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VI. STATISTIQUE AGRICOLE

Tableau approximatif de la superficie de la France.

Terres de labour'. , . . . .. 96,000,000

Prés et pâturages. . 5,400,000 Vergers et jardins. . 600,000 Vignes. . . . . .. | 2,100,000 Müriers. . . . . . . . . . .. 60,000 Gilriers, .. . + . . : 120,000 Châtaigneraies.. . 570,000 Oseraics.., . . . . . . . . . 60,000 Bois. . .. . . . . . . . . . 8,900,000

Landes, bruyères, pâtis, prébois, terres vaines et vagues, rochers, glaciers, montagnes déboisées et incultes, lits de torrents, tourbières. .

Propriétés bâties, routes, che- MINS. + à 456 + + +. se !,

Mares, abreuvoirs, canaux d'irrigation, cahaux de navigation,

Eaux (Etangs . . 175,000

Marais, . . . . 500,000 Lacs, rivières, ruisseaux, . . 450,000

Statistique du bétail.

Chevaux. . . . . près de 3,000,000 Anes et mulets, , . . . . 1,000,000 Bêtes à cornes.. .. plus de 12,000,000 Moutons.. . . . . . . . . 36,000,000 Porcs.. . . . . . . . . . 5,000,000 Chèvres.,

Revenu agricole.

Le revenu agricole dépasse 9 milliards de francs5, Établissements agricoles.

Écoles vétérinaires. Lyon, Alfort, Toulouse.

Écoles régionales d'agriculture. Grignon (Seincot-Oise), Grandjouan (Loire-Inférieure), la Saulsaie (Ain).

* La production moyenne du blé, de 1854 à 1865, a été annuellement de 95 millions d'hectolitres, sur lesquels on a consommé de 86 à 92 millions d'hectolitres. — Le nombre d'hectares cultivés en blé était de 6,918,768, en 1805; il n'était que de 6,090,049, en 1852, |

* Dont 2,790,000 appartiennent aux communes, qui possèdent aussi 1,690,000 hectares de bois et 240,000 hectares de terres labourables,.

$ L'agriculture trouve dans l'expurtation de ses produits un de ses principaux revenus; la valeur des produits agricoles exportés, en 1851, était de 525 millions de francs; en 1864, le chiffre des exportations s'est élevé à 661 millions de francs. L'agricultureexporte dés chevaux, du bétail, de la volaille, du fromage, du beurre, des œufs, des laines, de la soie, des fruits, des légumes, des fourrages, des graines vléagineuses, du houblot, des vins et de l'eau-de-vie,

École pratique d'irrigation et de drainage. x Lézardeau (Finistère).

Bergeries impériales. Rambouillet, le Haut- Tingry (Pas-de-Calais), Gévrolles (Côte-d'Or).

Vacheries impériales. Corbon (Orne), Saint- Angeau (Cantal).

Dépôts d'étalons (1865). Angers, Annecy, Aurillac, Besançon, Blois, Braisne, Cluny, Hennebont, Lamballe, le Pin, Libourne, Montier-en- Der, Napoléon-Vendée, Pau, Perpignan, Pompadour, Rodez, Rosières, Saint-Lô, Saintes, Strasbourg, Tarhbes et Villeneuve-sur-Lot,

$ 9. Ethnographie, langues et patois, 1. Ethnographie.

« La population française, comme celle de tous les états de l’Europe, est un mélange successif de nations diverses dont la fusion est devenue plus ou moins intime. Des races différentes se sont établies à certaines époques sur notre sol, se sont mêlées à celles qui les avaient précédées, puis se sont confondues à leur tour avecd'autres qui leur ont succédé... Le type physique et moral de chacune de ces races s'est-il effacé complétement, ou n'a-t:il pas persisté dans certaines limites, là où la population était restée davantage à l'abri des causes de mélange et d’altération ? Cette diversité d'idiomes, de dialectes, d’usages, de costumes, ne trahit-elle pas une diversité essentielle de races? Lorsqu'on parcourt successivement chacun de nos départements, que l'on visite surtout les cantons ruraux, les villages placés en dehors des grandes routes, on est frappé de rencontrer dans chacun d'eux des types de figure différents et paraissant se raltacher aux populations des anciennes provinces de notre patrie. IL n'est pas besoin d'avoir beaucoup observé, pour distinguer de prime abord un provençal d'avec un lorrain, un alsacien d'avec un breton, un normand d’un basque ou d'un roussillonnais.

Ces populations ont, en effet, chacune un type très-réel, très provincial; et ce type est tellement persistant, qu'il ne s'efface même pas toujours dans les classes les plus élevées de ha société, où le mélange est cependant beaucoup plus fréquent, En Auvergne, par exemple, le type que nous connaissons tous, se retrouve dans les classes les plus aisées, À Arles, le beau type grec des femmes apparait, à la fois dans les rangs du peuple et chez les familles patriciennes de cette antique cité !.»

1 A, Maunv, Questions relatives à l'ethnologie ancienne de la France, dans l'Annuaire de la Soc. des Antig. de France pour 1852. —— Nous avons largement puisé dans ce remarquable travail,

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Il est incontestable en effet que le type des races se perpétue; on le constate dans nos provinces comme en Égypte, en Grèce, dans le Kourdistan, en Toscane, dans le Transtevere, partout où des monuments de l’Antiquité permettent de comparer les traits des anciennes populations avec ceux des peuples actuels. L’hérédilé des penchants, des aptitudes et des traits principaux du caractère moral, est également hors de doute.

Strabon remarque déjà l'esprit fanfaron des Gascons ; Caton caractérise les Gaulois de façon que leurs descendants peuvent aisément se reconnaître !. Vopiscus? dit que les Gaulois sont une nation inquiète et toujours prête à changer de maître; c’est malheureusement untrait essentiel et persistant de notre caractère. Les Gaulois avaient établi la communauté dans le mariage ; c’est encore écrit dans notre code civil.

Les mœurs, les coutumes, les préjugés, les superstitions, si divers dans nos provinces, sont traditionnels et presque toujours caractéristiques des races ou des religions primitives. C'est ainsi que dans la Ba: 2 Bretagne, la plus grande partie des superstitions populaires représentent d'anciennes traditions celtiques. Les fées dérivent des Parques romaines (Fata) ou des divinités et des génies celtiques, germaniqueselscandinaves. Les fées, les corrigans, les aubins, les follets, les lutins, les goblins, etc., sont des débris incontestables des diverses religions qui ont existé dans les Gaules avant le christianisme.

Les costumes sont souvent aussi traditionnels et spéciaux aux races diverses. Ainsi le berret et le capulet des Pyrénées, le bonnet à barbes de la Basse Bretagne, le sayon de poil de chèvre de la Ilaute Bretagne, la couberti de l'Auvergne, le petit chapeau rond de: ‘emmes de la Bresse et le chapeau recourbé des lenmes du Bourbonnais, sont très-anciens et caractéristiques de certaines populations. « On à remarqué que le bonnet élevé des Cauchoises se retrouve en Îslande chez une population de même race et de même origine que les Normands. La coiffure des femmes d'Arles est encore le bonnet grec ; et sur les côtes de la Méditerranée, les matelots ont conservé le bonnet des marins siciliens et phéniciens qui se voit sur les monnaies antiques.»

Les plus anciennes populations de la Gaule sont :

1° Les Inènes et les Licunés, race probable-

‘Pleraque Gallia duas res industriosissime consequitur, rem militarem et argute laqui.

* Vie de Saturnin, ch, 1 ‘

ment finnoise, petite, brune, vigoureuse, et dont la langue agglutinante est analogue aux langues ougro-tartares. Les Ibères sont probablement le peuple le plus ancien de la Gaule, et ils habitaient dans les temps primitifs la plus grande partie ou même la totalité du pays".

% Les CELtes?, divisés en deux rameaux5, les Gaulois et les Kymris ou Belges, nations grandes, blondes ou rousses, aux yeux bleus, et d'origine hindo-européenne#, qui sont venues après les Ibères5 comme conquérants de la Gaule et qui ont réduit les Ibères en esclavage.

De ces deux peuples, Ibères et Celtes, c'est le premier, le brun, qui l’a emporté dans la formalion de la masse principale de la nation française, et qui lui a donné ses caractères les plus tranchés, la petitesse de la taille et la couleur noire des yeux et des cheveux 6.

Deux siècles avant Jésus-Christ, ces divers

* C'est vraisemblablement à cette race, alors presque complétement sauvage, qu'appartiennent les ossements et les objets en silex où en os trouvés dans les cavernes, dans le diluvium, dans les tourbières et dans les cités lacustres.

2 Celtæ dans leur langue, Galli dans la nôtre, dit César. — On prétend que cei/tach signifie habitants des forèts.

5 Les langues celtiques modernes, qui descendent incoutestablement des langues celtiques anciennes, attestent l'existence de ces deux rameaux dans la race celtique, et en même temps leur étroite parenté ; elles prouvent aussi que les Kymris étaient Celtes et non pas Germains. (Voy. l'Efhnogénie gauloise, par Roget de Belloguet.)

+ M. Pictet a démontré que les langues celtiques appartenaient à la famille hindo-européenne, tout en constatant que ces langues contiennent un certain mélanged'éléments étrangers, dont on n’a pu jusqu'ici déterminer l'origine.

5 Ou après la race primitive, petite et brune, et antérieure aux Celles, que cette race primitive soit ibérienne ou non.

$ Le docteur Périer a publié sur l'origine des deux races qui ont donné naissance aux deux types que l'on trouve actuellement parmi les Français, de savants mémoires, dont voici l'idée principale. Les Celtes ou vrais Gaulois auraient été bruns et petits, tandis que les Kymris ou Belges, de race germanique, avaient seuls les cheveux blonds, les yeux bleus et celte grande taille que les Anciens attribuent à tous les habitants de la Gaule, confondant à tort les Celtes ou Gaulois avec les Kymris ou Belges. Le type ac tuel brun et petit descendrait done des Celtes ou Gaulois; le type blond et grand, des Kymrisou Belges. ILest important, dans l'extrème obscurité où setrouve encore la question des origines de notre nation, de consulter les remarquables mémoires du docteur Périer, qui éclairent vivement certaines parties du problème, s'ils ne le résolvent pas tout entier, Le premier de ces mémoires porte le titre de : Fragments elhnoloyiques, broch, in-8°, 1857 (Extrait du Bulletin de la Société de Géographie, 1857); le second a pout

titre : Sur les Celtes, broch, in-8°, 1865 (Extrait des Bulletins de la Société d'Anthropologie, 1864),

peuples élaient ainsi répartis sur le sol de la Gaule,

Les Ibéres indépendants habitaient le pays entre les Pyrénées, la Garonne et l’Ariége, c'est-à-dire l'Aquitaine de César ou la Vasconie du sixième siècle ; — les Ligures?, le Roussillon, la Provence, le bassin de la Durance et la Corse.

Les Gaulois habitaient le centre, l'Est et l'Ouest de la Gaule; mais dans l'Ouest, entre la Seine et la Garonne, ils élaient mélés aux Kymris, qui s'étaient emparés du pays. Les ciasses populaires et serviles de toute la région étaient composées d'Ibères.

Les Kymris ou Belgess habitaient la Belgique, ou pays entre la Seine, la Marne, le Rhin et la mer, déjà refoulés loin du Rhin par les tribus germaniques des Trévires, des Éburons, des Atualiques, des Nerviens, des Meldes, des Ménapiens et des Bataves.

Les Phéniciens av: * établi quelques colonies sur les côtes u: la Méditerranée (à Nimes par exemple) ; mais ils n’ont peut-êlre laissé d'autre trace de leur séjour, que ce bonnet des matelots de la Méditerranée dont nous parlions tout à l'heure.

Les Grecs, qui fondèrent aussi, sur les rivages méditerranéens de la Gaule, de nombreuses colonies, dont Marseille fut la plus importante, ont laissé des traces plus considérables que les Phéniciens. L'alphabet grec était d’un usage assez répandu dans le midi, et la langue grecque se parlail encore à Arles au cinquième siècle de notre ère. Encore aujourd’hui les femmes d’Arles offrent le type grec le plus pur; la beauté, la grâce et la finesse de cette population attestent son origine hellénique.

Mais ce qui modifia plus profondément les populations de la Gaule, ce fut la conquête romaine (58 à 50 av. J.-C.). Une nouvelle race, les Romains, s'implanta sur le sol gaulois avec sa religion, ses lois, ses mœurs et sa langue, qui transformérent peu à peu les éléments nationaux, assez forts cependant pour réagir à leur tour sur les éléments latins et les modifier aussi. Il se forma, pendant les quatre premiers siècles de notre ère, une population nouvelle, les Gallo-Romains, qui a constitué depuis la masse principale de la population de la France, et qui la con-

! Voy. la carte n° 47 de notre Atlas,

8 Li-gor, Ibères des montagnes (W. de Humbholdt),

3 Tous les peuples de la Belgique de César n'élaient pas Belges; mais les Belges (Holg) étaient Kymris ct de race celtique.

stitue encore aujourd'hui dans sa presque totalité.

Aux troisième, quatrième, et cinquiéine siècles de notre ère, de nombreuses populations, la plupart d'origine germanique, quelques-unes de race finnoise, envahirent la Gaule romaine et s’y établirent presque toutes en qualité de lètes ou mercenaires à la solde de l'Empire. En 481, à l’avénement de Clovis‘, les Barbares mercenaires occupaient la plus grande partie de la Gaule.

Les Franks Saliens possédaient : la Batavie, les cités des Nerviens, des Ménapiens, de Tournay, de Cambrai, d'Arras, de Thérouenne et de Boulogne, dans la Belgique.

Les Franks Ripuaires étaient les maitres des cités de Cologne et de Trèves.

Les Alémans occupaient presque toute la Première Germanie.

Les Burgondes étaient établis dans la Première Lyonnaise, la Grande Séquanaise, l'Helvétie, la Viennoise, les Alpes Pennines et dans une partie de la Deuxième Narbonnaise.

Les Wisigoths étaient les maîtres de la province d'Arles et de Marseille, des Alpes Maritimes, de la Première Narbonnaise, de la Novempopulanie, de la Première et de la Deuxiéme Aquitaine.

Les Suxons étaient établis dans une partie des cités de Lisieux, de Bayeux, de Nantes et d'Angers®; — les Alains, dans la cité de Nantes; — et les Taïfales, dans la cité de Poitiers 5,

Les Franks sous Clovis et ses fils luttérent contre cesdiverses populations, les chassérent, les détruisirent ou les soumirent à leur domination.

Peu nombreux, les Franks, devenus les maitres de la Gaule, ne paraissent pas avoir modifié la race gallo-romaine; ils acceptèrent la religion, la langue, les mœurs, les lois et l'administration des Gallo-Romains, et une grande partie des institutions féodales fut d'origine gallo-romaine,

Plus tard, aux septième et huitième siècles, vinrent les Arabes, dont les invasions furent arrêtées par Charles Martel 4; puis, au neuvième, ce fut le tour des Northmans, de race scandinave, qui, après avoir ravagé la Gaule

* Voy. la carte n° 58 de notre Atlas.

3 Ils conservèrent, dans cette dernière cité, leur indépendance jusqu'au dixièmesiècle.

5 Le nom de ces Taïfales s'est conservé dans celui de Tiffauges, ville de la Vendée, aux environs de laquelle on trouve une population d'un type étranger et laid, et qui probablement descend des T'aifales,

* On prétend que les Cagats des Pyrénées et les Chiserols du Mâconnais descendent des Arabes,

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pendant plus d'un siècle, s’établirent enfin dans une partie de la Neustrie, que Charles le Simple céda à leur chef Rollon, en 911, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte.

Tels sont les divers éléments qui sont entrés successivement dans la formation de la nation française, aujourd'hui la plus homogéne de l’Europe, malgré les nuances que l’on peut y remarquer.

Les diverses populations qui habitent actuellement le territoire français sont :

mains, un peu mêlés de Germains ; Race Les Normands, Gallo-Ro-[ gallo-romaine.

mains, mêlés de Scandinaves;

Les Français, mél de)

Les Bas-Bretons ou Brei-| Race saded, Gallo-Kymris; | celtique.

Les Basques, Ibères ; |

Les Gascons, \bères fran- | cisés ;

Les Janguedociens ct les Provençaux, Ligures francisés ; \

Les Corses, Ligures italianisés ;

Les Roussillonnais, Ligures devenus Catalans et !

mèlés de Français ;

Race ibérienne.

Les Allemands, Race Les Flamands, germanique.

Les Juifs. | Race sémilique.

Les Français se divisent en denx grandes parties :

Les populations de langue d'oil, dont les mœurs et surtout le langage sont plus germanisés ;

Les populations de langue d'oc, dont les mœurs et surtout le langage sont demeuriés plus latins. On trouvera plus loin, aux patois, quelles sont les parties de la France qui appartiennent à ces deux divisions.

Les Normands habitent la Normandie et le Perche. Le type scandinave domine dans toute la Haute Normandie , sur tout le littoral €:

celte province et aux environs de Bayeux.

Dans le département de la Manche, au contaire, le type gallo-romain s'est conservé presque pur.

Les Bas-Bretons, mélange de Gaulois, de Kymris et de Bretons émigrés de la Grande- Bretagne, au quatrième siècle de notre ére, habitent la Basse Bretagne (Brett) ; ils ont conservé Jeur langue nationale, le breixonec,

un costume, des mœurs, des traditions et des croyances, qui en font un peuple particulier et l’un des débris les plus remarquables des races celtiques. Les Bas-Bretons sont petits, bruns, énergiques, braves et d’une loyauté proverbiale.

Les Basques ou Escualdunac habitent sur les Pyrénées, entre l’Adour et l'Ebre, sept provinces, dont quatre en Espagne et trois en France. Nous n'avons à nous occuper ici que des trois dernières, qui sont le Labourd, la Basse Navarre et la Soule. La race basque a les cheveux noirs; elle est de taille moyenne, agile et laborieuse, intelligente et brave ; les femmes sont belles et gracieuses ; le Basque est vindicatif,etles haines héréditaires sont fréquentes chez ce peuple.

Les Gascons peuplent le pays entre les Pyrénées, la Garonne et l’Ariége, c'est-à-dire l’Aquitaine de César. C’est une population ibérienne d'origine, mais qui n’a pas échappé à la conquête romaine et franque, comme les Basques ; aussi, tout en conservant quelques côtés du caractère moral des lbères, les Gascons ont perdu leur langue nationale.

Les Languedociens (Haut et Bas Languedoc) et les Provençaux sont des Ligures mélés d'éléments celtiques, grecs et latins, et qui ont. été francisés, corune ies Gascons.

Les Corses sont aussi d'origine ligurienne, mais transformés, par la conquête romaine et par la domi:ation des Pisans et des Génois, en un peur/le italien, quoique ayant des caractères distincts.

Les Roussillonnais, qui sont Catalans, descendent aussi des Ligures, mais des Ligures modifiés par la domination des Romains et des Goths, et transformés en Espagnols.

Les Allemands occupent en France la Lorraine allemande , c'est-à-dire la partie N.-E. de la Lorraine et l'Alsace. Ces populations descendent-elles des Germains établis sur la rive gauche du Rhin avant César, ou des Franks Ripuaires, ou des Alémans, ou encore des populations allemandes qui se sont fixées entre Meuse et Rhin, après que la paix de Verdun (843) eut enlevé la Lotharingie à la Gaule pour la réunir à l'Allemagne? Il est lort probable que ces quatre origines sont exactes toutes ensemble.

Les Flamands sont un rameau de la race germanique ; ils habitent la Flandre flamingante (entre la mer et la Lys) et l'Artois fla-

* Vasc est une forme aspirée du radical cusk, eusken, d'où dérive escualdunac. — les mots : Basques, Gascons et Vascons dérivent du radienl Vase.

mingant, c’est-à-dire le pays autour de Saint- Omer.

Il est difficile d'évaluer exactement les chiffres de ces diverses populations; on peut cependant dresser le tableau suivant en chiffres approximatifs :

Les Français. . . .

Les Normands. . . ...

Les Bas-Bretons. x

Les Basques. , . . ...

Les Gascons.. . .. . ..

Les Languedociens et les Provençaux.. . . ,.,

Les Corses.. . . . ..,

Les Roussillonnais.. .

Les Allemands. . , . ..

Les Flamands. .

Les Juifs. , . . ...

On compte, de plus, environ 400,000 étrangers résidant en France, dont : 50,000 Anglais, 60,000 Allemands, 130,000 Belges, 60,000 Italiens, 25,000 Suisses, 30,000 Espagnols!, etc.

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