus grand! et qui est situé à 700 m. de hauteur, le lac de Retournemer et le lac de Longemer. Parmi les cascades, on cite celles de Teudon, du Bouchot et du Valentin. ,
La chaine des Vosges présente cette particularité que la ligne de plus grande hauteur west yas sur la ligne de partage des eaux, mais à l'Est de cette dernière; la carte de France du Dépôt de la guerre montre nettement cette disposition.
Les Vosges sont très-hoisées ; les essences les plus communes sont le sapin, le pin et l'épicéa; on y trouve aussi le chêne, le hêtre et le châtaignier. C’est vers le milieu des pen-
‘ Ce lac a 125 hectares de superlicie.
tes et dans les fonds que se trouvent les plus helles forêts. Les flancs de ces montagnes sont aussi couverts de beaux pâturages, de vergers et de cerisiers; enfin les Vosges renferment d'importantes mines de fer et des eaux minérales estimées (Bussang, Niederbronn, etc.).
Les principales rivières qui descendent des Vosges sont : à l'E., la Bruche, la Zorn, la linzel, la Moder, la Lauter, la Queich et le Speierbach, tributaires du Rhin; — àl'O., la Moselle, affluent du Rhin, la Meurthe, la Seille, la Sarre, la Blies, affluents de la Moselle ; le Glan et la Nahe, qui se jettent dans le Rhin.
Les routes qui traversent la chaîne sont : la route de Béfort à Épinal, se joignant à Saint- Maurice, à la suivante, et gravissant le massif du ballon d'Alsace; —. la route de Thann à Remiremont, par le col de Bussang, passage que les neiges rendent très-dangereux en hiver ; — Ja route de Colmar à Saint-Dié, par le col du Bonhomme; — la route de Schelestadt à Saint-Dié, par le col de Sainte-Marie; — la route de Strasbourg à Raon, par le col de Schirmeck; — la route de Strasbourg à Sarrebourg, par le col de Saverne ; — la route de Haguenau à Deux-Ponts, par Bitche. — Le Hardt est traversé par les routes de Landau à Deux-Ponts, d'Oggersheim à Kaiserslautern, et de Kirchheim à Kaiserslautern.
La chaine des Vosges a deux contre-forts principaux : les monts Faucilles au S., et le Hundsrück au N.
Le Hundsrück. — Le Hundsrück se détache du Hardt, à la source de la Lauter ; c'est une suite de hauts plateaux accidentés, presque déserts et couverts de forêts ou de landes stériles. Le Hundsrück se dirige d'abord à l'O., en contournant les vallées du Glan et de la Nahe; puis il va au N., sous les noms de Jdarwald et de Hundsrück : ses dernières croupes, dont l'aspect est sauvage, couvrent la rive gauche du Rhin, entre Bingen et Coblentz, et portent le nom de Sonnenwald on Soonwald.
L'Idarwald projette à l'O. un contre-fort, le Hochwald, qui court du N. au S., entre la Brems et la Moselle, et vient finir sur la Sarre.
Le Hundsrück est traversé par là route de Bingen à Trarbach.
Monts Faucilles. — Les monts Faucilles se détachent des Vosges au ballon de Servance, un peu à l'O. du ballon d’Alsace, et se dirigent d’abord du S.-E. au N.-0., parallèlement à la Moselle, jusqu’à la source de la Saône; de là, ils vont du N.-E. au S.-0, juscu'à la source de la Meuse, où ils se joignent a: plateau de Langres. La longueur des Faucilles est d'environ 440 kilom. Leur hauteur est d’abord considé-
rable; le ballon de Servance a 1189 m., mais bientôt les sommets n'atteignent plus que 800 et 750 m. A la source de la Saône, les Faucilles changent d’aspect en même temps que leur constitution géologique se modifie ; dès lors, ce n’est plus une chaîne de montagnes ou de hautes collines, c’est une suite de plateaux, coupés en tous sens par de nombreuses vallées, encaissées et abruptes. A l'E., le granite et ja syénite constituaient la masse des hautes Faucilles; à partir de Remiremont, le terrain est entièrement formé par le grès des Vosges, et lorsque les Faucilles atteignent la source de la Meuse, elles touchent au terrain jurassique. Ces plateaux de grès sont en général boisés, et donnent naissance à une multitude de petits cours d’eau tributaires de la Saône; leur hauteur est de 400 à 500 m.:
le mont Mercure, à 16 kilom. au N.-E. de Langres, a 444 mètres.
Les monts Fancilles sont traversés par les routes de Remiremont à Plombières, d'Épinal à Plombières, et de Mirecourt à Bourbonne-les- Bains. Les eaux minérales de Contrexéville, de Plombières et de Bourhonne se trouvent dans le massif des Faucilles. Ajoutons que le val d’Ajol, près de Plombières, est le centre d'une grande culture du cerisier, dont le fruit sert à la fabrication du kirsch.
Les monts Faucilles projettent, au N., un long contre-fort qui sépare les vailées de la Moselle et de la Meuse. C’est d'abord une suite de plateaux ravinés, peu fertiles, hauts de 400 à 500 m. , que l’on désigne sous le nom de faite de la Moselle et de la Meuse et qui se dirigent au N. jusqu’à la hauteur de Verdun. Là, le faite tourne à l'E., décrit un demi-cerele, en contournant les sources du Chiers et de la Semoy, et rejoint le plateau de l’Ardenne.
Le plateau de l' Ardenne, de forme irrégulière, commence à l'O. de Rocroi; sa limite peut être indiquée par une ligne passant par Maubert-Fontaine, Mézières, Sedan, Chiny, Diekirch, remontant ensuite au N. par Prum, Saint-Kyll, Duren, puis se dirigeant au S.-0. par Eupen, Spa, Marche-en-Famine, Givet, Mariembourg, et de là rejoignant Rocroi. Le plateau de l’'Ardenne s'élève au-dessus des plaines qui l'entourent de tous côtés, par des talus escarpés d’une hauteur uniforme ; sa surface est umie, mais partout découpée par des vallées abruptes, étroites ct profondes quelquefois de 200 m. Les principales de ces tranchées sont celle de la Meuse, entre Sedan et Givet, celles de la Semoy, de la Sure, de l'Our, de la Roer, del’Amblève et de l'Ourthe, qui partagent l'ensemble de l'Ardenne en plu-
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— L'Ardenne est tout entière formée par le terrain de transition.
Eifel. — La ligne de partage des eaux entre la Moselle et la Meuse, qui cesse d’être distincte dans l'Ardenne, en sort à l'E, des Hautes-Faynes, sous le nom d’Eifel, entre les sources de la Roer et de la Kyll. L'Eifel se dirige à l'E.; cest un massif de hauteurs ardues, déchirées, sauvages, stériles et couvertes de forêts. L'Uhr, l'Abr, l'Elz, la Nette, la Kyll et l'Erft y prennent leurs sources. L’Eifel renferme des volcans éteints, dont quelques cratères sont transformés en lacs appelés maare. On y trouve çà et là des plateaux nus et sablonneux, et quelques marais. Les sonnetsles plus élevés sont l’Ernsberg (700 m.) et le Schneeifel (690 m.). — L'Eifel projette un contre-fort qui va jusqu'à Coblentz.
9. Sysrème pes CÉVENNES. — Le système des Cévennes est dirigé du N.-E. au S.-0., entre la source de la Meuse, au N., et le col de Naurouze, au S. Il se divise en deux parties qui sont : au N., le plateau de Langres et la côte d'Or; auS., les Cévennes.
Plateau de Langres. — On désigne -ous le nom impropre de plateau de Langres, une suite de plateaux et de croupes, larges de 15 à 20 kilom., hauts de 400 à 500 mm. hoisés et coupés de vallées peu profondes. Cette série de hauteurs, qui fait partie de ln ligne de faite de l’Europe, sur une longueur de 80 kilom., continue les monts Faucilles et s'étend entre la source de la Meuse au N., et le mont Tasselot au S., où commence la côte d'Or. L'Aube, la Marne et quelques petits affluents de la Saône y prennent leurs sources.
Parmi ces plateaux, on remarque le plateau de Langres proprement dit. Ce plateau est élevé et très-escarpé; il est compris entre la vallée de la Marne à l'E, la vallée de la Bonelle, affluent de la Marne, à FO., et la vallée de la Vingeanne, affluent de la Saône, au S. Le sommet du plateau, à Langres, à 1200 m. de largeur et 445 d'altitude. Ces
! Hooge-veenen en bas-allemand; hohe-veen en alleand,
hauteurs forment l’une des plus importantes positions militaires de la France et sont défendues par la place de Langres, qui commande la route de Béfort à Paris, ainsi que l'ent’e du bassin de la Seine.
Vu plateau de Langres, à la source de la Meuie, se détache un long faîte qui sépare d’abord les bassins de la Meuse et de la Seine, et se partage ensuite en plusieurs branches, qui vont finir sur la Manche et en Belgique. I commence à porter le nom de monts de lu Meuse ou du Bassigny, et est formé de hauteurs boisées, äpres et élevées de 400 à 500 m. A la source de l'Aisne, le faite prend le nom d’Argonne, qu'il porie pendant 60 kilom., jusqu'au Chêne-le-Populeux. L’Argonne est une suite de plateaux, élevés de 250 à 350 m. et larges de 2 à 14 kilom. Ces plateaux calcaires et argileux, de formation jurassique et crétacée, sont boisés et marécageux ; leurs talus sont abrupts, surtout à l'Est. L'Argonne est ravinée et coupée par des gorges profondes et étroites, dans lesquelles sont actuellement pratiquées plusieurs routes. On sait qu’en 17992, Dumouriez défendit contre les Prussiens, pendant plusieurs jours, les défilés de l’Argonne, que dans le langage de l’époque il appelait les Thermopyles de la France. Les défilés de l'Argonne sont au nombre de cinq: le premier, en commençant par le S., est le défilé des Islettes, ou de la côte de Bienne, de Clermont à Sainte-Menehould, par lequel passe la route de Verdun à Paris ; il a 11 kilom. de longueur et de 300 à 500 m. de large; — le défilé de la Chalade, de Varennes à Sainte-Menehould ou à Bienne-la-Ville; — le défilé de Grandpré, traversé par la route de Vouziers à Varennes ; il est formé par l'Aire, qui traverse le plateau, par une gorge profonde de 100 m. et large de 1000, pourallerse jeter dans l'Aisne ; — le défilé de la Croix-aux-Bois, suivi par le chemin de Stenay à Vouziers ; — le détilé de Uhène-le-Populeux, de Stenay à Vouziers, dont le point culminant est la côte de Stonne, haute de 3538 m. C’est par ces deux derniers défilés que les Prussiens forcèrent la ligne de l’Argonne, en 1792, et débouchèrent sur Valmvy.
— Au delà de Chène-le-Populeux et jusqu’à la source de l'Oise, on denne au faîte le nom d'Ardennes occidentales ; il est formé par des plateaux jurassiques, comme l'Argonne.
A la source de l'Oise, le faite qui s’est dirigé jusqu'ici du S.-E. au N.-0., tourne à l'O. et suit cette nouvelle direction jusqu’à l’Escaut. Il se compose alors de collines de formation tertiaire, qui séparent les vallées de l'Oise et de la Sambre, A la source de l'Escaut,
A e Éee g fe
le faite se bifurque; une branche file au N.-E., entre Escaut et Sambre, longeant la rive gauche de la Sambre, puis la rive gauche de la Meuse jusque vers Maëstricht. Ces collines ont un sommet très-large et plat; elles s'abaissent en pentes douces à l’O., tandis que leur versant oriental tombe sur la Meuse en pentes abruptes. On désigne quelquefois cette chaine de hauteurs sous le nom de collines de Belgique. Le Haine, la Dyle, la Geete, la Demer et le Jaar y prennent leurs sources.
La seconde branche, appelée les hauteurs de l'Artois, se dirige au N.-0., entre les bassins de l'Escaut et de la Somme, et se termine au cap Gris-Nez sur la Manche. Les hauteurs de l’Artois, de formation tertiaire, sont aplaties au sommet, larges et peu élevées. L'altitude de ces mameions dépasse rarement 150 ou 200 m., et à leur extrémité ils n’ont plus mème que 50 m. La Scarpe, la Lys, lAa, l'Yser, l’'Authie et la Canche prennent leurs sources dans cette chaine.
C'est aussi à la sou ce de l'Escaut, que commence le faite qui sépare les bassins de la Somme et de la Seine, et se termine à la pointe de la Hève. Il se compose d’une suite de plaeaux de partage des eaux, qui traversent le Vermandois, le Santerre, le N.-0. du Beauvaisis, le pays de Bray et le pays de Caux ; ces plateaux ont une surface largement ondulée et sont, principalement dans les deux derniers pays, d’une grande richesse.
Côte d'Or. — La côte d'Or est comprise entre le mont Tasselot (620 m.), où se trouve la source de la Seine, et l'étang de Longpendu (509 m.), qui sert de biel de partage au canal du Centre. La hauteur moyenne de la côte d'Or est de 400 à 500 m.; les points culmiuants sont : la montagne de Bligny, qui atteint 665 m., le mont Cenis (589 m.) et le mont Moresol (520 m.), au pied duquel l'Armançon prend naissance, Le versant oriental de la côte d'Or est assez abrupt et finit brusquement, et en ligne droite sur la plaine, par des hauteurs de 400 m. ; le versant occidental, au contraire, est beaucoup plus large et moins roide. La côte d'Oc est partout accidentée par de nombreuses vauces ; ses flancs sont boisés, mais souvent les parties élevées sont nues et stériles ; elle est entièrement composée de calcaire jurassique.
Les formes du relief du sol sont toujours déterminées par la constitution géologique du terrain; la topographie de la côte d'Or en offre un remarquable exemple; la ligne droite et abrupte que trace son versant oriental sur la plaine, est précisément la ligne de sépa-
ration du terrain jurassique et des alluvions anciennes de la Bresse.
Entre les points extrèmes quenous indiquions tout à l'heure comme limites à la côte d'Or, le mont Tasselot et l'étang de Longpendu, la chaîne aurait plus de 120 kilom. d’étendue; mais dans le pays, le nom de côte d'Or n'est porté que par les hauteurs qui s'étendent entre Dijon et la limite méridionale du département de la Côte-d'Or, et on les divise en deux parties : la côte Nuitonne, ou de Nuits, et la côte Beaunoise, ou de Beaune. C’est là, au pied du versant oriental, que se trouvent les riches vignobles de Nuits et de Beaune, ainsi que les crus célèbres de Chambertin, Clos-Vougeot, la Romanée, Richebourg, sur la côte Nuitonne, de Pomard, Volnay, Montrachet, Meursault, sur la côte Beaunoise. Le versant occidental de la côte d'Or a des richesses d’un autre genre ; cesont les fers et les houilles du bassin du Creusot. — La côte d'Or est traversée par les routes de Paris à Dijon, de Sens à Beaune, de Paris à Lyon, et par le chemin de fer de Paris à Lyon.
Il se détache de la côte d'Or, au mont Moresol, un grand contre-fort qui se termine à la pointe de Saint-Matthieu, à l'extrémité occidentale de la Bretagne, après avoir séparé les bassins de la Seine et de la Loire. Ce contre-fort se compose‘les montagnes du Morvan, des collines du Nivernais, de la forêt d'Orléans, du plateau du Perche, des collines de Normandie, d’une partie des collines du Maine, enfin des montagnes d’Arrée. Peu élevé en général, ce contre-fort traverse les grandes plaines de la France du N.-0,, dont il constitue le principal accident.
Les monts du Morvan sont compris entre le mont Moresol et la source de lAron, affluent de la Loire, sur une longueur de 100 kilom.; ils s'étendent entre les vallées de l'Arroux et de l'Aron, affluents de la Loire, et celles de l'Arimançon, du Serain et de la Cure, affluents de l'Yonne, et la vallée de l'Yonne. Entièrement formées de granite et de porphyre, et hautes de 500 à 600 m., les montagnes du Morvan constituent un massif accidenté et conpé de nombreuses vallées, généralement boisées ou couvertes de pâturages. Leur largeur est de 25 à 50 kilomètres, sans tenir compte de l'extrémité des contre-lorts, qui ne sont que de basses collines. Les sommets les plus élevés sont aux environs et à l'O. des sources de l'Yonne ; on y trouve, à la source de la rivière, les Bois du Roi, sur des hauteurs de 902 m.; plus au S., le mont Beuvray ou Beuvron (SO nn); un peu à FO, le mont Am-
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Les collines du Nivernais s'étendent entre les sources de l’Aron (affluent de la Loire) et du Loing (affluent de la Seine); elles sont formées par le terrain jurassique. Leur hauteur est d’abord de 500 m., mais elles n’ont plus que 250 m. à leur extrémité N.-E.
Après la source du Loing, le faite perd tout caractère de collin= :t de chaîne. Le pays est plat, bas (120 à 150 m.), coupé de vallées peu profondes et à peine ondulé. On atteint ensuite la forêt d'Orléans, qui recouvre une plaine basse, formée par le terrain ter- ‘ire moyen, et que l'on désigne quelquefois
lenom fort impropre de plateau d'Orléans.
Sa hauteur varie entre 120 et 150 m. Au delà de la forêt d'Orléans, et jusqu’à la source du Loir, la ligne de hauteurs que nous étudions traverse les plaines de la Beauce, et y forme, entre le Loir et l'Eure, un faite légèrement ondulé, haut de 160 m. et qui domine de quelques mètres seulement les plaines qu’il traverse.
A la source du Loir, vers Illiers, le faite se relève, atteint 300 m. d'altitude et forme un plateau très-accidenté, le plateau du Perche, qui se prolonge à l'O. jusqu'aux sources de l’Urne et de la Sarthe. Le plateau du Perche est coupé en tous sens par de vertes vallées et couvert d'herbages et de belles forèts. Sa hauteur diminue auS., et tombe à 200 ou 150 m., entre Mortagne et Bellème. Le plateau du Perche est formé par le terrain tertiaire à l’'E., le terrain crétacé au S.-E., et le terrain jurassique au N.-0. C'est dans les parties jurassiques du plateau, que se trouvent les plus riches herbages du pays.
Les collines de Normandie s'étendent depuis les sources de l'Orne et de la Sarthe jusqu'à la source de la Varenne (affluent de la Mayenne), près de Mortain. Leur longueur est de 80 kilom., et leur largeur de 30 à 35 kilom.; elles couvrent toute la partie du département de l'Orne, entre les parallèles d'Argentan et d'Alençon. Elles sont formées, à l'E., par le terrain jurassique, où se trouvent les planlureux herbages du Pin et du Merlerault ; ailleurs, iles sont composées de granite et de schistes, et leurs vallées sont beaucoup moins lertiles que dans l'Est. Au N. d'Alençon, les collines de Normandie ont 400 m.; à l'O. de celte ville, on trouve le mont Souprat, qui est haut de 585 m., et la butte Chaumont (586 m.); le Champ-Hlaut, à l'O. de la source de la Rille, ä 920 m., et la butte Charlemagne, au S.-0.
de Flers, s'élève à 346 m. En approchant de
Mortain, et à l'E. de cette ville, la chaine finit par un massif de collines rocheuses, trèspittoresques, escarpées, boisées et hautes de 250 à 300 mètres.
De ce nœud de rochers, part une suite de coteaux qui traversent, du $. au N., la presqu'ile du Cotentin, sous le nom de collines du Cotentin. ‘lautes de 350 m., entre Villédieu et Vire, les collines du Cotentin n’ont plus que 100 m. dans le Nord de la presqu’ile. À Mortain, commence aussi une ligne de faite, qui sépare les vallées de la Mayenne et de la Vilaine ; ce sont les collines du Maine. Au N., ces collines granitiques et schisteuses ont 200 et 252 m., et sont généralement couvertes de landes; au S. de la source de la Vilaine, ce ne sont plus que de larges ondulations, trèspeu élevées. |
En entrant en Bretagne, le faite qui se détache des collines du Maine, entre la source du Couesnon et celle de la Vilaine, a encore une fois perdu le caractère d'une chaine de collines. Depuis son origine jusqu’au méridien de Lamballe, ce faite, qu’on appelle improprement les monts de Bretagne, ne se compose que de petites ondulations pressées les unes contre les autres, ne dépassant jamais 150 m. et projetant sur la mer de nombreux contre- forts, de 50 à 80 m. Le schiste et le granite sont les principaux éléments de toutes ces hauteurs. Entre les méridiens de Lamballe et de Saint-Brieuc, le Menez !, groupe de collines arrondies, cultivées ou couvertes de mélôzes, d'une altitude de 250 à 300 m., cominence la chaîne des montagnes de la Bretagne, qui porte le nom de montagnes d’Arrée ?.
Les montagnes d'Arrée ont 300 m. de hauteur entre Guingamp et Corlay; elles atteignent 980 et 400 m. plus à l'O., et se terminent près du Faou, à la rade de Brest.
Les montagnes d'Arrée sont schisteuses, rocheuses et escarpées, surtout à l'E; les vallées sont revêtues de prairies, dans lesquelles on
élûve de petits chevaux; les sommets sont arides et couverts quelquelois de pins sylvestres, mais plus souvent de broussailles et de bruyères.
il se détache des monts d'Arrée et du Menez un grand nombre de petits contre-forts, hauts de 80 à 100 m., qui découpent et accidentent le rivage de la Bretagne sur là Manche,
En suivant la route de Garhaix à Morlaix, on peut juger toute l'äpreté des montagnes d'Arréc; formées sur ce point de plusieurs petites chat-
On prononce Méné, Menes veut dire La montugne, # On écrit aussi montagnes d'Arès,
nes parrallèles, la route qui les traverse gravit une série de côtes rocheuses, abruptes et sauvages ; c'est la partie la plus àpre de la chaine.
Il se détache des montagnes d’Arrée, à la source du Blavet, un contre-fort appelé les montagnes Noires ou l'Échine de la Bretagne (Kein - Breiz). Les montagnes Noires se dirigent du N.-E. au S.-0., entre l’Aulne, le Blavel et l’Odet; elles se terminent par plusieurs rameaux qui forment la charpente des presqu'iles de Crozon, de Douarnenez et de Penmarc'h. Toutes ces montagnes schisteuses sont ardues, sauvages et coupées en tous sens par d'innombrables ravins; elles sont couvertes de bois, de broussailles ou de landes. Les montagnes Noires ont été un des principaux centres de la Chouannerie, leur nature se prêtant à la guerre de chicane et d’embuscades. Le sommet le plus élevé de cette chaine est le Menez-c'hom, près de Chateaulin; il a 330 m.; ailleurs, les montagnes Noires ne dépassent pas 250 mètres.
Cévennes. — On désigne sous le rom de Cévennes une longue suite de montagnes, qui s'étend depuis la côte d'Or jusqu'aux Corbières, entre le canal du Centre et le canal du Midi. Les Cévennes font partie de la ligne de partage des eaux de l'Europe; elles ont 474 kilom. de longueur et se divisent en trois sections principales :
Les monts du Charolais, 4 { Les monts du Beaujolais, } au Nord.
Les monts du Lyonnais,
Les Cévennes proprement dites, au centre, 2 des monts du Vivarais,
se compos 14 pass | et des monts du Gévaudan.
Les monts Garrigues, | 9 { Les monts Lespinous, | au Sud.
La montagne Noire,
Montagnes du Charoluis. — Les montagnes du Charolais commencent à l'étang de Longpendu, où finit la côte d'Or, et se terminent aux sources du Sornin (affluent de la Loire) et de la Grone (affluent de la Saône). Leur longeur est de58 kilom., etleur hauteur moyenne de 500 à 600 m. Les plus hauts sonunets sont : la Haute-Joux (994 m.), l'Aiguillette (831 m.)et le mont Saint-Vincent (605 m).
Les montagnes du Charolais s'étendent à l'O,
jusqu'à la Loire, mais à l'E, elles s'arrêtent à 15 ou 20 kilom. de la Saône et tombent
sur la plaine par des pentes assez douces.
La partie centrale du massif du Charolais est granilique, et les versants sont formés pur le terrain jurassique, Toutes ces montagnes
ont des formes arrondies, sont trés-mamelonnées et bien cultivées ; les parties jurassiques de la chaîne sont, surtout à l’O., dans la vallée de la Reconce, couvertes de riches pâturages, où l’on élève une de nos meilleures races bovines.
Montagnes du Beaujolais. — Les montagues du Beaujolais sont comprises entre les sources du Sornin et de la Grone au N., et la montagne de Tarare au S. Leur longueur est de 36 kilom.; larges de 44 kilom., elles couvrent tout l'intervalle entre la Saône et la Loire.
Les montagnes du Beaujolais sont composées de masses porphyriques, très-accidentées. Sur les coteaux qui forment le pied oriental de cette chaîne, il y a de bons vignobles: partout ailleurs le massif est généralement nu. La hauteur moyenne de ces montagnes est de 600 à 700 m.; le mont d’Ajoux a 1012 mitres.
Les monts du Beaujolais ont pour principal contre-fort les monts du Mâconnais, qui commencent à la source de la Grone, et se dirigent au N., entre cette rivière et la Saône. Leur hauteur moyenne est de 700 m., au S., el de 500 à 400 m. à leur extrémité Nord; on y trouve quelques sommets de 900 m. Ce sont aussi des montagnes de porphyre et de granite. Leur pied sur la Saône est jurassique et couvert de vignobles.
Montagnes du Lyonnais. — Les montagnes du Lyonnais commencent à la montagne de Tarare et finissent à la source de la Gance (affluent du Rhône). Leur longueur est de 80 kilom. et leur largeur de 44 kilom. Elles couvrent tout le pays entre le Rhône et la Loire, s'arrêtant à quelques kilomètres de la Loire, mais tombant sur la Saône et sur le Rhône, par des collines hautes de 300 à 400 m.t. Les montagnes du Lyonnais sont formées de gneiss, hautes en moyenne de 700 à 800 mètres, au Nord de Lyon, et de 800 à 900 m., au Sud de cette ville. Les sommets les
plus élevés sont la montagne de Tarare, auN.. (1450 in.), et le mont Pilat, au S. (1433 m1. Le riche bassin houiller de Saint-Etienne est au milieu de ces montagnes et dans leur partie méridionale. — Les montagnes du Lyonnais sont traversées par les routes de Paris à Lyon, par la montée de Tarare; de Lyon à Clermont, par le passage de Gré- #ieu-la-Varenne; de Lyon à Montbrison; de Lyon à Saint-Étienne, par le passage de Saint- Chamond ; enfin par la route de Saint-
* Suint-lrénée, à Lyon, est à 519 mètres,
Étie des 1 détad et vié som d'Or élève le lai nomn Cé sont 1 vrent d'Uzè tagnes le thé penda Louis Mon
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Étienne à Annonay. — Le principal contre-fort des montagnes du Lyonnais, le mont d'Or, se détache de la chaîne, à la source de l'Izeron, et vient se terminer, au N. de Lyon, par le sommet du mont Ceindre (467 m.). Le mont d'Or est entièrement planté de vignes; on y élève de nombreux troupeaux de chèvres, avec le lait desquelles se font les fromages renommés du mont d'Or.
Cévennes :. — Les Cévennes (Cebenna mons) sont les montagnes du Bas Languedoc, qui couvrent les anciens diocèses de Viviers, de Mende, d'Uzès et d’Alais. Elles se composent des montagnes du Vivarais et du Gévaudan, et ont été le théâtre de sanglantes guerres religieuses, pendant les dernières années du règne de Louis XIV.
Montagnes du Vivarais. — Les montagnes du Vivarais, longues de 112 kilom. et larges de 40 à 60, sont comprises entre la source de la Cance, affluent du Rhône, et celle du Chassezac, affluent de l'Ardèche. Formées de granite ou debasalte, ces montagnes sont âpres, tourmentées, et d’une hauteur moyenne de 1200 m.
Leurs principaux sommets sont : le massif basaltique du Mé. ** Mézenc (1766 m.) et le Gerbier des Jonc: “ m.). Elles présentent ‘aitiques, parmi lesquelles on remarque surtout celles de Vals.
— Les monts du Vivarais sont traversés par les routes du Puy à Annonay, par le passage de Saint-Bonnet-le-Froid; du Puy à Valence, par le passage de Saint-Agrève ; du Puy à Privas, par le passage de Pradelles; du Puy à
Mende, par le passage de Châteauneuf-de-Ran-
don. — Les contre-forts des montagnes du Vivarais sont : à l'E, le mont Coiron et la montagne de la Tanargue; à l'O., les monts du Velay et la Margeride.
Le contre-fort dans lequel se trouve le mont Coiron se détache du Gerbier des Joncs, court du N. au $., entre les vallées de l’Érieux et de l'Ardèche, Le mont Coiron est à la source de l'Ouvèze ; c'est un massif volcanique qui contient plusieurs volcans éteints. — La montagne de la Tanargue se détache de la cime de Bauzon et sépare l'Ardèche de la Baume; sa hauteur moyenne est de 850 m., et son point culminant atteint 1528 mètres.
Les monts du Velay se détachent du massif du Vivarais à la cime de Bauzon, et se dirigent au N., entre la Loire et l'Allier, En général, ils sont composés de basaite, et leur hauteur est
! Le nom des montagnes des Cévennes vient du celtique et veut dire faite ou crête élevée. Ke/yn, en gallois, et ke/n, en bas-breton, ont encore la siguification de crète,
GÉCGN, GÉNÉRALE.
de 1000 à 1200 m. A la source de la Dore, la chaîne prend lenomde montagnes du Forex et continue à se diriger au N., entre l'Auvergne et le Forez; sa hauteur est également de 1000 à 1200 m. ; les plus hauts sommets sont : Pierre- Haute (1640 m.), le mont Herboux (1634 m.) et le Puy! de Montoncelle (1292 m.). Les montagnes du Forez sont granitiques. Au Puy de Montoncelle, la chaîne prend le nom de montagnes de la Madeleine; ces montagnes sont porphyriques et très-àpres; leur point culminant, le Puy Dadieu, s'élève à 988 mètres.
Les montagnes du Velay, du Forez et de la Madeleine couvrent tout l'espace entre la Loire et l'Allier, et se terminent dans le Bourbonnais: leur longueur est de 200 kilom. Leur principal contre-fort se détache du Puy de Montoncelle et se dirige au N.-0. entre l'Allier et la Bébre (affluent de la Loire); ce contre-fort est granitique, accidenté, abrupt et boisé; on lui donne quelquefois le nom de Petite Suisse. — Cinq routes traversent la longue et large chaîne que nous venons de décrire; ce sont les routes du Puy à Brioude, par le passage de Fix-Villeneuve; du Puy à Thiers, par le passage escarpé de la Chaise-Dieu; de Feurs à Thiers, par le passage de Noire-Table; de Roanne à Thiers, par le passage de Saint-Just; de Roanne à Moulins, par le passage de la Pacaudière.
La Margeride ?. — La Margeride est le commencement du faîte qui sépare les bassins de la Loire et de la Garonne. Il se compose d'abord des monts de la Margeride, puis des montagnes d'Auvergne, des montagnes du Limousin, des collines du Poitou et du plateau de Gatine. Ce faîte traverse, en déterminant ses principaux accidents, le plateau central de la France, dont on parlera plus loin. — La chaine de la Margeride, longue de 48 kilom., se détache des Cévennes, à la jonction des montagnes du Vivarais et du Gévaudan, et finit à la source de l'Herne (affluent de l'Allier), près de Saint-
Flour, La Margeride se dirige du S.-E, au N.-0., entre les vallées de l'Allier et du Lot; elle est presque entièrement composée de granite et haute de 1100 à 1200 m. Son point culminant est entre Mende et Châteauneul; il s'élève à 1600 m. Des pâturages revêtent les parties les plus hautes du massif, et ses flancs sont couverts de forêts épaisses, dans lesquelles les loups sont encore très-
Puy, Puig, du latin podium. La racine celtique est pot, hauteur,
* Onécrit souvent la Margéride,
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nombreux. — La Margeride a pour principal contre-fortles montagnes d’Aubrac, comprises entre le Lot et son affluent, la Trueyre. Ce massif granitique est couvert de pelouses ou de forèts de sapins; des lacs et de nombreux cours d'eau donnent à ses pâturages l'humidité nécessaire. On y élève une belle race de bœufs. Entre la Guiole et Sainte-Urcize, l’Aubrac est volcanique et formé de Hasaltes aux formes les plus pittoresques. Le ;::::s haut point du massif s'élève à 1528 mètres.
Les montagnes d'Auvergne se composent de quatre groupes principaux qui sont, du S. au N., le Cantal, le Cézallier, le mont Doret et le Puy de Dôme.
Le massif du Cantal couvre tout le pays compris entre la Trueyre et la Dordogne. 11 est entièrement volcanique et formé de trachyte et de basalte; mais il n'y a pas de cratères, comme on en trouve dans les montagnes des environs de Clermont, et on ny rencontre que morcelées et inclinées ces nappes continues de basalte, que l’on voit dans certaines parties de l'Auvergne en grandes masses horizontales et qui forment des plateaux appelés chau::?. Les sommets du massif du Cantal forment une chaine dirigée de l'E. à l'O. et longue de 25 kilom. Les plus élevés de ces cônes aigus sont : le Plomb du Cantal5, haut de 1856 m., le Puy Mary (1660 m.), le Puy Violan ou Violent (1594 m.). Le pied du massif s'étend en cercle, autour de ces points culminants, à une distance de 25 à 30 kilom., décrivant une circonférence de près de 200 kilom. Cette région montueuse est couverte de pics aigus et escarpés; elle est coupée par des vallées profondes et fertiles, qui sont arrosées par un grand nombre de petits cours d'eau, tributaires de l'Allier, de la Dordogne et du Lot. La plus grande et la plus riche de ces vallées est celle de la Cére (affluent de la Dordogne).
Partout ces hautes montagnes sont couvertes d'excellents pâturages, appelés pacages, qui nourrissent des bœufs de la forte race de Salers. Des forêts de chènes et de sapins se rencontrent encore dans les parties Sud et Nord du massif, qui partout ailleurs est presque complétement déboisé. Dès l’année 1788, on constatait, dans les montagnes de l'Auvergne, les funestes effets du déboisement, c'est-
à-dire les ravages des eaux, la terre végétale enlevée, le roc mis à nu et le sol devenustérile.
Au N. du Cantal, est le massif du Céxallier,
* Mons Duranus.
* Ex, la chaux du Broc, au Sd d'Issoire.
% Mons Cellorum,
granitique au S. et trachytique au N. Le sommet principal, le Cézallier, a 1452 m. Ce massif se dirige du Sud au Nord.
Le groupe volcanique du mont Dore est presque entièrement trachytique ; son principal sommet, le Puy de Sancy (1886 m.), est le point le plus élevé de la France centrale ; les autres puys ont de 1700 à 1800 m. Les aspects sauvages et pittoresques du mont Dore, ses ravins et ses cascades ont une célébrité justifiée par leur véritable beauté. Le versant occidental du mont Dore est abrupt ; à l'E.
il s’abaisse en pentes plus douces. De même que le massif du Cantal, celui du mont Dore est bien arrosé et couvert de pacages et de sapins.
Au mont Dore, les montagnes d'Auvergne se bifurquent ; la chaine principale continue à se diriger au N., entre la Sioule et l'Allier ; elle est formée de terrains volcaniques, au S., et de terrains cristallins, au N. On la désigne sous le nom de monts Dômes ou de chaine des Puys ; elle présente 60 puys, tous volcans éteints, dont les cratères sont encore béants ; le plus élevé est le Puy de Dôme (1465 m.); les autres ont 1100 ou 1200 m. La chaine des Puys est, comme les précédents massifs, couverte de pâturages, mais aussi de laves incultes. — La seconde chaîne qui se détache du mont Dore porte quelquefois le nom de montagnes de la Basse Auvergne; elle est formée de terrains primitifs; sa hauteur est de 1100 m.; sa direction est du S.-E. au N.-0., ct elle se joint, à la source de la Tardes (affluent du Cher), aux montagnes du Limousin. Presque à l'extrémité de cette chaine, il s'en détache un contre-fort qui court du S. au N., entre la Sioule et l'Allier à l'E. et leCher et l’Auron à l'O. Ce contre-fort, long de 160 kilom., sépare la Marche de l'Auvergne et traverse le Bourbonnais et le Berry. Il a 600 m. en commençant, 400 m. dans le Bourbonnais, et seulement 500 m. dans le Sancerrois.
Les monts du Limousin sont compris entre la source de la Tardes et celle de la Charente, sur une longueur de 450kilom.; ils traversent le Limousin de l'E. à l'O. Ces montagnes sont composées de roches granitoïdes, ainsi que leurs contre-lorts; elles montrent partout des sommets arrondis et serrés les uns contre les autres. comme on le remarque dans toutes les montagnes granitiques. Haute d'abord de 1000 m, la chaine atteint bientôt sa plus grande élévation au mont Odouze (1564 m.); là commence le plateau de Millevaches, nn et stérile, qui finit au mont Jargean (950 m.), et dont letalus méridional porte le nom de montagne de Moné-
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dières. La Creuse, la Vienne, la Vézère, la Corrèze et plusienrs netits affluents de la Dordogne descendeiit du plateau de Millevaches.
Au delà de ce plateau, les monts du Limousin diminuent de hauteur et ne sont couverts que de bruyères ou de landes. Dans l'O. du département de la Haute-Vienne, la chaîne continue à diminuer de hauteur, mais elle se couvre de forèts.
Deux grands contre-forts se détachent du versant septentrional des montagnes du Limousin ; tous les deux se dirigent au N., le premier entre Cher et Creuse, le second entre Creuse et Vienne. Le faîte entre Cher et Creuse traverse la partie orientale du département de la Creuse ; il a 600 ou 700 m. et est entièrement composé de roches granitoïdes.
À la source de l'Indre, le contre-fort se bifurque et forme deux chaines de collines salcaires, qui séparent l'Indre du Cher à l'E., et l'Indre de la Creuse à l'O. — Le faîte entre Creuse et Vienne, désigné sous le nom de montagnes de la Marche, se détache des monts du Limousin au mont Odouze, se dirige au N. jusqu'à la source de la Gartempe, tourne alors à l'O. et sépare la Gartempe de la Vienne, sous le nom de montagne de lu Gartaupe. Entièrement composées de roches granitoïdes, les montagnes de la Marche ont pour principaux sommets : le Puy Vieux (975 m.)et le Puy de Sauvagnac (697 m.). — Le versant méridional des montagnes du Limousin donne naissance à un faîte peu élevé, qu'on appelle collines du Périgord et de la Saintonge. Cette suite de hauteurs et de plateaux mamclonnés commence à la source de la Tardoire, affluent de la Charente, et sépare la vallée de la Dordogne de celle de la Charente; son altitude varie de 100 à 200 mètres.
Les collines du Poitou commencent à la source de la Charente etse prolongent jusqu'à la mer; leur longueur est de 200 kilom. Elles portent les noms de : collines du Poitou à l'E., plateau de Gatine au centre, et hauteurs du Bocage à l'O. Les collines du Poitou sont entièrement formées d’argiles et de calcaires jurassiques ; le plateau de Gatine, entre les sources de la Vonne et du Petit-Lay, est granitique, ainsi que les hauteurs du Bocage. Ce laite est peu élevé; presque partout ce ne sont que des ondulations ou des plateaux dont le reliel est à peine sensible. Le plateau de Gatine, de 150 à 200 m. de hauteur moyenne, est la partie culminante de toute la chaine; on Y trouve le mont des Alouettes, qui atteint 500 mètres,
Montagnes du Gévaudan. — Les monta-
gnes du Gévaudan commencent au nœud qui donne naissance à la Margeride et dans lequet le Chassezac, affluent de l'Ardèche, prend sa source; elles se prolongent jusqu'au mont Aigoual!, à la source de l'Hérault. Leur longueur est de 50 kilôm., et leur hauteur moyenne est de 1400 m. Les sommets les plus élevés se trouvent dans le massif de la Lozère, où il y a le mont Crucinas (1718 m.) et le mont Malpertus (1683 m.). Des roches cristallines constituent toutes les montagnes du Gévaudan, qui, en général, sont ravinées, boisées et peu fertiles; cependant l’industrie patiente des habitants a couvert le versant oriental de ces àpres montagnes, d'oliviers, de vignes, de mùriers et de châtaigniers, plantés sur des rocliers de granite, où la nature ne fait pas venir un brin d'herbe. Le massif de la Lozère est recouvert presque partout de pâturages. — Les montagnes du Gévaudan sont traversées par la route de Mende à Pont-Saint-Esprit, par le passage de Villefort, et par la route de Mende à Nimes, par le passage de Barre.
Les montagnes du Gévaudan jettent à l'E.
de nombreux contre-forts, courts et élevés, qui encadrent les vallées des affluents du Rhône, à l'O., elles s’abaissent sur le plateau ou causse ? de Levexac, situé entre Lot et Tarn, où l’on trouve, au N.-E. de Florac, un puech 5 élevé de 4304 m. A la source de l'Aveyron, le plateau se bifurque. La première partie, entre Lot et Aveyron, traverse le Rouergue; la seconde partie, entre Aveyron et Tarn, s'appelle plateau ou causse de Levexou 4. Ce causse est très-accidenté et est dominé par le Puech de Monsaigné (1154 m.) et par le Puech d’Aluech (4151 m.,. D'immenses pâturages, semés de genêts et de bruyères, couvrent le causse de Levezou.
Monts Garrigues$. — Les monts Garrigues s'étendententrele mont Aigoual et la source de l'Orb; leur longueur est de 42 kilom. Le massif est tout granitique. On y remarque quelques hauts sommets : l’Aigoual (1568 m.), l'Esperow
‘ On dit l'Aigoual, d'où l'on a écrit : mont Laigonat ou Laigonal, par une faute d'impression sans cesse reproduite.
* Causse, du bas-latin caussis, pour cabr, chaux, terrain calcaire. — On prononce caoussé.
3 Puech, forme méridionale du mot puy.
* Et non pas Levezon,
# Garrigues, Garricæ, Garriciæ, terres incultes. Garrigues vient du mot languedocien garric, yeuse. En efiet, ces montagnes étaient couvertes autrefois de chènes-verts ou yeuses, de lentisques, de vades ou genévriers. — On appelle aussi garrigues les plateaux
calcaires et stériles de cette partie du midi de la France,
(1420 m.) et le Suquet (1233 m.). Les monts Garrigues s'abaissent à l'O, sur le causse de Larzac, plateau calcaire et rocheux, de 500 kilom. carrés, haut de 800 à 900 m., peu fertile et sans eau, mais où l’on élève une race de brebis laitières très-estimée. Au S.—E., les monts Garrigues s'abaissent sur le causse de Caylar, plateau calcaire-jurassique, comme tous les causses qui entourent l'extrémité méridionale des Cévennes. — Les Garrigues sont traversées par la route de Nîmes à Millau.
Les monts Lespinous1 s'étendent entre la source de l'Orb et la source du Jean (affluent de l'Orb), sur une longueur de 56 kilom. Au N.E., ils sont formés de calcaire jurassique; au S.-0., c'est le granite qui les constitue ; les versants sont formés par lesschistes du terrain de transition. Les monts Lespinous s’abaissent sur les plaines du Languedoc par une succession de terrasses; à l'O., ils tombent sur les causses. La hauteur moyenne de la chaine est de 800 à 900 m.: elle est couverte de chènes et de châtaigniers.
La montagne Noire? est comprise entre les sources du Jean et du Sor (affluent de l’Agout). Jusqu'ici les Cévennes se sont dirigées du N.-E. au S.-0.; avec la montagne Noire elles changent de direction et vont de l'E. à l'O. La longueur de la montagne Noire est de 40 kilom.; sa hauteur moyenne est de 800 à 900 m. On y trouve le pic Saint-Pons (1256 m.) et le pic Nore (1207 m.). La montagne Noire, entièrement granitique, s'élève brusquement et à pic au-dessus de la plaine du Languedoc. Elle est couverte de pâturages, et quelques parties seulement sont boisées. La principale voie de communication qui traverse cette partie des Cévennes, est la route de Carcassonne à Castres.
La montagne Noire se prolonge jusqu'au vol de Naurouze, où passe le canal du Midi (189 m.) et où finissent les Cévennes, par une suite de hauteurs calcaires de 500 m., que l'on désigne sous le nom de coteau de Sorèxe et de Saint-Félix.
4. Système Des Pynénées. — Les Pyrénées sont situées entre la France et l'Espagne; elles commencent au cap Creux5, sur la Méditerranée, et finissent au col de Bélate, sur la grande route de Bayonne à Pampelune. La chaine se continue cependant en Espagne sous les noms de monts Cantabres, montagnes des Asturies et montagnes de la Gallice, et ne se
* Alons spinosus.
* Son sol noirâtre et ses flancs couverts de bois lui donnent un aspect sombre, d'où elle a pris le nom de montagne Noire.
# Ou cap Creu,
termine qu’au cap Finistère, sur l'océan Atlantique. Ainsi vu en grand, le sytème pyrénéen a 4100 kilom. de l'E. à l'O., entre 1° long. E. et 11° À long. O. On le divise en deux grandes sections : les Pyrénées continentales, ou Pyrénées proprement dites, et les Pyrénées maritimes. Nous ne décrirons ici que les Pyrénées proprement dites, c'est-à-dire la partie de la chaîne située entre la France et l'Espagne.
Les Pyrénées ont une longueur de 350 kilom., une largeur moyenne de 80 kilom. et couvrent une surface de plus de 20,000 kilom.
carrés. Leur direction générale est de l'E.-S.-E à l'O.-N.-0., à l'exception d'un coude qu’elles font entre le mont Vallier et la source de ja Garonne; cette partie, longue de 20 kilom., se dirige du Nord au Sud.
Les Pyrénées forment la limite naturelle entre la France et l'Espagne; presque partout la limite politique des deux pays suit la crête de la chaîne, sauf sur quelques points; ainsi la vallée de Carol, la Cerdagne française et la partie supérieure de la vallée d'Ahescoa sont à la France, quoique situées sur le versant méridional ou espagnol; tandis que la vallée d’Arran, le fond de la vallée de Louzaide, la vallée de Bastan et la vallée de la Bidassoa sont à l'Espagne, quoiquesituées sur le versant septentrional ou français.
Les provinces françaises situées sur les Pyrénées sont : le Vallespir, le Roussillon, le Conflans, la Cerdagne française, le Capsir (département des Pyrénées-Orientales); le comté de Foix, le Conserans, le Donnezan (département de l’Ariége); le Comminges, ie Languedoc (département de la Haute-Garonne) ; les Quatre-Vallées, le Bigorre (département des Hautes-Pyrénées); le Béarn, le pays de Soule, la Basse Navarre et le pays de Labourd (département des Basses-Pyrénées). Les provinces espagnoles sont la Catalogne, l'Aragon, la Haute Navarre et la Biscaye.
On divise les Pyrénées en trois sections :
Les Pyrénées orientales, depuis le cap Creux jusqu'au pic de Corlittet;
Les Pyrénées centrales, entre le pic de Corlitte et le Cylindre du Marboré ;
Les Pyrénées occidentales, depuis le Cylindre jusqu'au col de Bélate?.
À partir du cap Creux jusqu'au col du Pertus, les Pyrénées orientales portent le nom de monts Albéres ; ce sont des montagnes de 609 m. de hauteur moyenne, dont les
‘ Ou Carlitte, # Les deux dernières sections font partie de la ligne de partage des eaux de l'Europe,
ur l'océan Atlansytème pyrénéen entre 1° long. E.
en deux grandes entales, ou Pyréxs Pyrénées marique les Pyrénées re la partie de la » et l'Espagne.
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ales, depuis le Cyate?,
usqu'au col du Perles portent le nom ont des montagnes moyenne, dont les
bns font partie de la Europe.
minent brusquement sur la Méditerranée par des promontoires rocheux, appelés le cap Béarn, le cap de Cerbera et le cap Creux. Le sommet des Albères présente des plateaux recouverts de pâturages et de forêts. À partir du col du Pertus, la chaîne s'élève peu à peu et atteint 1600 m. d'altitude ; le faîte se hérisse de pics aigus ou de rochers, et la masse des montagnes devient plus àpre.
Au pic de Corlitte, commencent les Pyrénées centrales. Dans toute cette section, les Pyrénées sont très-larges !, escarpées, bouleversées, ravinées et d'un accès très-difficile. La hauteur moyenne est de 2000 m. entre le pic de Corlitte et la vallée de Vicdessos, puis de 2400 jusqu’à la source de la Garonne, et de 2600 jusqu’au val d'Ossan. Les sommets des Pyrénées centrales, les plus élevés de toute la chaine, sont : le pic de Corlitte (2921 rn.), le mont Calm (3250 m.), la pique d'Estats (3141 m.), le mont Vallier (2819 m.), la Maladetta (pic occidental, 3312 m.), le pic de Néthou?, le plus élevé de tout le système (3370 m.), le pic de Posets (3367 m.), le mont Perdu (3551 m.), composé de roches crétacées et dont les crêtes allongées et plates ont un aspect tout particulier, le pic du Midi (2877 m.) et le Cylindre, qui est la plus haute destours du massif du Marboré (3322 m.). 11 est à remarquer que plusieurs de ces sommets se trouvent dans les contre-forts et non pas sur la chaîne principale; ainsi le mont Perdu et la Maladetta sont sur le versant espagnol ; le Canigou et le pic du Midi sont sur le versant français. Ce n'est que dans les Pyrénées centrales que les cimes des montagnes sont recouvertes de glaciers (serneilles); les plus considérables sont ceux de la Maladetta, de Crabioules, du mont Perdu, de la Brèche de Roland et de Neouvielle. La limite des neiges perpétuelles sur les Pyrénées est à 2800 mètres. — Les cols des Pyrénées centrales sont peu praticables, à cause de leur hauteur, de la largeur du massif qu'ils traversent et des accidents de toute espèce que présente le terrain,
Les Pyrénées occidentales commencent au Cylindre du Marboré. Encore très-hautes à leur origine; où l'on trouve le mont Vignemale, recouvert de glaciers (3298 m.), le pic du Midi d'Ossau (2847 m.) et le picd'Anie ou d'Ahuga
‘ La largeur est de 113 kilom, sous le méridien de Bagnères-de-Bigorre,
* Appelé aussi pic d'Ancthou, C'est le pic oriental di massif de la Maladetta. Le chiffre que nous donnons est celui obtenu en 1842 par M. Tchihatchef.
‘chaines parallèles, abruptes ei ravinées se ter-
(2436 m.), les Pyrénées occidentales s'abaissent bientôt en larges croupes, et leur hauteur moyenne n’est plus que de 1500 à 1200 m., et même de 800, en approchant du golfe de Gascogne. Ainsi à ses deux extrémités, la chaîne est beaucoup plus basse qu'au centre.
Les Pyrénées occidentales sont moins escarpées, moins âpres, moins larges que les Pyrénées centrales, et un grand nombre de cols praticables en rendent l'accès plus facile.
La chaîne des Pyrénées est traversée par de nombreux cols; mais peu d'entre eux sont praticables, et l’on n’a pu établir de bonnes routes qu'aux deux extrémités de la chaine.
Les passages sont désignés en général sous les noms de puertoet de port, au centre, et de col aux deux extrémités. Suivant les localités on les appelle aussi : portillon, porte, brèche, cot, hourque et hourquette, fourque et fourquette, et lepoa (dans la Basse Navarre). Les principaux ports des Pyrénées sont, dans les Pyrénées orientales, le col de Belistre, fort difficile, par lequel passe le chemin de Port- Vendres à Roses; le col de Banyuls, de Banyuls à Espolla; le col de la Massane (995 m.), d'Argelez à Espolla; il a été suivi par l'armée française en 1285; le col du Pertus, par lequel passe la grande route de Perpignan à Barcelone ; le col de Portell, un peu à l'O. du précédent, qui va, comme lui, du Boulou à la Junquera; il est facile et a servi au passage des troupes en 1685 et en 1793; le col de Coustougé ou CGustoja, de Saint-Laurent de la Cerda à Saint-Laurent de la Mouga; il a été traversé par les Espagnols en 1793; le col des Aires!, par lequel passe la route de Pratz de Mollo à Campredon; il a été suivi en 1689, 1691 et 1793; le col de la Perche, large, plat et uni, traversé par la route de Montlouis à Puycerda ; après la saison des neiges, il peut servir au passage des troupes de toutes armes.
Dans les Pyrénées centrales, on peut citer le port de Saldeou ou de Meringue, d'Ax à Andorre et Urgel ; c'est le passage ordinaire pour aller de France dans l'Andorre ; le port de Venasque (2413 m.), l’un des plus fréquentés, quoique escarpé, étroit et dangereux ; il est entre Saint- Béat et Venasque; le port d'Oo (3002 m.), au fond de la vallée de Larboust et le plus élevé de la chaîne. Dans les Pyrénées occidentales, nous citerons : la Brèche de Roland (2920 m.), de Gavarnie à Fanlo; le port de Gavarnie (2353 m.), de Gavarnie à Busaruelo ; le port de Cauterets, d'Argelez à Jacca; le port d'Aspe, ou le Somport, que suit 11 route de
Ou des Eres, d'Avie, d'Aria, d'Arrcs,
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Pau à Jacca par les gorges de Canfranc; les | Sarrasins d’Abdérame pénétrèrent en France par le Somport; le port de Lecumberry, traversé par la route de Saint-Jean-Pied-de-Port à Sanguessa; le col d'Ibagnetta (1759 m.), traversé par la route de Bayonne à Pampelune, par Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux ; le col des Aldudes, sur la route de Saint-Étiennede-Baigorry à Çubiri ; le col de Bélate, traversé par la grande route de Bayonne à Madrid.
Le versant septentrional des Pyrénées est plus doux, moins abrupt et plus abordable que le versant méridional!. Il présente généralement une zone montagneuse peu large, et se compose, après cette zone, de hauteurs arrondies et de plateaux qui descendent en terrasses presque horizontales. Cette disposition favorise la circulation sur le versant français ; il n'en est pas ainsi en Espagne.
De nombreuses vallées accidentent les versants des Pyrénées. À l'exception de celles qui sont situées aux extrémités de la chaine, et qui sont longitudinales, toutes les vallées pyrénéennes sont transversales, ou perpendiculaires à la direction de la crête des montagnes; elles s’abaissent par des étages successifs et très-élevés les uns au-dessus des autres ; aussi les Gaves qui les arrosent, forment-ils partout des cascades ou des rapides. Les vallées, dans leur partie inférieure, sont larges et d'nne grande fertilité; mais, dès que l’on pénètre dans le centre de la chaine, elles deviennent étroites, étranglées et presque sans culture; il n’y a de place que pour le torrent qui y coule, et ce ne sont plus que des gor-
ges sauvages, déchirées et remplies de blocs de rochers éboulés. Quelques vallées, à leur origine, présentent un bassin ou cirque d'assez grande dimension, entouré par de hauts escarpements et ouvert seulement du côté par lequel se continue la vallée; ces cirques s'appellent oules. Ajoutons que les vallées des Pyrénées sont exposées aux effets terribles des congères, tempêtes de vents, et des lavanges ou lydt, ouragans de neige.
Les principales rivières qui descendent des Pyrénées sont : le Tech, la Têt, l'Aude, l'Ariége, la Garonne, qui arrose le val d'Arran ?, la Pique, affluent de la Garonne, qui arrose
1 vallée de Luchon, la Neste, dans la vallée
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{ La pente moyenne du versant français est de 2° 50', tandis que la pente moyenne du versant espagnol est de 3° 30”.
# En basque, aran, vallée,
de Gave. Le premier est le Gave de Pau, dont” la vallée porte les noms de vallée de Gavarnie, vallée de Baréges et vallée de Lavedan. La vallée de Gavarnie est célèbre par ses aspects pittoresques; on y admire les tours calcaires du Marboré, l'oule ou cirque de Gavarnie et la cascade de Gavarnie, haute de 420 m. Les autres Gaves sont : le Gave de Cauterets, le Gave d'Azun, dans les vallées de même nom ; le Gave d'Oloron, dans la vallée d’Ossau ; le Gave d’Aspe, dans la vallée de ce nom; le Soison, affluent du Gave d'Oloron, qui arrose le pays de Soule; la Nive, qui coule dans la vallée de Baigorry : l'Airi, qui traverse la vallée de Louzaide, dont la partie supérieure, appelée le val Carlos, est à l'Espagne; enfin, la Bidassoa, dont le cours supérieur arrose la vallée de Bastan,
La partie moyenne des montagnes du versant français renferme un grand nombre de petits lacs, espèces de trous remplis d'une eau limpide et froide, que la fonte des neiges renouvelle; presque tous donnent naissance à un torrent. Ces petits lacs sont beaucoup moins nombreux sur le versant espagnol.
Le granite, avec les gneiss et les schistes
micacés et talqueux, constitue la crête de la chaîne dans les Pyrénées orientales. Dans les Pyrénées centrales, entre le pic de Corlitte et la source de la Garonne, ce sont les schistes argileux, la grauwacke et les calcaires du terrain de transition; mais entre la Garonne et le mont Cylindre, le granite redevient l'élément constitntif. La crête des Pyrénées occidentales est formée par le terrain de transition et par le grès bigarré de la formation triasique. Le versant septentrional de la chaîne des Pyrénées présente partout la même constitution géologique ; il:se compose des grès verts, et, plus au N., des craies marneuses du terrain crétacé. — Les richesses minérales des Pyrénées sont nombreuses; le fer y abonde et est surtout exploité à Rancié ; on trouve aussi dans les Pyrénées : du cuivre (à Baigorry), du plomb (à Aulns), des marbres précieux, entre autres du marbre statuaire qui rivalise avec celui de Carrare, Les principales eaux minérales sont celles de Vernet, Amélie, Bagnéresde-Luchon, Eaux-Bonnes, Bagnères-de-Bigorre, Cauterets et Barèges.
Après les dévastations déplorables qu'elles ont souffertes sur tous les points, les Pyrénées sont actuellement peu boisées. Le sapin esl l'essence qui forme les principales masses forestières ; il commence au-dessus de la zone des végétaux de la plaine, des chênes et des
hètres, et s'élève jusqu'à 1950 mètres ; au-dessus de la zone des sapins, vient celle des ifs et
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Les principaux contre-forts des Pyrénées françaises sont : les Aspres, les Corbières orientales, les Corbières occidentales, les montagnes entre Ariège et Salat, les montagnes du Conserans, les montagnes entre Garonne et Neste, les montagnes du Bigorre et les montagnes de Ja Basse Navarre.
Les Aspres. — Du mont Costabonna, au fond de la vallée du Tech, se détache un contre-fort, presque parallèle à la chaine, qui sépare les vallées du Tech et de la Tèt ; il est formé par le massif du Canigou (2785 m.), dont le prolongement porte le nom d’Aspres.
Les Aspres se divisent en hautes Aspres, montagnes élevées et rudes, et basses Aspres, série de plateaux et de hauteurs ravinées. Tout ce contre-fort est granitique, à l'exception de son extrémité orientale, qui est formée par le terrain de transition.
Les Corbières orientales. — Du massif que surmonte le pic de Corlitte se détachent deux contre-forts, les Corbières orientales et occidentales. Les Corbières orientales, montagnes de 700 à 800 m. , séparent les vallées de la Têt et de la 6ly du bassin de l'Aude. Elles se dirigent au N.—E., et se terminent à l’embouchure de l'Aude, par la montagne de la Clappe ; leur principal sommet est le Puy de Bugarach (1250 m.), d'où part un rameau dirigé du S. au N., entre l'Aude et l'Orbieu, et qui porte à son extrémité le nom de mont d’Alaric (600 m.). Les Corbières sont arides, décharnées et découpées par un grand nombre de vallées sinueuses, étroites, profondes et encaissées entre des talus à pic. La partie méridionale des Corbières, les hautes Corbières, est composée de granite et de schiste ; la partie septentrionale, les basses Corbières, est formée de roches calcaires du terrain crétacé. — La route de Perpignan à Foix traverse les Corbières au col de Saint-Louis.
Corbières occidentales. — Les Corbières occidentales se dirigent du S. au N., depuis le pie de Corlitte jusqu'au col de Naurouze (189 m.), séparant les vallées de l'Aude et de l'Ariége, Elles appartiennent à la ligne de partage des eaux de la France. Cette chaine, de 120 kilom. de longueur, est granitique dans sa partie méridionale ; on y remarque le pie de Saint-Barthélemy, hant de 2333 m.
Plus au N., et dans leur partie crétacée et tertiaire, les Corbières n'ont plus que 300 ou 400 m. Elles jettent à l'O. un contre-fort entre l'Ariége et le Lers, affluent de l’Ariége.
Montagnes entre Ariége et Salat. — Les montagnes qui couvrent la parlie occidentale du département de l’Ariége séparent les vallées de l'Ariège et du Salat ; elles sont élevées, granitiques et schisteuses, âpres et rudes; on y trouve le pic d'Endron (2052 m.) et la montagne de Rancié (1598 m.). Ce contrefort se termine au N. par un plateau calcaire, de 250 mètres d'altitude, duquel descendent plusieurs ruisseaux tributaires de la Garonne.
Montagnes du Conserans. — Les montagnes du Conserans, situées entre le Salat et la Garonne, sont de hautes montagnes, d’abord schisteuses, puis calcaires. Les sommets les plus élevés sont le mont Crabère (2638 m.) et le pic de Gar (1826 m.).
Montagnes entre Garonne et Neste. — Ce contre-fort, de même formation géologique que le précédent, traverse le pays appelé les Quatre-Vallées et. présente plusieurs pics de 3000 mètres.
Montaynes du Bigorre. — Les montagnes du Bigorre se détachent du massif du Marboré, au mont Cylindre, et séparent les bassins de la Garonne et de l’Adour. Ce sont de hautes montagnes granitiques et schisteuses au S., puis calcaires au N. On y remarque le mont Pimené (2861 m.), le pic d’Aiguillon (2952 m.), le pic Long (3226 m.), le pic de Neouvielle (3092 m.), recouvert de glaciers, l’Arbizon (2845 m.), le pic de Cambielle (3234 m.) et le pic du Midi de Bigorre (2909 m.). Les montagnes du Bigorre se terminent à la hauteur de Bagnères; là commence le plateau tertiaire de Lannemezan (610 m.), grande terrasse couverte de landes, qui s'étend en éventail dans le large pays situé entre la Garonne et l’Adour. Le plateau de Lannemezan est sillonné, en lignes droites et parallèles, par les vallées d'un très-grand nombre de rivières, qui y prennent leur source et de là rayonnent en tous sens, Les principales de ces rivières sont : la Noue, la Nouge, la Nère, la Touch, la Save, la Gesse, la Gimone, l’Arrats, le Gers, la Baïse-devant, la Baïse-derrière, la Losse, l’Auzone, la Gelize, tributaires de la Garonne ; la Douze, le Bouès, la Midou, l'Arros et l’Esteux, tributaires de l'Adour.
Il se détache des montagnes du Bigorre, au pic du Midi, un contre-fort qui sépare l’Adour du Gave de Pau. Composé d’abord d'une chaine de hautes montagnes schisteuses, puis enlcaires, et lor gues de 25 kilom., le contre-fort se
continve par le plateau de Pont-Long, vaste lande tertiaire et couverte de bruyères, comme le plateau de Lannemezan, dont il est le pendant. Le plateau de Pont-Long s'étend d'Ossun, au S.-0. de Tarbes, à Hagetmau, au S. de Saint-Sever, sur une longueur de 70 kilom.
Il est pour l'Adour ce que le plateau de Lannemezan est pour la Garonne; c'est la région des sources de tous les ruisseaux qui se jettent dans l'Adour, depuis Maubourguet jusqu'au confluent du Gave de Pau. Cette terrasse se développe aussi en éventail entre l'Adour et le Gave de Pau, et sa surface est sillonnée, en lignes droites et parallèles, par plusieurs affluents de l'Adour : le Louet, le Lées, le Gabas, le Luy de France et le Luy de Béarn, qui reçoivent eux-mêmes une infinité de ruisseaux.
Montagnes de la Basse Navarre. — Les montagnes de la Basse Navarre se détachent des Pyrénées au mont Harquinzu, à 42 kilom.
à l'E, du col de Bélate; leurs plus hauts sommets n'ont que 1300 m. Elles se dirigent au N., séparant la France de l'Espagne, entre la Nive et la Bidassoa, jusqu'à la source de cette dernière rivière. Là, elles se bifurquent. Une branche file au N.-0., entre la Nivelle et la Nive; une autre se dirige à l'O., entre la Nivelle et la Bidassoa. On remarque, dans cette seconde branche, le col de Maya, la montagne d'Atchiola, la Rhune et le mont de Commissari ; elle sert en grande partie de limite entre la France et l'Espagne. — Dans leur première partie, celle qui vaduS. au N., entre Nive et Bidassoa, les montagnes de la Basse Navarre sont formées par le grès bigarré triasique; les deux branches qui se forment de la bifurcation de la chaîne, sont composées de schistes de transition.
5. Svsrène pes Aurest. — La chaîne des AIpes est située entre la France, la Suisse et l'Allemagne, au N., et l'Italie, au S. On la divise en trois grandes parties, savoir :
Les Alpes occidentales, entre le col de Cadibone, où a lieu la jonction avec l'Apennin, et le mont Saint-Gothard ;
Les Alpes centrales, entre le mont Saint- Gothard et le mont Septimer ;
Les Alpes orientales, entre le mont Septimer et le mont Bittoray, à l'E. de Fiume.
Les Alpes occidentales, qui intéressent seules
* Gallorum lingu alti montes Alpes vocantur (Serv. Honoralus, Comment. sur Virgile).— Aujourd'hui, les montagnards de toute la chaine appellent Aipes (Alp) les hauts pâturages des montagnes, et non pasles montagnes elles-mêmes,
la région gauloise ou française, sont divisées en quatre sections :
Les Alpes Pennines!, entre le Saint-Gothard et le mont Blanc;
Les Alpes Grées*, entre le mont Blanc et le mont Cenis ;
Les Alpes Cottienness, entre le mont Cenis et le mont Viso;
Les Alpes maritimes, entre le mont Viso et le col de Cadibonet.
Les trois dernières sections forment la limite de la France et de l'Italie, entre le mont Blanc et Colla-Longa, dans les Alpes maritimes. On y remarque le mont Blanc (4810 m.), le mont Iseran (4045 m.), le mont Cenis (2896 m.), le mont Tabor (3180 m.), le mont Genèvre (3592 m.), le mont Viso (3836 m.) et le mont Longet (3153 m.). Les principaux cols qui traversent ces hautes montagnes, larges et généralement calcaires, sont : le col du Petit-Saint-Bernard (2192 m.), par lequel passe la route de Moutiers à Aoste, et où est établi un hospice destiné à donner asile aux voyageurs; le col du mont Cenis (2065 m.), traversé par la grande route de Lyon à Turin, par Chambéry; le col du mont Genèvre (1974 m.), de Briançon à Suze, suivi par Charles VIII dans son expédition en Italies; le col d’Abriès, de Mont-Dauphin à Pigneroi ; le col d’Agnello (2796 m.), de Queyras à Castel- Delfino, traversé par François 1* en 1515; le col de l’Argentière ou de la Madeleine (2031 m.), traversé par une route importante allant de Barcelonnette à Conif; le col? de Tende (1795 m.), traversé par la grande route de Nice à Turin.
Sept grands contre-forts se détachent des Alpes occidentales et couvrent la Savoie, le
* Summæ Alpes. — Pennines, du celtique pen, tête, sommet. — Les Celtes appellent penninum le point le plus élevé des montagnes (Tite- Live, XXI, 58). — Alpes Pennines, ou summæ Alpes, sont doncies hautes Alpes, les Alpes aux hauts sommets.
* Alpes Graiæ ou Grajæ, saltus Grajus, Alpes rocheuses; de Craÿ (kymrique), Craig (gaëlique), rocher. — Alpes grecques est un non-sens.
5 D'un petit royaume gouverné par Cottius, au temps d'Auguste.
# Voy., pour la géographie des Alpes, la géographie de l'Italie, de la Suisse et de l'Allemagne.
5 1 existe au mont Genèvre un hospice impérial destiné à recueillir les voyageurs égarés ou épuisés de fatigue. — De nombreux refuges, appelés Refuges- Napoléon, ont été établis récemment dans les principaux cols des Hautes-Alpes (cols d'Agnello, Lacroix, Isoard. du Noyer, etc.\.
° 11 y a.une maison de refuge au col de la Madeleine.
1 En Provence, on dit une colle {la colle de Tende), et non pas un col,
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Dauphiné et la Provence de leurs innomnbrables rameaux; ces contre-forts sont : les montagnes entre Rhône et Arve, les montagnes entre Rhône et Isère ou Alpes de Savoie, les montagnes de la Vanoise, les Alpes du Dauphiné, les montagnes entre Durance et Guil, les montagnes entre Guil-Durance et Ubaye, et les Alpes de Provence.
Les montagnes . entre Rhône et Arve se détachent des Alpes Pennines, à l'aiguille d'Argentière, et vont finir sur le lac de Genève, en séparant la France (Savoie) de la Suisse (canton du Valais).
Montagnes entre Rhône et Isère. Ce contre-fort, appelé aussi Alpes de Savoie, se détache des Alpes Grées, au col de la Seigne; il traverse la Savoie de l'E. à l’O., en longeant la rive droite de l'Isère, et jette au N. des rameaux élevés, entre l'Arve, le Fier, la Laisse et le Guiers. La chaine principale pénètre dans le Dauphiné, entre l'Isère et la source du Guiers- Vif, elle se dirige d'abord du N. au S., séparant l'Isère du Guiers, et forme le massif sauvage des montagnes de la Grande-Chartreuse (2000 m.); puis contournant la vallée du Guiers, elle se dirige. au N., entre le Guiers et la Fure (affluent de l'Isère). À la source de la Fure, elle se bifurque. La branche qui va au N. est assez élevée, longe le Rhône et se termine au coude de Saint-Sorlin, couvrant l'intervalle entre le Rhône et la Bourbre; — l'autre branche se dirige au S.-0., et est formée par de larges et hautes collines de 400 à 500 m.; elle suit la rive droite de Msère et finit sur le Rhône par des coteaux couverts de vignobles,
Les montagnes de la Vanoise se détachent du mont Iseran, se dirigent de l'E. à l'O., en décrivant un demi-cercle, dont la convexité est dirigée au S., et en séparant les vallées de l'Isère et de l'Arc; leurs sommets principaux sont le mont du Chat et l'aiguille de la Vanoise (3863 mètres).
Les Alpes du Dauphiné. Les Alpes du Dauphiné séparent la vallée de la Durance de celles de l'Isère et de la Drôme ; elles se détachent des Alpes Grées, au mont Tabor, et se dirigent à l'O. jusqu'à l'aiguille d’Arve (entre Arc et Durance); ensuite elles vont au S.-0.,
à séparant la Durance, d'abord de la Romanche
et du Drac, puis de la Drôme, de l'Aigues, de l'Ouvêze, de la Nesque et de la Sorgues. Cette longue chaîne est calcaire et appartient aux formations crétacée et jurassique, à l'exception des montagnes granitiques d'Oisans.
La partie des Alpes du Dauphiné qui va de l'E. à l'O., entre Arc et Durance, sépare le
Dauphiné de la Savoie ; on y trouve l'aiguille Noire (3200 m.), le pic des Trois Ellions (3882 m.) et l'aiguille d'Arve (3495 m.). — A partir de ce pic, le chaine tourne au S.-0., comme on vient de le dire, et sépare les eaux de la Durance de celles de la Romanche et du Drac; cette partie des Alpes du Dauphiné, appelée les montagnes de l'Oisans, est granitique, très-haute, sauvage et couverte de glaciers et de neiges éternelles. Les sommets des montagnes d'Oisans sont : le Grand- Pelvoux (3934 m.) et la pointe des Arsines!, partie la plus élevée du massif du Pelvoux ; Le col du Lautaret (2070 m.), le plus important du massif de l’Oisans, ést traversé par la grande route de Briançon à Grenoble, qui est l'une des routes les plus élevées de l'Europe. Toutes les montagnes de l'Oisans, hautes de 2000 à 3000 m., sont nues et stériles sur leur versant méridional, tandis que le versant septentrional est boisé. Dans l'été, leurs sommets sont couverts d'excellents pâturages, comme ceux de toutes les montagnes du département des Hautes-Alpes. C'est là que viennent paitre les moutons des Bouches-du-Rhône, qui, à l'arriére-saison, retournent en Provence. — Entre la source du Drac (affluent de l'Isère) et celle du Grand-Buech (affluent de la Durance), les Alpes du Dauphiné se dirigent de VE. à l'O. On y remarque le mont Obiou (2912 m.) et le col du Noyer (1653 m.), par lequel passe la route de Grenoble à Gap. La chaîne jette ici un épais contre-fort entre Buech et Durance. A partir du mont Toussière, qui est à la source du Grand-Buech, les Alpes du Dauphiné diminuent de hauteur et courent au Sud, en séparant les vallées du Buech et de la Durance, des vallées de la Drôme, de l’Aigues et de l'Ouvèze; puis, au Sud du mont Chaumouze et du mont Bue, la chaîne se partage et forme quatre chainons calcaires, généralement arides et nus, qui sont : la montagne de Lure à V'E., le mont Ventoux à l'O., le contre-fort entre Nesque et Calavon, et le mont Leberon au S.
La montagne de Lure va, à l'E., finir près de Sisteron ; son sommet le plus élevé a 1827 mètres. — Le mont Ventoux (mons Ventosus), haut de 1912 m., est couvert de pâturages dans ses parties supérieures; le versant méridional est entièrement nu; de belles forèts revêtent le versant septentrional, — Le contre-fort entre Nesque et Calavon se dirige à
* Oumontagnedel'Oursine, de l'Arsine, des Agniaux, des Ecrins; cette pointe est à 3 kilom. au N.-0. du Grand-Pelvoux.
l'O., comme le mont Ventoux; sa crête large et aplatie présente le mont Saint-Saturnin (1387 m.), et à son extrémité est la montagne de Vaucluse (654 m.), où se trouve la célèbre fontaine de Vaucluse. — Le mont Leberon se détache du nœud qui forme la montagne de Lure et le mont Ventoux ; il se dirige d’abord du N. au S., puis de l'E, à l'O., entre la Durance et le Calavon. Cette dernière partie porte, à l'E., le nom de montagne de Luba, et, à i'O., de mont Leberon. La hauteur moyenne du contre-fort est de 800 m., et le point culminant s'élève à 1125 m. — Les eaux de ces montagnes calcaires se perdent souvent dans des abimes ou cavités souterraines.
-Les Alpes du Dauphiné ont de nombreux contre-forts; nous en signalerons quatre, sur le versant occidental : les Alpes de Maurienne, les montagnes entre Drac-lsère et Drôme, les montagnes entre Drôme et Aigues, et les montagnes entre Aigues et Ouvèze. Les Alpes de Maurienne se détachent des Alpes du Dauphiné, à l'aiguille d'Arve, et se dirigent du S. au N., entre le Dauphiné et la Savoie, séparant la vallée de l'Arc de celles de la Romanche et de l'Isère. Formées de calcaire jurassique, ces hautes montagnes sont larges, âpres et couvertes de glaciers, et nulle route ne les traverse ; leur plus haut sommet, le Goléon de la Grave atteint 3429 m. A la source de l'Olle, il s'en détache un rameau très-court, qui se partage aussitôt en deux branches dirigées : l’une au N., et l’autre au S. Cette dernière est parallèle à l'Isère et forme la paroi méridionale de la belle et plantureuse vallée du Grésivaudan. — Les montagnes entre Drac- Isère et Drôme commencent au mont Toussière, où se trouvent les sources du Grand- Buech et de l’Ebron; elles vont d'abord au N.-0. et se bifurquent à la source de la Vernaison (affluent de l'Isère), pour former les montagnes de Bure et les monts Vercors. — Les montagnes de Bure se dirigent au N., entre le Drac et la Vernaison ; leurs sommets sont le Grand-Vaimont ou Vehemont (2346 in.), la Moucherolle (2188 m.) et la montagne de Sassenage, au N.— Les monts Vercors vont à l'0.,entre Isère et Drôme; on y remarque le mont Embel (1462 m.),.et ils finissent sur le Rhône par des hauteurs de 700 à 800 m. — Les montagnes entre Drôme et Aigues se détachent des Alpes du Dauphiné, entre les sources de la Drôme et de l’Aigues; elles atteignent une hauteur de 1500 m. et, se ramifiant à l'infini, couvrent tout le pays entre la Drôme, l'Aigues et le Rhône. Les monts Volvent et Couspau sont les principaux sommets, — Les
montagnes entre Aigues et Ouvéze se séparent de la chaine principale au mont Chaumouze:
leur point culminant est le mont Gardegros, au S.-E. de Nyons, au delà duquel le contrefort se prolonge par un plateau allongé et bas, qui se termine sur le Rhône.
Montagnes entre Durance et Guil. Elles se détachent des Alpes Cottiennes, au col des Thures, se terminent au N.-E. de Mont-Dauphin par la montagne de Furfande, et couvrent tout le triangle compris entre la Durance et son affluent le Guil.
Montagnes entre Guil-Durance et Ubayc.
C'est un chainon calcaire, haut, large et
. difficile, qui se détache des Alpes maritimes,
un peu au $. du mont Viso, et se dirige au S.-0., séparant les départements des Hautes-Alpes et des Basses-Alpes. On y trouve d'abord le mont Saint-Véran; un village situé sur cette montagne, à 2040 m., est le point habité le plus haut de la France; viennent ensuite le mont Parpaillon (2725 m.) et le Grand-Bérard (3048 m.).
Alpes de Provence. Les Alpes de Provence commencent au mont Lausanier (2956 m.); elles se dirigent du N. au S., entre le Var et le Verdon, présentant les monts Pela ou Pelet (5054 m.), Saint-Michel, Valplanne, Taillon et Audiberge (1716 m.). La chaîne porte alors le nom de monts Esterel! et se dirige de l'E. à l'O. La hauteur moyenne de l’Esterel est de 1200 m. Ce sont des montagnes abruptes, déboisées, stériles, ravinées par les eaux ; il s’en détache, du S., plusieurs rameaux, larges et élevés, nus et stériles, qui séparent les vallées du Var, de l'Esteron, du Loup, de la Siagne et de l’Argens, et ne se terminent que sur le rivage de la Méditerranée,
À la source de l'Argens, l’Esterel se bifurque. | Une branche continue de se diriger à l'O., sous !
les noms de chaîne de Sainte-Victoire, de chaine de Trevaresse et de chaîne des Alpines®. La chaîne de Sainte-Victoire 5 est entre l'Arc el la Durance; elle se dirige du N.-E. au S.-0.,
et son sommet le plus élevé est le pic de Sainte- { Victoire (970 m.). Comme dans toutes les ?
montagnes calcaires de la Provence, on rencontre dans cette chaîne, des plateaux sur les-
quels les eaux ne s'écoulent que par des cavités ! ou entonnoirs naturels, appelés embugs ou
1 L'Esterel tire son nom des Selteri ou Suelteri. peuple ligure qui habitait autrefois cette partie de la l'rovence. (Pur, III, 4.)
2 Dans le pays on appelle les Alpines Aupies, où montagnes de Baur.
3 On de Sainte-Venture.
cheus élevés ques :
sur € vande qui s ques.
parall la Ve.
caires élevé de Pis cident trouve la rou Des leur o un co va d'a erdo:
Sestrie lCes bosienx béloirs ( ® Ba Baume diée à 3 Ces rasins,
véxe se séparent nt Chaumouze:
nont Gardegros, quel le contreu allongé et bas,
et Guil. Elles nnes, au col des E, de Mont-Dauinde, et couvrent re la Durance et
rance et Ubayc.
haut, large et Alpes maritimes, e dirige au S.-0., s Hautes-Alpes et > d'abord le mont é sur cette monint habité le plus ensuite le mont le Grand-Bérard
lpes de Provence anier (2956 m.); ., entre le Var et onts Pela ou Pelet planne, Taillon et aine porte alors le e dirige de l'E. à e l’Esterel est de es abruptes, débois eaux ; il s'en déeaux, larges et séparent les vallées 1p, de la Siagne el ent que sur le ri-
Esterel se bifurque.
Victoire, de chaîne des Alpines?. La est entre l'Arc et u N.-E. au S.-0.,
» dans toutes les rovence, on rens plateaux sur les-
que par des cavités !
bpelés embuqs où À
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avengs'. — La chaîne ou mieux le plateau de Trevaresse n'a que 480 m.; une dépression bien marquée, et qui tombe à 95 m. au col par lequel passe le canal de Craponne, sépare le plateau de Trevaresse des Alpines. — Les Alpines couvrent l’espace compris entre la Durance et le canal de Craponne; leur principal sommet, la Grande-Alpine, a 485 m.; elles sont escarpées et profondément ravinées par les torrents ou gaudres qui les sillonnent.
La seconde chaîne qui se détache de l'Esterel, à la source de l'Argens, se dirige au S., entre l'Argens et l'Are, et se lie bientôt au massif de laSainte-Baume?, qui estle point culminant de toute cette partie des Alpes provençales. Le massif de la Sainte-Baumeest quelquefois recouvert de petits pins maritimes et de chênes verts, mais le plus souvent ses escarpements (baou) sont nus. Les sommets sont : le picdes Béguines (1100 m.), le Saint-Pilon ou Sainte-Baume (1001 m.) et le baou de Bretagne (1066 m.).
—Du massif de la Sainte-Baume partent deux chaines : la chaîne de l'Étoile à l'O., et les montagnes des Maures à l'E. La chaîne de l'Étoile est entre l'Arc et la Veaune, et se compose, comme toutes les montagnes calcaires de la Provence, d'une alternative de crêtes rocheuses et pelées, et de plans ou plateaux élevés, nus et stériles. On y trouve quelques sommets de 700 à 800 m. Il ne pousse sur ces montagnes que du thym, de la lavande, du romarin, de l'hysopeet de la sauge, qui servent à la fabrication des eaux aromatiques. — Les montagnes des Maures®s'étendent, parallèlement au littoral de la Provence, entre la Veaune et l’Argens; à l'O., elles sont calcaires ; à l'E., granitiques. Le sommet le plus élevé est la montagne de N.-D. des Anges de Pignans (798 m.). C'est dans la partie occidentale des montagnes des Maures, que se trouvent les gorges d'Ollioules, traversées par la route de Marseille à Toulon.
Des Alpes de Provence se détache, presque à leur origine, entre les monts Lausanier et Pela, un contre-fort de 2000 m. de hauteur, qui va d'abord de l'E. à l'O., entre l'Ubaye et le Verdon; après avoir formé la montagne de Sestrières, il se dirige au S.—0., entre la
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! Ces entunnoirs naturels portent le nom de : em- Dosienx, dans le Jura, où ils sont très-nombreux ; béloirs elpuisards, dans la Normandie.
* Baume, en provençal, signifie grotte. La Sainte- Baume est une grotte dont on a fait une chapelle dédiée à sainte Marguerite,
Ÿ Ces montagnes tirent leur nom des Maures ou Sarrasins, qui y furent établis de 889 à 975.
Bleone, l’Asse et le Verdon. Ce contre-fort se ramifie à l'infini, et les chainons qu'il forme séparent les vallées, des nombreuses rivières qui se jettent dans Ja Durance, depuis l'Ubaye jusqu’au Verdon. Un des sommets de cette chaîne est la montagne du Cheval-Blanc (1733 m.), au N.-E. de Digne.
Plaines et plateau central de la France.
Vue dans son ensemble, la France est divisée par une ligne droite, allant de Pau à Mézières, en deux grandes parties : l'une, au N.-0., se composant presque généralement de plaines, à peine interrompues par les hauteurs de Bretagne et de Normandie; l’autre, au S.-E., se composant presque entiérement de pays montueux, élevés, à l'exception de eux plaines longues et étroites, la première, en Alsace, le long du Rhin; la seconde, suivant la Saône et le Rhône, depuis Chalon jusqu'à la Médi(. canée, et séparant le massif des Alpes de celui des Cévennes.
C'est dans cette seconde division que l’on rencontre presque toutes les montagn:: :e nous venons de décrire : Alpes, Jura, ‘'osge:. Faucilles, Argonne, plateau de Langres, Morvan, Cévennes, Pyrénées : c’est là aussi que se trouve le principal accident du relief de la France, le plateau d'Auvergne, autour duquel s'étendent les plaines qui, forment le reste de la région.
Le plateau central de la France ou plateau d'Auvergne tombe à pic sur le Rhône à l'E., et sur la plaine littorale du Bas Languedoc au S.-E. Ailleurs, il s’abaisse sur des terrasses qui sont : la terrasse du Rouergue au S.-0., la terrasse du Limousin à l'O., la terrasse du Bourbonnais au N., et la terrasse du Morvan au N.-E. Ces terrasses s :h:5:sent elles-mêmes sur les plaines de la Garux:e, de la Guyenne et du Berry, et forment ainsi le premier gradin par lequel on arrive à la partie la plus élevée du plateau.
Le plateau central s'étend de l'E. à l'O., depuis le Rhône jusqu'à la Vienne, et du N.
au S., depuis le parallèle de Dijon jusqu’à l'Aude, C'est là que sont situées les provinces du Beaujolais, Lyonnais, Forez, Velay, Vivarais, Cévennes, Gévaudan, Auvergne, sur le plateau, et les provinces du Rouergue, Limousin, Marche, Bourbonnais, Morvan, Charolais et Mâconnais, sur les terrasses. La forme du plateau est presque circulaire; son plus grand diamètre est d'environ 500 kilom.; sa hauteur moyenne est de 750 mètres.
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Rouergue et de la Limagne, le sol est composé de terrains primitifs (gneiss, micaschistes et talschistes) et de terrains granitiques ; çà et là, au N.-E., quelques masses porphyriques, et, au centre, quelques masses trachytiques et basaltiques. Le plateau forme ainsi une grande ile granitoïde, au milieu du terrain jurassique qui l'entoure de toutes parts et qui, dans la terrasse du Rouergue, forme lui-même une partie du plateau.
La surface de ce massif granitoïde est ravinée par une prodigieuse quantité de filets d’eau et de rivières, dont les principales sont : la Loire, la Dore, l’Aflier, la Sioule, le Cher, la Creuse, la Gartempe, la Vienne, la Vézère, la Corrèze, la Dordogne, la Cère, la Trueyre, le Lot, l'Aveyron et le Tarn. Elle est aussi accidentée par de nombreuses chaînes de montagnes : la côte d'Or, les monts du Morvan, les monts du Charolais, du Beaujolais, du Lyonnais, les Cévennes, la montagne Noire, les monts du Forez, la Margeride, es montagnes
‘ d'Auvergne ct du Limousin.
La terrasse du Rouergue, composée de plateaux calcaires, de la formation jurassique, appelés Causses, est fort différente,: par l'aspect et sous le rapport dela végétation, du plateau central.
La terrasse du Limousin et de la Marche est de même formation géologique que le plateau; la terrasse du Bourbonnais appartient au terrain miocène ; celle du Morvan est porphyrique et granitique; le Charolais est granitique et jurassique. C'est sur le plateau, dans l'Auvergne, le Velay et le Vivarais, que se trouvent les volcans éteints, les cratères et les coulées de laves, qui donnent à cette région un caractère particulier. Sur le pourtour du plateau sont situés nos grands dépôts houillers d’Autun, du Creuzot, de Saint- Étienne et d'Alais, et sur le plateau même, les dépôts moins importants de Fins, Montet-aux- Moines, Bourg-Lastic, la Vernade, Bert et Tarare.
Partout, sur le plateau, la terre végétale est très-légère et a été formée par la décomposition des roches feldspathiques ; aussi le sol est-il neu favorable aux céréales et recouvert principalement de prairies et de forêts. La vallée de la Loire, celle de l’Allier (Liaagne), enclaves de terrain tertiaire, sont, surtout la dernière, d'une extrème fertilité.
Ici comme partout, la végétation change avec les altitudes, Dans les régions basses, jusqu'à 500 m., l'essence principale des forôts est le chêne, avec le peuplier et l'aulne. Ces deux derniers arbres, appelés encore au-
jourd'hui verne, sont assez nombreux sur le plateau pour lui avoir donné son nom primitif, l'Arvernie, la terre des aulnes et des peupliers!.
De 500 à 1200 m., dans la région des plateaux, le hêtre domine et forme de belles forèts dans la chaine du Puy de Dôme, au mont Dore, au Cantal, dansle Vivarais, la Lozère, dans les ments du Forez, du Velay, du Rouergue, du Limousin et de la Marche. I1 y à de nombreux bouquets de pins dans les montagnes du Forez, du Velay, de la Lozère et dans le massif du Cantal. Vans cette zone, le genèt se présente partout en grandes masses.
Le sapin commence àse montrer à 1200 m.
et recouvre les sommets du Cantal, du mont Dore, de la Margeride et des monts du Forez jusqu'à 1500 m., hauteur à laquelle se termine la végétation forestière.
Les hautes prairies, presque entièrement composées de la graminée appelée Nardus stricta, commencent avec le sapin à 1200 m., mais s'élèvent plus haut que lui et tapissent de leurs vertes pelouses les parties les plus élevées des montagnes de la Lozère, du mont Dore, du Cantal, du Puy de Dôme, des montagnes du Forez et de la Margeride.
Le châtaignier, qui donne aux habitants de ces contrées pauvres leur principale nourriture, recouvre par grandes masses la pente des Cévennes, dans les départements de l'Ardèche, de la Lozère et du Gard; il croît aussi sur les plateaux de micaschistes auxquels s'adossent les Causses, et sans lui ces plateaux seraient absolument nus et <éserts. Avec le chàtaignier, on trouve des bruyères et de petits bois d'arbousiers.
Le sol calcaire des Causses est quelquefois cultivé ou couvert de prairies, et souvent sans eau et stérile. Les parties boisées sont peuplées de chênes et d'yeuses, qui donnent au paysage la teinte grise qui le caractérise®.
Au milieu du plateau, dans la vallée de l'Allier, la Limagne forme une plaine haute seulement de 350 à 400 m., longue de 60 kilom., et s'étendant depuis Saint-Germain-Lembron jusqu'à Aigueperse; elle est bordée à l'O, par les monts Dômes, et à l'E.
par les montagnes du Forez. On sait quelle est la fécondité prodigieuse de cette région pittoresque. Le sol en est formé par le terrair miocène et par des alluvions modernes.
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‘Ar, article; rernie, de vern, aulne, en celtique. * Lecoo, Études sur la géographie botanique, etc. TL (4854, in-8).
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$ 4. Hydrographie !.