ÔTE D'AFRIQUE
o. Cette ligne, it à Angola, au bonne en relaes que le Porentale d’Afri-
te de Guinée, , à la Gambie, pe-Coast, à La- Fernan-do-Po.
de Bonne-Espeà l’lymouth, les ène, à l'Ascen-
p Vert à Gorée
vane sur Nassau.
Madère,
(Dakar). — Cette ligne est un service annexe de la ligne de Bordeaux au Brésil.
6. Licnes De L’Inpe, De L'INDo-CHINE, DE LA CHiNE ET DE L'AUSTRALE. — Ces lignes se dirigent :
De Southampton à Calcutta, par le Cap et Madras.
‘ De Southampton‘ à Aden, par Gibraltar, Malte, Alexandrie? et Suez.
Cinq grandes lignes partent d’Aden :
Sur Bombay, — Sur Calcutta et Ramgoun (Pégu), par Pointe-de-Galles (Ceylan) et Madras; — Sur Maurice ; — Sur Hong-kong et Shanghaï (Chine), par Pointe de Galles et Singapour; — Sur Melbourne et Sydney, en Australie, en touchant à Albany (Australie occidentale). — Ces deux villes sont réunies à la Nouvelle-Zé--
- lande (Auckland et Nelson) par des services
réguliers.
De Marseille à Saïgon, eu Cochinchine, par Messine, Alexandrie, Suez, Aden, Pointe-de- Galles et Singapour, avec quatre services annexes : d'Aden à la Réunion; — de Pointe-de- Galles à Pondichéry, Madras, Calcutta et Chandernagor ; — de Saïgon à Hong-kong et Shanghaï: — de Saïgon à Manille.
Une ligne de paquebots hollandais part de Batavia et se lie à Singapour aux lignes anglaise et française de l'Inde et de la Chine. Cette ligne dessert les piincipaux ports des Indes néerlandaises : Sourabaya, Macassar, Ternate, Amboine.
7. Liënes ne L'océan Pacirique. — L'isthme de Panama interrompant la navigation, les paquebots des Antilles s'arrêtent à Aspinwall, et voyageurs et correspondances sont transportés en chemin de fer d'Aspinwall à Panama sur l'océan Pacifique. — De l’anama, il part des paquebots ang:ais et américains : 1° pour Acapulco (Mexique), San Francisco, l'Orégon, la Colombie anglaise et Vancouver; — % pour Guayaquil, le Callao (l'érou) et Valparaiso (Chili), faisant escale dans tous les ports du Pérou, de la Bolivie et du Chili.
‘ Les paquebots de cette ligne partent alternativement de Southampton et de Marseille,
* D'Alexandrie on se rend au Caire et à Suez, sur la mer Rouge, par le chemin de fer; à Suez on reprend le paquebot d'Aden,.
Les dépèches partent de Londres, passent par Douvres, Culais, Paris, Marseille, Malte et arrivent à Alexandrie, — Les dépèches télégraphiques entre L'ndres et l'Hindoustan se transmettent aujourd'hui par : Constantinople, le cible sous-marin du Bosphore, l'Asie-Mineure, Bassorah, le câble sous-marin du golfe Persique, Maskate, le câble sous-marin jeté entre Maskate et Gwadel (sur la côte du Beloutchistan); de là, la ligne télégraphique atteint le réseau des fils de l'Hindoustan.
L'OCÉAN. M
$ 15. Notions sommaires sur la physique de l'Océan. — 1. ComrosITION ET SA- LURE BE L'EAU DE MER. — Les eaux de la mer contiennent en dissolution une grande quantité de se!s et de gaz. Mille grammes d'eau de mer pèsent 4,027 kilogr. et contiennent environ: 25 grammes de sel commun (chlorure de sodium), 3 grammes et 1/2 de chlorure de magnésium, 4 à 5 grammes de suliate de magnésie, de soude et de potasse, de petites quantités de carbonates de chaux et de magnésie, de sulfate de chaux, d'ammoniaque, de fer, d’argent, du brome, de l'iode, du phosphore! et des mat. res organiques. La quantité de matières solides contenues dans l’eau de mer est d> 3 & à 4£p. ‘/.*. L'eau de mer contient äussi en dissolution trois gaz : l'azote, l'acide carbonique et l'oxygène, nécessaires aux animaux et aux végétaux, si nombreux et si variés, qui peuplent l'océan. Leur proportion est de 2 à 3 p. °.
La salure est la même partout; quelques circonstances locales modifient seules cette loi générale. Ainsi, dans la mer Rouge, qui ne reçoit aucun fleuve, où il ne pleut jamais et où l’évaporation est constante et considérable à cause de la grande chaleur, la salure des eaux est plus grande que dans l'Atlantique au voisinage de l'embouchure du fleuve des Amazones, ou dans les régions de pluies constantes. En thèse générale, le degré de salure ne varie que dans des limites très-étroites, et la constitution, les proportions et le caractère des eaux de la mer restent toujours et partout les mêmes, ce qui résulte d'un perpétuel mélange entre les eaux de toutes les mers, opéré par les courants.
2. CouLeur ve LA MER 5.— Vue en petite quantité, l'eau de mer est incolore et généralement transparente, mais en masse ele prend diverses couleurs. Ordinairement, sur les côtes, la mer a une belle couleur glauque ou verte, et en pleine mer, ele est bieue. — Les mers polaires sont d’une teinte bleu d outre-mer ; la Méditerranée est bleu de ciel; l'Atlantique équinoxial est bleu vif. Le bleu céleste, plus
‘ Ces trois corps, brome, iode et phosphore, se trouvent dans les résidus de la combustiun des a.gues, qui les prennent à la mer.
8Cesont ces aivers corps qui donnent à l'eau d° mer une densité plus considérable que celle de l'eau douce. — Les trois sels que l'on extrait des eaux de la mer sont : le sel, le sulfate de soude et le sulfate de potasse; ces deux derniers servent à la fabrication de la soude et de la potasse nécessaires à l'industrie.
5 Cf. Rapport d'Arago, in Comples rendus de l'arad. des Se., VIE, 219,
ou moins foncé, semblerait donc devoir toujours être la teinte de l'océan. Mais, autour des Maldives, la mer est noire; elle est blanche dans le golfe de Guinée, jaune entre la Chine et le Japon, verte dans les parages des Açores et des Canaries, rouge dans les golfes Arabique et de Californie. Ces différences de couleur s'expliquent par le fait que les eaux de la mer sont souvent imprégnées de matières étrangères, d'animalcules et de végétaux microscopiques, qui donnent leur couleur à la mer dans laquelle ils se trouvent et masquent ou modifient la teinte naturelle des eaux.
Ainsi, les bandes vertes, si étendues et si tranchées, des régions polaires, renferment des myriades de méduses, dont la teinte jaunâtre mêlée à la couleur bleue de l’eau engendre le vert. Quelquefois la mer Rouge est teinte en rouge par une couche serrée et peu épaisse d'algues microscopiques (Trichodesmium) flottant à la surface de l’eau ; ordinairement d'une belle couleur bleue, cette mer devient rouge presque subitement, conserve cette couleur pendant un jour ou deux, et redevient bleue, après que les algues ont perdu leur couleur rouge et sont devenues vertes{. On a encore observé le même phénomène dans le golfe d’Oman, dans l’Atlantique, à 16 kilom. de l'embouchure du Tage ?, et dans le Grand océan.
Dans les parages où 1 vau est peu profonde, la couleur bleue de la mer se trouve modifiée, ou même quelquefois totalement changée, par la couleur du fond de la mer, composé de sable ou de vase jaunes, rouges, etc.
3. PHOSPHORESCENCE DE LA MERS, — Le phénomène de la phosphorescence de la mer s’observe sur to. ‘tes les parties de l'océan, mais principalement dans la zone intertropicale.
De nombreuses observations prouvent que la phosphorescence de la mer est due à la présence d'êtres organisés microscopiques de différentes classes; ce sont de petits crustacést, plusieurs mollusques 5 et des zoophytesé, qui ont été observés au microscope. On a aussi constaté la présence de petits corps jaunätres, sans doute organisés et vivants. Ces animaux, réunis en prodigieuses quantités, sécrètent une matière phosphorescente”, soit constam-
! Comptes rendus de l'acad. des Se., XIX, 171.
{dem, XXII, HA. ‘
5 {dem, NI, 458, .
* Surtout une petite espêce à deux valves.
5 Céphalopodes pélasgiens et biphores, etc.
% Méduses, Dyphies.
La matière phosphorescente est jaunâtre, vis-
queuse et très-soluble dans l'eau, qu'elle rend lumineuse au moment où elle est projetée par l'animal.
ment, soit dans certains cas seulement où ils lancent de véritables fusées phosphorescentes.
4. Du MOUVEMENT DES EAUX. — La mer a plusieurs mouvements : les uns superficiels et accidentels, comme les vagues; les autres réguliers, comme les marées; enfin la masse des eaux de l'océan est mise en mouvement par de puissantes causes qui produisent les courants.
Les Vagues. — Les vagues ne paraissent pas agir à plus de 200 mètres de profondeur * ; elles résultent d’un mouvement superficiel, qui varie selon le vent, selon les lieux et d’après la violence de la mer. On ne sait pas exactement quelle est la plus grande hauteur des vagues pendant les tempêtes ; les uns fixent le maximum à 5 ou 6 mètres, d’autres disent 13 à 15; quelques-uns le portent à 33 mètres?.
Les Marées5.— Les courants de marée sont produits par l’action attractive du Soleil et de la Lune, et se font surtout sentir sur les côtes. Toutes les mers sont soumises à cette action, et partout, deux fois par jour, le flux et le reflux4 élèvent et abaissent alternativement la surface des eaux au-dessus et au-dessous de leur niveau moyen.
Incessamment modifiés par la forme des côtes, par les courants constants et par les vents, les courants de marée sont surtout sensibles dans les golfes et dans les détroits; ainsi les plus hautes marées ont lieu dans le golfe de Saint-Malo, dans le canal de Bristol, au détroit de Pentland et à la baie de Fundy. La hauteur verticale de la marée est de :
20 pieds au Havre et à Douvres ;
2 — à Ouessant et à Cherbourg;
45 — entre Jersey et Saint-Malo;
35 — à Guernesey;
46 à 50 pieds, près de Bristol ;
60 à 70 — à la côte sud de la baie de Fundy.
Sur les côtes des petites îles de l'océan
! Comptes rendus de l'acad. des Sc., XIE, 770.
* Idem,1, V, IX et XII.
% Idem, XXIV, 49.
# Le mouvement qui produit la haute mer ou pleine mer s'appelle fut ou flot. Le courant produit par l'abaissement et la retraite des eaux s'appelle reflux, jusant.— Les marins du littoral de la Normandie où! encore conservé le mot allemand ebbe, et disent l'eble pour le reflux.
5 Bien que les marées les plus fortes aient été observées jusqu’à présent dans des golfes, de nouvelles observations montrent qu'il y a de très-hautes marées sur des côtes qui ne présentent aucune échancrure considérable; ainsi, sur les côtes de la Guyane, au mouillage de la Calebasse, on a observé des marées de 40 pieds (Comptes rendus de l'acad. des Se., Hi, 649).
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Pacifique, la marée ne monte qu'à 2 pieds ; aux iles africaines de l'océan Atlantique, la marée varie de 3 pieds à 10. Dans les régions polaires de l'Amérique septentrionale (entre 69° et 70° lat. et entre 120° et 140° de long. O.), Franklin a constaté que le flux ne s'élevait qu'à 20 pouces et quelquefois seulement à 3.
Dans le nord de l'Europe, le flux est plus fort ; à Vardæhuus, la marée est de 9 pieds de Suède!, Longtemps on a dit que la Méditerranée n’était pas sujette aux marées; le mouvement alternatif d'élévation et d'abaissement y est faible, mais il existe et a été observé sur plusieurs points. (Voy. p. 36.)
Les Mascarets. — Au phénomène des marées se rattache celui des mascarets. Le mascaret, que produit dans les estuaires de certains fleuves le refoulement des ondes par le flot de marée, est connu sous les noms de barre (à l'embouchure de la Seine et du Gange), de bore (à l'embouchure de la Severn), de pororaca (à l'embouchure de l’Amazone et à Cayenne) et de mascaret (dans la Dordogne). 11 se mani- ‘este aux embouchures de la Seine, de la Dordogne, de la Severn, du Gange, de l’Indus, du Tsien-tang?, de l’Amazone, dans la baie du
1 Nouv. Annales des Voyages, LV, 219.
* Nous empruntons aux Mémoires de la Soc. roy. asiatique de Londres la description d’un mascaret à Hang-tchéou, sur le Tsien-tang, décrit par un témoin oculaire, le docteur Macgowan : « A l'approche du flot, tout trafic fut suspendu, les marchands cessèrent de crier leurs marchandises, les porteurs cessérent le déchargement des navires, qu'ils abandonnérent au milieu du courant, et un moment suffit pour donner l'apparence de solitude à la cité la plus laborieuse parmi les cités laborieuses de l'Asie. Le centre de la rivière fourmillait de bateaux de toute espèce. Bientôt le flot annonça son arrivée par l’apparence d'un cordon blanc prenant d’une rive à l'autre. Son bruit, que les Chinois comparent au tonnerre, fit taire celui des ateliers. IL avançait avec une prodigieuse véiocité que j'estimai à 35 milles à l'heure; il avait l'apparence d'un mur d'albâtre, ou plutôt d'une cataracte de 4 à 5 milles de long et de 30 pieds d'élévation, se mouvant tout d’une pièce. Bientôt il atteigit l'avant-garde de cette flotte qui attendait son approche,
« Ne connaissant que la barre du Gange, dont on a tant de peine à se préserver, et qui ne manque pas de faire chavirer les navires qui sont mal tenus, je ne laissai pas d'avoir de fortes appréhensions pour la vie de ces équipages. Lorsque ce mur flottant arriva, tous étaient silencieux, attentifs à maintenir l'avant tourné vers cetts lame qui semblait vouloir les engloutir. Tous furent portés sains et saufs sur le dos de la vague. Le spectacle fut du plus haut intérêt, quand le flot eut passé seulement sous Ja moitié de la flottille, Les uns reposaient sur une vau parfaitement tranquille, tandis qu'à côté, au milieu d'un tumulte épouvantable, les autres sautaient dans cette cascade comme des saumons agiles. Cette grande et émouvante scône ne dura qu'un moment, Le flot courut encore en diminuant de force et de vitesse, et finit
L'OCÉAN
mont Saint-Michel, dans la baie de Fundy et à Cayenne.
Les Courants!. — On divise les courants en courants constants, courants périodiques et courants “ccidentels ou variables.
Les surants constants, supérieurs ou sousmarins, sont produits par les différences de température et de densité dans les eaux de la mer. De ces différences résultent, dans la masse de l'océan, des mouvements réguliers, et qui s’accomplissent en vertu de lois fixes, par lesquelles les eaux froides des pôles sont amenées dans la zone intertropicale, et ramenées, après s'y être échauffées, dans les régions polaires.
C’est dans les mers de la Chine et de l'Inde, que se trouvent les principaux courants périodiques, c'est-à-dire dans les mers soumises aux moussons, ce qui est une preuve bien évidente de l'influence des vents et du déplacement des masses d'air sur le mouvement des eaux de la mer. Nous ne parlerons ici que des courants périodiques les plus importants.
Dans le golfe du Bengale, les moussons donnent naissance à des courants qui suivent leurs diverses directions. — Dans le golfe de Manaar, le courant se dirige au N., de mai en octobre ; il se dirige au S.0., d'octobre en mai, — Dans les mers de la Chine, les courants vont du S. 0. au N. E., du 15 mai au 45 août, et en sens contraire, d'octobre en mars. — Un courant va de l'océan à la mer Rouge, d'octobre en mai, et de la mer Rouge à l'océan, de mai en octobre. Au contraire, dans le golfe Persique, le courant va du golfe à l'océan, d'octobre en mai, et de l'océan dans le golfe, pendant le reste de l’année.
Quant aux courants variables, malgré leur grand nombre, la connaissance de la direction des vents et de ces courants variables est telle actuellement, grâce aux travaux et aux cartes du commodore Maury? que les navires à voiles
d'être imperceptible à une distance que les Chinois disent être de 80 milles. Le trafic interrompu reprit peu à peu, les navires furent rattachés à la rive, femmes et enfants s'occupérent à recueillir les ohjets perdus dans la mèlée ; les rues étaient couvertes d'écume, et une quantité considérable d'eau vaseuse remplit le grand canal. »
4 CE. Maury, Géographie physique de la mer.— Biol, Journal des Savants, février 1849. Le remarquable article de Biot a été rédigé d'après les travaux et les cartes du capitaine Duperrey.
3 Déjà les cartes des courants de l'Atlantique de Rennell (Charts of the prevalent currents in the Allantic Ocean, 1832) avaient ouvert une voie où le savant directeur de l'observatoire de Washington, le commodore Maury, devait entrer et faire faire à la science de la navigation d'immenses progrès.
Après avoir recueilli les observations sur les vents
suivent, pour aller d'un point à un autre, une route qui est déterminée sur les cartes avec une précision rigoureuse. Aussi les traversées ont-elles été abrégées considérablement et rendues plus régulières et plus certaines. 11 faut maintenant 11 jours de moins qu'autrefois pour aller de New-York à Rio de Janeiro (29 au
lieu de 40). La traversée de New-York en Cali‘ornie, qui était de 183 jours, est réduite à 155. Le voyage d'Angleterre en Australie, qui était de 125 jours, a été réduit à 97; et le retour d'Australie en Angleterre, qui demandait aussi 125 jours, se fait en 63 jours.