‹ Géographie générale [microforme]Chapitre 287 sur 630 · SE · texte numérisé non relu

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Français, en 1795, rendit l’Escaut libre jusqu’en 1815. Les traités de Vienne ayant mis la Belgique et la Hollande sous la même domination, la question de la fermeture de l’Escaut se trouva éludée jusqu’en 1830. Après la révolution et la séparation de la Belgique, les Hollandais élevèrent de nouvelles prétentions et voulurent fermer de nouveau les embouchures de l’Escaut ; ils durent se contenter toutefois de percevoir à Carlhuis, sur la branche principale du fleuve (le Hond), un droit de un florin et demi par tonneau, prélevé sur tout bâtiment qui naviguait sur l'Escaut. Ce droit a été aboli en 18634, et la navigation de l'Escaut est aujourd’hui entièrement libre pour les navires qui commercent avec la Belgique.

La Meuse (Maas) entre en Belgique au-dessous de Givet, passe à Dinant, Namur, Huy, Seraing, Liège, Visé, sépare la Belgique de la Hollande en arrosant Maëstricht, qui e:: à la Hollande, et Maseyck, qui est à la Belgique, puis entre en Hollande au-dessous de cette ville.

Ses affluents sont : à droite, la Semoy, la Lesse et l'Ourthe; — à gauche, la Sambre et le Geer.

La Semoy prend sa source près d’Arlon, arrose le Luxembourg et les villes de Chiny et de Bouillon; sa vallée est une des plus fertiles régions de la Belgique.— La Lesse traverse le plateau de l’Ardenne, dans une vallée étroite et rocheuse, et se jette dans la Meuse près de Dinant. — L'Ourthe traverse aussi le plateau de l’Ardenne, couie dans une vallée profonde et se jette dans la Meuse, à Liége. L’Ourthe reçoit l’Ambléve, qui passe à Stavelot, et la Verdre, qui arrose Limbourg et Verviers. — La Sambre entre en Belgique un peu au-dessus de Merbes-le-Château, passe à Thuin, Marchienne, Charleroi, laisse Fleurus sur sa gauche et va finir à Namur. — Le Geer traverse Tongres.

$ 5. Aspect général, topographie. — Sur la côte, lesol, formé d'alluvions modernes, argileuses et calcaires, présente en arrière des dunes une zone de prairies naturelles, très-riches mais malsaines, et large de 10 à 15 kilomètres. Entre cette zone et la Sambre et la Meuse, le sol, plat en général, est formé de sables, de silex et de cailloux diluviens, constituant le sol fertile des Flandres, du Hainaut et du

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mur, Liége), règne une longue bande de terrain carbonifère, où se trouvent d'importantes exploitations de houille (Mons, Charleroi, Liége), À l'Ouest de la Sambre et de la Meuse, tout le massif de l’Ardenne (Luxembourg, Liége et Namur) est composé de schistes, de phyllades, de grès, de psammites, de macigno et de cal.

caires des étages divonien et silurien. C'est en général un pays âpre et accidenté; les plateaux, hauts quelquefois de 500 mètres, sont marécageux ou couverts de landes pierreuses.

Dans les provinces de Liége et de Namur, l’Ar. denne est boisée. Les vallées de i’Ardenne sont profondes et renferment des pâturages. Enfin, le Sud du duché de Luxembourg, ou la haute vallée de la Semoy, zone très-fertile, est composée de schistes jurassiques.

$ 6. Climat. — Le climat de la Belgique est assez froid et humide; il est insalubre dans la zone des prairies maritimes et dans les Flandres ; sec et sain dans le Hainaut, la province de Namur et le Luxembourg ; humide et brumeux dans le Brabant, le Limbourg, les provinces de Liége et d'Anvers. — La température moyenne de Bruxelles est environ + 10°C; le plus grand froid observé a été — 19°, 5(1838), et la plus grande chaleur + 33°,1 (1834). — Les vents dominants sont ceux du Sud-Ouest.

$ 7. Productions minérales. — Les principales productions minérales de la Belgique sont la houille, le fer et le zinc.

La houille est exploitée dans les bassins de Mons, de Charleroi et de Liége, qui produisent 9 millions et demi de tonneaux (1,000 kilogr.) de charbon, valant 107 millions de franes, et doiit le tiers est exporté en France‘ par le chemin de fer du Nord, par le canal de Mons à Cambrai et par la Sambre canalisée.

Le fer abonde dans l'arrondissement de Charleroi et dans les provinces de Namur, de Liége et du Luxembourg?.

Le zinc (calamine) est exploité à la Vieille- Montagne, présde Moresnet (province de Liége), dont les mines fournissent 45,000 tonneaux de zinc à l'exportation.

Les carrières de la Belgique fournissent des marbres, des ardoises, des pierres à aiguiser et du porphyre. Les marbres s’exploitent à Franchimont (rouge-royal); sur les bords de la Sambre (Sainte-Anne); à Golzines, près de Namur (marbre noir); à Ecausine, près de Bruxelles (petit granite), à Cefontaine et à

: Pour Paris et les départements du Nord.

* La Belgique exporte en France une assez grande quantité de minerai de fer (120,000 tonneaux). Elle produit 600,000 tonnes de fer et de fonte, valant 80 millions de francs,

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Boussu-en-Fagne (Florence-lilas). On exploite des ardoises dans l’Ardenne, à Herbeumont, Salm et Lagéripont; des pierres à rasoirs et à aiguiser les faux, à Vieil-Salm et à Stavelot; des meules à moudre, à Bouvignes; du porphyre pour le pavage, à Lessines et à Quenast.

Les principales eaux minérales de la Belgique sont à Spa (eaux ferrugineuses), à Chaud- Fontaine (près de Liège), à Tongres et à Marimont. .

$ 8. Productions végétales et animales; géographie agricole‘. — Au point de vue agricole, la Belgique se divise en à régions : les prairies des polders, les Flandres, la Campine, la Hesbaye et l’Ardenne. .

Les prairies des polders ® forment une zone de 100,000 hectares, comprise entre la mer et une lignepassant par Furnes, Dixmude, Ghistel, l'Écluse et Anvers ; la largeur de cette zone varie de 10 à 15 kilomètres. Le sol, très-bas, est au-dessous des hautes mers, et est défendue contre elles par les dunes ou par des digues et des écluses. Les prairies des polders nourrissent partout des bœufs et des chevaux ; mais les plus beaux pâturages sont aux environs de Furnes et de Dixmude, dans le Veurn- Ambacht, qui est le centre d'élève des races chevaline et bovine de la Flandre. Toute cette zone est très-féconde, mais malsaine, et les fièvres paludéennes y sévissent en été.

Les Flandres et la province d'Anvers sont célèbres par leur admirable culture ; les terres maigres et siliceuses de cette région ontététransformées, par le travail de plusieurs siècles, en campagnes de la plus merveilleuse fécondité. Au teinps de César, en effet, tout ce pays, habité par les Morins et les Ménapiens, n'était qu'un marais inondé par la mer et par les rivières. Ce sont les grandes communes de Flandre qui, au Moyen Age, ont commencé à endiguer les rivières, à assainir le sol et à le cultiver d'après les meilleures méthodes.

Toute cette région est un pays de petite culture et de population très-condensée (230 habitants par kilomètre carré), où les plantes industrielles (colza, cameline, pavot, houblon 5, lin #,

! Voy. les excellents articles de M. Em. de Laveleye, dans la Revue des Deux Mondes, 1* déc. 1860, {juin et 1°" octobre 1861, et l'Encyclopédie agricole, publiée par MM, Moll et Gayot, article BELGIQUE.

* On appelle polder un terrain conquis sur la mer et'endigué.

% Le houblon est surtout cultivé aux environs d'Alost et de Poperinghe,

La culture du lin, une des plus importantes de la belgique, occupe la 56° partie du sol, Les deux Flan-

chanvre, chicorée, tabac! et betterave?) donnent, à force d'engrais et d'amendements, de riches récoltes. Les cultures fourragères (trèfle ordinaire et incarnat, féveroles, vesces) et les cultures alimentaires (froment, seigle, sarrasin, avoine, haricots, pois et pommes de terre) sont moins importantes que les premières, parce que leur rapport, moins considérable, serait insuffisant pour couvrir les frais qu’exige l’engraissement continuel du sol. Tout ce pays est déboisé ; cependant les arbres y sont très-nombreux, mais plantés le long des routes et des fossés, et sur le bord des champs. Les prairies de la vallée de la Lys sont admirables de fraicheur et de fertilité, et nourrissent en abondance bétail et chevaux.

La Campine (Kempene) est une grande lande de 140,000 hectares, située dans les provinces d'Anvers et de Limbourg, et dans le Sud de la province hollandaise de Brabant. Le sol sablonneux, maigre et stérile, couvert de bruyères ou coupé de dunes, de marais et de fondrières, comme étaient autrefois les Flandres, est devenu çà et là trèés-fertile, à force de culture et d'engrais ; on y récolte du seigle, de l'avoine, du sarrasin et du colza, et la Campine exporte du beurre5, du miel excellent, des asperges renommées et de trèsbonnes volailles. Quelques abbayes de la Campine ceultivent la vigne, dans le but de fournir au clergé un vin pur et exempt de tout mélange, tel que les besoins du culte l'exigent.

La Hesbaye 4 est la région comprise entre les Flandres à l'Ouest, la Campine au Nord, la Meuse et la Sambre à l'Est, et la France au Su! ; elle comprend le Hainaut, le Brabant et une partie des provinces de Namur, de Liége et de Limbourg. C’est un pays de terres argileuses et de limon hesbayen (argile et sable), très-fertiles, plates ou ondulées, produisant en abondance le froment, la betterave et les plantes fourragères, et nourrissant de nombreux chevaux de la race du Hainaut. Autrefois boisée, la région est aujourd'hui entière-

dres, et particulièrement la vallée de la Lys, sont le centre principal de cette culture. Le lin belge est justement renommé,

‘ Le tabac est cultivé surtout aux environs de War wick et de Commines.

? La Belgique fabrique 20 millions de kilogr. de sucre de betterave et produit 55 millions de litres d'alcool de betterave.

5 Le beurre de la Campine est vendu à Londres.

* La Hesbaye proprement dite est un petit pays 4 l'Ouest de Liège, qui a donné son nom au limon hesbayen et à toute la région couverte de ce limon,

ment défrichée et n’a conservé que la forêt de Soigne, au Sud de Bruxelles. Ces riches contrées, dans lesquelles les armées trouvent en abondance vivres, habitations, chevaux et routes, ont été le théâtre de nombreuses batailles.

L’Ardenne, région de culture pastorale, est un plateau schisteux, couvert de marais et de tourbières, de bruyères ou de rochers, et quelquefois de forêts de chènes et de bouleaux; les pâturages des vallées nourrissent des chevaux et des bœufs. — La partie méridionale du Luxembourg, celle qui est située au Sud de la Semoy, est fertile et bien cultivée, ainsi que la vallée même de la Semoy.

Le bétail de la Belgique est nombreux et appartient à de bonnes races. La race bovine flamande, d'origine hollandaise et excellente laitière, est répandue dans toute la Belgique, excepté dans l’Ardenne et la Campine, où il existe des races particulières. — La Belgique a quatre races ou sortes de chevaux : le cheval flamarid !, le cheval du Hainaut (Hainaut et Namur), le cheval du Brabant (Brabant, Hesbaye et Condroz?), bonnes races de gros trait, et le cheval ardennais, cheval de trait léger, qu’on n'élève presque plus. — Les moutons appartiennent à la race flamande, de haute taille et à la laine longue et forte, et à la race des bruyères (Ardenne et Campine), qui donne une laine grossière, mais une chair excellente.

Statistique agricole. La superficie de la Belgique est de 2,945,595 hectares, qui se décomposent en :

2,000,000 hect. de terres cultivées.

250,000 — de bois.

150,000 — de pâturages et polders.

160,000 — de bruyères.

La Belgique possède 560,000 chevaux ; 1,200,000 bêtes à cornes et 1,300,000 moutons.

On évalue à À milliard de francs la valeur de la production agricole de la Belgique.

$ 9. Ethnographie, races et langues.

— La Belgique est habitée par deux peuples :

les Flamands (Vlæmske) et les Wallons. Sur les 4,800,000 habitants de la Belgique, on compte: 2,800,000 Flamands et 2,000,000 de Wallons.

On parle trois langues en Belgique : le flamand, le wallon et le français. Le flamand est un dialecte du bas allemand, dérivant de l’an-

* C'est la race flamande qui, pendant le Moyen Age, fournissait aux chevaliers leurs destriers.

2 Le Condroz (Condrusi) est au Sud de la Meuse, entre Namur et Huy; c'est un plateau déboisé et couvert de prairies, et une région de culture arriérée.

cien saxon. Le wallon est un patois français, mais dans lequel il y a bon nombre de racines et de tournures allemandes ; il est lui-même subdivisé en plusieurs patois locaux. Le français est la langue de la haute administration, de la justice, de l'enseignement, de la littérature et des classes instruites.

Le domaine des deux langues flamande et waïlonne, et par conséquent des deux peuples qui constituent ce qu’on appelle en politique la nation belge, est déterminé par deux

lignes. La première, qui passe par Gravelines,

Bourbourg, Hazebrouck, Bailleul (en France), Menin, Courtray, Audenarde, Renaix, Grammont, Enghien, Halle, Bruxelles, Louvain, Tirlemont, Saint-Tron, Tongres, Maëstricht, Aix-la-Chapelle, Duren, Saint-Vith, Diekirch, Aïlon et Luxembourg, borne au Sud le pays où sont parlés les dialectes de la famille germanique (allemand, hollandais et flamand). — La seconde ligne, qui passe par Calais, Ardres, Saint-Venant, Armentières, Lille (en France), Tournay, Lessines, Ath, Braine-le- Comte, Nivelle, Genappe, Wavres, Jodoigne, Liége, Verviers, Limbourg, Malmédy, Houfalise, Bastogne, Virton, Longwy et Metz, borne au Nord le pays où sont parlés le français et les patois français (le rouchi, dans la Flandre française, le wallon, l'ardennais et le lorrain). — La zone étroite comprise entre ces deux lignes est partagée entre les deux familles de langues !.

$ 10. Géographie historique. — La Belgique, au temps des Romains, faisait partie de la Gaule belgique et était habitée par les Morini (Flandres), les Nervii (Hainaut et Flandres), les Aduatici (Namur), les Condrusi (Condroz), les Tungri (Liège), les Toxandri et les Menapii (Brabant et Anvers). Au Moyen Age, dans le démembrement de l'empire de Charlemagne, il se forma dans ce territoire neuf grands fiefs :

Le comté de Flandre (avec l’Artois), relevant de la France,

Le marquisat d'Anvers,

Le duché de Brabant,

Le comté de Hainaut,

Le comté des Ardennes ou de Luxembourg,

Le marquisat d’Arlon,

L’évèché de Liége,

Le marquisat de Namur,

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relevant de l'empire d’Allemagne,

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Hardi, fils du roi Jean, devint maître du comté de Flandre et de l’Artois par son mariage avec Marguerite, héritière de ce comté; il devint maitre ensuite d'Anvers et de Malines; puis, son petit-fils, Philippe le Bon (1419-1467), s'empara du Hainaut, du Brabant, du Limbourg, de Namur, de Ja Hollande et de la lélande, c'est-à-dire de presque tous les pays qui forment actuellement les royaumes de Belgique et de Hollande. En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, successeur de Philippe le Bon, la duchesse Marie, héritière du Téméraire, épousa l’archiduc Maximilien d’Autriche et lui apporta en dot ses vastes possessions. La duchesse Marie étant morte en 1482, son fils, l’archiduc Philippe le Beau, lui succéda dans l’archiduché des Pays-Bas, sous la tutelle de Maximilien, et épousa Jeanne la Folle, fille de Ferdinand le Catholique, roi d'Espagne. Philippe le Beau étant mort, en 1506, son fils, l'archiduc Charles (Charles Quint), le remplaça et ayant aussi succédé, en 1516, à son grandpère maternel, Ferdinand le Catholique, il devint roi d'Espagne et réunit à la couronne d'Espagne les Pays-Bas. Les provinces septentrionales des Pays-Bas devenues protestantes se séparérent de l'Espagne, en 1579, et formérent une république indépendante, celle des Sept-Provinces-Unies, qui fut reconnue par le traité de Westphalie en 1648.

Les Pays-Bas catholiques, ou Pays-Bas espagnols, restèrent à l'Espagne jusqu'à la paix d'Utrecht, en 1713, qui les donna à l’Autriche, laquelle les posséda jusqu’à !a révolution française. Conquis par la France après la

PROVINCES

Flandre occidentale. .

Flandre orientale Hainaut.

Liége.

Limbourg Luxembourg

Namur. .

FLANDRE OciDENTALE (West Vlaanderen). — Les villes principales sont : Bruges (Brügge), ch.-lieu de la province, grande et belle ville de 50,000 hab., qui a conservé tous les caractéres et l’aspect d'une ville du Moyen Age.

CHEFS-LIEUX

bataille de Fleurus (1794), les Pays-Bas furent cédés à la république française par le traité de Campo-Formio (1797); on en forma huit départements, avec l'évêché de Liége, province française de l'empire d'Allemagne, qui fut dès lors réunie aux destinées des Pays-Bas.

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