‹ Géographie générale [microforme]Chapitre 102 sur 630 · II. COTES DE LA MÉDITERRANÉE · texte numérisé non relu

II. COTES DE LA MÉDITERRANÉE

Les lagunes du golfe du Lion'.

Le littoral de la France sur la Méditerranée est tracé par deux courbes: l’une rentrante, sur le Languedoc, côte basse, sablonneuse et baignée par le golfe du Lion; l’autre saillante, qui est la côte élevée, rocheuse et découpée de la Provence.

Depuis le cap de Cerbera, qui marque la séparation de la France d’avec l'Espagne, jusqu'à l'embouchure du Tech, pendant 17 kilom.

environ, la mer baigne le pied de la terrasse qui supporte les Pyrénées ; la côte est ici élevée; rocheuse, découpée, et offre l'excellent attérage de Port-Vendres.

Au delà du Tech et jusqu’au golfe de Marseille, les côtes du Roussillon, du Bas Languedoc et du delta du Rhône sont basses, sablonneuses, malsaines et bordées d’un grandnombre de marais? et de lagunes ou étangs, dont les principaux sont ceux de Saint-Nazaire, de Leucate, de la Palme, de Bages, de Gruissan, de Fleury, de Vendres, de Thau, de Maguelonne, de Mauguio et de Repausset. Ces étangs sont séparés entre eux par des contre-forts des Cévennes, qui viennent se terminer sur le rivage, et dont quelques-uns sont assez élevés, comme la montagne de la Clappe, située entre les étangs de Gruissan et de Fleury. Du côté de la mer, ils en sont séparés par des bourrelets de sable, percés de graus5, qui les mettent en communication avec la Méditerranée. Au delà de l'étang de Repausset, et jusqu'au Rhône, la côte du département du Gard est bordée par les salins ou marais salants de Peccais, fort étendus et fournissant en abondance des sels estimés,

Après les salins de Peccais, on arrive à l’île de la Camargue (Caii Marit ager) ou delta du Rhône, pays plat et marécageux, dont les rives présentent plusieurs étangs, qui sont séparés de la mer par de petites dunes. Le principal de ces étangs est cel de Valcarès.

Le pourtour du golfe du Lion est partout en-

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Mare leonis nuncupatur quod semper est asperum, fluctuosum et crudele, (GuiLLaume DE Naxos.)

2 De grands travaux ont été commencés en 1864 pour dessécher et assainir les marais, fixer les étangs et rendre à la culture une partie des lerres conquises sur les eaux,

5 Du latin gradus.—Sur les côtes d'Espagne et d'Italie on appelle ces embouchures grao et gradn,

combré de sables et de bancs; des barres existent aux embouchures de toutes les rivière:

qui s'y jettent; mais nulle part il n'y à «d'aussi grands envasements qu'aux bouches du Rhône; il est à peine nécessaire de dire qu'ils sont produits par le limon que le fleuve entraine avec lui‘. Après le grand bras du Rhône, sur lequel est Arles, on trouve le Grand-Marais, espèce de désert aquatique, puis les étangs de Ligagnau et du Galejon, séparés par une côte sablonneuse de l'étang de l'Estouma?, sur lequel est Foz, où les navires abordaient encore au douzième siècle. On arrive enfin à l'étang de Caronte, détroit sans profondeur qui conduit à l'étang de Berre. Les côtes de ce dernier étang sont basses et bordées elles-mêmes de petits étangs séparés du principal par d'étroits bourrelets de vase. L’étang de Berre, de 450 kilom. carrés d'étendre, et de 7 à 40 m.

de profondeur, forme un magnifique bassin où manœuvreraient à l'aise des escadres, si la communication avec la Méditerranée était autre que le chenal de Caronte, dans lequel la vase n'a laissé qu'un mètre et demi d’eau 5.

De nombreuses rivières se jettent dans le golfe du Lion, qui toutes contribuent à envaser ses bords. Les principales sont le Tech, la Têt, la Gly, l'Aude, l'Orb, l'Hérault, la Vidourle, le Rhône et l'Are, qui afflue à l'étang de Berre.

« De l'embouchure du Rhône au pied des Pyrénées s'étend la plus mauvaise des mers de l'Europe; le rivage en est aussi perfide que la surface en est tumultueuse 4.» Le meilleur attérage qu'on y trouveest Port-Vendres; ce n'est cependant que depuis 1845 qu’on a commencé à en faire un bon port, accessible à des vaisseaux de ligne et qui assure un refuge à nos bâtiments dans le golfe du Lion. Port-Vendres est un port de commerce et une place forte importante. — Les autres ports du golfe du Lion sont : Collioure, la Nouvelle, Agde, Cette, le grau d'Aigues-Mortes, Arles, Bouc et les Martigues. — Collioure est un petit port de pêche et de commerce. — La Nouvelle, défendue par un fort et située sur le grau de l'étang de Bages, est un port de commerce et de pêche, qui ne peut recevoir, comme Collioure, que de petits bâtiments, et dont l'entrée est

‘ Ces vases forment à l'embouchure principale du Rhône une barre trés-dangereuse, changeant sans cesse et sur laquelle il n°y a que 2 mètres d'eau.

® Srouxiiuvr, la bouche des étangs, — Estoura est le mot patois, dérivant de srôuz, et que l'on a Si étrangement défiguré en l'écrivant l'estomac,

5 De grands travaux ont été entrepris pour creuset ce chenal,

4 Daune, les côtes de Roussillon, dans la Revue det Deux Mondes.

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