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Bassin du Rhin

Le Rhin® descend des Alpes centrales et est formé par une trentaine de petits cours d'eau appelés Rhein, dont les plus importants sont le Hinter-Rhein, qui sort de la partie NE, du massif du Saint-Gothard, et le Vorder-Rihein, qui descend du mont Muschelhorn.

‘Les principaux ouvrages consuités pour la rédaction de ce chapitre sont: Patria, la Géographie milit. de Rudtortier, les Dictionnaires d'A. Guibert, de Girault de Saint-Fargeau et de Kilian et Picquet, et les Statistiques de Peuchet et Chanlaire, — Quant à la méthode de description par bassins, c'est celle de Buache, de Lacroix et de Denaix, qui est depuis longtemps dans le domaine public.

* C'est ici que commence la ligne de faîte de la France.

% Rhein, en allemand; Rijn, en hollandais.

La région des sources du Rhin est donc la partie des Alpes centrales comprises entre le Saint-Gothard et le mont Septimer.

Le Rhin, formé à Reichenau, coule du S. au N., sépare Ja Suisse du Vorarlberg, qui est à l'Autriche, passe près de Coire et de Mayenfeld, et à Reineck où il entre dans le lac de Conslance. À sa sortie du lac, le Rhin coule de l'E. à l'O., sépare la Suisse du grand duché de Bade, arrose Schaffhouse, Laufen, où il a une chute de 23 m., Waldshutt, Lauffenbourg, Seckingen, Rheinfelden et Bâle, où il devient navigable et change de direction ?. Dès lors il coule du S. au N., et sépare la France du grand duché de Bade sur une étendue de 184 kilom., entre Huningue et Lauterbourg. Sa largeur, à Bâle, est de 250 m.; mais elle augmente rapidement et atteint quelquefois 800, 2000 et 3650 m., à cause du grand nombre d'iles, couvertes de bois ou de prairies, qui élargissent son lit. Entre Kehl et Strasbourg, le grand bras du Rhin a 285 m., et le petit bras 80 mètres.

La vallée du Rhin, depuis Bâle jusqu'à Mayence, entre les Vosges et la Forêt-Noire, est large, d’une grande fertilité et très-bien cultivée; elle est formée d'alluvions modernes. Lelit du fleuve, tracé dans du gravier mélé de cailloux, est mal encaissé. Dans son cours rapide et inconstant, et pendant ses inondations fréquentes, le Rhin détruit et crée sans cesse de nouvelles îles et ronge ses rives. On se défend contre ses ravages, par des épis en fascinage et des travaux de terrassements, la nature du sol ne permettant pas d'autres constructions.

On recueille quelques paillettes d'or dans les alluvions du Rhin *. Ses eaux sont limpides et très-poissonneuses ; on y pèche des brochets, des saumons, des carpes, des esturgeons, des murènes, des lamproies, des aloses et des perches très-estimés.

Les villes que le Rhin arrose ou près desquelles il passe, pendant qu'il baigne la France, sont : Huningue, Nouveau-Brisach, Strasbourg et Lauterbourg, en France; Vieux-Brisach, Kehl et Rastadt, dans le duché de Bade. À partir de Lauterbourg, le Rhin baigne Gemersheim, Spire, dans la Bavière rhénane; Philipsbourg, Manheim, dans le duché de Bade; Worms, Mayence et Bingen, dans la Hesse-Darmstadt.

À Mayence, le Rhin se dirige au N.-0., et, jusqu'à Bonn, sa vallée, resserrée par les der-

* Voy. pour les détails de la géographie du Rhin, en Suisse, le chapitre xiv. Ê

* Elles proviennent de fragments de roches des Alpes, et surtout de quartzites,

nières hauteurs du Hundsrück et de l’Eifel a gauche, et par le Taunus et le Westerwald à droite, forme un défilé profondément encaissé entre des montagnes escarpées et pittoresques. La navigation y est difficile, surtout à la barre de Bingen, banc de rochers schisteux qui s’étend d'une rive à l’autre, C’est sur les collines situées entre Mayence et Bacharach, que se trouvent les vignobles qui produisent les meilleurs vins du Rhin.

Après Bingen, le fleuve sépare le duché de Nassau de la Prusse rhénane jusque près de Coblentz ; de là il coule à travers la Prusse vhénane jusqu’à Emmerich, arrosant Cobientz, Bonn, où sa vallée s'élargit et où ses bords deviennent plats et monotones, Cologne, Dusseldorf, Wesel et Emmerich!. Au-dessous de cette ville, le Rhin entre en Hollande, où il se divise en quatre bras : le Vieux-Rhin, le Wahal, le Lech et l’Yssel, qui se jettent dans la mer du Nord et dans le Zuyderzée 2.

Le cours du Rhin est de 1350 kilom., dont 900 navigables depuis Bäle. Ce fleuveest l’une des voies de communication les plus importantes de l'Europe; on évalue à un million le nombre des voyageurs transportés par les bateaux à vapeur sur le Rhin, et laquantité de marchandises, à 11 millions de quintaux métiques. Le Rhin sert aux relations commerciales d'Amsterdam avec Cologne et Mayence, et à celles de ces deux dernières villes avec le reste de l'Allemagne 5.

Le Rhin porte des bateaux de 2000 q. m., de Bâle à Strasbourg; de 4000 q. m., de Mayence à Cologne ; et au-dessous de Cologne, des bâtiments de 200 à 500 tonneaux.

Nous avons donné la largeur du Rhin dans la partie française de son cours. Au-dessous, son lit est plus resserré, et la largeur varie de 400 à 500 m. Sa profondeur, entre Bâle et Strasbourg, est de 1 à 4 m.; — entre Strasbourg et Mayence, de 1,67 à 8; — entre Mayence et Bonn, de 1,67 à 9,80 ; — à Cologne, de 3,16 à 4,50 ; — à Dusseldorf, de 10,35.

Les crues ont lieu ordinairement au printemps, après la fonte des neiges de la Suisse, ou pendant l'hiver, lorsqu'il est pluvieux.

Elles sont ordinairement de 3 à # m. En décembre 1819, la crue atteignit à Cologne 8 m. au-dessus de l'étiage. Les basses eaux

# Voy. pour les détails de la géographie du Rhin en Allemagne, le chapitre xvt.

2% Voy, pour les détails de la géographie du Rhin en Hollande, le chapitre xut.

$ L'établissement des chemins de fer a beaucoup diminué l'importance de lu navigation du Rhin.

GÉNERALE.

sont en mai et octobre. — La vitesse moyenne du fleuve est de 91 m. par minute, soit 5 460 mètres à l'heure.

Les canaux qui mettent le Rhin en communication avec les fleuves voisins, sont : le canal du Rhône au Rhin, le canal de la Marne au Rhin, en France; et, en Allemagne, le canal Louis, qui le réunit au Danube.

La ceinture du bassin du Rhin est formée :

à gauche, à partir du Saint-Gothard, par les Alpes Bernoises, le Jorat, le Jura, les Vosges méridionales, les monts Faucilles, les Ardennes orientales et l'Eifel; — à droite, en partant également du Saint-Gothard, par les Alpes centrales, les Alpes Algaviennes, les hauteurs de Constance, la Forêt-Noire méridionale, les Alpes de Souabe, le Jura franconien, le Fichtel-Gebirge, le Frankenwald, le Rhœne- Gebirge, le Vogels-Gebirge, le Rothaar-Gebirge, l'Egge-Gebirge et le Teutoburgerwald.

Le bassin du Rhin est divisé er trois bassins partiels : le premier, le bassin suisse, finit à Bâle, où le cours du fleuve est resserré par la Forèt-Noire et par le Jura; le second se termine à Bonn, après le long défilé dont on a parlé plus haut; le troisième s'étend jusqu'à la mer.

Les principaux affluents du Rhin sont : à droite, l'I tyrolien, la Kinzig, le Necker, le Mein, la Lahn, la Sieg, la Rubr et la Lippe, que nous décrirons en Allemagne (voir le chapitre xiv); — à gauche l’Aar, grossi de la Linimat, de la Reuss et de l'Orbe, qui arrosent la Suisse (voir le chapitie xv1}, l'Il alsacien, la Lorn, la Lauter, la Queich, le Speierbach, la Nahe, la Moselle et l'Erft.

L'Izz descend des dernières pentes du Jura septentrional et coule du S. au N., presque parallèlement au Rhin, dans l'Alsace méridionale, par Altkirch, Mulhouse, Ensisheim, Colmar, Schelestadt et Strasbourg; à 4 kilom. au-dessous de cette ville, il se jette dans le Rhin. Son cours est d'environ 200 kilom., dont 85 navigables; sa largeur est à peine de 30 in. L'Il reçoit un grand nombre de petites rivières : la Largue, qui vient du Jura, le Dotteren, le Thurr, le Fecht et la Bruche, qui descendent des Vosges.

La Zonn est une petite rivière qui prend sa source dans les Vosges, de même que les quatre suivantes ; elle passe à Saverne et se jette dans le Rhin à Drusenheim ; elle reçoit la Moder, qui passe à Haguenau,

La Lauren coule d'abord dans la Bavière rhénane; c’est à partir de Bobenthal qu'elle sert de limite entre la France et la Bavière. Elle passe à Wissembourg et à Lauterbourg ; là,

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Querca arrose Landau et Gemersheim. — Le Srgrenvacu (Spirbach) se termine à Spire ; c’est sur ses bords que le maréchal de Tallard vagna, en 4703, la bataille du Spirbach sur le prince de Hesse-Cassel. — La Nane descend du Hundsrück, passe près de Birkenfeld, à kreutznach et finit à Bingen. Son principal affluent est le Glan.

La Moseze (Mosel) prend sa source dans les Vosges, près du col de Bussang. Son cours est de 520 kilom., dont 357 navigables. Elle passe par Remiremont, Épinal (Vosges), Toul, Frouard, Pont-à-Mousson (Meurthe), Metz, Thionville et Sierck (Moselle). Au-dessous de Sierck, elle sort de France, sépare le Luxembourg de la Prusse rhénane, traverse ensuite la Prusse rhénane, où elle arrose Trèves, et se jette dans le Rhin à Coblentz. La Moselle prend sa source à une hauteur de 725 m.; aussi son cours est-il très-rapide; sa vitesse moyenne est de 30 m. par minute. La vallée de la Moselle est étroite et profc:ide jusqu'à Épinal; elle ne devient navigable qu'à Frouard, situé tout près du confluent de la Meurthe. La largeur moyenne de la rivière est de 160 m., et sa profondeur, de 2 m. Les débordements de la Moselle sont fréquents et causent de grands ravages par les ensablements qu’elle forme et les déplacements assez fréquents de son lit. L'époque des crues est en janvier et février; il y en a aussi en juin et juillet. En France, la Moselle coule généralement au milieu de belles prairies; mais depuis Trèves jusqu'à Coblentz, sa vallée est sinueuse, étroite et très-encaissée, Ses eaux, qui roulent sur un fond de sable, sont limpides, salubres et très-bonnes pour la teinture.

Les affluents de la Moselle sont : à droite, la Meurthe, la Seille et la Sarre; — le Madon et la Sure, à gauche.

La Me ‘he descend des Vosges, arrose Saint- Dié (Vosges), Baccarat, Lunéville, Rosières et Nancy (Meurthe), et se jette dans la Moselle, un peu au-dessous de Frouard. Son cours est de 160 kilom.; sa largeur moyenne est de 80 mêtres, et sa profondeur moyenne, de 0,80.

Son lit, creusé dans le sable et le gravier, est rempli de bas-fonds et de gués, qui ne permettent la navigation que depuis Nancy, La Meurthe coule au milieu de prairies, que ses

débordements fertilisent, en les recouvrant de vase,

La Seille sort de l'étang de Lindre, coule pendant 40 kilom. dans un lit vaseux, rempli de nénufars, de joncs et de roseaux, et fait mouvoir un grand nombre de moulins. Elle passe à Dieuze, Marsal, Vic (Meurthe) et se termine à Metz. Elle reçoit la Peiîte-Seille, qui arrose Château-Salins. C’est dans la vallée de la Seille, qui repose sur l'étage des argiles irisées, que se trouvent les principales salines et les mines de sel gemme que possède la France.

La Sarre (Saar) prend sa source au mont Donon, passe à Sarrebourg, Sarreguemines, sort de France et entre en Prusse au-dessus de Sarrebrück, traverse un pays riche en mines de houille, arrose Sarrelouis, qui était à la France avant 1815, et se jette dans la Moselle à Contz. Son cours est d'environ 220 kilom.

Sa largeur moyenne est de 60 m.; sa profondeur, de 3 m., et sa vitesse moyenne de 32 m. par minute. La vallée de la Sarre est encaissée ; ses bords sont rocheux et bordés de prairies, que fertilisent les débordements fréquents de la rivière. Les écrevisses de la Sarre sont très-estimées. La Sarre reçoit à droite la Bliese, qui coule du N. au S., dans la Bavière rhénane, et dont la partie inférieure sert un moment de limite à Ja France. Cette rivière sinueuse, d'environ 100 kilom., fait mouvoir de nombreuses usines. — À gauche, la Sarre reçoit, au-dessous de Sarrelouis, Ja Nied, qui coule du S. au N., dans un lit vaseux ; elle ést sujette à de fréquentes inondations.

Le Madon prend sa source dans les monts Faucilles, tout près et à l'opposé de la source de la Saône ; c'est une petite rivière de 25 kilomètres, qui coule du S. au N., par Mirecourt.

La Sur'e (Sauer) arrose le duché de Luxembourg ; elle « sa source en Belgique, dans les Ardennes. Son cours est de 180 kilom., dont 72 navigables, Sa vallée est étroite et boisée, et son lit est au milieu de prairies. Elle arrose Echternach et se jette dans la Moselle, un peu au-dessus de Trèves. Parmi les affluents de la Sure, nous citerons : à droite : l'Alxette, qu arrose Luxembourg ; — à gauche: l'Our, qui descend de l'Eifel et sépare la Prusse rhénane du duché de Luxembourg.

L'Enrr prend sa source dans l'Eifel, a un cours très-sinueux et se dirige du S. au N., pendant 90 kilom., à travers un pays plat; cette rivière se jette dans le Rhin, en face de Dusseldorf,

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