Langues et patois
Les langues parlées en France sont : le français et ses nombreux: patois, le bas-breton, le basque, l'allemand, le flamand et l'italien.
4. Le Français est né du latin défiguré par les idiomes gaulois et plus tard pénétré d’élé-
! Nous n'avons pas à tenir compte, dans cette énumération des races qui ont formé la nation française, de diverses peuplades que nous ne mentionnons ici que pour donner une liste complète des populations de la France,et qui sont : les Bohémiens, d'origine indienne, les Cagots, les Forétins, les Paluders, les Morisques et les Chiserols.
Les Bohémiens ont commencé à paraitre en France vers 1419; ils vivent en nomades dans le midi et sont au nombre d'environ 8000. — Les Cagots, appelés Colliberts dans le Poitou, le Maine, l'Anjou et l'Aunis, Caqueux, Caevas, Cacous, Caguins, en Bretagne, Cahets en Guyenne, Marrons en Auvergne, Cagols, Agols, Agotas, Capois, Caffos, Chrétiens et Crélins dans le pays Basque, le Béarn, la Gascogne et le Bigorre. Débris de populations vaincues, opprimées pendant tout le Moyen Age et encore poursuivies par un dégoût et une horreur traditionnels, les Cagots sont peut-être les descendants des Wisigoths, des Aranes et des Albigeois. — Les Forélins ou Foralins, c'est-àdire étrangers, habitent à Saint-Martin d'Auxigny, prés de Bourges; ils descendent d'Anglais ou d'Ecossais fixés dans le pays au quatorzième ou quinzième siècle, — Les Paludiers habitent la Bretagne, entre Guérandeet Batz; ils descendent des Saxons établis à l'embouchure de la Loire au cinquième siècle. — Les Morisques, chassés d'Espagne en 1609 et 1610, traversérent la France, au nombre de 150,000, par les cols des Pyrénées occidentales ; quelques-uns se frent catholiques pendant la régence de Marie de Médicis et se fixèrent çà et là dans les Landes et dans quelques villes maritimes de l'Ouest, — Les Chiserots habitent le village d'Uchizy près de Mâcon; d'aprés la tradition du pays, ils descendraient des Arahes,
ments germaniques. Dès le neuvième siècle, on trouve en France les deux langues qui se sont perpétuées depuis : au midi, le provençal ou langue d’oc, plus près du latin; au nord, le français ou langue d’oil, plus éloigné du latin.
LANGUE n'ai,
Gustave Fallot divise le vieux français ou langue d'oil en trois dialectes : le dialecte du duché de France, qu'il appelle à tort bourguignon, le dialecte picard et le dialecte normand.
Le dialecte du duché de France avait son centre dans le duché de France (Île-de-France et Orléanais), domaine des premiers Capétiens ; il s'étendait dans la Touraine, une partie de l’Anjou, la Champagne, la Lorraine française, la Bourgogne, le Nivernais, la Franche-Comté et la Suisse française. C'est de ce dialecte, dans lequel écrivait saint Bernard, que dérive la langue française littéraire.
Le dialecte picard avait son siége dans l’ancienne Picardie, et de là s’étendait dans l’Artois, la Flandre française, le Hainaut, le pays de Liége, le Luxembourg et le Nord de la Champagne jusqu’à l'Aisne. La littérature du dialecte picard a été fort brillante au treizième siècle et a exercé alors une grande influence sur la formation de la langue française.
Le dialecte normand avait son siége principal dans la Normandie, et de là il s’étendait dans la Haute Bretagne, le Maine, le Perche, l’Anjou et le Poitou. Aux onzième et douzième siècles, le dialecte normand a eu une littérature brillante, qui a produit la chanson
‘de Roland et les poëmes épiques de Robert
Wace. Par l'influence de sa littérature, ce dialecte a fortement influé sur le dialecte du duché de France et sur la formation de la langue française.
À partir du quatorzième siècle, ces trois grands dialectes s'effacérent ; le français littéraire de nos jours commença à paraitre el à se développer en dehors des influences extérieures, et les dialectes ne subsistèrent plus qu'à l'état de patois !, Comme on le voit, les palois ne sont donc pas seulement des variations locales du français alléré par l'ignorance; ce sont des langages anciens, restés stationnaires, faute de cullure, et conservant les formes primitives de la langue française et les influences des idiomes d’où elle est sortie.
Le français n’est en usage, dans les campaynes, que dans les provinces d'Ile-de-France,
! Palais, linquæ patrienses, langages de pays.
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de Champagne, d'Orléanais et de Touraine, Les paysans des autres provinces parlent des palois plus ou moins rapprochés du français,