GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
$ 1. Limites. — L'Europe centrale se compose de toute la région comprise entre le Rhin, à l'O., la Vistule et les Karpathes, à l'E; elle renferme la Prusse, au N., l'Autriche, au $., et 35 petits états, à l'O. L'Europe centrale se compose principalement de pays allemands, mais aussi, à l'E. et au S.-E., de pays slaves, magyares, roumains et italiens soumis à la domination des deux grandes puissances germaniques, la Prusse et l'Autriche. La domination de la Prusse et de la Bavière s'étend aussi sur une parlie de la région gauloise (Prusse rhénane et Bavière rhénane). Ainsi entendue, la région que nous allons décrire est bornée : au N., par la mer Baltique, le Danemark et la mer du Nord; à i'0., par les Pays-Bas, la Belgique et la France ; au S., par la Suissr, l'Italie, l’Adriatique et la Turquie; à l'E., par la Russie, C'est un vaste espace de 1,500,000 kilom. carrés et peuplé de 70 millions d'habitants, de langues, de mœurs el de religions diverses, et appartenant à des races différentes et hostiles. Toute cette contrée est divisée en 35 états, que l'on a essayé de réunir par les liens compliqués d’une confédération militaire, mais que séparent profondément des rivalités et des jalousies obstinées.
Bien que l'unité n'existe pas dans cctte région, nous en décrirons la géographie physique en un seul chapitret, parce que si l’on n’adoptait pas ce parti, et qu’on essayât de tracer les grands traits de la géographie physique de chaque pays, la Prusse et l'Autriche exceptées, il serait impossible de le faire pour les petits états.
$ 2. Littoral. — Les états allemands sont baignés par trois mers : la Baltique et la mer
* Excepté pour la Prusse et la Bavière rhénanes, dont la géographie physique est déjà décrite, pages 159-141 et 157-160.
du Nord , au Nord ; la mer Adriatique, au Sud.
Littoral de la Ballique. La mer Baltique (Ost See) baigne les rivages de la Prusse, du Mecklenbourg et duSleswig-Holstein. Dans presque toute son étendue, le littoral est bas, sablonneux, marécageux, bordé presque partout de dunes ou de lagunes, et couvert de pierres roulées, formées de blocs de porphyre, de granite et de jaspe; caetlà, quelques falaises ; partout, des bas-fonds et des sables, ou des vases { qui encombrent les ports, et une mer peu profonde et violente.
Les principaux traits de la géographie du littoral de l'Allemagne, sur la mer Baltique, sont les lagunes (Haff) que l'on y rencontre et quelques golfes. Sur la côte de la province de Prusse, on remarque le Kurisches-Haff et le Frisches-Haff. Le Kurisches-Haff tire son nom des Cures ou Courons, qui ont aussi donné leur nom à la Courlande; cette lagune d’eau douce a 90 kilomètres de long sur 40 de large; elle est séparée de la mer par une flèche (Nehrung) appelée Kuhrische-Nehrung®, trèsétroite et couverte de dunes , et ne communique avec la Baltique que par le détroit de Memel, large de 4 kilom. et profond seulement de 5 à 4 mètres. Le Frisches-Haff est également une Jagune d’eau douce de 8% kilom. de long sur 10 à 45 de large, et séparée de la mer par une flèche appelée le Frische-Nehrung.
Cette flèche est plus large que le kurische- Nehrung ; elle a de 4 à 12 kilom.; elle est cultivée aux environs de Dantzick, mais partout ailleurs ce n'est qu'une lande stérile. Le Frische-Nehrung ne laisse au Frisches-Haff d'autre communication que le détroit de Pillau, large de 4 kilomètres et profond seulement de
1 Schlam. Ces boues sont formées jusqu’à la moitié de leur volume, d'animaux microscopiques calcaires ou siliceux.
? Cette flèche s'appelle en letton : Mendoniemi, ou promontoire des sapins.
4ù 5 mètres. On croit que cette lagune a été formée en 1500, après une grande tempête.
C'est entre ces deux lagunes, sur la côte du Samland, entre Pillau et le Kurische-Nehrung, que se font les plus abondantes récoltes d'ambre, soit qu'on le recueille sur les flots pendant les tempêtes de N. et de N.-0., soit qu'on l'exploite dans des lerrains qui renferment de grands dépôts de bois fossiles. L'ombre ainsi recueilli est travaillé à Pillau, Kænigsberg, Dantzick et Berlin, et transformé en divers objets de bijouterie ou de tabletterie.
Le golfe de Dantzick (Danziger - Bucht), au fond duquel se jette la Vistule, forme au Nord- Ouest la baie de Putzig (Putxiger-Wick), séparée de la haute mer par une flèche, à l'extrémité de laquelle est le petit port de Héla.
La côte de Poméranie présente d'abord une suite non interrompue de marais et de petites lagunes (see); puis l'Oder se jette dans la grande lagune de Stettin (Stestiner-Haff), que l'on appelle tout simplement le Haff, et qui se divise en deux parties, le Grand-Haff, à l'Est, le Petit-Haff, à l'Ouest. Les deux iles de Wollin et d'Usedom séparent la lagune de Stettin de la mer Baltique. Au delà de l’ile de Rügen, dont les côtes sont découpées par de nombreux wicl:, on trouve encore la lagune de Grabow.
Les lagunes cessent sur les côtes du Mecklenbourg et du Holstein ; maison y trouve toujours des dunes, et on y remarque le golfe de Wismar, qui forme le Salx-Hafj, puis le golfe de Lübeck, et enfin le golfe de Kiei.
Les îles sont peu nombreuses sur ceite grande étendue de côtes ; on n'y remarque ane les iles de Wollin et d'Usedom, séparées l’une de l’autre par la Swine, une des trois embouchures de l'Oder ; Rügen, séparée de la Poméranie par un détroit appelé le Gellen: Hiddensee, sur la côte occidentale de Rügen ; Zingst, qui sépare la lagune de Grabow de la mer ; Poel, dans le golfe de Wismar ; Femern (Fehmarn), à l'angle oriental du Holstein. — L'ile d'Usedom est célèbre dans l'histoire de la guerre de Trente-Ans ; c'est sur son riyage que le roi deSuëde Gustave Adolphe débarqua, le 24 juin 1630. L'ile de Rügen est grande, rocheuse et boisée; quelques parties sont fertiles.
Ses côtes, très-poissonneuses !, sont découpées et ne possèdent cependant aucun port.
Les fleuves et rivières qui se jettent dans la Baltique allemande sont : le Niémen, qui a ses embouchures dans le Kurisches-Haff, le Prégel et la Passarge, qui versent leurs eaux dans le Frisches-Haff, la Vistule, la Stolpe, la Persante,
* La pèche du hareng y est abondante,
la Réga, l'Oder, la Peene, la Recknitz, la War. now et la Trave.
Abondamment pouvu de petits ports de commerce, le littoral de la Baltique ne possède pas un seul port de guerre. Dans la province de Prusse on peut citer : Memnel et Labiau, sur le Kurisches-Hlaff, Pillau, Fischhausen, Kœnigsberg et Elbing, sur le Frisches-Haf, Dantzick et Héla, sur le golfe de Dantzick, et Putzig, au fond de la baie de son nom. Dantzick esi un des principaux ports de commerce de la Baltique, et Héla est un portde relâche à l'en. trée du golfe de Dantzick. Dans la Poméranie on remarque les petits ports de Léba, Stolpemünde, où l’on recueille de l'ambre, Rügenwalde, Cœslin, Colberg, Cammin, sur la Divenow, puis Swinemünde, à l'embouchure de la Swine, Stettin, sur l'Oder, Wolgast, sur la Peene, Greifswald, au fond d’une baie, et Stralsund sur. le Gellen. Sur la côte du Mecklenbourg, il y a les deux ports de Rostock et de Wismar ; sur la côte du Holstein, Lübeck, Travemünde et Kiel.
Littoral de la mer du Nord. La mer du Nord (Nord See) baigne les côtes occidentales du Sleswig-Ho!stein et celles äu Hanovre et du duché d'Oldenbourg. Dans toute son étendue, la côte, comme dans les Pays-Bas, est formée par des sables (Geest); aussi, est-elle basse, sablonneuse, bordée de dunes, et la mer y est-elle encombrée de bancs de sables'. Le littoralest découpé par les estuaires de l’Elbe et du Weser, par la baie de la Jahde et le golfe de Dollart. Les îles sont assez nombreusés ; on remarque d'abord Helgoland, rocher de
| marne rouge, situé en face des embouchures
de l'Eider, de l'Elbe et du Weser, qu’il commanie, et peuplé de 3,000 habitants, d'origine frisonne, presque tous pêcheurs, et qui ont conserve nne partie de leurs anciennes mœurs. Helgolanï est aux Anglais depuis 1807. À l'Ouest du Weser, commence une chaine d'ilots qui se développe ie long du rivage, au milieu des bas-fonds, et se continue jusqu'au Texel ; les principaux sont Wangeroog, Spiekeroog, Langeoog, Norderney et Borkum. Les fleuves allemands qui se jettent dans la mer du Nord sont : l’Élbe, l'Oste, le Weser, la Jahde et l'Ems. Les principaux ports sont : Hambourg, Altora, Glückstadt et Cuxhaven, sur l'Elbe; Bremerhafen et Brême, sur le Weser ; Norden et Emden, sur le golfe de Dollart.
Littoral de la mer Adriatique. Bien que ce
4 Depuis le Dollart jusqu'à l'Eider, de nombreuses digues permettent de cultiver les poldrrs conquis à grands frais sur la mer.
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l'itoral n'appartienne pas géographiquement à la région allemande et qu'il fasse partie des régions grecque et italienne , nous décrirons ici, au moins sommairement, les côtes que l'empire d'Autriche possède sur la mer Adriatique. L'Adriatique baigne 4 provinces autrichiennes : la Vénétie, l'Istrie, le Littoral hongrois (partie maritime de la Croatie) et la Dalmatie. La côte, entre l'embouchure du Pô et Fiume, est basse, plate et couverte de lagunes, entre Venise et Aquilée, et de marais, sur les rivages de l’Istrie. Les côtes du Littoral hongrois et de la Dalmatie sont escarpées, découpées et présentent partout de bons ports ; un archipel, lesiles Ilyriennes, borde ce littoral dans toute son étendue. Au Nord, la presqu'ile de l'Istrie forme le golfe de Venise, à l'Ouest, et le golfe de Fiume ou de Quarnero, à l'Est. Dans Ja Dalmatie méridionale, on remarque la presqu'ile de Sabioncello et les Bouches de Cattaro, baie profonde et sinueuse, où l'on trouve un des meilleurs mouillages de l'Adriatique. Le seul cap à citer, est le cap Promontore, qui termine l'strie.
Les principales rivières. qui se jettent dans l'Adriatique, sur le littoral autrichien, sont : le Pô, la Brenta, la Piave et le Tagliamento, en Italie ; l’Isonzo, dans la Carniole ; la Zermagna, la Kerka, la Cettina et la Narenta, dans la Dalmatie. Les ports sont : en Italie, Chioggia et Venise; dans l’Istrie, Trieste et Pola ; sur le Littoral hongrois, Fiume ; en Dalmatie , Zara, Trau, Spalatro, Raguse et Cattaro.
$ 3. Orographie!. — L'Europe centrale renferme quatre systèmes complets de montagnes : le système des Karpathes, à l'Est; le système bohémien, au centre, le système des montagnes de la Franconie et de la Souabe, et le système hercynien, à l'Ouest. Elle contient aussi au Sud, une partie de la chaine des Alpes.
I. Système pes Kanpatues. — Le système des Karpathes a la forme d'une demi-circonférence, dont la convexité est à l'Est; il est compris entre le système bohémien, au Norc- Ouest, et le Danube, au Sud-Est, et il se compose de deux chaines, celle des Sudètes et celle des Karpathes.
Les monts Sudètes (Sudeten-Gebirge) commencent à l'angle occidental de la Bohème, au mont Schneeberg (1,423 m.), où se réunissent les monts des Géants, les Sudètes et
‘ Les sources sont : les Cartes de ftieler, Kiepert et Sydow; le Mémorial topograph'que du Dépôt de la guerre; les Géographies de Berghaus ét de Rudtorfer; le Dictionnaire de géographie de Kilian et Piquet ; l'Orographie de Bruguière ; le Guide du royageur en Allemagne de Joanne et les Alpes (die Alpen) du capitaine Leitzke.
les monts de Moravie, et où l'Adler, la Neisse et la March prennent leurs sources ; ils se dirigent au Sud-Est,en séparant la Silésie autrichienne de la Moravie. La chaîne porte le nom de Sudètes depuis le Schneeberg jusqu'à l'Altvater, à la source de l'Oppa; an delà, elle prend le nom de Geisenker-Gebirge (montagnes abaissées), à cause de son peu d'élévation (3 à 600 m.). Le principal sommet est l'Altvater, à la source de l'Oppa (1,458 m.). Les monts Sudètes se joignent aux Karpathes, au mont Wisoka. L'étendue de cette chaine, en ligne droite, est de 140 kilomètres ; elle fait partie de la ligne de faite de l'Europe.
Les Karpathes où Krapackx séparent la Hongrie et la Transylvanie de la Galicie, de la Russie et de la Moldo-Valaquie. Cette grande chaine,’ qui commence au mont Wisoka et finit sur le Danube, aux Portes de Fer, a un développement de 1,200 kilomètres ; sa forme est celle d'un demi-cercle qui entoure la grande plaine de Hongrie. Peu larges et peu élevés au centre, les Karpathes se relèvent aux deux extrémités, où de nombreux contre-forts donnent beaucoup de largeur à la chaîne. En général, les Karpathes sont des montagnes de second ordre, peu rocheuses, boisées, cultivées dans les parties inférieures et praticables sur beaucoup de points; on les divise en trois sections : les Karpathes de l'Ouest, du centre et du Sud.
Les Karpathes de l'Ouest ou monts Beskides (Beskiden-Gebirge) sont compris entre le mont Wisoka (2,534 m.) et le mont Sloiczek (1,300 m.); ils appartiennent à la ligne de partage des eaux de l'Europe. Quelques parties de la chaine portent les noms suivants : Babagura (montagne de la vieille femme); entre la Sola ét le Dunajec (1,560 m.); monts Tatra, aux sources du Waag et du Dunajec ; monts Magura, entre le Dunajec et le Poprad. Les monts Beskides sont revêtus de forêts de pins et de sapins et couverts de petits lacs. C'est dans les monts Tatra que se rencontrent les plus hauts sommets de toute la chaîne : le
pic de Gerlsdort (2,618 m.)et le pic de Lomnitz (2,600 m.). Les contre-forts des Karpathes de l'Ouest sont nombreux sur le versant méridional. Du mont Wisoka se détache un grand contre-fort, escarpé, hoisé et dont les sommets ne dépassent pas 1,000 m. cependant ; il se développe entre la March et le Waag et vase terminer sur le Danube à Presbourg; ce contre-fort portelesnoms de monts Jablunka, de montagne Blanche (Weiss-Gebirge), de Petit- Kurpathe et enfin de monts Javorina (500m.).
— Du massif des Tatra, au pic de Lomnitz (Lom-
nitzer Spitz), se détache un autre grand contrefort allant du Nord au Sud, entre les affluents du Danube et ceux de la Theiss, et finissant entre
Waitzen et Erlau sous le nom de monts Matra. :
De ce chainon principal partent à l'Ouest plusieurs rameaux, qui courent entre le Waag et le Gran (Liptauer-Gebirge), etentre le Gran et l'Eipel (0strowski-Gebirge). Du versant oriental de ce chaînon se détachent deux autres rameaux, l'un entre le Sajo et le Hernad, l’autre entre le Hernad et le Bodrog. Tout cet ensemble de montagnes forme un massif appelé en général i Erz-Gebirge hongrois, ou monts métalliques hongrois, à cause des mines importantes qu’on y exploite. — Sur le versant Nord, les Karpathes de l'Ouest n'ont que des contre-forts moins nombreux et moins élevés ; ce sont des collines à pentes douces sillonnant un plateau. Le principal de ces contre-forts se détache de la chaîne entre la source de l'Olsa, affluent de l'Oder, et celle de la Vistule ; il se dirige d'abord au Nord, puis à l'Est, parallèlement à la Vistule, et va finir, sous le nom de montagnes de Sandomir, à la hauteur du confluent de la Vistule et du San. Les autres rameaux séparent les vallées des affluents de rive droite de la Vistule : la Sola, la Skawa, la Raba, le Dunajec, le Poprad, la Biala, la Wisloka, le Wislok et le San.
Les Karpathes du centre s'étendent entre le mont Szerenik ou Sloiczek ! et le mont Gallacz, à la source de la Moldava et du Grand- Szamos. Cette partie de la chaîne est la moins élevée (800 à 1,000 m.); son principal sommet est la Czernagura (1,527 m.). Les contreforts sont peu importants; nous n'indiquerons que les monts Niederborsec, qui se délachent du Sloiczek, se dirigent entre le San et le Dniester, se rattachent aux collines de Pologne et font partie de la ligne de faite de l'Europe.
Les Karpathes du Sud sont compris entre le mont Gallacz et les Portes de Fer, à Orsova, sur le Danube. Ce sont de hautes montagnes, rocheuses, coupées de gorges profondes, de crevasses et de défilés, surtout entre la Transylvanie et la Valaquie; leurs sommets sont recouverts de prairies alpestres et leurs flancs d'épaisses forêts de pins. Les sommets les plus élevés sont le mont Szurul (2,274 m.), à l'Est du défilé de l'Aluta, et le mont Bistriczora (1,550 m.}, sur la frontière de Moldavie. Les Karpathes du Sud dominent un plateau élevé,
‘ Ce mot, qui se prononce sloïtcheck, veut dire: pot à confiture,
la Roumanie‘, qu’ils couvrent de leurs nombreux contre-forts. Les principaux de ces chai. nons, dont les ramifications sont elles-mêmes très-nombreuses, sont au nombre de trois: le premier se détache du mont Gallacz et se di.
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pare les vallées du Szamos et du Kœrœs de celle du Maros ; le troisième, sépare les vallées du Kokel, du Maros et du Temes de celles de l'Aluta et du Schill, et se prolonge jusque dans le Banat.— Les contre-forts des Karpathes du Sud, qui se détachent de leur versant oriental, pour aller accidenter la Moldavie, sont peu élevés; ce sont les chaînes qui séparent le Dniester du Pruth; le Pruth du Sereth:
le Sereth de la Moldava; la Moldava de la Bis. tritz, etc.— Les contre-forts qui se détachent de la partie des Karpathes du Sud qui est adjacente à la Valaquie et que, en raison de sa hauteur, l’on appelle les Alpes de Transylvanie, sont plus courts et plus élevés; ils séparententre elles, dans leur partie supérieure, les vallées du Slanik, de la Jalomitza, de la Dimbowitza, de l'Ardjisch, de l’Aluta, du Motru et du Schill.
La largeur du massif des Karpathes est de 250 kilomètres, à l'Ouest, entre Waitzen, sur le Danube, et Cracovie, sur la Vistule ; de 1925, au centre, entre Unghvar et Stry; de 450, au Sud, depuis le Banat, jusqu’en Moldavie. Les sommets les plus élevés sont dans les monts Tatra, au Nord, et dans les Alpes de Transylvanie, au Sud. — Les routes principaies qui traversent la chaîne sont : celle de Kremnitz à Teschen par le col de Jablunka; la grande route d'Eperies à Lemberg, par le col de Barwinek; la route de Munkacs à Stry, par le col de Jawaruczi ; la route de Bistritz à Sutschawa, en Bukowine, par le col de Borgo; la route de Cronstadt à Jassy, par le col d'Œjtæz ; la route de Cronstadt à Bukarest, par le défilé de Tœmes ; la route d'Hermanstadt à Rimnik et de là à Bukarest, par le défilé de la Tour-Rouge (Rothe Thurm Pass), grande route commerciale et militaire entre, la Transylvanie et la Valaquie ; la route de Temesvyar à Orsova, par le col de Teregova.
Les Karpathes sont couverts de forêts de pins jusqu’à 19 et 1,400 m.; au-dessus, le rocher est nu ou couvert d'herbes et de lichens. Dans les Alpes de Transylvanie, les parties élevées des montagnes sont revètues de
‘ L'ancienne Dacie, aujourd'hui la Transylvanie et la Moldo-Valaquie.
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‘Kremnitz, de Schemnitz et de Nagy-Ag sont
les plus considérables ; on exploite aussi dans ces montagnes le fer, le cuivre et le plomb. le sel gemme s’y rencontre en dépôts ti.sétendus sur les deux revers des Karpathes du Nord, à Wieliczka et à Bochnia, au Nord, et à Eperies, au Sud.
La chaîne des Karpathes parait avoir été le berceau de la race slave, au moins renfermet-elle encore aujourd’hui des peuplades primitives ayant . conservé les mœurs les plus
anciennes de la race et repoussant obstiné- :
ment toute idée étrangère. Ces peuplades sont les Gorales et les Hotsouls. Les premiers habitent les vallées des Karpathes de l'Ouest, entre le mont Wisoka et les sources du San; les seconds couvrent de leurs troupeaux les cimes des Karpathes du centre jusqu'aux sources de la Moldava.
IL. SYSTÈME BOUÉMIEN. — Ce système a la forme d'un losange et se compose de cinq parties : le massif du Fichtel-Gebirge, qui forme l'angle occidental du losange, les monts de Bohôme, au Sud-Ouest, les monts de Moravie, au Sud-Est, les monts des Géants. et de la Lusace, au Nord-Est, et l'Er7-Gebirge, au Nord-Ouest.
Le Fichtei-Gebirge (montagnes des pins) est un massif de montagnes situé à l'angle occidental de la Bohème, long de 50 kilométres sur 50 de large, et s'étendant entre les sources de la Pegnitz et de son affluent le Rothenbach, où il se joint au Jura franconien, et la source de la Saale, où il se joint à l'Erz- Gebirge. C'est au massif du Fichtel-Gebirge que se réunissent l’Erz-Gebirge, le Frankenwald, le Bœhmerwald et le Jura franconien, et que la Saale, l'Eger, la Naab et le Mein prennent leurs sources. Les sommets principaux sont le Schneeberg (1,088 m.) et l'Ochsenkopf (1,068 m.). Le Fichtel-Gebirge est en général granitique, couvert de forêts de pins et renferme des mines de fer et de cuivre.
Les escarpements de ce massif sont au Sud. — Le Fichtel-Gebirge est traversé par les routes d'Eger à Baireuth, d'Eger à Hof, de Hof à Baireuth et de Hof à Amberg.
Le Bæhmerwald (forèt de Bohôme) se détache du Fichtel-Gebirge aux sources de l'Eer, se dirige du N.-0. au S.-E., entre la Bohême et la Bavière, et se termine à la dépression où la Thaya, affluent de la March, et la Luschnitz, affluent de la Moldau, prennent leurs sources, et après laquelle commencent
AN
les monts de Moravie. La longueur du Bœhmerwald est de 300 kilom., sa largeur de 25kilom. au Nord-Ouest, et de 50 au Sud-Est. La partie la plus haute de la chaîne est au centre, entre le mont Arber et la source de la Moldau ; on ytrouve le mont Arber (1,475 m.) et le mont Rachel (1,390 m.). Le versant bohémien est doux et s’abaisst par des terrasses successives ; le versänt bavarois est au contraire très-escarpé. Les monts de Bohème, en général com-
. posés de granite ou de schistes argileux, sont
abrupts, coupés de gorges et de crevasses et couverts de marais ou de forèts épaisses. Les communications sont difficiles à travers cette chaise, qui n'est traversée que par les routes de Piisen à Baireuth, de Pilsen à Ratisbonne, de Budweiss à Linz et de Budweiss à Krems.
Les rivières qui descendent du Bœhmerwald sont : la Moldau, affluent de l’Elbe ; la Beraun, la Wottawa et la Luschnitz, affluents de la Moldau; la Regen, l’Ilz et ie Kamp, affluents du Danube ; la Thaya, affluent de la March.
Les contre-forts qui se détachent des monts de Bohème sur le versant bohémien, sont :
le Brdywald, entre l’Angel et la Wottawa; le Lissywald, qui se détache du Rachelberg et suit la rive gauche de la Moldau jusque vers Krumau. Sur le versant austro-bavarois, on remarque quatre principaux contre-forts :
le Baierwald ou Bayrischerwald, qui se détache aussi du Rachelberg et se dirige entre le Donube et la Regen ; le Karlsberge, au Nord de Linz; le Greinerwald, qui longe la rive droite du Kamp, et le Wild-Gebirge, qui longe la rive gauche du Kamp et finit par le Munhartsberg (montagne de Saint-Médard). Ces divers contre-forts, qui ne se terminent que sur le Danube, rendent la rive gauche de cefleuve très-peu praticable depuis Ratishonne jusqu’à Vienne, et rejettent forcément les armées sur la rive droite du fleuve.
Le Mœrisches-Gebirge (monts de Moravie) est une suite de hauts plateaux et de terrasses ondulées plutôt qu’une chaîne de montagnes ; il se dirige du S.-0. au N.-E., entre la Bohème et la Moravie, et est compris entre la source de la Thaya et de la Luschnitz, au Sud-Ouest, où il se joint au Bœhmerwald, et la source de la March, au Nord-Est, où il se joint au massif du Schneeberg. La longueur des monts de Moravie est de 200 kilom. En général leur hauteur est médiocre ; cependant on y trouve quelques sommets élevés : le Plæckenstein (1,356 m.), le Hohenstein (1,305 m.) et le Steinberg (1,064 m.). Les monts de Moravie s'abaissent sur la Bohème et sur la Moravie par des terrasses successives et peu
rapides ; is sont traversés par les routes de Prague à Vienne par Neuhaus; de Prague à Vienne per Iglau et Znaym; de Prague à Brünn, et de Prague à Olmütz.
Le Riesen-Gebirge (montagnes des Géants) est compris entre le mont Schneeberg de Moravie (Mærische Schneeberg), où il se joint aux Sudétes!, et l’Iser-Gebirge, aux sources de l'Iser et de la Queiss, où il change de nom et s'appelle montagnes de la Lusace. Les monts des Géants ont 195 kilom. de longueur, sur 60 à 75 kilom. de large ; ils se dirigent du S.-E. au N.-0.,entre laBohème et la Silésie. Ces montagnes forment d’abord un plateau, le plateau de Glatz, dont les versants s'appellent : à l'Ouest, Habelschwerdter-Gebirge et Heuscheuer-Gebirge, et à l'Est, Reichensteiner-Gebirge et Eulen-Gebirge (montagnes des hiboux). Après ce haut plateau, à bords escarpés et où l'on trouve, dans le Heuscheuer-Gebirge, le Hohe-Mense, haut de 1,050 m., on arrive au massif très-accidenté du Riesen-Gebirge proprement dit, partie centrale et la plus élevée de la chaine que nous étudions, et comprise entre les sources de l’Aupa et de l'Iser, On y remarque le Schneekoppe ou Riesenkoppe (1,650m.)et le Sturmhaube (1,475 m.). L'Elbe et le Bober descendent de ces’ montagnes.
Aprés le massif du Riesen-Gebirge, la chaîne se termine par l'Iser-Gebirge, dont le principal sommet, le Tafelfichte, a 1,098 m.; au delà sont les monts de la Lusace. Le versant abrupt de toutes ces montagnes est celui qui tombe sur la Silésie.
Les monts de la Lusace (Lausitzer-Gebirge), suite du Riesen-Gebirge, se dirigent également du S.-E. au N.-0., entre la Bohème et la Lusace ; leur longueur est de 90 kilom., sur 40 à 50 de large. Les monts de la Lusace, qui commencent à l’Iser-Gebirge, vont se terminer sur l'Elbe par des escarpements considérables, qui forment avec l'Erz-Gebirge le détilé de Schandau, par lequel l'Elbe sort de la Bohème. Les monts de la Lusace forment à leur extrémité occidentale la Suisse saxonne, massif trés-accidenté, déchiré et coupé partout de vallées, de gorges et de ravins profonds et escarpés.
En général, les monts de la Lusace sont médiocrement élevés; la partie la plus haute est le Jeschken-Gebirge, au Sud de Reichenberg ; au Sud-Ouest de Zittau, on trouve le Spitzberg ou Lausche (750 m.) et l'Oybin (516 m.) ; sur le versant Nord, au Sud-Ouest deGærlitz, le Lands-
* Quelques géographes allemands regardent le Riesen-Gebirse comme faisant partie de la chaine des Sudètes,
krone ne s'élève qu’à 423 m ; le Winterberg et le Lilienstein, dans la Suisse saxonne, ont: le premier 521 m., le second 383 mètres.
Les routes qui traversent le Riesen-Gebirge et les montagnes de la Lusace sont celles : de Glatz à Olmütz, de Glatz à Josephstadt, de Schweidnitz à Jung-Bunzlau (Breslau à Pra.
gue), de Hirschberg à Jung-Bunzlau et de Zittau à Jung-Bunzlau.
L'Erx Gebirge (montagnes des mines) commence daus le massif du Fichtel-Gebirge, à la source de l'Elster, se dirige du S.-0, au N.-E., entre la Bohème et la Saxe, et se termine sur la rive gauche de l'Elbe par les escarpements du Kænigstein et du Schneeberg, qui forment la paroi occidentale du défilé de Schandau. La longueur de l'Erz-Gebirge est de 140 kilom.; sa largeur, 50 kilom. La chaine principale forme le plus souvent de larges plateaux boisés ou marécageux, sur lesquels s'élèvent, de 100 à 300 mètres, quelques dômes porphyriques ou quelques dykes basal.
tiques, qui constituent les points culminants. Le versant méridional ou bohémien est trèsescarpé; en peu d'heures de marche, on parvient, du sommet de la chaîne, dans les plaines de la Bohême. Le versant septentrional ou saxon forme au contraire un grand plateau qui s'élève graduellement depuis Freiberg jusqu'à la crête ; les vallées y sont larges, peu accidentées et peu rapides. Les collines qui les séparent entre elles ont des pentes douces et arrondies ; elles s’abaissent de plus en plus vers le Nord et se confondent enfin avec le sol des plaines de Leipsick et de la Misnie. Les deux versants de l'Erz-Gebirge différent encore par la nature des roches qui les composent. Le versant bohémien est formé, comme l'axe de la chaîne, par le porphyre, le basalte, le granite et le gneiss; le versant suxon est exclusivement constitué par le gneiss. C’est sur le versant saxon que se trouvent les nombreux et riches filons d'argent, d’étain et de cobalt, qui ont valu à ces montagnes le nom de montagnes des mines, Le versant bohémien, dont le pied est baigné par l'Eger, est une région de sources minérales des plus importantes; c'est là que se trouvent les eaux renommées de Franzensbad, Carlsbad, Sedlitz, Pülna, Teplitz, etc. L'Erz-Gebirge porte les noms particuliers de Elster-Gebirge, à l'Ouest, au point où il se sépare du Fichtel- Gebirge, et de Elbsandstein-Gebirge (montagnes de grès de l'Elbe), à son extrémité orientale. Les sommets principaux sont : le Sonnenwirbel où Schwarzwald (1,257 m.) et le Fichtelberg saxon (1,132 m.), dans la
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partie dela chaine d'où descendent la Zwickau et la Zschopau. Sur le versant Nord les sommets n'ont en général que 3 à 400 m. ; un seul s'élève à 676 m. ; sur le versant Sud, quelques hauteurs atteignent 1,000 et 1,100 mètres. Les contre-forts sont nombreux sur le versant saxon; ce sont des collines boisées qui séparent entre elles les vallées de l'Elster, de la Muïde de Zwickau, de la Zschopau, de la Flœæhe, de la Mulde de Frei-
© berg et de la Weiseritz. La limite extrême de
ces collines, c'est-à-dire du versant saxon de l'Erz-Gebirge, est tracée par une ligne menée de Pirna à Greitz, par Freiberg, Chemnitz et Zwickau, à environ 35 à 40 kilom.
au Nord de la crête principale. Sur le versant bohémien, un seul contre-fort est à citer; c'est le Mittel-Gebirge, entre l'Eger et la Biela; il finit sur l’Elbe par de grands escarpements, et son principal sommet est le Donnersberg (811 mètres). Les routes qui traversent l'Erz-Gebirge sont nombreuses; les principales sont celles de Pirna à Teplitz (Dresde à Prague) par Peterswalde; de Pirna à Teplitz par Kulm; de Freiberg à Tepliz; de Chemnitz à Saatz (Leipsick à Prague); de £wickau à Elnbogen, et de Plauen à Elnboen.
; II. SYSTÈME DES MONTAGNES DE LA FRANCONIE ET DE LA SOUABE. Ces montagnes se composent de cinq parties : le Jura franconien, le Steigerwald, l'Odenwald, le Rauhe Alp et la Forèt- Noire.
Le Jura franconien (Franken Jura) est un plateau de 4 à 500 m. d'altitude, compris entre le Fichtel-Gebirge et le Rauhe Alp; il se dirige du N.-E. au S.-0., entre la Vils et la Naab, à l'Est; le Mein, au Nord; la Rednitz, la Rezat et la Wernitz, à l'Ouest, et le Danube, au Sud. La longueur du plateau est de 150 kilom. ; sa largeur est de 40 à 50 kilom. Les vallées du plateau de Franconie sont abruptes et profondes, et les bords du plateau sont sillonnés par des gorges et des ravins étroits et escarpés. La partie supérieure du plateau est couverte de bois et çà et là de prairies ou de champs cultivés. Le Jura franconien est traversé par la ligne de partage des eaux de l'Europe, qui n'y forme pas de crête saillante.
Le Steigerwald est l'extrémité Nord du Franken- Hæhe , suite de hauteurs qui se détache de la partieSud-Ouest du Jura franconien et commence dans la haute terre où prennent leurs sources la Wernitz, l'Aitmühl et le Jaxt, et finit sur le Mein, en se dirigeant du S. au N., entre la Rezat et l'Aisch, à l'Est, et la Tauber, à l'Ouest. La longueur de cette
chaine de collines est de 80 kilom. ; les vallées y sont larges et peu profondes.
L'Odenwald, massif montueux, äpre et boisé, est situé dans le Sud de la Hesse-Darmstadt, entre le Mein et le Necker; il a 60 kilom. de long sur 50 de large, et se rattache au Franken-Hœhe par une arëte entre Jaxt et Tauber. De nombreuses rivières arrosent l'Odenwald et le coupent de leurs vallées ; ce sont : la Weschnitz, la Modau, la Schwarzbach, affluents du Rhin; l’Itter. affluent du Necker; la Mudau, le Momling et la Gersprenz, affluents du Mein. Les sommets les plus élevés de l'Odenwald sont le Katzenbuckel (593 m.) et le Malchen ou Melibocus (543 métres). L'Odenwald se termine au Nord, sur le Mein, et à l'Ouest, sur la plaine du Rhin, par des escarpements considérables. On trouve des forêts dans tout le massif, mais aussi quelques prairies et quelques champs; il y a des vignes sur le versant occidental.
Le Rauhe Alp (Alpes âpres), appelé aussi le Rauhe Alb et les Alpes de Souabe, est un plateau de 150 kilom. de longueur, formé par le calcaire oolithique, qui traverse le. Wurtemberg et la principauté de Hohenzollern, en se dirigeant du N.-E. au S.-0., entre le Danube et le Necker; il se joint au Jura franconien, dans la haute terre où le Jaxt, le Kocher et la Wernitz prennent leur source, et va se réunir à la Forèt-Noire, à la source du Necker, au plateau de Brogen.
La partie supérieure du Rauhe Alp est formée par un plateau de 25 à 30 kilom. de large, et de 7 à 800 m. de hauteur, aride, plat, pierreux et couvert de bruyères. Le versant Nord est sillonné par des vallées étroites, encaissées ent:e des rochers à pic, ou par des ravins profonds, à berges rapides, qui en découpent et festonnent le contour. Le Rauhe Alp s’abaisse au contraire sur le Danube par une pente douce. Toute cette chaine est formée de calcaire et de grès, et en général le chêne est l'essence principale de ses forêts. Le Rauhe Alp est désigné par quelques noms particuliers; on l'appelle : Hærdtfeld ou Hærtfeld, entre Aalen, sur le Kocher, et Nordlingen, sur l’Eger ; c'est sur ce plateau qu'est Neresheim, où Moreau battit le prince Charles en 1796; — Aalbuch, entre Heidenheim, sur la Brens, et Geislingen, sur la Fils; — Hochstræss, le long du Danube, entre Ulm et Ehingen — Rauhe Alp, entre Ebingen et Hechingen ; — Hardt, entre Ehingen et Tuttlingen ; — Heuberg, entre Tuttlingen et Bahlingen. Les sommets principaux se trouvent dans la partie occidentale de la chaîne; ce sont: le.
Hohenberg (1,027 m.), le Plattenberg (1,008), le Deilingerberg (1,015). Les routes qui traversent ce pays si difficile sont celles de : Elwanger à Nordlingen; Elwangen à Ulm; Stuttgart à Ulm, par Gœppingen et la Fils, et une seconde par Urach ; Stuttgart à Ehingen, par Urach ; Tubingen à Riedlingen ; Tubingen à Sigmaringen ; Rottweil à Tuttlingen. — Le Rauhe Alp fait partie de la ligne de partage des eaux de l'Europe.
La Forét-Noire (Schwarzwald) est une grande chaine située parallèlement au Rhin, entre le Rhin, au Sud et à l'Ouest, et le Necker, à l'Est ét au Nord ; elle a 200 kilom. de longueur sur 60 de largeur au Sud et 40 seulement au Nord. On divise la Forêt-Noire en deux parties : la Forèt-Noire inférieure, au Nord, et la Forêt-Noire supérieure, au Sud; ces deux parties sont séparées par le plateau de Brogen, où le Danube et la Kinzig prennent leurs sources et où le Rauhe Alp vient se réunir à la Forêt- Noire. Presque toute la chaîne est composée de gneiss et de granite. Les sommets et les parties les plus élevées sont en général nus et arides; mais les flancs et les vallées sont couverts de prairies ou de belles forêts de pins et de sapins, qui donnent à ces montagnes l'aspect sombre ordinaire aux grandes masses d'arbres de cette espèce. On trouve dans la Forêt-Noire méridionale beaucoup de marécages impraticables (Missen) et de petits lacs, comme dans les Vosges ; on peut citer le lac de Schluch, au Nord de Saint-Blaise, le lac Titi, près de la source de la Wutach, le lac Nonnenmattenweiher, sur le Kohlgarten. De nombreuses rivières descendent du Schwarzwald; les plus importantes sont : l'Elsenz, la Pfinz, VAI, la, Murg, la Rench, la Kinzig, l’Elz et la Dreisam, à l'Ouest ; la Wiese, l’Alb et la Wutach, au Sud ; le Danube, le Necker, l’Enz et la Nagold, à l'Est. Le versant occidental est très-abrupt ; le versant oriental au contraire s’abaisse sur la vallée du Necker par des pentes beaucoup plus allongées. C'est dans la partie méridionale de la chaîne, entre les sources de l'Elz, de la Brege, de la Wutach, de l'Alb, de la Wiese et de la Dreisam, que se trouvent les sommets les plus élevés du Schwarzwald : le Feldberg (1,550 m.), le Blauenberg (1,166), le Belchenberg (1,450), le Kohlgarten (1,231), le Kandelberg (1,268) et le Kesselberg, à la source du Danube. Au Nord de la Kinzig, il y a encore le Katzenkopf (1.169 m.), le Kniebis (1,084), à la source de la Rench, et le Hornisgrinde (1,209), au Sud de Bade; mais à partir de la Murg et de l'AIb et jusqu'au Necker, la chaine est peu élevée ;
elle se relève cependant en s’approchant du Necker, et le Kænigstuhl, au Sud-Est de Heidelberg, a encore 575 m. Une partie seulement de la Forêt-Noire méridionale ou supérieure appartient à la ligne de partage des eaux de l'Europe; c'est celle qui est comprise entre le plateau de Brogen et le plateau de Hohlegraben, c'est-à-dire entre la source de la Brege et celle de la Brigach. Le haut contre-
fort qui se détache du plateau de Hohlegraben .
et va finir près de Furstenberg, au col de Lollhaus, en séparant les vallées de la Brege et de la Wutach, appartient aussi à la ligne de partage des eaux et rattache la Forèt-Noire à la grande chaîne des Alpes Algaviennes. — Les passages qui existent dansia Forèt-Noire sont importants au point de vue militaire, car ils conduisent du bassin du Rhin dans le bassin du Danube et constituent une des principales entrées de l'Allemagne méridionale. Ces passages ont souvent figuré dans l’histoire de nos guerres en Allemagne, pendant les campagnes de Condé, de Turenne, de Villars et de Moreau (1796), Malgré leur titre ambitieux de Thermopyles de l'ALlemagne, les défilés de la Forèt-Noire sont importants et susceptibles d’une bonne défense ; mais on peut les tourner, en passant le Rhin à Schaffhouse, comme Moreau en 1800, ou à Manheim et en remontant le Necker, comme Napoléon en 1805. Les principales routes qui traversent la Forêt-Noire sont celles : de Philipsbourg et de Gemersheim à Heilbronn; de Carlsruhe à Heilbronn; de Carlsruhe et de Rastadt à Stuttgart ; de Rastadt à Rottweil; de Strasbourg et Kehl à Tubingen et à Ulm, par le Kniebis ; de Kehl à Rottweil et à Villingen ; d'Emmendingen à Villingen ; de Brisach et de Fribourg à Donaueschingen ou àSchaffhouse, par le Hællenthal Pass (val d'Enfer); de Huningue et de Bâle à Fribourg. Les habitants de la Forêt-Noire forment une population à part; ce sont des montagnards à mœurs primitives, forestiers et charbonniers pour la plupart, ou occupés à l'élève du bétail, ou à la fabrication de pendules de bois, de chapeaux de paille, de boîtes à musique, d'orgues et aussi d’un kirsch renommé.
IV. SYSTÈME HERGYNIEN, — Ce systéme, entiérement composé de montagnes peu élevées ou de collines, a son origine au massif du Fichtel.Gebirge; il se compose d'abord du Frankenwald, puis il se divise en deux branches ! l’une, à l'Est, entre l'Elbe et le Wesor, dans la Thuringe, le Brunswick et le Ilanovre ; l'autre, à l'Ouest, entre le Weser et le Rhin, dans la Hesse et la Westphalie.
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La branche orientale, entre Elbe et Weser, comprend le Thuringerwald, les plateaux de Hainich et de l'Eichsfeld, le Harz et les montagnes du Weser. La branche occidentale, entre Weser et Rhin, comprend le Rhœn- Gebirge, le Vogels-Gebirge, le Rothaar-Gebirge, l’Egge-Gebirge, le Teutoburgerwald et cinq ‘grands contre-forts : le Spessart, le Taunus, le Westerwald, le Sieben-Gebirge et le Hardstrang.
Le Frankenwald (forêt de Franconie) est un massif de montagnes situé entre la Baviére et la Thuringe, se détachant du Fichtel-Gebirge, se dirigeant du S.-E au N.-0., entre la Saale et le Mein, et qui va se joindre an Thuringerwald, à la source de la Werra.
Le Frankenwald a 75 kilom. de longueur sur 60 de largeur. La Steinach, la Rodach et la Hasslach, affluents du Mein, et plusieurs petits affluents de la Saale, prennent leurs sources dans ce massif. Il est composé de montagnes allongées et aplaties, hautes moyennement de 5 à 600 m. et coupées de nombreuses vallées ; des forêts considérables ou de belles prairies couvrent toutes ces hauteurs. Le versant sud s’abaisse par de longs rameaux, Séparés les uns des autres par les profondes vallées de la Steinach, de la Rodach et de la Hasslach, et s'arrête brusquement sur les plaines de la Franconie. Le versant Nord forme un plateau qui ne s’abaisse que trèspeu et qui finit seulement sur la Saale, dont il encaisse fortement la rive gauche.
Les principaux sommets sont : le Blessherg (864 m.), près de la source de la Werra, le Burzelberg (812 m.), sur le versant Nord, le Dobraberg (799 m.), au centre, et le Kulrnberg (737 m.), au Sud de Lobenstein. Les routes qui traversent le Frankenwald sont celles de Baireuth à Hof, de Cronach à Schleiz, et de Cobourg à Saalfeld; ces trois routes ont été suivies par l’armée française, en1806, quand Napoléon se porta des rives du Mein à Géra, pour tourner l'armée prussienne et la détruire à Téna.
Le Thuringerwald (forèt de Thuringe) est une chaine de montagnes granitiques et porphyriques, qui se détache du Frankenwald, à la source de la Werra, se dirige du S.-E, au N.-0., et tinit sur la Werra, au Sud d'Eisenach, en séparant le bassin de la Saale de celui de la Werra. Sa longueur est de 85 kilomètres et sa largeur de 40 à 50. La crète de la chaine est étroite, très-boisée et surmontée de quelques sommets, dont les plus élevés sont le Beerberg (1,023 m.), le Schneekopl (1,019 m:) et le Dreiherrenstein (997 m.).
Les versants sont en général assez roides. Le Thuringerwald est couvert d'arbres verts ou de prairies ; il est traversé par les routes de Cobourg et de Hildburghausen à Weimar et à Erfurt; de Hildburghausen et de Meiningen à Gotha et à Eisenach.
Hainich et Eichsfeld. Le Thuringerwald est lié au massif du Harz par deux plateaux, le
* Hainich, entre Eisenach et Mülhausen, et
l'Eichsfeld, au Nord de Mülhausen. Ces deux plateaux, sur lesquels court le faite entre Flbe et Weser, sont incultes, très-accidentés et sillonnés par les nombreux affluents de l’Unstrut, de la Wipper et de la Leine; ils sont élevés et escarpés à l'Ouest, sur la Werra, où se trouve un sommet de 568 m., le Goburg, au Nord d’Eschwege. A l'Est, au contraire, les plateaux s’abaissent sur la Saale, par des pentes allongées et sillonnées par les profondes vallées de l’Unstrut, de la Wipper et de la Ilelme. La hauteur de ce versant est entre 450 et 500 mètres.
Le Harz (Harz-Gebirge, Harzwald 1), partie de l’ancienne Sylva Hercynia*, est un plateau de 100 kilom. de long sur 40 de large, s’élevant comme un îlot au-dessus de l’Eichsfeld, au Sud, et de la plaine du Hanovre, au Nord. 11 est situé dans le Hanovre, le duché de Bruns. wick et la Saxe prussienne. Le plateau du Ilarz, haut de 550 à 650 m., est dominé par quelques sommets élevés ; il est surtout coupé par des vallées profondes et escarpées, qui accidentent fortement sa surface. Il est couvert de forêts de sapins et de marais, et renferme de riches mines de fer, de plomb, d'argent et de zinc; une des plus importantes est la mine du Rammelsberg. Les richesses minérales du Harz sont dans les roches éruptives, amphiboliques . ou dioritiques, qui se trouvent au milieu des terrains de transition (grauwacke et schistes) dont se compose le plateau presque tout entier. De nombreuses rivières prennent leur source dans le Harz :
l'Holzemme, la Bode, la Selke et la Wipper, affluents de l’Elbe ; l’Ilse, l'Ocker, l'Innerste et l'Oder, affluents du Weser. Le centre du Harz est formé par le groupe granitique du mont Brocken (1,204 m.), à l'Ouest duquel est le haut Harz (Ober-Harx), et à l'Est, le bas Harz (Unter-Harzx). Les autres sommets sont le Bruchberg (980 in.), le Wormberg (935) et le Kahlenberg (709). Le Harz est un pays très-
* De l'ancien allemand Hart, hauteur boisée.
* La forèt Hercynienne couvrait autrefois la partie de la Germanie comprise entre le Rhin et la l’ohème,
curieux par le caractère de ses habitants, qui ont conservé religieusement les traditions et les vieilles légendes du pays, leurs costumes nationaux et les mœurs anciennes. Dans ce temps où tout se transforme, le Harz est une des rares contrées qui restent encore ce qu’eiles étaient autrefois et qui conservent leur originalité,
Le Weser-Gebirge (montagnes du Weser) :
est une chaine de hautes collines qui se détache du plateau de l’Eichsfeld et se dirige du S. au N., entre la Leine et le Weser. Elle porte d’abord le nom de Solling ou Sollingerwald, puis celui de Ihdt et s'appelle enfin Weser-Gebirge depuis le Süntelberg jusqu’au Jacobsberg, qui forme le pilier oriental de la Porte de Westphalie (Porta Westphalica ou Weserscharte), étroit défilé que traverse le Weser pour sortir de la région des montagnes et descendre dans la plaine de l'Allemagne du Nord. Les principaux sommets sont le Moosberg (506 m.), dans le Sollingerwald; le Süntelberg (422 m.), d'où se détache un petit contre-fort, le Deister, suite de collines, et le Jacobsberg (133 mètres).
Rhœn-Gebirge. Du massif du Frankenwald se détache une longue chaine de hauteurs qui sépare les bassins du Rhin et du Weser ; elle se compose d'abord d'un plateau uni, sans nom général, allant de l'O. à l’E., entre la Werra et le Mein, présentant au Sud-Ouest de Hildburghausen un sommet de 682 m., le Gleichberg, et s'appelant dès lors le Grabfeld jusqu'au Rhœn-Gebirge. Cette haute région est arrosée par plusieurs affluents du Mein supérieur, dont le plus important est la Saale. Du Crabfeld se détache un chaînon, le Hass Berge, dont la plus haute sommité a 520 m.; il se dirige du N. au S. et oblige le Mein à faire un de ses grands détours. Après le Grabfeld, et séparé de lui par la Saale et par son affluent la Sulz, commence le Rhœn-Gebirge, chaîne volcanique, haute et àpre, longue de 175 kilom., large de 20 à 25, et dirigée duS. an N., dans la Saxe ducale et la Hesse-Cassel, entre la Werra, à l'Est, et la Fulda, à l'Ouest La chaine s'appelle au Sud le Hohe-Rhan ; c'est là que se trouvent les hauts sommets du Kreutzberg (920 m.), la Wasserkuppe (936 m.),
le Dammersfeldkuppe (919 m.) et le Milseburg :
(1,068 m.). La partie septentrionale, le Vorder- Fhæœn, est moins élevée et moins escarpée.
Toute cette chaine formée de basalte ou de calcaire et d'argile, est déserte, stérile, couverte de volcans éteints, de rochers, de broussailles ou de grands espaces marécageux {moor); les communications y sont toujours
difticiles, et en hiver la neige les rend impraticables. Le Rhœn-Gebirge n'est boisé que dans ses parties les plus basses. La chaîne se prolonge au Nord, jusqu'au confluent de la Werra et de la Fulda, par un rameau dont le point culminant est le mont Meisner (710 métres).
Le Vogels-Gebirge (montagnes de l'oiseau) est situé dans la Ilesse-Darmstadt, se rattachant par des hauteurs sans nom au Rhœn.
Gebirge, à l'Est, et au Rothaar-Gebirge, au Nord-Ouest. Sa longueur est de 50 kilom., sur 20 à 50 de large. Le Vogels-Gebirge est un massif basaltique, âpre, boisé et coupé d'une multitude de vallées étroites, profondes et escarpées. À la partie centrale et la plus élevée du massif, il y a plusieurs sommets de 700 à 740 mètres, l'Ahorn, le Vogelsberg, le Hoherothskopf et le Taufstein ; c’est de cette partie centrale que descendent la Nidda, la Wetter, l'Ohm et la Schwalm.
Rothaar-Gebirge. Entre le Vogels-Gebirge, au Sud, et la Rhur, au Nord, les montagnes qui traversent la Hesse méridionale et la Westphalie n’ont pas de nom général ; elles s'appellent: Burgwald, entre l'Eder et Marburg, plateau de Winterberg, aux sources de la Rhur et de la Lenne, son affluent, et Rothaar-Gebirg, entre le plateau de Winterberg et l'Ederkopf, d'où sortent la Sieg, la Lahn et l’Eder. Les principaux sommets sont : le Hunau (877 m.), le Kahle-Asten (847 m.), le Hærdler (673 m.) et l'Ederkopf (633 m.). Le Rothaar-Gebirge est un massif accidenté et raviné ; il s'abaisse au Nord, sur la Rhur, par un platean semblable à l'Ardenne, qu’on appelle le Sauerland, et que la Lenne, affluent de la Rhur, coupe en deux parties presque égales. L'extrémité occidentale du Sauerland, entre la Lenne et l'Agger, s'appelle, d’après l'Ebbe, affluent de la Lenne, l'Ebbe-Gebirge; on y remarque le Nordhelle (663 m.). — La partie Nord-Ouest du Sauerland, comprise entre la Rhur et la Mæœhne, un de ses affluents, porte le nom de Arnsbergerwald; c'est un plateau boisé et coupé de vallons, et séparé du Hardstrang par la Mtehne et la Rhur. — Les montagnes de Waldeck se détachent du plateau de Winterberg, s'étendent entre la Diemel et l'Eder, et finissent sur la Fulda et le Weser, sous les noms de Habichtswald (forêt de l'épervier), montagnes de 550 m., au Sud-Ouest de Cassel, et de Reinhardswald (486 m.), au Nord de Cassel.
L'Egge-Gebirge et le Teutoburgerwald (Teutoburgiensis sallus) sont formés par une suite de hauteurs et de plateaux, longue de 10
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Le Spessart ou Spesshardi, massif montueux et boisé, d'une hauteur moyenne de 400 mètres, se détache du Rhœn-Gebirge, se dirige du N, au S., entre le Sinn et la Kinzig, et force le Mein à faire un grand détour, de Gemünden à Aschaffenbourg. Le Spessart a des formes douces et arrondies; cependant, du côté d'Aschaffenbourg, ilse termine sur le Mein par des escarpements qui forment le défilé de Destingen, où se livra, en 1743, une bataille entre les Français et les Anglais. Sur le Mein, le Spessart prend le nom d'Engelsberg.
Ses principaux sommets sont le Geyersberg(624 mètres) et le Hohe-Wart (600). Les forèts qui couvrent presque toute là masse du Spessart sont généralement composées de hètres.
Le Taunus (Die Hæhe) est une chaine boisée et pittoresque située dans le duché de Nassau, entre le Mein, le Rhin et la Lahn. Il se détache du Vogels-Gebirge, a 110 kilom. de long sur 50 à 35 de large, et se dirige de l'E. à l'O. À son extrémité occidentale, le Taunus porte le non: de Rheingau-Gebirge et finit sur le Rhin par des escarpements à pic opposés à ceux du Hundsrück. C'est dans sa partie orientale que la chaine du Taunus atteint sa plus grande élévation; on y trouve le Feldberg (868 m.), situé à l'Ouest de Hombourg et remarquable par la belle vue que l'on découvre de son sommet, Le Taunus descend à l'Est, sur la Wettéravie, par des pentes très-cscarpées.
Le Westerwald est une chaine boisée
GÉOUR, GÉNÉRALE,
qui se détache du Rothaar-Gebirge; elle est d'abord formée par le Kalte-Fiche, plateau de 650 m. de hauteur moyenne, et où l'on trouve le Salzburgerkopf, montagne de 868 m.
Le Westerwald se dirige de l'E. à l'O., entre la Lan et la Sieg, et finit sur le Rhin, en face de Coblentz, sur les hauteurs d'Éhrenbreitstein. Un de ses rameaux contourne la Wied et se termine sur le Rhin, entre Remagen et Bonn, sous le nom de Sieben-Gebirge (les sept montagnes); ces mamelons basaltiques et porphyriques sont : l'Œlberg (189 m.), la Læwenburg (471), le Lohrberg (452), le Nonnenstromberg (345), le l'etersberg (342), le Drachenfels (334) et la Wolkenburg (330).
Le Hardstrangou Haarstrang, chaine assez élevée, commence dans l’Egge-Gebirge, entre Lippstadt et Brilon, va droit d: l'E. à l'O., entre la Mœhne et la Rubr, au Sud, et la Lippe, au Nord, et finit à peu de distance de la rive droite du Rhin. Le Hardstrang s'appelle Ielliveg dans sa partie occidentale.
V. APEs ALLEMANUES. — Les Alpes Allemandes forment un massif composé de plu- ‘ sieurs chaines parallèles et circonscrit par le Rhin, entre le Saint-Gothard et le lac de Constance, par une ligne droite allant du lac de Constance à Vienne, et par le Danube, entre Waitzen et le confluent de la Drave. Ce massif couvre la Bavière méridionale et dix provinces autrichiennes : le Tyrol, Salzbourg, l'archiduché, la Stvrie, la Carinthie, la Carniole, l'Istrie, la Vénétie, la Croatie et la Hongrie occidentale. Il comprend les Alpes Rhétiques, Carniques, Juliennes et leurs nombreux contre-forts, et se joint par les plateaux de la Carniole aux Alpes Dinariques et au système des montagnes de la péninsule Gréco-Slave, La largeur du massif, à l'Ouest, entre Kufstein et Feltre, est de 200 kilo. ; à l'Est, entreLinz et Fiume, de 300. Sa longuéur est de 500 kilom., entre le Rhin et le Danube. Les Alpes Allemandes se composent, à l'Ouest, de deux chaines parallèles :
Les Alpes Rhétiques, Les Alpes Bavaroises,
Et, à l'Est., de cinq chaines, savoir :
Les Alpes Curniques, Jutiennes et le plateau de la Carniole,
Le Karawanka-Gcbirge,
Les Iohe Tauern ct les Alpes de Styrie,
Les Alpes Noriques depuis la source de la Mur,
Les Alpes de Salzbourg, les montagnes de la laute Autriche et les montagnes des Chumois.
Les grandes communications €. ablies à tra-
A18 GÉOGRAPIILE
vers les Alpes Allemandes sont : la grande roule de Venise à Inspruck, par Pieve di Cadore, Toblach, Brunecken, le Brenner, Inspruck et de là sur Munich ; — la grande route de Venise à Villach, par Ponteba et Tarvis, et de Villach à Salzbourg et Linz, par le col de Katsch, dans les Alpes de Styrie, et Radstadt; et de Villach à Vienne, par Klagenfurt, Bruck et le Semering ; — la grande route de Trieste à Vienne, par Adelsberg, Laybach, Cilly, Marburg, Bruck et le Semering; — le chemin de fer de Trieste à Vienne, passant par les mêmes points que la route précédente.
IL existe aussi un assez grand nombre de routes secondaires traversant quelques parties du massif, et non plus le massif tout entier ; nous citerons celles de : Goritg à Tarvis, par le col de Predil ; de Laybach à Klagenfurt, par le col de Loibl ; de Saint-Michael (près Leohen) à Ischl; dé Leoben à Stever, et de Bruck à Saint-Pœlten.
Les communications transversales qui existent dans les Alpes Allemandes sont facilitées par les grandes vallées qui se trouvent entreles chaines parallèles constituant le massif; ces communications sont établies dans les vallées de la Save, de la Drave et de la Mur, et pr une ligne formée des vallées de l'I, de l'Inn, de la Salza et de l'Enns, par lesquelles passe la route de Feldkirch à Inspruck, Salzbourg, Ischl et Rottenmann sur l'Enns.
4° Tes Alpes Rhétiques ou Alpes du Tyrol {(Rhætische Alpen ou Tyroler Alpen) sont comprises entre le mont Septimer et le pic des Trois-Seigneurs (Dreiherrn Spitz) ; elles traversent le canton des Grisons et le Tyrol.
On a déjà décrit, p. 357, la partie de ces montagnes situées dans le canton des Grisons; depuis le Vernung Spitz, les Alpes Rhétiques sont dans le Tyrol ; elles séparent les bassins de l'Inn et de l'Adda, et constituent une chaine de 2 à 3,000 m. dé hauteur moyenne, formée de montagnes escarpées, rocheuses, boisées dans les parties inférieures, puis couvertes de pâturages alpestres et enfin de lichens ; tous les sommets forment de vastes glaciers (Ferner), dont les principaux sont l'Oetzthal (3,765 m.) et le Dreiherrn Spitz (5,150). Le col principal est celui de Brenner (1,420 m.), par lequel passe la route d'înspruck à Brixen. Les contre-forts des Alpes Rhétiques sont : les Alpes Algaviennes, les Alpes de Salzbourg, les Alpes Noriques, sur leur versant Nord; !a chaine de l'Ortler et les Alpes du Trentin, sur leur versant méridional.
Les Alpes Algavienres (Aigauer Alpen), ap-
pelées aussi Alpes du Vorarlberg et Alpes d'Ajlgau, commencent au mont Septimer, traversent le canton des Grisons, la partie occidentale du Tyrol appelée le Vorarlberg, et l’Allgau on vallée supérieure de l'Iller appartenant à la Bavière; elles se rattachent à la Forûêt-Xoire par une suite de collines sablonneuses et peu élevées, appelées les hauteurs de Constance et qui font partie de la ligne de faîte de l'Europe. Ces ondulations qui commencent au Nord d'Immenstadt, vers les sources de l'Argen, traversent le plateau de la Haute Souabe (Ober- Schwaben), qui est entre le lac de Constance st le Rhin, au Sud, et le Haut Danube, au Nord, et qui est formé par les sables, les grès et les graviers de la Molasse. Les Alpes Algaviennes ont élé décrites, p. 357, pour leur partie située dans le canton des Grisons, entre le mont Septimer et le mont Selvretta ; aprés le Selvretta, les Alpes Algaviennes continuent à se diriger au Nord, entre les vallées de l'IN, de la Bregenzer-Ach et de l'Argen, afMuents du Rhin, et celles du Lech et de lIller, affluents du Danube. Leur hauteur moyenne est de 13 à 1,400 mètres ; les sommets principaux sont le Wolfinger Spitz, le Hornberg et l’Arlberg (8,954 m.), dont les gorges étroites et élevées sont traversées par la route de Feldkirch à Inspruck.
Les Alpes Algaviennes jettent plusieurs contre-forts à l'Ouest, entre les vallées de l'INI, de l'Alfenz, du Lütz, de la Bregenzer-Ach et de l'Argen; à l'Est, le principal contre-fort est la chaine des 4/pes Bavaroïses (Baiersche Alpen), qui se détache du Wolfinger Spitz, se dirige du S.-0. au N.-E., entre l’Inn, au Sud, le Lech et l’Isar, au Nord, et va finir sur l’Inn, à Kufstein. Les Alpes Bavaroises ont 160 kilom. de longueur, sont abruptes et élevées, et contiennent dans les hautes vallées un grand nombre de petits lacs. Le principal passage de cette chaine est au délilé de Scharnitz, dans la haute vallée de l'Isar, sur la route de Munich et d'Ulm à Inspruck; c'est une des clefs du Tyrol. Le sommet le plus élevé est le Gross- Solstein (2,959 m.), au Nord d'Inspruck. Le versant méridional des Alpes Bavaroises tombe sur l’Inn par des pentes courtes et escarpées ; le revers septentrional se développe au contraire en une large terrasse, accidentée par de nombreux contre-forts, qui séparent entre elles les vallées de l'Iller, de la Wertach, du Lech, de l'Ammer, de l'isar et de leurs nombreux affluents. On remarque au pied de ces montagnes, et à la naissance de la haute plaine de Bavière, une suite de lacs, dont les principaux sont les lacs Ammer, Würin et Kochel,
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ALLEMAGNE
Les Alpes de Salzbourg forment un massif de 90 kilom. de longueur, qui se détache du pic des Trois-Seigneurs et est compris entre la Salza, au Sud et à l'Est, et l’Inn, à l'Ouest. Il se compose d'un grand chainon, allant de l'O.
a l'E., et longeant la rive gauche de la Salza supérieure, et de plusieurs ramea . qui s'en détachent et séparent les vallées de l'Achen, de la Traun et de la Saale; le plus oriental de ces rameaux s'appelle Haagen-Gebirge. Au pied de ces montagnes, comme au pied des Alpes Bavaroises, se trouve une rangée de lacs, dont le plus grand est le lac Chiem. Les Alpes de Salzbourg sont traversées par la grande route de Salzbourg à Inspruck.
Les Alpes Noriques se détachent des Alpes Rhètiques au pic des Trois-Seigneurs, se dirigent du S.-0. an N.-E. et finissent sur le Danube, près de Vienne. Cette chaîne a 340 kilomètres de longueur et traverse l’archiduché d'Autriche, le duché de Salzbourg et la Styrie ; elle sépare les vallées de la Salza et de l'Enns de celles de la Drave et de la Mur. Les Alpes Noriques portent les noms particuliers de Hohe Tauern (hautes tours), de Radstadter Tauern (tours de Radstadt) et de Tauern Ketle, à l'Ouest et au centre ; elles finissent sous lenom de Wienerwald. La chaîne des Tauern forme une haute muraille composée de rochers inaccessibles et couverte de glaciers ; sa hauteur moyenne est de 2,100 m., et le sommet principal est le Gross-Glockner (la grosse cloche), qui atteint 3,949 m. La chaîne tombe à pic, au Nord, sur la Salza et l'Enns, et a des pentes moins escarpées, au Sud, sur la Drave et la Mur. La chaîne des Tauern est traversée par la grande roue de Gratz à Steyer. Depuis le Gross-Glockner, la hauteur moyenne des Alpes Noriques n'est plus que de 1,460 m. Le Wienerwald est beaucoup moins élevé; ce sont des montagnes boisées, dont les sommets ont de 4 à 500 m. (le Rermanskobel a 530 m., et le Leopoldsberg, 411). Le Wienerwald finit au Nord-Ouest de Vienne, sous le nom de Kahlenberg. Ces montagnes escarpées s’appelaient autreïois le Schweinsberg.
Les Alpes Noriques ont pour contre-forts, sur le versant Nord, les montagnes de la Haute Autriche et le Gams-Gebirge, et sur le versant Sud, les Alpes de Styrie et le Semering.
Les montagnes de la Haute Autriche, longues de 140 kilom., se détachent des Alpes Noriqus, à la source de l’'Enns ; elles se dirigent de l'O, à l’'E., comme les Alpes Bavaroises et Salzbourgeoises, et jettent de nombreux rameaux au Nord, entre les vallées de la Salza, de l'Inn, de l'Ager, de la Traun, de l'Alm, du
Steyer‘et de l'Enns. Les montagnes de la Haute Autriche longent la rive gauche de l’Enns et portent les noms particuliers de Alpes du Salxkammergut, à l'Ouest, et de Alpes d'Admont, à l'Est; ces dernières ont 2,275 m. Le plus occidental des rameaux des montagnes de la Haute Autriche, entre Salza, Inn et Traun, porte les noins de Tænnen-Gebirge, au Sud, et de Hausruckwald, au Nord ; ce sont des montagnes boisées. Il existe aussi au pied des mon. tagnes de la Haute Autriche une rangée de lacs, dont les plus grands sont le lac Atter et le lac Traun.
Le Gams-Gebirge (montagnes des chamois), ou Mariazell-Gebirge, commence au Schnee- Alp, où la Salza, affluent de l'Enns, prend sa source, et se dirige de l'E. à l'O. sur la rive droite de la Salza (affluent de l’Inn). Ses nombreux contre-forts couvrent la Basse Autriche, en séparant les vallées de l’Enns, de l’'Ips, du Bilach et de la Trasen, et finissent sur le Danube. Le Gams-Gebirge est traversé par la route de Gratz à Saint-Pœlten par Mariazell.
Les Alpes de Styrie (Steiersche Alpen) <e détachent des Hohe Tauern, au mont Elend, et se dirigent de l'O. à l'E, entre la Mur et la Drave, en couvrant la Stvrie méridionale et la Carinthie de leur masse. Ce sont de hautes montagnes, de 1,800 à 2,200 m., sauvages et difficiles. La longueur de cette chaîne est de 140 kilom. Elle est traversée par la route de Villach à Salzbourg, qui passe par le col de Katsch (1,592 m.), et par la route de Klagenfurt à Bruck, qui traverse les gorges de Neumarkt.
Le Semering, dernier contre-fort des Alpes
” Noriques, se dirige du N.-0. au S.—E. jusqu'au
Pfaffberg, où cette chaine se bifurque. L'une
‘des deux branches se prolonge entre la Leytha
et le lac de Neusiedl, pour finir au Nord de ce lac, en face du Petit-Karpathe. La seconde branche décrit une courbe, sépare le Raab de la Mur, puis passe entre le Raab et le lac Balaton, sous le nom de Bahonyeriwvald (650 m.), se prolonge au Nord jusqu'au coude du Danube, à Waitzen, sous le nom de montagnes Vertes, et se termine sur le Danuhe, en face des monts Matra. Une route importante traverse le Semering : c'est la grande route militaire d'Autriche en Italie, c'est-à-dire la route de Vienne à Vérone et à Mantoue ; elle traverse le col du Semering (990 m.) et passe à Leohen, où s’arrèta l’armée française dans sa marche sur Vienne, en 1797.
Le principal contre-fort du versant méridional des Alpes Mhétiques est la chane de l'Ortler.
420 GÉOGRAPIIE GÉNÉRALE.
La chaîne de l'Oriler ou de l'Ortles com- ‘mence à la source de l’Etsch, se dirige du N. au S., entre l’Adda et l’Oglio, à l'Ouest, et la Chiese, à l'Est, c'est-à-dire entre le Tyrol italien occidental et la Lombardie. Ses sommets principaux sont l'Ortler Spitz (3,828 m.), la cime des Trois-Seigneurs, le Tonal (5,545 mn )et le mont Adamello. Elle a un contre-fort cousidérable, les Alpes de la Valteline, qui se détache de la chaine principale, à la cime des Trois-Seigneurs. La chaîne de l'Ortler est traversée par une roule très-importante, ouverte en 1825, qui part de l'radt, sur l'Etsch , et aboutit à Bormio, sur l'Adda, en traversant le col du Stelvio, ou Stilfser Joch (2,814 m.).
Cette belle route mäitaire servait aux Autrichiens pour aller d’Inspruck à Milan par a Valteline ; actuellement l'Autriche n’en E et sède plus que la moitié. La CN te est traversée par un chemif qui va 'È dans le val Camonica, à Male, sur la Nos, et de là à Botzen. En 1800, Macdonald ne put parvenir à traverser les escarpements et lés glaciers de ces hautes montagnes.
2 Les Alpes Carniques (Karnische Alpen), dont quelques sommets atteignent 5,000 et 3,500 m., sont comprises entre le Dreiherrn Spitz et le col de Predil; elles se dirigent du N.ausS., entre la Drave et l’Adige, puis de l'O. à l'E., entre le Gail, la Piave et le Tagliamento. Les Alpes Carniques séparent la Carinthie de la Vénétie, et ont 140 kilomètres de longueur. Les passages principaux qui existent dans cette chaine sont : le col de Toblach (1,266 m.), dans le Pusterthal, entre Brunecken, sur la lienz, et Innichen, sur la Drave, traversé par la route de Villach à Inspruck et à Bolzano ; — le col de Predil (1,200 m.), sur la route de Villach à Trieste, par Tarvis ; — le col de Ponteba, sur la route de Villach à Venise, par Tarvis. Ces cols ont été traversés par l’armée française en 1797, 1805 et 1809, et ont été le théâtre de plusieurs combats.
Les principaux contre-forts des Alpes Carniques sont en ltalie; ils portent les noms d’Alpes du Trentin et d'Alpes Cadoriques.
Les Alpes du Trentin commencent ou Mont- Bello, au Sud de Toblach, et se dirigent entre l'Adige, à l'Ouest, et la Piave, à l'Est, en formant la paroi orientale du Tyrol italien ou Trentin, qu’elles séparent de la Vénétie. Ces montagnes, hautes de 2,000 à 2,500 m., finissent au Sud-Ouest de Padoue par deux groupes isolés et basaltiques, appelés les inonts Berici et les monts Euganéens (580 m.). Un chemin
et deux routes traversent les Alpes du Tren-"
tin ; le chemin est celui d'Innichen à Pieve di
Cadore ; les routes sont celles de Brunecken à Bellune, et de Trente à Bassano, par le val Su. gana et l'rimolano. Cette dernière a été suivie par le général Bonaparte, en 1796.
Les Alpes Cadoriques ou du Frioul se dé:a.
chent des Alpes Carniques au mont Croce, à la source de la Piave; elles se dirigent du N. au S., entre la Piave et le Tagliamento.
5° Les Alpes Juliennes (Julische Alpeu) sont comprises entre le col de Predil et Idria, où elles se terminent dans les plateaux de la Carniole. Elles ont 60 kilom. de long et se dirigent du N.-0. au S.—E., entre la Save, d'un côté, le Tagliamento et l'Isonzo de l'autre, tombant à pic sur ces deux dernières rivières, et séparant la Carniole septentrionale du Frioul !. Le principal sommet des Alpes Juliennes est le Terglou (2,987 mètres).
Un grand contre-fort, long de 450 kilom., se détache des Alpes Juliennes, à l'Est mème du col de Predil, et se dirige, entre Drave et Save, dans la Carinthie, la Styrie, la Croatie et l’Esclavonie, et va finir dans les plaines de la Syrie. Ces montagnes boisées et hautes de 800 à 1,000 m. portent les noms de Karawanka-Gebirge, Kotschna-Gebirge, Bacher-Gebirge, Mat. +el-Gebirge, Bilo-Gebirge. Le Karawanka-6ebirge est traversé par la route de Laybach à Klagenfurt, qui passe par le col de Loibl (1,564 mètres).
4 Plateau de la Carniole et de la Croatie (Krainer Kalkplateau). Ce plateau commence entre l’Isonzo et Haria, son affluent, et se dirige du N.-0. au S.-E., entre le bassin de la Save et le versant de l’Adriatique, séparant la Carnioie du comté de Gorice et de l'Istrie, Le plateau de Ja Carniole se joint aux Alpes Dinariques et à la haute terre qui forme la péninsule Gréco-Slave; sa longueur n’est que de 80 kilomètres et sa largeur varie de 100 à 120.
Ces plateaux calcaires sont disposés en terrasses successives et parallèles, abruptes du côlé de l’Adriatique et allongées du côté de la Save. La première terrasse que l'on rencontre, à l'Est du golfe de Trieste, allant au Nord de l’Istrie jusqu'au golfe de Quarnero, s'appelle le Karst (il Carso en italien, Gabrek en slave); c'est un plaleau très-accidenté, entièrement désert, aride, pierreux et nu, formé de roches calcaires et blanches, et parsemé de trous ou entonnoirs (Loline, Foiba, Taubenlæcher), dans lesquels se perdent les quelques ruisseaux qui coulent dans cette
‘ Le Frioul et les Alpes Juliennes tirent leur nom de Forum Julii, ville romaine, appelée aujourd'hui Cividale.
steppe. On de grottes et lébres sont cé gian. Le Kai Trieste ; sur dins success Nord et l'Es Les terras e le Karst mil au
Fiume et Lai dernière part de la Carniol Schneeberg, Croatie, où 1 golfe de Qu Bittoray, qui Les princi| teaux sont :
Adelsberg, ct Adelsberg, e lée la route nant est à 9 Le Tarno et la Piukapar une s::
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a Croatie ommence , et se disin de la parant la Istrie. Le pes Dinala pénint que de 00 à 190.
posés en abruptes s du côté que l'on te, allant Duarnero, , Gabrelk ccidenté, et nu, 5, et par- , Foiba, rdent les ns celte
leur nom jourd'hui
steppe. On y trouve aussi un grand nombre de grottes et de cavernes, dont les plus cé- Jébres sont celles d’Adelsberg et de Sain!-Canzian. Le Karst tombe ‘à pic sur le golfe de Trieste ; sur l'Istrie, il s’abaisse par des gradins successifs qui accidentent fortement le Nord et l'Est de la presqu'île d'Istrie.
Les terrasses supérieures, aussi désertes que le Karst, portent les noms de Tarnowanerwald, au Nord-Ouest, entre Goritz et Idria ; — de Birnbaumerwald, au centre, là où passe la grande route de Trieste à Laybach! , — et de Piuka-Planina, au Sud-Est, entre Fiume et Laas. Le sommet principal de cette dernière partie est le Schneeberg, sur la limite de la Carniole et de la Croatie. Après le mont Schneeberg, le plateau calcaire traverse la Croatie, où l'on trouve, entre la Kulpa et le golfe de Quarnero, les monts Tissovacz et Bittoray, qui tombent à pic sur la mer.
Les principales routes qui traversent ces plateaux sont : la route de Trieste à Laybach, par Adelsberg, celle de Fiume à Laybach, aussi par Adelsberg, et celle de Fiume à Karlstadt, appelée la route Ludovica, et dont le point culminant est à 975 mètres.
Le Tarnowanerwald, le Birnbaumerwald et la Piuka-Planina s’abaissent sur la Save par une scrie de gradins traversés par la Laybach, le Gurk et la Kulpa. Entre le Gurk et la Kulpa, la dernière terrasse porte le nom de Hornwald et est dominée par le Pischtsenik, d'où se détache un chainon, les montagnes des Uskoques, qui forme une partie de la limite entre la Carniole et la Croatic.
5° Les Alpes Dinariques, qui séparent la Dalmatie de la Turquie, forment une partie du talus du plateau de la péninsule Gréco- Slave. Elles sont traversées par la route de Leng à Karlstadt et Agram.
$ 4. Hydrographie *. — L'Europe centrale est divisée par la ligne de partage des eaux de l'Europe en deux versants, l’un septentrional, l'autre méridional.
La ligne de partage des eaux se compose, en Allemagne, de 10 sections, qui sont :
Les monts Beskides ou Karpathes de l'Ouest, Les monts Sudètes,
Les monts de Moravie,
Les monts de Bohème (Bœhmerwald),
Le Fichtel-Gebirge,
Le Jura franconien,
! On yremarquele Nanos, sommet de 1,270 mètres. * Les sources sont : les ouvrages du prince Char les, di Mathieu Dumas, du général Pelet, de Rudtorfer, le Journal des Sciences milit. (2° série, vit, xx, xxu, xx, xx) ct le Mémorial du Dépôt de lu guerre.
Les Alpes de Sonabe (Rauhe Alp),
la Forèt-Noire méridionale,
Les hauteurs de Constance,
La partie nord des Alpes Algaviennes.
Le versant septentrional comprend 11 bassins; savoir :
Le bassin duRhin.. ..
Le bassin de l'Ems. . .
Le bassin du Weser. . .
Le bassin de l’Elbe. . .
Le bassin de l'Eider. . .
Le bassin de la Trave. .
Le bassin de l’Oder. . .
Une partie du bassin de
tributaires de la mer du Nord.
tributaires de la mer
Le bassin de la l'assarge, Baltique.
Le bassin du Prégel, . .
Une partie du bassin du Niémen.
Le versant méridional comprend la plus grande partie du bassin du Danube, une petite partie du bassin du Dniester, tributaires de la mer Noire, — et les bassins de l'Adige, du Bacchiglione, de la Brenta, de la Piave, de la Livenza, du Tagliamento et de l'Isonzo, tributaires de l’Adriatique.
1. Bassin pu Run. — L'ensemble de ce bassin a été décrit page 157, à la région gauloise, ct les détails sur les sources et sur les embouchures se trouvent, pages 347 et 359, dans les chapitres consacrés à la Suisse et à la Hollande. Nous donnerons ici le résumé général du cours du fleuve et la description détaillée de ses affluents de rive droite.
Le Rhin (Rhein) sépare le Tyrol de la Suisse et forme le lac de Constance, dont le littoral a lemand ou septentrional appartient au Tyrol, par Bregenz, à la Bavière, par Lindau, au Waurtembersg, par Friedrichshafen, et au duché de Bade, par Meersburg, Uberlingen, Ludwigshafen , Constance et Radolfzell. La rive méridionale du lac appartient à la Suisse.
À sa sortie du lac de Constance, le Rhin coule à l'Ouest et sépare le duché de Bade de la Suisse jusqu'à Bâle; ensuite il coule au Nord et sépare le duché de Bade et la France jusqu'à lauterbourg, puis le duché de Bade et la Bavière rhénane. Dans cette parti: de son cours il arrose les villes badoises de Waldshut, Seckingen, Vieux-Brisach, Kehl, Philipsbourg et Manhein, et les villes bavaroises de Gemersheim, Spire et Frankenthal. Au delà de Manheim et de Frankenthal, le Rhin traverse la Hesse-Darmstait, où il passe à Worms, Oppenheim, Mayence et Cassel. 11 sépare ensuite la Hesse-Darmstadt du duché de Nassau, en arrosant Ellfeld et Rüdesheim, dans
le Nassau, et Bingen, dans la Îlesse ; puis il sépare le Nassau de la Prusse rhénane, en arrosant Kaub et Camp dans le Nassau, Bacharach, Saint-Goar et Boppard dans la Prusse. Au delà il traverse la Prusse rhénane, où il passe à Coblentz, Neuwied, Andernach, Bonn, Cologne et Deutz, Mühlheim, Düsseldorf, Urdingen, Duisbourg, Ruhrort, Wesel, Rees et Emmerich. Enfin, il entre en Hollande.
Le Rhin coule sur un plateau depuis le lac de Constance jusqu'à Bâle, et sa rive droite est dominée par les extrémités de la Forèt- Noire. Au delà de Bâle, il coule dans une plaine large et fertile, jusqu'à Bingen; de Bingen à Bonn, il traverse un défilé étroit et profond, formé par les escarpements du Taunus, du Westerwald et du Sieben-Gebirge, à droite, et par les escarpements du Sonnenwald, du Hundsrück et de l'Eifel, à gauche.
Ce long défilé est interrompu pendant quelques kilomètres, entre Coblentz et Andernach, par une petite plaine, et depuis Andernach jusqu'à Bonn, ilest moins étroit et moins abrupt. Au delà d’Andernach, le Rhin arrose les basses plaines de l'Allemagne du Nord.
Le Rhin est une des grandes artères commerciales de l'Allemagne; c'est la principale roule que suit le commerce très-important qui se fait entre la Hollandeet les pays arrosés par leRhinet ses grands affluents (Voy. page 552).
La ceinture du bassin du Rhin, à droite, est formée par les Alpes Algaviennes, les hauteurs de Constance, la Forèt-Noire méridionale, les Alpes de Souabe, le Jura Franconien, le Fichtel-Gebirge, le Frankenwald, le Rhœn-Gebirge, le Vogels-Gebirge, le Rothaar-Gebirge, l'Egge-Gebirge et le Teutoburgerwald.
Les affluents du Rhin allemand sont, sur la rive droite : l'A, dans le Tyrol; l'Argen, la Schussen, dans le Wurtemberg; la Stockach, l'Ach, la Wutach, V'Alb, la Wiese, V'Elx, la Kinxig, la Rench, la Murg, la Pfins et le Necker, dans le duché de Bade; la Wesehnitzx, dans la Hesse-Darmstadt; la Lahn, dans le Nassau; la Wied, la Sieg, la Wupper, la Ruhr et la Lippe, dans la Prusse rhénane; — sur la rive gauche : la Nahe, la Moselle, l'Ahr et l'Erft, dans la Prusse rhénane (Voy. page 159).
L'IlL arrose la pertie du Tyrol appelée le Vorarlberg ; il passe à Bludenz et à Feldkirch, place forte qui est ane des clefs du Tyrol. Sa vallée supérieure porte le nom de Montafonerthal.
Le duché de Bade est arrosé par un grand nombre de petits cours d’eau qui descendent @e la Forèt-Nuire ; nous ne reparlerons ici que
: des principaux, savoir : l'Elx, qui passe à Emmendingen et reçoit la Dreisam ou Treisam, qui arrose Fribourg ; — la Kinzig, sur laquelle sont situées les villes de Hasslach, Offenburg et Kehl: — la Murg , qui passe à Rastadt, et la Pfinx à Bruchsal.
Le Necker ou Neckar prend sa source dans la Forèt-Noire, près de Villingen ; il traverse d'abord le Wurtemberg et coule au Nord, dans une vallée étroite et profonde, en passant à Rottweil, Rottenburg, Tübingen, Esslingen, Cannstadt, près de Stuttgart et de Ludwigsbourg, enfin à Heilbronn, Au delà, il entre dans le grandduché de Bade, à Wimpfen, tourne au Nord- Ouest, passe à Eberbach, Neckargemünd, Ladenbourg et Heidelberg, et se jette dans le Rhin, à Manheim, après un cours de 260 kilom. Les affluents du Necker sont : à droite: la Fils, qui passe à Gæppingen, le Kocher à Hall, et le
: Jaxt à Elwangen; —à gauche : l'Enx, qui passe à Pforzheim et reçoit la Nagold, qui arrose Calw, etl'Elsenx, qui passe à Sinzheim. Les affluents de gauche descendent de la Forèt-Noire; ceux de droite descendent du Rauhe Alp et coulent dans des vallées profondes.
Le Mein (en allemand Main ou Mayn) est formé par la réunion de deux riviéres : le Mein Blanc (Weisse Main) qui descend du Fichtel-Gebirge.et passe à Culmbach ; le Mein Rouge (Rothe Main) qui sort du Jura franconien et arrose Creussen et Baireuth. Ces deux cours d’eau se réunissent à Steinhausen et forment le Mein, le plus grand des affluents du Rhin. Son cours, en général dirigé à l'Ouest, décrit de grandes sinuosités causées par le Steigerwald, le Spessart et l'Odenwald, qui le forcent de changer plusieurs fois de direction. Jusqu'à Aschaffenbourg, le Mein coule dans une vallée étroite et bordée de montagnes qui forment de nombreux défilés ; au delà, il traverse un pays plat et uni. Le Mein arrose la Bavière (Franconie) et la sépare pendant quelques kilomètres du duché de Bade, puis il sépare la Hesse-Darmstadt de la Hesse-Cassel et du duché de Nassau, et se jette dans le Rhin, en face de Mayence, après un cours de 400 kilom., pendant lequel il arrose : Schweinfurt, kitzingen, Wurtzbourg, Gemünden, Lohr, dans la Bavière ; Wertheim, dans le duché de Bade; Aschalfenbourg et Dettingen, dans la Bavière; Seligenstadt, dans la Hesse-Darmstadt; Henau, dans la Hesse-Cassel ; Offenbach, dans la Hesse- Darmstadt, et Francfort.
Ses affluents coulent dans des vallées étroites et profondes ; les principaux sont, à droile : le Rodach, qui descend du Frankenwald et
passe à Cron Thuringerwald Kinxig hessois anau ; — la Gebirge et pas reçoit la Welle contrée appele gauche : la R la Rexat, qui 1 qui passe à N réunissent à F Forchheim et Î à Rothenburg Marienthal, e dans le duché Mein; — le D cours d’eau q
Le Nein es Danube par le Ce canal, qui Noire, par le R des plus gran
l'Europe ; il plus de 3,500 gueur, COMM et finit à Dietf dans le Danub
La Lahn es rivières : la La et l'Ohm, qu coule dans u passe à Marbr sen, dans la I est à la l'russ Nassau et Em:
reçoit de non àdroite, du W
Les rivière Prusse rhénat
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La Sieg ja Siegen et à Si rive droite.
La Wupp rose le Wup} important, 0 industriels 6 men, Elberf scheid.
La Ruhr et passe à À bourg et fini vent Iserloh:
La Lippe près de Pa
passe à ou Trei- 5ig, sur Hasslach, qui passe
€ danis la crse d'adans une Rottweil, innstadt, rg, enfin e grandau Nordl, Laden.
le Rhin, loin. Les la Fils, all, et le En, qui old, qui nzheim.
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troites oite :
ald et
ALLEMAGNE
passe à Cronach'; — l'Itx, qui descend du Thuringerwald et passe à Cobourg: — Îa Kinsig hessoise, qui arrose la Hesse et finit à Hanau ; — la Nidda, qui descend du Vogels- Gebirge et passe à Nidda et près de Bergen: elle reçoit la Welter, qui donne son nom à la fertil: contrée appelée Wetterau ou Wettéravie ; — à gauche : la Regnitx, formée par la réunion de la Rexat, qui arrose Anspach, et de la Pegnitz, qui passe à Nurembery ; ces deux rivières se réunissent à Fürth ; la Regnitz arrose Erlangen, Forchheim et Bamberg ; — la Tauber, qui passe à Rothenburg, en Bavière, à Mergentheim ou Marienthal, en Wurtemberg, et à Wertheim, dans le duché de Bade, où elle se jette dans le Mein; — le Momling\et la Gersprenx, petits cours d’eau qui arrosent la Hesse-Darmstadt.
Le Nein est mis en communication avec le Danube par le canal Louis, achevé en 1845.
Ce canal, qui réunit lamer du Nord et ia mer Noire, par le Rhin et le Lanube, établit ainsi une des plus grandes voies de communication de l'Europe ; il est fréquenté chaque année par plus de 3,500 bateaux. 11 a 150-kilom. de longueur, commence à Bamberg, sur la Regnitz, et finit à Dietfurt, sur l'Altmühl, qui va se jeter dans le Danube, à Kelheim.
La Lahn est formée par la réunion de deux rivières : la Lahn, qui descend du Westerwald, et l'Ohn, qui sort du Vogels-Gebirge; elle coule dans une vallée étroite et profonce, passe à Marburg, dans la Hesse-Cassel ; à Giessen, dans la Ilesse-Darmstadt ; à Wetzlar, qui est à la l'russe ; à Weïlburg, Limburg, Dietz, Nassau et Ems, dans le duché de Nassau. Elle reçoit de nombreux ruisseaux, qui viennent :
à droite, du Westerwald, à gauche, du Taunus.
Les rivières suivantes arvosent toutes la Prusse rhénane.
La Wied descend du Westerwald, passe à Altenkirchen et finit à Neuwied ; sa vallée est étroite et abrupte,
La Sieg jaillit du Rothaar-Gebirge, passe à Siegen et à Siegburg, et reçoit l'Agger sur sa rive droite.
La Wupper descend du Sauerland et arrose le Wupperthal, pays manufacturier trèsimportant, où l'on trouve les grands centres industriels de : Wipperfürth, Lennen, Barmen, Klberfeld, Remscheid, Solinger *t Burscheid.
La Ruhr sort du plateau de Wi..erberg et passe à Arensberg, Mulheim, près de Duisbourg et finit à Ruhrort. Dans sa vallée, se trouvent Iserlohn et Essen.
La Lippe sort de l'Egge-Gebirge et passe près de Paderborn, à Lippstadt, Hamm et
Wesel. Soest et Unna sont dans son bassin,
IL. Bassin ne L'Eus. — L'Ems descend du Teutoburgerwald, se dirige du S. au N., et arrose la Westphalie prussienne, puis leHanovre, où il coule dans une plaine basse et marécageuse, en arrosant Lingen et Meppen. {1 se jette dans le golfe de Dollart, à Emdem, après un cours de 250 kilom. L'Ems reçoit à droite : la Hase, qui passe à Osnabrück; et à gauche : l'Aa, qui passe à Munster.
IE, Bassin pu Weser. — Le Weser est formé par la réunion de deux rivières, la Fulda et la Werra.
La Fulda descend du Rhœn-Gebirge et arrose la Hesse-Cassel ; elle coule dans une vallée étroite et bordée de hauteurs boisées, et passe à Fulde, Hersfeld et Cassel. — La Werra sort du Thuringerwald et arrose la Saxe ducale ; elle coule dans une va!lée large et bardée de collines, dont les pentes douces sont couvertes de champs cultivés. La Werra passe à Hildburghausen, à Meiningen, près de Smalkalde et d'Eisenach, dans la Saxe ducale; elle entre ensuite dans la Hesse-Cassel et passe à Eschwege.
C'est à Münden, dans le Hanovre, que la Fulda et la Werra se réunissent et forment le Weser. Dès lors ce fleuve coule dans une vallée large, quoique sinueuse ; il passe à Hasteubeck et à Hameln, dans le Hanovre, à Rinteln, dans la Hesse-Cassel, traverse le défilé connu sous le nom de Porte de Westphalie, et après en être sorti, coule dans une plaine le plus souvent marécageuse, entre des rives basses, plates et bordées de digues. Dans cette seconde partie de son cours, le Weser passe à Minden, dans la Prusse rhénane; à Nienburg et à Hoya, dans le Hanovre ; à Brême, à Bremerhafen et à Wegesach. Son estuaire sépare, depuis Wegesach, le Hanovre du duché d'Oldenbourg, où il arrose Elsfleth. Le cours du Weser est de 480 kilom. Sa largeur est de 150 m.
à Minden, 200 m. à Wegesach, et 1,900 m. à Elsfleth. La profondeur est généralement peu considérable ; à Wegesach, elle n'est que de 4 mètres.
La ceinture du bassin du Weser est formée, à droite, par be Thuringerwald, l'Eichsfeld et le Harz; à gauche, par le Rhœn-Gebirge, le Voge:s-Gebirge, le Rothaar-Gebirge, l'Egge- Gebirge et le Teutoburgerwald,
Le Weser a pour affluents, à droite ; l'AIler; — à gauche : l'Eder, la Diemel et Ja Hunte.
L'Alier, grand cours d'eau de 200 kilom., traverse les plaines du Ianovre, passe à Celle
Lt net np
et ce jette dans le Weser un peu au-dessous de Verden. Au confluent de l'Ocker, sa largeur est de 54 m., et au confluent de la Leine, de 67 m. Il a pour affluents, à droite : de petites rivières sans importance qui arrosent les landes de Lunebourg et des plaines marécageuses ; — à gauche : l'Ocker et la Leine. L'Ocker descend du Harz, traverse le duché de Brunswick et les villes de Wolfenbüttel et de Brunswick. La Leine prend sa source sur l'Eichsfeld, traverse le Hanovre et les villes de Gættingue et de Hanovre, et reçoit l'Innerste, qui sort du Harz et passe à Hildesheim.
L'Eder dessend de l'Ederkopf, traverse la llesse-Cassel et la ville de Fritzlar, et se jette dans la Fulda.
La Diemel prend sa source sur le plateau de Winterberg, arrose la Westphalie, la Ilesse- Cassel et Warburg.
La Hunte traverse le Hanovre, le duché et la ville d'Oldenbourg ; elle coule dans une plaine basse et marécageuse, et endiguée dans sa partie in!éricure.
IV. Bassin De L'Eise. — L'Elbe prend sa source en Bohème, au Schneekoppe dans le Riesen-Gebirge, à 1,384 m. d'altitude. 11 coule d'abord avec une très-grande rapidité dans une vallée étroite, où il forme plusieurs cascades, puis il passe à Josephstadt, Kæniggratz, Kollin, Melnik, Theresienstadt, Leimeritz et Lowositz. Au-dessous de cette ville, l'Elbe commence à couler entre l'Erz-Gebirge, à gauche, et les montagnes de la Lusace, à droite; peu à peu sa vallée se resserre et devient un défilé, que l'on appelle le défilé de Schandau ou du Winterberg, et qui finit près de Schandau, entre les deux immenses rochers fortifiés du Kænigstein, à gauche, et du Lilienstein, à droite.
Au sortir de cette coupure, l'Elbe arrose la Saxe royale et les villes de Pirna, Pilnitz, Dresde et Meissen; puis la Saxe prussienne et les villes de Mühlberg, Torgau, Wittenberg, Dessau et Magdebourg. Il entre dans le Hanovre, qu'il sépare ensuite du Mecklenbourg et du Holstein ; il passe, dans ce dernier pays, à Lauenbourg, Hambourg, Altona et Glückstadt, ot dans le Hanovre, à Harburg et près de Stade. 11 se jette dans la mer du Nord par un vaste estuaire, à Cuxhaven.
L'Elbe a 1,100 kilpm. de cours, dans une direction générale du S.-E. au N.-0. C'est la grande route commerciale de l'Allemagne centrale ; en effet, l'Elbe est large et profond, bien que son lit soit souvent encombré de bancs de sable (Hæger) ; il est navigable de-
puis Schandau jusqu'à son embouchure. Les traités de Vienne avaient établi la liberté de la navigation de l’Elbe, ainsi que de toutes les autres rivières qui traversent des élats différents, et avaient aussi déclaré que la navigation de ces cours d'eau ne pourrait être interdite à personne, en tant qu'elle servirait au commerce. Mais sous prétexte d'établir des droits modérés pour l'entretien et l'amélioration de la route fluviale, les états riverains, le Hanovre surtout, imposaient des tarifs excessifs; le péage de Stade, perçu par le Hanovre, était si considérable, que la navigation de l'Elbe tout entier était presque réduile à rien, et que le commerce de Ilam bourg lui-même en souffrait beaucoup. C
péage a été aboli par un traité signé entre le Ilanovre et les principales puissances maritimes de l'Europe, le 22 juin 1861.
La ceinture du bassin de l’Elbe est formée, à droite : par le Riesen-Gehirge, les monts de la Lusace et par une arête hydrographique peu sensible, qui sépare les eaux de l'Elbe de celles de l'Oder ; — à gauche : par les monts de Moravie et de Bohème, par le Fichtel-Ge- Lirge, le Frankenwald, le Thuringerwald, les plateaux de Hainich et de l'Eichsfeld, et le Harz.
Le bassin de l'Elbe se subdivise en deux bassins partiels : le bassin supérieur, qui comprend la Bohème, et le bassin inférieur.
Le bassin supérieur est entouré par les monts de Moravie et de Bohème, au Sud, et par l'Erz- Gebirge, les monts de la Lusace et le Riesen- Gebirge, au Nord. L'Elbe sort de ce bassin, comme on l'a dit précédemment, par le défilé du Winterberg.
Les affluents de l'Elbe dans le premicr bassin sont : à droite, l'Iser; à gauche, la Moldau et l'Eger.
L'Iser descend de l'Iser-Gebirge et passe à Jung-Bunzlau.
La Moldau, rivière large et profonde, descend du Bœlhmerwald, arrose Budweiss et l'rague, et se jette dans l'Elbe, à Melnik ; elle reçoit de nombreux affluents : à droite, la Luschnitz et la Sazawa, qui viennent des montagnes de Moravie ; à gauche, la Wottawa et la Beraun, qui viennent du Bœhmerwald.
La Luschnitx passe à Tabor; la Wottawa à l'isek; la Beraun à Pilsen et à Beraun.
L'Eger a sa source dans le Fichtel-Gebirge ; il arrose Egra, Elnbogen, Carlsbad, Saatz et finit à Theresienstadt.
4 Cf, le Voniteur du 19 février 1808 et du 19 septembre 1851,
Les affl sin sont :
vet, l'Eld la Saale, Le Sch Saxe Elst Le Ha sur un P bord du geuse, tro plin, à op tion, tou coule ens now et à} à gauche cend des Saxe et chen et di traverse € de lacs, ] Le Rhin milieu d Fehrbelli nal, i/Eld Mecklen et le lac bourg d Le Stô et se jet dans une La dt qui naiss lreiberg ou du V verse la kau coul Anickau.
cette vil La Muld Saxe, el et enfin au-desso La Se prend s S. au | léna, At passe à zen, à À dans la duché ( dans l fluents cipaux l'Unstr descen Saxe re
puchure. Los la liberté de je de toutes nt des élats é que la napourrait être elle servirait te d'établir en et l’améétats riveposaient des E, perçu par que la navipresque rérce de Ilam.
aucoup. C signé entre ssances ma- 861!.
est formée, es monts de rographique de l'Elbe de ar les monts » Fichtel.Geiringerwald, Eichsfeld, et
vise en deux
érieur, qui n inférieur, ar les monts et par l'Erzt le Riesen- * ce bassin, par le dé-
le premier gauche, la
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fonde, des- Budweiss et Melnik ; elle \ droite, la ennent des la Wottawa xhmerwald.
Wollaiwa à aun, tel-Gebirge ; id, Saatz el
et du 19 sep-
ALLEMAGNE
Les affluents de l’Elbe dans le second bassin sont : à droite, le Schwarz Elster, le Havet, l'Eide, le Stôr; — à gauche, la Mulde, 1 Saale, l'Imenau, la Schwinge et l'Oste.
Le Schwarx Elster (VElster Noir) arrose en Saxe Elsterwerda.
Le Havel a sa source dans le Meck'enbourg, sur un plateau couvert de lacs; il coule d’abord du N. au S., dans une vallée marécageuse, traverse le Brandebourg et passe à Templin, à spandau et à Potsdam; il change de direction, tourne à l'Ouest et passe à Brandebourg ; il coule ensuite au Nord-Ouest et passe à Rathenow et à Havelberg.— Le Ilavel a deux affluents à gauche, la Sprée et le Rhin. La Sprée descend des montagnes de la Lusace, traverse la Saxe et le Brandebourg, passe près de Wurchen et de Hohenkirch, à Bautzen et à Cottbus, traverse ensuile un pays couvert de marais et de lacs, passe à Berlin et finit à Spandau. — Le Rhin traverse le Brandebourg, coule au milieu de marais, passe à Neu-Ruppin et à Fehrbellin, et est réuni au Havel par un canal,
1'Elde sert d'écoulement aux grands lacs du Mecklenbourg, le Plauer, le Flesen, le Müritz et le lac de Schwerin, et sépare le Mecklenbourg du Brandebourg.
Le Stôr arrose le llolstein, passe à Itzehoe et se jette dans l’Elbe, à Glückstadt ; il coule dans une vallée basse et endiguée,.
La Mulde est formée par deux cours d'eau qui naissent dans l'Erz-Gebirge, l1 Mulde de l'reiberg ou de Bohème, et la Mulde de Zwickau ou du Voigtland, La Mulde de Freiberg traverse la ville de ce nom. La Mulde de Zwickau coule dans une charmante vallée, arrose Awickau, Glauchau et Kolditz, et au-dessous de cette ville se réunit à la Mulde de Freiberg. La Mulde passe ensuite à Wurzen, quitte la Saxe, entre en Prusse, y arrose Eitenburg, et enfin traverse l’Anhalt et la ville de Dessau, au-dessous de laquelle elle se jette dans l'itbe,
La Saale, le principal affluent de l'Elbe, prend sa source au Fichtel-Gebirge, coule du S. au N., arrose Ilof, Saalfeld, Rudolstadt, léna, Auerstædt, Kæsen, dans la Saxe ducale ; passe à Naumburg, à Weissenfels, près de Lutzen, à Mersebourg, près de Rosbach, à llalle, dans la Saxe prussienne ; à Bernbourg, dans le duché d'Anhalt; à Calbe, en Prusse, et se jette dans l'Elbe au-dessous de cette ville. Ses affluents sont nombreux et importants ; les principaux sont : l'Elster Blanc, à droite; l'Ilm, l'Unstrut et la Bode, à gauche. — L'Elster Blanc descend de l'Erz-Gebirge, arrose Plauen, dans la Saxe royale ; Greiz et Géra, dans la Saxe ducale ;
Leitz, en Prusse; Leipsick, Lindenau, Mæckern et Breitenfeld, dans la Saxe royale, et se “jette dans la Saale un peu au-dessus de F° ile. L’Ester a pour affluents la Pleisse et Ja Partha. La Plejsse passe à Altenbourg, près de Wachau et se jette dans l’Elster à Leipsick.
La Partha arrose Taucha et Leipsick. — L'Iln passe à Vlimr. — L'Unstrut descend de l'Eichsfeld. coule de l'O. à l'E., traverse la Saxe prussienne et les vil:es de Mülhausen et de Langensalza, et se jette dans la Saale visà-vis de Naumburg. Il a pour affluents, à droite : la Géra, qui passe à Erfurt ; à gauche, la Wipper, qui passe à Sondershausen, et la Ielme. — La Bode descend du Harz et passe à Quedlinburg, dans la Saxe prussienne.
Les trois derniers affluents de l'Elbe, à gauche, sont : L'Ilmenau, qui passe à Lunebourg ; la Schwinge, à Stade, et l'Oste, à Closter-Severn.
V. Bassin ne L'Etnen. — L'Eider est une petite rivière qui sépare le Holstein du Sleswiy, coule de l'E. à l'O., passe à Rendsburg et se jette dans la mer du Nord à Tonnirrgen. L'Eider est joint à 11 Baltique par un canal, qui part de Rendsburg et finit au golfe de Kiel.
VI. Bassin De LA TRave. — La Trave est une petite rivière du lolstein, qui passe à Lübeck et se jette dans la Baltique à Travemünde; cl'e a pour affluent la Séeckenitz, qui est jointe par un canal au Delvenau, qui se jette dans l’Elbe à Lauenbourg.
VIL. Bassin ne L'Oner. — L'Oder a sa source dans les Geisenker-Gebirge. 11 arrose la Silésie autrichienne, laSilésie prussienne, le Brandebourg et la Poméranie, et coule en général dans la direction du Nord. 11 passe à Ratibor, où il devient navigable, à Kosel, Oppeln, Brieg, Breslau, Glogau, dans la Silésie ; à Crossen, Francfort, Cüstrin, Schwedt, dans le Brandehourg, et à Stettin, dans la Poméranie. Audessous de Stettin, l'Oder se jette dans la lagune de Stettin (le Half). — Cette lagune communique avec la mer Baltique par trois embouchures, séparées entre elles par les iles de Wollin et d'Usedom; entre l'ile de Wollin et la terre ferme, est la Dievenow ; entre l'ile de Wollin et l'ile d'Usedom, est la Swine, et entre Lil‘ #Usedom et la terre ferme, est la Peene. Le port de Swinemünde est sur l'ile d'Usedom et sur la Swine, — L'Oder a 950 kilom. de longueur ; sa largeur est de 50 m. à Kosel, de 85 à Oppeln et de 180 à Breslau. Sa profondeur est de 2,50 à 3",50, et dans les hautes eaux de 7 à 8 m, Ce fleuve est une grande ligne commerciale et une ligne militaire impor-
tante, défendue par plusieurs grandes places fortes.
Le bassin de l'Oder, presque tout entier situé dans la plaine basse de l'Allemagne du Nord, n’est séparé des bassins adjacents que par des arêtes très-peu élevées, excepté du côté des Sudètes, du Riesen-Gebirge et des monts de la Lusace, où sa ceinture est indiquée par un véritable relief, et d'où sortent les six affluen's de gauche qui suivent : l'Oppa, qui arrose la Silésie autrichienne et Troppau ; — la Neisse de Silésie, qui passe à Glatz et à Neisse; — la Weistritx, qui passe à Schweidnitz et à Lissa ; — la Kaxbach, à Goldberg, Liegnitz et Parchwitz; — le Bober, à Landshut, Hirschberg et Sagan; — la Neisse de Lusace, qui arrose Zittau en Saxe, Gærlitz et Muskau en Silésie, — Depuis la Neisse de Lusace jusque: vers son embouchure, l'Oder n'a plus d'affluents, mais le Ilaff de Stettin reçoit l'Ucker, qui passe à Prenzlau, dans le Brandebourg, et la Peene, qui passe à Anklam, dans la Paméranie. — Les affluents de droite de l'Oder sont l'Olsa et la Wartha. L'O/sa descend des monts Beskides et arrose la Silésie autrichienne et Teschen. — La Wartha arrose la Pologne russe et les provinces prussiennes de Posen et de Brandebourg; elle traverse de vastes plaines, passe à Czenstochau et £ieradz, en Pologne, à Posen, Landsberg, en Prusse, et finit à Cüstrin, Son principal affluent de droite est la Netxe, qui arrose une vallée marécageuse. À gauche, elle reçoit la Prosna, qui passe à Kalischet séparela Prusse de la Russie, ct l'Obra, qui passe à Meseritz, dans la province de Posen.
VIT, Bassix DE La Visruze. — La Vistule (Weichsel, en allemand; Visla, en polonais), a sa source dans les monts Beskides ; elle arrose la Galicie, qui appartient à l'Autriche, le royaume üe Pologne, qui appartient à la Russie, et 14 Pru: se royale, qui appartient à la Prusse. La Vistul\ passe à Cracovie, sert de limite entre l'Autriche et la Russie, passe à Sandomir, Pulawy, Ivangorod, Varsovie, Praga, Modlin, Plock, dans le royaume de Pologne, à Thorn, Bromberg, Culm, Graudenz et Mewe, en Prusse, Un peu au-dessous de Mewe, la Vistule se partage en deux bras ; le bras occidental, la Vistule, passe à Dirschau et Dantzigk, et va se jeter dans la Baltique à Weichselmünde; le bras oriental, le Nogat, passe à Marienbourg et se jelte dans le Frisches-Ilaff, près d'Elbing. Ces deux bras forment un della appelé l'ile de Nogat, bas, endigué partout et très-ferlile,
La iongueur de la Vistule est de 4 ,100kilom.
Sa largeur cs. considérable; à Graudenz elle est de 800 m. La profondeur est assez grande, et cependant la navigation est difficile, à cause des bancs de sable qui encombrent le lit du fleuve. La Vistule est une ligne militaire de premier ordre, qui donne à la Russie une position oifensive, dangereuse pour la sécurité des frontières orientales de la Prusse et de l'Autriche. Lä Vistule est aussi une ligne commerciale très-imporlante ; elle amène, de toute la Pologne à Dantzick, des bois et des grains.
Les affluents de la Vistule sont, à droite :
le Dunajec, rivière torrentielle qui descend des monts Beskides, traverse la Galicie et passe à Neu-Sandec et près de Tarnow; — le San, qui descend du mont Sloiczek, arrose la Galicie et passe à Sanok et à Przemysl ; —le Bug, qui sépare le royaume de Pologne de la Russie el passe à Brzesc-Litewski et à Drohiczin. Le Bug a pour affluents, à gauche : le Pestew, qui passe à Lemberg, et à droite: la Narew, qui coule dans une vallée marécageuse, arrose le royaume de Bologne et les villes de Tykoczin, Ostrolenka, Pultusk et finit à Sierock. La Narew reçoit de nombreux affluents, qui amènent les eaux des lacs du plateau de la Baltique à cette rivière. — Le dernier affluent de la Vistule à droite est le Drewenx, qui sort des lacs du plateau de la Baltique et sépare la Prusse du royaume de l’ologne. — Le principal affluent de gauche de la Vistule est la Pilica, qui arrose le royaume de Pologne.
IX. Bassixs SECONDAIRES DE. LA PASSARGE, pu Paëcez er ou Niémex, — La Passarge sort des lacs du plateau de la Baltique, traverse la province dé Prusse et se jette dans le Frisches- Hatl, un peu au-dessous de Braunsberg ; ele n'arrose que des villages sans importance, où se livrèrent de rudes combats entre fes Français et les Russes, en 1807.
Le Prégel est formé par la réunion de quatre cours d'eau : l'Angerap, qui sort du lac de Mauer, sur lequel est Angerburg, la Goldap, la Rominteetl'Inster. Après la réunion de toutes ces rivières, à Insierburg, le Prégel est formé; c'est dès lors une rivière large et profonde, qui coule de l'E. à l'O, dans une va:léc marécageuse, traverse la province de l'russe, passe à Wehlau et à Kænigsberg, et se jette dans le Frisches-Haf, Le Prégel reçoit, à gauche, l'Alle,qui sort des lacs du plateau de la Baltique et passe à Gutstadt, Heilsberg et Friedland.
Le Niémen ou Memel prend sa source en Pologne duns la liyne de partage des eaux de l'Europe, coule de l'E, à l'O., arrose en Pologne Grodno et Kowno, entre dans la province de Prusse et y passe À Tilsit, puis se jelte dans
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ALLEMAGNE
le Kurisches Ilaff. Son principal affluent est la Wilia, qui arrose la Lithuanie et sa capitale Wilna.
X. Bassis ou Danuee. — Le Danube (Donau) est formé par la réunion de deux rivières qui prennent leur source dans la Forèt-Noire, à 640 m. d'altitude, et qui sont la Brigach et la Brege ; la première arrose Villingen. Elles se réunissent à Donaueschingen, dansle grandduché de Bade. Le Danube coule en général de l'O. à l'E., en arrosant Tuttlingen, dans le Wurtemberg, Sigmaringen, dans la principauté de Hohenzollern, Ulm, dans le Wurtemberg, où il devient navigable; il passe ensuite à Neu-Ulm, Elchingen, Gunzbourg, Donauwerth, Neubourg, Ingolstadt, Kelheim, Ratisbonne et Stadt-am-Hof, Straubing et Passau, en Bavière. Le Danube arrose dans l'empire d'Autriche les provinces de Haute et Basse Autriche, de Hongrie et d'Esclavonie; les principales villes qui sont sur ses rives pendant cette parlie de son cours sont: Linz, Mauthausen, Grein, Ips, Mœlk, Dürrenstein, Krems, Mautern, Kornneuburg et Vienne, en Autriche. En Hongrie, il passe à Presbourg, forme la grande île de Schütt qui se !-"ine à Comorn, passe à Gran, à Waitzen ou-}t. : 0 au Sud, forme les iles de Saint-André ‘1: Margitta, et arrose les villes de Bude, restli, Mohacs ct Vukovar. À Vukovar, le Danube recommence à couler à l'Est, en passant à Peterwardein, Salankemen et Semlin, Depuis cette ville, le Danube sépare l'Autriche de la principauté de Serbie et arrose Belgrade et Semendria en Serbie, et Orsova dans le Banat. Il sépare ensuite la Valaquie et la Moldavie de la province turque de Bulgarie, arrose Widdin, Nicopoli, Silistrie en Bulgarie ; Ibraïla en Valaquie, et Galatz en Moldavie, puis il se partage en plusieurs bras qui forment un delta, dont le principal est la Sulina, et qui se terminent À la mer Noire.
Jusqu'à Ulm, le Danube coule dans un défilé, formé à gauche par les escarpements du Rauhe Alp, et à droite par des hauteurs à pentes douces, À Ulm, la vallée devient large, et jusqu'à Ratisbonne, le fleuve, en décrivant une courbe remarquable, coule dans une plaine, Entre Ulm et l'embouchure du Lech, la vallée est marécagese.
Depuis Ratisbonne jusqu'à Krems, la rive gauche est de nouveau resserrée par des montagnes et des escarpements élevés (Baier- Wald). La rive droite reste découverte jusqu'au confluent de l'inn, à Passan ;: mais à partir de RER EN NM RS NE
* Voy, pour les détails du Bas Danube, la géogr'aphie de la péninsule Gréco-Slave,
lassau, elle a les mêmes caraciéres que la rive gauche, bien que les hauteurs soient moins élevées. De sorte qu'entre Passau et Vienne, le Danube coule dans un défilé, formé à gauche par le Karlsberg et le Greinerwald, et à droite par les derniers contre-foris des montagnes de la Haute Autriche, le Hausruckwald, par les montagnes des Chamois et par le Wienerwald.
A Vienne, le Danube coule dans une plaine appelée le Marchfeld, à gauche, et le Steinfeld, à droite; il y arrose Essling et y forme l'ile Lobau. Au confluent de la March, à Wolfsthal, se termine le Petit-Karpathe, par d'énormes rochers, au pied desquels passe le Danube ; mais à Presboursg, le fleuve rentre en plaine et coule au milieu d'immenses prairies, plantées de saules et désertes, quoique fertiles. Le Danube est de nouveau resserré, entre Gran et lesth, par les monts Matra, à gauche, et par le Bakonyerwald, à droite. Après avoir traversé ce second défilé, bordé de collines verdoyantes, le fleuve arrose les grandes plaines de la Hongrie et de l’Esclavonie; son lit est encombré de bancs de sable et d'îles désertes, et sa vallée ne présente partout que des prairies, des dunes, des marais ou des bruyères,
Depuis le confluent de la Morava de Serbie jusqu'à Orsova, le Danube coule de nouveau dans un défilé, formé à gauche par les mor tagnes du Banat et par l'extrémité des Karpathes, et à droile par les montagnes de Serbie, qui se détachent des Balkans. C'est là que se trouve le fameux défilé des Portes de Fer. Dès le village de Uj-Pulanka, les ondulations des montagnes s'amoncallent sur les rivoges du fleuve et resserrent son lit; de Drenkova à Neu-Orsova, le Danube coule dans un défilé étroit et encombré de rochers et de rapides, et son lit est encaissé et resserré entre des falaises de 300 mètres. Au-dessous d'Alt- Orsova est la Porte de Fer ( Eiserne Thor, en allemand), passage autrelois très-dangereux, qui commence à Neu-Ursova et finit à Skela, La navigation de cette parlie du Danube a été très-améliorée depuis quelques années par les soins de la comp»gnie de navigation à vapeur; aujourd’hui ses bateaux descendent et remontent sans danger cette partie du fleuve‘. Au delà, le Danube coule dans des plaines basses el marécageuses jusqu'à la mer,
La longueur du Danube est de 2,800 kilomètres, Sa largeur est de : 67 m. à Ulm; de 135 à
* C'est en 1845 que le défilé a été franchi par des bateaux à vapeur pour la première lois.
* Voy. la géographie de la péninsule Gréco-Slavo,
198 GÉOGRAPINE
Donauwerth; de 340 au-dessus de Ratisbonne ; de 260 à Passau ; de 200 à 400 entre l'assau et Vienne ; de 6 à 7,000 au-dessous de Vienne ; de :630 au-dessus de Bude et de 950 audessous de cette ville; de 1,200 à Semlin; de 7 à 800 au-dessous de Belgrade; de 155 à Orsova ; de 1.000 à 2,000 en Valaquie et en Moldavie. — La profondeur est 2",55 à Donauwerth ; de 4°,65 à Ingolstadt: de 5 m. à Passau, et de 6 à 7 m. au-dessous de cette ville. — Le cos du Danube est trés-rapide jusqu'en Fo:rie. À l'ile Lobau, sa vitesse, par seconde, est de :
4®,08 dans les basses eaux, 4%,45 dans les moyennes eaux, | 2,27, et même 4 m., dans les grandes eaux.
En Hongrie, et au-dessous, le fleuve coulant sur un sol très-plat et sablonneux, sa vitesse diminue considérablement. — Le Danube est sujet à des crues redoutables et qui atteignent 46 m. Elles ont lieu au printemps, à la suite du dégel, et, en été, à la suite de la fonte des neiges des Alpes. Il y a peu de ponts fixes sur le Danube, dont la navigation est en général facile.
La navigation, qui exislait à peine sur le Danube , il y a trente ans, est aujourd'hui très-active, grâce à la grande Société impériale d'Autriche pour la navigation à vapeur sur le
Danube, établie en 1829 à Vienne. Elle a dé- |
truit les principaux obstacles qui rendaient la navigation si redoutable en certains endroits, les rochers de Grein et d’Orsova, par exemple, si bien qu’actuellement les bateaux à vapeur de la Compagnie parcourent le Danube en tout temps, excepté pendant le moment des glaces, depuis Ulm jusqu'à la mer Noiret, reliant ses opérations de batellerie à celles du canal Louis et du Rhin.
Depuis la Forèt-Noire, la ceinture du bassin du Danube est formée, à droite, par la Forèt- Noire méridionale et par un deses contre-forts, qui va jusqu’au col de Zollhaus, puis par les hauteurs de Constance, les Alpes Algaviennes,
* La Compagnie possède 95 bateaux à vapeur et remorqueurs et 300 bateaux à marchandises; elle a transporté en 1857, 600,000 passagers, 15 millions de quintaux de marchandises, et 150,000 porcs de la Moldo- Valaquie pour la consommation viennoise. Les arsenaux et les chantiers de la Compagnie sont établis à Bude et à Kornneuburg, où elle a ouvert des écoles pour former les officiers et les employés dont elle a besoin. La Compagnie trouve dans le Banat lahouille nécessaire pour ses bateaux. Elle exploite aussi la navigation de la Theiss et de la Save; par cette dernière rivitre, elle amène les produits agricoles de la Hongrie aussi près que possible du port de Fiume, Cf, Moniteur des {1 et 15 juin 1853.)
Rhétiques, Carniques, Juliennes, les plateaux de la Carniole, et, dans la péninsule Gréco- Slave, par les Alpes Dinariques ou Illyriennes, le plateau de Mæsie et les monts Balkans. À gauche, la ceinture du bassin est formée, de: puis la Forèt-Noire, par le Rauhe Alp, le Jura franconien, le Fichtel-Gebirge, les monts de Bohème et de Moravie, les monts Sudètes, les Geisenker-Gebirge, les monts Beskides, les Karpathes du centre jusqu'à la source du Pruth, et à partir de ce point, par un:
suite de collines et de hauteurs qui séparent le Danube du Dniester.
Cet immense bassin, dont la superficie est d'environ 800,000 kilom. carrés, est partagé en quatre bassins partiels. Le premier finit à Passau et comprend le duché de Bade, le Wurtemberg, la Bavière, le Tyrol et le Salzbourg. Le second finit à Gran et comprend l'Autriche, la Moravieet la partie Nord-Ouest de la Hongrie. Le troisième finit à Orsova et comprend la Styrie, la Carinthie, la Carniole, la Croatie, l'Es-
clavonie, la Hongrie, la Transylvanie et la pro-
vince turque de Bosnie. Le quatrième bassin du Danube est en dehors de la région allemande; il comprend la Serbie, la Bulgarie, la Valaquie, la Moldavie, qui sont à la Turquie, la Bukowine, qui est à l'Autriche, et la Bessarabie, qui appartient à la Russie.
Le premier bassin est fermé par le Baierwald , à gauche, et par le Hausruckwald, à droite. Le second est fermé par les monts Matra , à gauche, et par le Bakonçerwald, à droite. Le troisième bassin est fermé par les montagnes du Banat et par les Alpes de Transylvanie, à gauche, et par les montagnes de Serbie, à droite.
Le Danube reçoit dans son cours plus de 490 rivières, dont 60 sont considérables. Les plus importantes sont, dans le premier bassin, à droite : l'Ablach, la Riss, L'iller, la Mindel, la Suzam, le Lech, le Paar, l'lm, l'Abens, li 6ross-Laber, l'Isar et l’Inn ; — à gauche : l'Egau, la Wernitz, l'Altinühl, la Naab et la Regen.
Dans le second bassin, à droite : la Traun, l'Euns, l'Ips, la Traisen, la Leytha et le Raab; — à gauche : le Kamp, la March, le Waag, le Gran et l'Ipoly.
Dans le troisième bassin, à droite : la Drave, la Save, la Morava serbe; — à gauche : la Theiss et le Temes.
Dans le quatrième bassin, à droite : plusieurs rivières qui arrosent la Bulgarie; — à gauche : l'Aluta, le Sereth et le Pruth, qui traversent des provinces autrichiennes, et plusieurs rivières qui arrosent la Valaquie et la Moldavie.
Affluents ( affluents du cours d’eau gere; par nomniera qu dans le ducl Biberach, da fluent impo d'eau torren des Alpes Al une vallée Inarécageusé arrose Kem et le Wurte l'Iller et le viéres parall vallées mar Mindel, qui qui passe à Le Lech, crues violen nes, trave détilé de Fü coule jusqu” étroites et large plaine Rain. La lo 180 kilom.
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ALLEMAGNE
Affluents du premier bassin. — Les premiers aftluents du Danube, à droite, sont de petits cours d’eau coulant dans des vallées marécage:-c:: parmi ces nombreuses rivières on ne nommiera que : l’Ablach, qui passe à Mæskirch, dans le duché de Bade, et la Riss, qui passe à Biberach, dans le Wurtemberg. Le premier affluent important du Danube est l'{ller, cours d'eau torrentiel de 180 kilomètres, qui descent des Alpes Algavienneset coule du S. au N., dans une vallée large et fertile, quoique souvent marécageuse ; il passe rrès de Memmingen et arrose Kempten , en Bavière, sépare la Bavière et le Wurtemberg, et finit en face d Ulm. Entre l'Iller et le Lech, on remarque huit petites riviéres parallèles, coulant duS. au N , dans des vallées marécageuses ; nous nommerons la Mindel, qui passe à Mindelheim, et la Suxam, qui passe à Zusmarshausen et à Wertingen.
Le Lech, rivière torrentielle et sujette à des crues violentes, naît dans les Alpes Algaviennes, traverse d’abord le Tyrol, en sort par le détilé de Füssen et entre en Bavière. Le Lech coule jusqu’à Landsberg au mieu de gorges étroites et profondes, et au delà dans une large plaine où il passe à Augsbourg et à Rain. La longueur de cette rivière est de 180 kilom. C’est une bonne ligne de défense, qui a été forcée cependant par Gustave Adolphe, en 1651, et par Moreau , en 1796. Le principal affluent du Lech est la Wercach.
Le pays, entre Lech et Isar, accidenté et marécageux , est arrosé par plusieurs petites rivières, dans les vallées desquelles d’importants événements militaires se sont accomplis à diverses époques. Les principaux de ces cours d'eau sont : le Paar, qui passe à Schrobenhausen ; l'Ile, à Pfaffenhofen et à Geisen-feld; l'Abens, à Abensberg, et la Gr'oss-Laber, à Eckmühl.
L'Isar, rivière torrentielle, prend sa source dans les Alpes Bavaroises et arrose d'abord le Tyrol; il en sort par le défilé de Scharnitz et entre dans la Bavière, où sa vallée devient bientôt large, basse et marécageuse, L'Isar passe à Munich, Freising, Moosburg, Landshut et Dingolfing ; son cours est de 250 kilom. Son principal affluent est à gauche; c'est l'Ammer, qui traverse le lac Ammer, passe à Dachau, coule au milieu de marais et reçoit la Würm, qui sert d'écoulement au lac de mème nom.
L'Inn prend sa source au mont Maloya ; il arrose l'Engadine, dans le canton des Grisons (Voy. p. 361), puis le Tyrol, où il coule dans l'innthal, grande vallée de 160 kilom, de longueur, inais étroite et bordée de hautes monlagnes escarpées ; on y remarque les villes de
Landeck, Inspruck, llall, où il devient navigaole, et Rattenberg. L’inn sort du Tyrol par le défilé de Kufstein, entre en Bavière et passe à Rosenheim, où il sort de la région des montagnes pour couler. dès lors sur la haute plaine de Bavière; il y arrose Wasserburg et Mühldorf, sépare ensuite la Bavitre de l'Autriche, passe à Braunau et à Schærding, en Autriche, et à Passau, en Bavière ; c'est là qu'il se jette dans le Danube.
La vallée de l’Inn reste montueuse et ditticile jusqu'à Braunan ; aussi cette rivière constitue-t-elle une ligue militaire importante, qui couvre cette partie des frontières de l’Autriche ; cependant l'Inn a été franchi sans grande difficulté par Morear, eù 4800, et par Napoléon, en 1805. C'est à Braunau que s'effectue ordinairement le passage de l'Inn.
L’Inn a 400 kilom. de longueur ; c'est une rivière large, rapide, pro‘onde (2 m. à 3",50), et sujette à des crues de 3 à 4 mètres et de 4 à 5 jours de durée; elles ont lieu au commencement du printemps et au milieu de
. l'été, comme celles’ du Danube. La navigation de cette rivière est difficile. Ses rives sont boisées, et presque toujours la droite commande la gauche ; presque partout aussi l’Inn traverse des landes.
Les affluents de gauche de l'fnn ne svat que des ruisseaux sans importance. A droite il reçoit l'Achen et la Salza. L'Achen traverse le lac Chiem et en sort sous le nom d'Alx. — La Salxa descend du pic des Trois-Seigneurs et coule d'abord de l'U. à l’E., dans une vallée profonde ct sauvage, appelée le Pinzgau et encaissée entre les Alpes Noriques et les Alpes de Salzbourg ; elle en sort par une crevasse appelée le Pass Lueg, qui sépare le Hagen-Gebirge du Tæunen-Gebirge; elle change alors de direction ct coule au Nord, toujours dans une vallée étroite, passe à Hallein et à Salbourg, et sépare la Bavière de l'Autriche ; un peu avant son confluent, la Salza passe à Burghausen. £on affluent principal est la Saalach, qui traverse la Bavière et Reichenhall,
Les alfluents de gauche du Danube, dans son premier bassin, sont : l'Egau, la Wernitz, l'Altmühl, la Naab et la Regen. L'Eguu descend du Rauhe Alp et arrose le Wurtemberg et Neresheim. — La Wernitx, qui arrose la Bavière, ainsi que les trois rivières suivantes, sort du Franken-llœhe, passe à Œttingen, finit à Donauwerth et reçoit l'Eger, qui descend du Fauhe Alp et passe à Nordlingen; la vallée de la Wernitz a été le théâtre de nombreux événements militaires. — L'Allmühl descend aussi du Franken-llœhe, passe à Eichstædt, à Diet-
{urt, où aboutit le canal Louis, et finit à Kelheim. — La Naab sort du Fitchtel-Gebirge et finit près de Ratisbonne; elle reçoit la Vils, qui passe à Amberg. — La Regen prend sa source dans le Bæhmerwald, passe à Cham et finit à Ratisbonne.
Affluents du second bassin, à droite. — La Traun descend des montagnes de la Haute Autriche, traverse plusieurs lacs dans sa partie supérieure, arrose dans ln Haute Autriche Ischl, Gmund, Lambach, Wels, Ebersberg, où elle a 400 m. de large, et finit près de Linz. C'est une rivière rapide, coulant dans une vallée montueuse et difficile, et formant une bonne ligne de défense; elle a été forcée par les Français, en 1800 et 4805, à Lambach, et en 1809, après un combat terrible, à Ebersberg.
L'Enns prend sa source dans les Radstadter
:Tauern, coule de l'O. à l'E., dans une gorge escarpée, d'abord en Syrie, puis dans la Haute Autriche ; il passe à Radstadt et à Steyer, où
les montagnes s'abaissent et où la vallée s’é-
largit un peu. L’Enns finit au-dessous d'Enns et a pour affluent la Sala, qui passe à Mariazell en Styrie.
L'Ips, rivière torrentielle qui arrose la Basse Autriche, descend des Alpes des Chamois, coule dans une vallée montueuse, passe à Amstetten, où Murat força le passage de cette rivière en 1805, et finit près d'Ips.
La Traisen est un torrent qui descend aussi des Alpes des Chamois et arrose la Basse Autriche ; elle coule dans une vallée montueuse et sinueuse, et traverse Saint-Pœlten.
La Leytha sort du Semering et passe, dans la Basse Autriche, à Neustadt et à Bruck ; elle se jette, en Hongrie, dans le Petit-Danube ou bras méridional de l'ile Schütt.
Le Raab coule en Hongrie dans une vallée plate et marécageuse, passe à Saint-Gotthard et finit dans le Petit-Wanube, à Raab.
Affluents du second bassin, à gauche. — Le Kamp descend du Greinerwald et arrose la Basse Autriche.
La March où Morave prend sa source au mont Schneeberg, arrose la Moravie, puis sépare l'Autriche et la Hongrie; elle passe à Olmütz, Kremsir, Gœding, et finit à quelques kilomètres au-dessus de Presbourg, au pied du Petit-Karpathe. Les affluents principaux de
cette rivière descendent des monts de Moravie et se jettent sur sa rive gauche; ce sont :
la Thaya, qui passe à Znaym et à Muschan, et reçoit l'Iglawa, qui arrose Iglau. Près de son confluent, à Muschau, l'Iglawa reçoit la Schwarxa ou Schwarzawa, qui passe à Brünn
et a pour affluent la Littawa, ruisseau qui traverse Austerlitz et le lac de Mœnitz, et se jette dans la Schwarza. 2° Le Russbach, ruisseau qui arrose le Marchfeld et Wagram.
Le Waag descend des monts Tatra, arrose la Hongrie et les villes de Trentsin et de Leopoldstadt ; cette rivière rapide et sujette à des crues subites, fréquentes et redoutables, coule dans une vallée étroite, encaissée et sinueuse. Le Waag reçoit de nombreux affluents, parmi lesquels nous nommerons l'Arva et la Neutra, qui arrosent des villes de même nom.
Le Gran sort de l'Ostrowski-Gebirge, arrose aussi la Hongrie et passe à Neusohl et Gran.
Kremnitz est situé dans sa vallée.
L’Ipoly ou Eipel prend aussi sa source dans l'Ostrowski-Gebirge ; il traverse un district mi. nier très-riche, et un de ses affluents passe à Schemnitz.
Affluents du troisième bassin, à droite. — La Drave (Drau) naît près de Toblach, coule de l'O. à l'E., arrose le Pusterthal et Lienz, dans le Tyrol, traverse la Carinthie où elle passe à Spital, à Villach et près de Klagenfurt, arrose en Styrie Marburg et Pettau, et enfin sépare la Croatie et l'Esclavonie de la Hongrie, en passant à Warasdin et à Eszek. La Drave est une grande rivière de 650 kilom.; elle coule dans une vallée montueuse et encaissée jusqu'à Warasdin, et de là dans une plaine basse et marécageuse, dans laquelle son lit est trèslarge et peu profond. — Son affluent principal est la Mur, rivière rapide, large et profonde, longue de 350 kilom., qui descend des Radstadter Tauern et arrose en Styrie Leoben, Bruck et Gratz. La vallée de la Mur est montagneuse et encaissée jusqu'à Gratz, et plus ouverte au-dessous de cette ville ; elle établit une communication importante entre Vienne ct l'Italie, suivie par les Français en 1797 et
La Save (Sau), grande rivière de 600 kilom., descend du mont Terglou dans les Alpes Juliennes et coule de l'O. à l'E., comme la Drave;
| elle passe à Laybach et à Rann dans la Car-
niole, prés d’Agram en Croatie, à Alt-Gradiska dans l’Esclavonie, et finit à Belgrade, après avoir formé la limite de l'Autriche et de lo Turquie depuis le confluent de l'Unna. Jusqu'à Rann, la vallée de la Save est montueuse ct étroite ; dès lors elle devient large, plate, bordée de forêts, et depuis le confluent de l'Unna elle est couverte de marais impraticables. — Les affluents de la Save sont, à droite: la Kulpa et l'Unna, dans l'empire d'Autriche, le Verbas, la Bosna et la Drina, dans 11 Turquie. — La Kulpa descend du plateau de da Carniole
et arrose là descend des entre l'Autri la Bosna et | dernier afflu troisième ba graphie de | Affinents — La Thei thes et arrosd un demi-ce rivée à Toka du N. auS.
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Le Temes arrose le E Lugos.
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et arrose la Croatie et Karlstadt. — L'Unna descend des Alpes Dinariques ct se:t de limite entre l'Autriche e! la Turquie. — Le Verbas, {a Bosna et la Drina, ainsi que la Morava Serbe, dernier affluent de droite du Danube, dans le troisième bassin, seront décrits tlans la géographie de la péninsule Gréco -Slave.
Affinents du troisième bassin, à gauche.
— La Theiss! descend des monts Karpathes et arrose la Hongrie, où elle décrit d’abord un demi-cercle dirigé de l'E. à l'O; puis arrivée à Tokay, elle change de direction, coule du N. au $., traverse la plaine basse et marécageuse de la Hongrie centrale, passe à Szolnok, Szegedin, Zenta et Tittel, et se jette dans le Danube, au-dessous de Salankemen, après un cours de plus de 900 kilom. — Les affluents de droite de la Theïss, dans la région des Karpathes, sont très-nombreux ; on citera seulement : le Bodrog, fermé par la réunion de la Latorcxa, qui passe à Munkacs, et de l'Ungh, qui passe à Unghvar et qui se jette à Tokay; — le Hernad, qui traverse Eperies et reçoit le Sajo ; -— l'Eger, qui passe à Erlau.— À gauche, la Theiss reçoit trois grands affluents, qui arrosent la Transylvanie et la Hongrie orientale, le Szamos, le Kæræs et le Maros. Le Sxamos est formé par deux rivières qui se réunissent à Dees, le Grand et le Petit-Szamos ; cette dernière rivière passe à Kiausenburg.
Au delà de Dees, le Szamos arrose Szathmar.— Le Kæræs est formé par la réunion de trois rivières : le Kœrœæs Rapide (Seber Kærœæs en hongrois, Schnelle Kæræs en allemand), le Kœræs Blanc (Fejer Kœræs,en hongrois, Weisse Kœræs, en allémand) et le Kæræs Noir (Fekete Kæræs, enhongrois, Schwarze Kæræs, en allemand). LeSeber Kœrœs passe à Gross-Wardein,
Le Maros, grande rivière de 500 kilom., descend des Karpathes, coule à l'Ouest, passe à Maros-Vasarhely, Karlsburg, Arad, et finit à Szegedin,.
Le Temes descend des Alpes de Transylvanie, arrose le Banat et passe à Aaransebes et à Lugos.
Affluents du quatrième bassin. — Les affluents du Danube dans le quatrième bassin seront décrits dans la géographie de la péninsule Gréco-Slave ; nous ne parlerons ici que de l'Aluta, du Sereth et du Pruth, qui traversent des provinces autrichiennes.
L’Aluta (Alt) descend des Karpathes, arrose la Transylvanie, passe près de Cronstadt et de Hermanstadt, et descend du plateau de Transylvanie dans la plaine de Valaquie par le dé-
1 Tissa, en hongrois,
filé dela Tour-Rouge.— Le Sereth et sonaîfluent la Sutschawa descendent des Karpathes et arrosent laBukowine, fragment de la Moldavie enlevé à celte province par l'Autriche, — Le Pruch, qui descend aussi des Karpathes et traverse la Bukowine, passe à Kolomea, Sniatyn et Czernowits, Le Sereth et le Pruth coulent ensuite en Moldavie ; il en sera reparlé dans la géographie de cette principauté.
XL. Bassin nu Dniesrer. — Cette rivière polonaise descend des Karpathes et n’arrose dans l'empire d'Autriché qu'une partie de la Galicie, où elle passe à Sambor et à Halicz ; elle entre ensuite en Russie, où il en sera reparlé.
XIL, ArFLUENTS DE LA MER ADRIATIQUE. — Les affluents de la mer Adriatique qui arrosent l'empire d'Autriche sont : le P6, l'Adige, le Bacchiglione, la Brenta, la Piave, la Livenza, le Tagliamen:o, l'Isonro, dans la péninsule Italienne, la Kerka, la Gettina et la Narenta, dans la Dalmatie.
Le P6 arrose la Vénétie et recoit le Mincio, qui porte d'abord le nom de Sarca ; il arrose le Tyrol italien, passe à Arco, forme le lac de Garde, en sort à Peschicra, passe à Mantoue et finit à Governolo. (Pour les détails, Voy. la géographie de l'Italie.)
L'Adige, grande rivière qui arrose le Tyrol et la Vénétie, est formé par la réunion de trois cours d'eau : l'Etsch, l'Eisach et la Rienz.
L'Etsch a sa source au Vernung Spitz, dans les Alpes Rhétiques, et passe à Glurnset à Meran. L'Eisach descend du Brenner, passe à Brixen ct reçoit la Rienz, qui arrose le Pusterthal, Toblach et Brunecken. L'Etsch et l'Eisach se réunissent à Botzen ou Bolrano, nœud des routes de l'Italie, du Tyrol et de fa Carinthie, et forment l'Adiye. Dès lors l’Adige coule du N. au $,, dans une vallée montueuse, étroite et abrupte, formée à droite par la chaîne de l'Ortler et du Montebaldo, et à gauche par les Alpes du Trentin ; il passe à Trente, à Calliano, à Roveredo, au pied du plateau de Rivoli et à Vérone; ilentre dès lors dans les plaines de la Vénétie et, toujours très-rapide, devient large et profond!. 11 passe à Rouco, reçoit l'Alpon, ruisseau qui traverse Arcule, arrose ensuite Legnago, Carpi, coule plus lentement dans la Polésine, pays de marais, passe près de Rovigo et se jette enfin dans la mer Adriatique, en formant sans cesse, comme le PÔ, de nouvelles alluvions*. Les affluents de l'Adige sont
* L'Adige, de Trente à la mer, à de 654 200 m, de large. Ses crues, qui ont lisu en été, sont de 5 à 5 mètres,
# Entre Vérone el la mer, l'Adige est endigué ct
le Lavis et la Nos, dans le Tyrol, et le Tartaro dans la Vénétie. Le Tartaro est un ruisseau qui traverse des marais et se jette à Canda, dans un bras de l’Adige qui se sépare du fleuve à Castagnaro; après sa réunion à ce bras de l'Adige, le Tartaro prend le nom de canal Bianco. Le canal Bianco ! passe à Adria, qui était autrefois sur le bord de la mer Adriatique et qui en est aujourd’hui à 24 kilom., et se réunit au Pô di Levante.
Le Mincio avec Mantoue, l'Adige avec Vérone, forment deux lignes militaires de premier ordre, que l'Autriche regarde comme ses principales barrières pour couvrir les Alpes orientales ct Vienne.
Le Bacchiglione descend des Alpes du Trentin, arrose la Vénétie, Vicence, Padoue, et finit dans les lagunes de Chioggia. .
La Brenta descend aussi des Alpes du Treutin; elle passe d’abord à l’rimolano, dans le val Sugana, puis à Bas no, dans la Vénétie, et se jette dans les lagunes de Venise.
La Piave, cours d’eau trés-rapide, sort des Alpes Carniques, passe à Pieve di Cadore, à Bellune et se perd dans des lagunes.
La Livenxa nait dans les Alpes Cadoriques, passe à Sacile et se perd aussi dans des lagunes.
Le Tagliamento, rivière torrentielle?, descend des Alpes Cadoriques, arrose le Frioul, passe à Tolmezzo, près d'Osopo et à Valvasone ; il coule dansun lit large, où ilse divise en plusieurs bras, et se perd dans des lagunes. Le Tagliamento forme une bonne ligne de défense, ayant en arrière la forte place de Palmanova. Les Français ont forcé le passage de celte rivière en 1797, 1805 et 1809.
L'Isonxo, rivière torrentielle, large et profonde, et qui constitue également une bonne ligne de défense, descend du mont Terglou, arrose le comté de Goritz, passe à Caporetto, Canale, Goritz ou Gorice, Gradisca, et finit dans les lagunes du golfe de Trieste entre Aquilée et Monfalcone. Ses affluents sont : à droite : le Natisone, qui passe à Cividale, et
Gréco-Slave, sont : la Kerka, qui descend des Alpes Dinariques, passe à Scardona et finit à Sebenico; — la Cettina, qui descend des mêmes montagnes et a son emhouchure à Almissa ; — la Narenta, qui arrose l'Herzégovine et la Dalmatie.
$ 5. Aspect général!.—- L'Allemagne et la parie de la région slave qui en dépend se divisent en trois grandes régions : au Nord, une plaine basse; au centre, une région montueuse ; au Sud, une haute terre couverte par les Alpes Allemandes et les Kar.
pathes.
Tout le Nord de l'Allemagne est formé par une plaine qui continue celles du Nord de ja France, de la Belgique et de la iollande, et qui va se perdre, à l'Est, dans les plaines de la Russie. La largeur de la plaine de l'Allemagne septentrionale est de 250 à 300 kilom., et son altitude est généralement inférieure à 100 m. Le sol, formé par les sables quartzeux de la Geest, est le plus souvent couvert de bruyères, delandes sablonneuses (Heiden, de marais ou moor * et detourbières. Larégion est en général peu fertile ; elle renferme cependant de beaux pâturages, où l’on élève des races chevalines et bovines de grande taille, Elle est arrssée par le Rhin, l'Ems, le Weser, l’Elbe, l'Oder, la. Vistule et leNiémen, et comprend le Hanovre, l'Oldenbourg, le Brunswick, le Sleswig-llolstein, le Mecklenbourg, le Nord des provinces prussiennes de Westphalie et de Saxe, le Brandebourg, la l'oméranie, la Prusse, la province de Posen ct le Nord de la Silésie, La plaine de l'Allemagne septentrionale est bornée au Sud par une ligne allant de Duisbourg, sur
le Rhin, à lvangorod, sur la Vistule, et passant
par Paderborn, Minden, Hildesheim, Ialle, Leipsick, Bautzen et Breslau.
Depuis le Holstein jusqu’en Russie, sur tout
le littoral de la Baltique, et à peu de distance du rivage, s'étend une suite de plateaux, larges de 60 à 80 kilom., qui commencent dans le Holstein oriental et se raccordent, à l'Est, avec le plateau des provinces baltiques de la Russie.
Pomérélie, cette provi sont couvel petits lacs, q bourg et la Les plus g en Prusse, de Schweri Au Sud tuant tout une région Beskides, à de la Bohë tème Hercy tagnes de la Ouest. Cette Duisbourg À plaines sep auire ligne sur le Danu mensladt s Steyer sur A l’exceptid Danube, co Œdenburg, Hongrie, pa que des md 650 m. de les monts B montagnes Bohème, et Noire, les r s'élévent qu les monts Be Cette zor phalie prus le duché de la Francon plaine de Ba le Sud de Moravie, le icie et le Nc c'est un pa!
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à gauche, l’Idria, qui passe à Idria.
Les rivières qui arrosent la Dalmatie, et dont il sera reparlé dans la description de la région
Cette suite de hauteurs se compose des plateaux du Holstein et du Mecklenbourg (entre l'Elbe et l'Oder), de la Poméranie et de la Pv- © | mérélie (entre l'Oder et la Vistule), et de à dans les crues, il est de 6 à 7 m. plus haut que les | Prusse (entre la Vistule et le Niémen). Leur campagnes qu'il traverse. Son lit, comme celui du | hauteur moyenne est de 50 à 60 m. au-dessus AD exhaussé par Le Timon que dépo- | qe Ja plaine ; mais ils atteignent 200 m. dans la
‘ Le canal Blanc. en ? Le Tagliamento a deux époques de crues, en mari 1 Cf les cartes d'Allemagne des atlas de Sticler et et avril et de septembre à décembre; dans la pre- | de Sydow. miére >oque il ne croît que de 1 à 2 m ; dans la se- # Dans l'Ost-Frise, le Saterland, dans les valltes du conde, sa hauteur s'élève à 10 m, et sa largeur à | Weser, de l'Elbe, du Havel, de la Wartho et de li 200 mètres. Netze, et dans quelques parties de la l'oméranie.
scend des a et finit à scend des hure à Al erzégovine
nagne ct la dépend se : au Nord, ne région terre couet les Kar-
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Pomérélie, et le Thurmberg, montagne de cette province, s'élève à 325 m. Ces plateaux sont couverts d’une innombrable quantité de petits lacs, dont quelques-uns, dans le Mecklenbourg et la Prusse, ont une certaine étendue. Les plus grands sont : le Mauer et le Spirding, en Prusse, le Müritz, le lac de Plau et le lac de Schwerin, dans le Mecklenbourg.
Au Sud de cette grande plaine, et constituant tout le centre de l'Allemagne, s'étend unerégion montueuse, couverte par les monts Beskides, à l'Est, les Sudètes et les montagnes de la Bohême, au centre, les montagnes du système Hercynien, au Nord-Ouest, et parles montagnes de la Franconie et de la Souabe, au Sud- Ouest. Cette zone est comprise entre la ligne de Duisbourg à Ivanogrod, qui borne au Sud les plaines septentrionales de l'Allemagne, et une autre ligne allänt de Bâle, sur le Rhin, à Gran, sur le Danube, et passant par Constance, Immenstadt sur l'Iller, Rosenheim sur l’Inn, Steyer sur l’Enns, et Neustadt sur la Leytha. A l'exception d’une plaine traversée par le Danube, comprise entre Vienne, Comorn et Œdenburg, et appelée la plaine de la Haute Hongrie, partout ailleurs la zone ne présente que des montagnes on des plateaux de 150 à 650 m. de hauteur moyenne; toutefois, dans les monts Beskides, dans les Sudètes, dans les montagnes qui forment le pourtour de la Bohême, et dans quelques parties de la Forêt- Noire, les montagnes dépassent 1,600 m. et s'élèvent quelquefois à 2,000 et 2,500 m. dans les monts Beskides.
Cette zone comprend le Sud de la Westphalie prussienne, le Nassau, la Wettéravie, le duché de Bade, le Wurtemberg, la Hesse, la Franconie, le Haut Palatinat, la haute plaine de Bavière, la Thuringe, la Saxe royale, le Sud de la Saxe prussienne, la Bohème, la Moravie, le Sud de la Silésie, le Nord de la Gaicie et le Nord-Ouest de la Hongrie. En général, c'est un pays bien arrosé, fertile dans les vallées, et couvert de grandes forêts dans les parties supérieures. Il y a d'excellents pâturages et de bonnes races de bêtes à cornes, au ventre, dans la Moravie, le Bæœhmerwald, la vallée de l’Eger, la Lusace et le Voigtland; à l'Ouest, dans le Rhœn-Gebirge, le Vogels-Gebirge, la Franconie, le Spessart, l'Odenwald et le Westerwald; et au Sud-Ouest., dans la Forèt-Noire et le Rauhe Alp.
La zone méridionale est formée par une haute terre de 1,600 à 2,500 m. de hauteur moyenne, couverte, à l'Ouest, par le massil des Alpes Allemandes et, à l'Est, par les
Karpathes et les Alpes de Transylvanie. Les
grandes plaines de la Hongrie centrale séparent le massif des Alpes de celui des Karpathes.
Bavière méridionale, le Tyrol, la principauté de Salzbourg, l’archiduché d’Autriche, la Styrie, la Carinthie, la Carniole, la Croatie, la Hongrie du Sud-Ouest et la Transylvanie. Le région de plaines qui s'étend entre les Alpes et les Karpathes renferme la Hongrie centrale, le Banat et l’Esclavonie. Toute la partie montueuse, Alpes et Karpathes, est boisée ou couverte de prairies, et sa fertilité est nulle ou peu considérable, excepté en Transylvanie, l’une des contrées les plus fertiles. 11 est à remarquer aussi que toute la partie alpestre de cette région est lé pays de l’Europe où il pleut davantage. Les grandes plaines ou
Cette région montagneuse comprend la
Pusxtas de la Hongrie centrale, d’une superficie de 86,000 kilom. carrés, sont basses (60 à 80 m.), quelquefois formées par des steppes nues, désertes et imprégnées de sel ou de natron!, quelquefois au contraire d'une grande fertilité, produisant du blé ou couvertes de grasses prairies. Les rives de la Theiss, du Kæræs, du Danube et de la Save, cours d'eau qui arrosent cette grande plaine, sont maréca- .
geuses et insalubres.
$ 6. Climat. —- Le climat de la zone septentrionale est humide dans le versant de la mer du Nord, froid et nébuleux dans le versant de la mer Baltique. Dans la zone centrale, pays déjà élevé, presque partout le climat est assez rude et sain. La zone méridionale, pays de hautes montagnes, à cause de l’altitude, a un climat froid, et au-dessus de 2,100 m. les cimes restent couvertes de glaciers. Cette dernière zone est extrêmement pluvieuse. En avançant vers l'Est, le climat continental devient de plus en plus excessif, et des étés très-chauds succèdent à des hivers très-rigoureux. Dans le Brandebourg et la Posnanie, les chaleurs extrêmes s'élèvent à + 24° et + 98° R.; les froids extrêmes sont de — 21° à —926° R.
11 faut remarquer que par le fait de l’élévation de plus en plus considérable du sol, en avançant vers le Sud, le climat est aussi froid dans l'Allemagne méridionale que dans l'Allemagne septentrionale, malgré la différence de latitude (47° à 54°). Ainsi, la température moyenne de Hambourg est de 7° R., comme celle de Munich.
Les contrées les plus tempérées de l’Allemagne sont la vallée du Rhin et Vienne. Il
‘ C'estentr'e la Theiss et le pied des Alpes de Transylvanie que se trouvent principalement les steppes.
résulte d'observations faites à Vienne, de 1828 à 1837, que la moyenne maximum a été de + 97° 17 R., et la moyenne minimum de — 12° 94 R. La plus grande chaleur a eu lieu le 14 juillet 1852; elle s'est élevée à + 29° R. Le plus grand froid a été de — 17° R.; ilaeu lieu le 30 janvier 1830.
La température moyenne pour toute l'AIlemagne est 9° 4 R.
$7.Produetions minérales. — Lesmines nombreuses et variées que possèdent les divers étais allemands sont une de leurs principales richesses; les principaux districts miniers sont : la Prusse rhénane, le Westerwald et le Taunus, le Harz et le Thuringerwald, l'Erz-Gebirge, le Tyrol, la Styrie, la Carinthie, l'Erz-Gebirge hongrois et la Transylvanie.
Les principaux produits sont :
La houille, exploitée à Sarrebruck, Düren, dans le bassin de la Ruhr, à Dortmund (Prusse rhénane); dans la Haute Silésie, à Waldenburg; en Bohème, dans les cercles de Pilsen et de Rakonitz; daus la Moravie; en Illyrie;.en Styrie ; en Hongrie ; à Cracovie ; dans le cercle de Zara, en Dalmatie ; dans le Banat, à Pecs et Krasso ; à Zwickau, en Saxe ; dans le Hanovre; .en Ba-
‘vière; dans la Hesss-Darmstadt et en Thuringe. Les principaux bassins houillers sont ceux de Sarrebruck ‘, de Dortmund, de Pilsen et Rakonitz, du Banat et de Zwickau.
L'anthracite, qui est exploité dans le Hanovre, la Hongrie et la Saxe. |
Le lignite, qui abonde dans la vallée du Rhin, aux environs de Cologne, à Dortmund, à Sarrebruck, en Silésie (Laasau), au pied des montagnes de la Thuringe et en Autriche
Le fer, dont les principaux gites se trouvent dans les provinces prussiennes de West-
‘ phalie et du Rhin, dans le Harz, les montagnes de Bohême, de Moravie et de Silésie, et dans la Hongrie. Le fer spathique, excellent pour la fabrication de l'acier, abonde dans le Westerwald et le pays de Siegen, le Thuringerwald, les Alpes de Styrie ?, de Carinthie et du Tyrol. — Les grands centres de fabrication du fer sont : la Westphalie, la province du Rhin et la Silésie, en Prusse ; la Thuringe et le Harz; la Styrie, la Carinthie et le Tyrol, en Autriche,
Le %inc, qui abonde en Silésie, à Tarnowitz, dans le Westerwald et le Taunus.
Le cuivre, que l'on exploite dans le pays
* Les houillères de la Sarre produisent 26,000,000 de quintaux métriques, qu’elles éxportent en France (40 millions de quintaux métriques), en Suisse (1 million) eten Allemagne (1854)
* Entre Mariazell et Vordérnbetg.
de Mansfeld (Saxe prussienne) ; dans l'Erz- Gebirge hongrois ; dans le Banat ; dans le Harz, et à Agordo en Vénétie.
Le plomb, que l'on trouve dans l'Erz-Gebirge hongrois, dans le Harz, en Styrie, en Carinthie, en Bohème, en Moravie et dans les provinces rhénanes.
L’étain, qui est exploité sur le versant saxon de l'Erz-Gebirge.
Le mercure, dont il y a d'importantes mines à Jdria, en Carniole.
L'or, dont les principales mines sont en Transylvanie et dans l'Erz-Gebirge hongrois.
L'argent, que l’on exploite dans l'Erz-Gebirge hongrois, sur le versant saxon de l'Erz- Gebirge et en Bohème. . io}.
Le manganèse, qui abonde dans Je Harz; le cobalt, dans l'Erz-Gebirge saxon et:dans l'Erz. Gebirge hongrois; le nickel, dans l'Erz-Gebirge saxon; l'antimoine,, dans l'Erz-Gebirge hongrois; l'alun, en Hongrie’, la soude naturelle, dans les landes de Debreczin.
On trouve le graphite et le tripoli en Bohême; le soufre (en petites quantités) en Bohème, en Galicie et en Hongrie ; le kaclin à Halle. (dont les gisements approvisionnent les manufactures de Berlin, Meissen et Magdebourg), en Bavière et dans le Vicentin ; les marbres, en Bavière, dans le Vicentin et dans le Véronais; les pierres meuliéres, à Niedermendig (Prusse rhénane) et .à Crawinkel (Saxe); les pierres lithographiques, en Baviére (Solenhofen) et dans le Vicentin; les pierres précieuses, dans l'Erz-Gebirge saxon et bohémien, en Silésie et en Hongrie.
On exploite le sel dans les mines de Wieliczka et de Bochnia, en Galicie;. dans les salines de la Bavière méridionale, du pays de Salzbourg et de la Haute Autriche, et dans les marais salants du littoral de l'Adriatique.
Les, eaux minérales sont très-nombreuses, et leur importance thérapeutique est telle, que l'Allemagne est une des contrées de l'Europe les plus richement aotées à ce point de vue. On peut répartir les sources minérales de l'Allemagne et de la Hongrie en 4 grandes régions divisées en 12 groupes.