CHAPITRE XVII
ROYAUME DE SUËÈDE ET DE NORWÉÈGE !.
8 1. Bornes. — La péninsule scandinave qui comprend la Suède ?, à l'E., la Norwège 5, à l'O., et la Laponie #, au N., est bornée : au Nord, par l'océan Glacial; à l'Ouest, par l'océan Atlantique; au Sud, par la mer du Nord, le Skager-Rack, le Cattégat, le Sund et la mer Baltique ; à l'Est, par la mer Baltique et le golfe de Bothnie ; au N.-E., par la Tornéa et le Muonio, son affluent, et par la Tana, qui séparent la Suède et la Norwège de la Russie.
$ 2. Littoral. — Les côtes de la Suède sont élevées, découpées par une infinité de petites baies (viker ou viig) et bordées de rochers (skœres) on de petites îles rocheuses et nues ; nulle part on n'y voit de grèves, de sables ou de galets; partout ce sont de hautes falaises (150 à 300 m.), plus hautes que la mer qui les baigne n'est profonde, car rarement sa profondeur est de plus de 25 m., et ordinairement elle n’est que de 13 à 16 mètres.
La Baltique forme au Nord, entre la Suède et la Finlande, le golfe de Bothnie, qui est séparé de la Baltique par un groupe d'’iles et de rochers, appelé l'archipel d’Aland5. Le golfe de Bothnie, dans toute sa longueur, qui est de 600 kilom., n'a pas plus de 480 à 220 kilom.
de large ; entreUméa et Wasa, il est encore plus étroit, n'a plus que 75 kilom., est encombré
d’iles et de rochers, et forme un détroit qu'on appelle le Quarken. Le Quarken gèle en entier dans les hivers rudes ; aussi en 1809, quelques détachements de soldats russes ont-ils traversé ce détroit, comme gelui d’Aland, pour venir attaquer la Suède!
Au Sud du détroit d’Aland, dans la Baltique, la Suède possède les deux grandes îles de Gottland et d'Œland; cette dernière est séparée de la Suède par le détroit de Calmar. Au Sud de la Suède est le cap Falsterbo, au delà duquel on entre dans le Sund, important détroit qui sépare la Suède de l'île danoise de Seeland; puis on arrive dans le Cattégat.
Les ports principaux sont : Haparanda, à l'embouchure de la Tornéa, Luléa, Pitéa, Uméa, Ilernœæsand, Gefle, dans le golfe de Bothnie ; — Stockholm, Nykæping, Norrkæping, Calmar, Carlscrona, dans la Baltique ; — Malmæ, Belsingborg, sur le Sund ; — Halmstad et Gæœteborg, sur le Cattégat.
Le littoral de la Norwëge commence, sur le Skager-Rack, au Swinesund, golfe étroit et profond, bordé de rochers élevés et couverts de sapins ; bientôt après on arrive au golfe de Christiania, puis au cap Lindesness ?, au delà duquel la côte se dirige du Sud au Nord, et se distingue par un caractère particulier ; elle est découpée à l'infini par des fiord ou golfes étroits, qui pénètrent très-avant dans l’intérieur des terres et sont bordés de hau:e5 falaises couronnées de forèts de pins et de sa-
‘Les sources principales sont Bencuars et les Voyages de Léoroun pe Bucu, de Twininc et d'ALex. Daumonr.
* En allemand Schweden, en suédois Swerige.
3 En allemand Norwegen, en norwégien Norge, en suédois Norrige.
* En suédois Lappland ou Lappmark ; en norwégien Finmarken ; en lapon Saméanda ou Somellanda.
Il n'y a entre la grande île d'Aland et la Suède qu'un détroit de 25 kilom. qui gèle dans les hivers lrés-rudes (en 1809 par exemple).
* Malgré cela, la Suéde, en cas de guerre, a peu à craindre une attaque sérieuse des Russes sur la glace. Le froid ou la faim ferait périr les troupes qu'on enverrait en Suède, et la mer ne restant gelée qu'un mois ou deux, les soldats russes seraient coupés de leurs communications avec la Finlande. Il n'y a qu'un coup de main de possible.
? Le vrai nom de ce cap est Lindesnaes, cap des tilleuls ; c'est le cap Derneus des Français.
pins, Tout ce littoral est parsemé de rochers, d'écueils et d'ilots peuplés d'aigles et de mouettes, et de grandes iles qui forment plusieurs archipels. Au Sud, il y a l’archipel de Bergen, au centre l'archipel de Drontheim, et au Nord, l'archipel Lofoden (Vesteraalen- Œerne), dont les parages forment une des plus importantes régions de pêche de l'Europe; c'est un groupe d'îles élevées, sans bois, couvertes de pâturages et peuplées de 3 à 4,000 habitants. Tous les détroits qui sépa- . rent entre elles les iles Lofoden s'appellent Stræm (courant) ; celui qui est entre les îles Vaeræe et Moskenesæe (au Sud de l'archipel) est le Mal-stræm; il n'est dangereux que quand le vent du Nord-Ouest souffle en opposition avec le reflux, et il n'a pas dans le pays la célébrité qu'on lui a faite. Le Salten-strœm, à l'entrée du Salten-fiord, est réellement dangereux et bien autrement r'edouté des marins norwégiens.
Au Nord de la Laponie, et à l'entrée du Porsanger-fiord, est l'île Mageræe, terminée par le cap Nord, haute falaise de 400 m., surmontée d'un plateau étendu et couvert de lichens couleur de soufre.
” Les principaux golfes de la côte de Norwège et de Laponie sont : le Bukke-fiord, à l'entrée duquel est Stavanger, le Bœæmmel-fiord, le Hardanger-fiord, le Selbæ-fiord, le Kors-fiord, le Sogne-fiord, le Stor-fiord, le Hals-fiord, le Trondhiem-ford, le Folden-fiord, le Rauenfiord, le Salten-fiord, à l'entrée duquel est Bodœe, le Folden-fiord, le West-fiord (Golle- Occidental) entre la Norwëge et les îles Lofoden, et sur la côte septentrionale de la Laponie, le Porsanger-fiord, le Luxe-fiord, le Tana-tiord et le Varanger-fiord.
Les fiord sont partout peuplés d'algues abondantes et très-poissonneux; aussi, la pêche est-elle très-active sur toute la côte norwégienne, et donne:t-elle d'abondantes ressources à la population. Les parages des Lofoden sont surtout poissonneux, et Vaage (dans l'ile Ost Vaagæe) est le centre de toutes les pêcheries du Nord norwégien ; 4 à 5,000 bateaux et 20 à 25,000 pêcheurs, Norwégiens, Russes, etc., s'y réunissent dans la saison (janvier à avril) pour pêcher la morue dans le West-fiord. Le poisson aime ses eaux tranquilles, tièdes et à l'abri des tempêtes du large; aussi vient-il en masse de tous côtés pour frayer sur les bancs du golfe. On y prend chaque année plus de 25 millions de morues, de qualité excellente, que l'on fait sécheret que l'on vend à Bergen sous le nom de stockfisch. La pèche du hareng est également très-impor-
tante, mais elle se fait dans les parages de Der. gen ; elle occupe 4,500 embarcations et 23,00) hommes, et produit de 8 à 900,000 hectolitres de poisson. Les homards fourmillent dans les rochers du littoral norwégien, surtout entre Christiansaud et le cap Lindesness ; on en er. pédie de grandes quantités à Londres. (n évalue le produit de la pêche en Norwège à 59 millions de francs.
. On a constaté sur toute la côte de la Suëde, et aussi sur celle de la Norwège, les plus remarquables changements dans le niveau de la mer. Des villes maritimes (Pitéa, Luléa, etc.) sont aujourd’hui dans l’intérieur des terres; des bras de mer sont actuellement desséchés et cultivés; çà el là, sur les falaises, à plusieurs mêtres au-dessus du niveau actuel de la mer, on voit les berges de son ancien rivage, La mer a-t-elle baissé peu à peu, comme le croient les habitants, ou bien le sol de la péninsule s'est-il élevé graduellement, comme le pensent quelques géologues ? Quoi qu'il en soit, sur toute la partie du littoral suédois baignée par le golfe de Bothnie et sur la totalit:
du littoral norwégien, entre le cap Lindesness, |
au Sud, et le Varanger-fiord, au Nord, la cûle parait s'élever peu à peu‘, tandis que sur tout le littoral méridionalde la Norwège, et surtout sur celui de la Suède méridionale (en Scanie), on a constaté que la ner s'élevait, ou bien que le sol de la péninsule subissait, dans cette partie, une dépression ?. Sur quelques points, la différence entre les anciens niveaux et le niveau actuel est de 67 m.; on a constaté que l'élévation moyenne du terrain, sur la côte suédoise du golfe de Bothnie, est d'environ 1",30 par siècle.
$ 5. Orographic5. — La péninsule scandinave est traversée dans toute sa longueur par une grande chaine désignée sous le nom général de monts Dofrines # et qui couvre surtout la
* Dès 1700, des savants suédois avaient constalé ce phénomène et avaient marqué des niveaux, qui sont actuellement au-dessus du niveau actuel de la Baltique.
? On a attribuë ces changements de niveau à des soulévements et à des affaissemements partiels dusol. M. Robert croit au contraire (Comptes rendus de l'Acad. des Sc., X, 42) que ces changements de niveau sont causés par un déplacement périodique des eaux, s’'accomplissant lentement du Nord au Midi et réciproquement. Personne n’a encore étudié d'ensemble les asséchements du littoral suédois, l'inondation progressive de la Hollande et des côtes anglaises, la diminution du courant d'eau chaude sur le littoral norwégien, et partant le refroidissement du climat de cette région.
3 Extrait de Léopold de Buch et de Berghaus.
# Altération du mot Dovreftield.
partie occidentale d la Norwége. Les au Sud du (rare jusqu'au cap Lindel 1400 kilomètres.
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partie occidentale de la péninsule, c'est-à-dire la Norwége. Les monts Dofrines commencent au Sud du Varanger-fiord et se prolongent jusqu'au cap Lindesness, sur une étendue de 1,800 kilomètres. Cette chaîne porte divers noms; dans l’extrème Nord, ce sont les montagnes de la Laponie ; puis elle s'appelle, entre Suëde et Norwége, les monts Kiællen ; ensuite, vers le 62° et { de lat., c'est le Dovrefield‘, presque tout entier situé en Norwége ; enfin, le long de la côte occidentale, et en Norwége, on trouve le Langfield, le Sognefield et le Hardangerfield.
La structure des monts Dofrines présente plusieurs particularités ; la première, c'est que la crête de ces montagnes ne consiste pas en sommets aigus, mais en un plateau (field) ondulé, qui, dans la partie méridionale de la Norwége atteint quelquefois une largeur de 25 à 50 kilom. Sur le sommet de ces field, il y a quelquefois des pics isolés, comme le Sneehættan, qui s'élèvent à 1,000 m. au dessus du plateau sur lequel ils reposent. Les field forment de hauts déserts très-dangereux à traverser, à cause du froid et des tempètes qui y règnent.
La hauteur du système scandinave s'augmente en allant du Nord au Sud. Dans la Laponie méridionale, les plateaux du Kiœllen ont une hauteur moyenne de 800 m. ; dans le Dovrefield, les plateaux s'élèvent à 975 m., et à 4,460 m. dans le Sognefield et le Hardangerfield. Les points culminants sont : dans les monts Kiœllen, le Sulitelma (1,883 m.); dans le Dovrefield, le Sneehættan* (2,30, m.) ; dans ie Hardangertied, le Skaagestæltind (2,485 m.), qi est le plus haut sommet de la péninsule.
Toutes les montagnes scandinaves sont pittoresques, escarpées, sauvages, coupées de gorges profondes, de ravins et de défilés difficiles et très-dangereux ; elles sont couvertes de bois, de lacs et de marais, et le plus souvent inhabitées, excepté sur les rives des fiord et des cours d'eau; leurs sommets sont partout nus «l neigeux. De nombreuses et belles chntes d'eau augmentent la heauté de ce pays montueux; une des plus remarquables est la Riukand-foss 5, haute de 300 m. et située dans le Hardangerfield.
La seconde particularité à observer dans ces montagnes, c'est la différence d’inclinaison à l'Est et à l'Ouest, Sur le versant oriental ou suédois, la pente est insensible jusqu'aux pla-
! Field, plaine élevée, plateau.
* Bonnet de neige.
? La chute fumante.
SUÈDE ET NORWÉGE
teaux du sommet (fleld): elle est si douce, qu'on ne s'aperçoit de la différence de hauteur que par le changement du climat et de la végétation. Au contraire, le versant occidental ou norwégien est abrupt ; après avoir traversé les plateaux du sommet, on arrive soudain sur le bord de la mer, où les montagnes plongent immédiatement par des falaises hautes au moins de 650 mètres.
Cette différence des pentes des deux versants a exercé une influence considérable sur le développement des cours d'eau. De nombreuses rivières coulent sur le versant suédois et se jettent dans le golfe de Bothnie et dans le grand lac Wener, tandis qu'un seul fleuve, le Glommen, va finir dans la mer du Nord. Le versant occidental de la chaine scandinave n’est arrosé que par de très-petits cours d'eau; il est, au contraire, baigné, comme on l’a dit, par un grand nombre de fiord, golfes longs, étroits et sinueux, qui semblent occuper le fond des vallées.
Une particularité plus caractéristique de la chaîne scandinave consiste dans une jonction naturelle qui s'établit sur quelques points entre des systèmes hydrographiques opposés. C'est ainsi que la Tornéa se joint avec le Kalix par un bras appelé le Tærendeæ. Plus au Sud, entre le Dovretield et le Langfield, le lac Læssæevand envoie deux cours d'eau, le Langen et le Romsdal, des deux côtés de la chaîne ; ce phénomène est encore reproduit par le Glommen dans ses crues; car, près de Kongsvinger, quand il déborde, il envoie quelquefois une partie de ses eaux, par le Vrangs-elf, dans le lac Wener.
La Scandinavie renferme beaucoup de lacs, situés surtout au pied des montagnes, sur le versant oriental ou suédois ; il y en a aussi beaucoup sur les plateaux du sommet ; le Miœsvandet est à 878 mètres. Il y a encore, dans la Suède méridionale, entre le 58° et le 59° latitude, une rangée de grands et beaux lacs, allant de l'Ouest à l'Est, qui peuvent être considérés comme la limite méridionale extrême de la chaîne dans la partie orientale de
la péninsule scandinave. Ces lacs sont : le lac Wener (5,203 kilom. carrés), le lac Wetter (1,849 kilom. carrés), qui est soumis à deterribles tempêtes, le lac Hielmar (484 kilom.
carrés) et le lac Mælar (1,220 kilom. carrés), dont les bords sont extrêmement pittoresques!. Cette rangée de lacs constitue dans le sol de la Suède une dépresssion qui va d’une mer à l’antre et qui a permis d'établir une
‘* Au-dessous de Stockholm, il s'appelle Salt-Siæn.
ligne de navigation artificielle par le canal de Gothie. Au Sud de cette dépression, la Suède méridionale (Gothie) se relève et forme un plateau, dont le point culminant est le Taberge (338 m.), près de Jonkæping. Tout ce plateau est couvert de petits lacs et de rivières.
La péninsule scandinave consiste presque entiérement en une masse de gneiss et de micachiste, mêlée çà et là à quelques parties porphyriques ou syénitiques. De là vient que le sol manque souvent de la terre végétale qui produit les riches moissons; en effet, formé d'un gravier provenant de la décomposition du terrain primitif, le sol n’est recouvert que par places d'une mince couche de terre végétale, et demande, pour être cultivé, des efforts qui, sans compter la dureté du climat, surpassent beaucoup ce que les habitants des autres pays de l'Europe ont à faire. En revanche, ce sol contient d'abondantes richesses minérales.
8 4. Hydrographie. — On peut diviser la péninsule scandinave en 4 versants, qui sont ceux de l'océan Glacial, au Nord, de l'océan Atlantique et de la mer du Nord, à l'Ouest, du Skager-Rack et du Cattégat, au Sud, et de la
mer Baltique et du golfe de Bothnie, à l'Est.
La mer Glaciale reçoit : la Tana, qui sépare la Laponie russe de la Laponie norwégienne ; — l'Alten, qui arrose la Laponie norwégienne et finit à Altengard, petite ville où il y a un hôpital de lépreux, car la lèpre exerce encore de grands ravages chez les Lapons et parmi les pêcheurs norwégiens.
L'océan Atlantique n’a pour affluents que des cours d’eau sans importance qui se jettent dans les fiord.
Le Skager-Rack reçoit : le Torrisdals, qui finit à Christiansand ; — le Laaven, qui passe à Kongsberg et finit à Frederickswærn ; — le Drammen, qui se jette dans le golfe de Christiania à Drammen ; — le Glommen, la plus grande rivière de la Norwége (550 kilom.), qui sort du Dovrefield et, comme les précédents cours d'eau, coule dans une vallée étroite et encombrée de rochers et de cataractes; il a son embouchure à Frederickstad.
Le Cattégat reçoit la Gotha, qui arrose la Suède; elle sort du lac Wener à Wenersborg, coule à travers un pays hérissé de rochers, forme les chutes de Trollhætta (37 m.) et finit à Gæœteborg. Le lac Wener reçoit à Carlstad la Clura, grande rivière qui sort du lac Fæmund et coule parallélement au Glominen.
La Baltique reçoit la Motala, petite rivière qui sort du lac Wetter et finit à Norrkæping.
Le golfe de Bothnie a pour affluents : le Dal,
502 GÉUGRAPHIE GÉNÉRALE.
grand cours d'eau qui arrose la Dalécarlie et est formé par la réunion du Wester-Dal et de l'Œster-Dal : — le Liusne ; — le Liungan; — l'Indals; — l'Angerman, grossi du Vangel à du Faxe et qui finit à Hernœæsand ; c'est le seul cours d'eau de la péninsule qui soit na. vigable jusqu'à une certaine distance de son embouchure; — l'Uméa, le Skellefléa, la Pi.
téa, la Luléa, le Kalix ; — \a Tornéa et son affluent le Muonio, qui servent de limite entre la Suède et la Rtssie. Toutes ces rivières (elf) coulent parallèlement entre elles ; elles traversent, ainsi que leurs affluents, des lacs longs et étroits: (sæe, vand) ; elles coulent,
* dans leur partie supérieure, dans des vallées
étroites et rocheuses, et, dans leur partie infé. rieure, au milieu de bois et de marais ou de prairies; leur lit est encombré de rochers, d'iles et de cataractes (foss), et leur cours est généralement rapide, fougueux et non navigable.On passe ces rivières en bac ou sur des radeaux, qui forment des ponts flottants et à moitié submergés.
Canaux. — Le principal canal de la Suède est le canal de Gothie, qui établit une grande ligne navigable entre Gæœteborg, sur le Catté gat, et Sæderkæping, sur la Baltique. Elle se compose : 4° du cours de la Gotha, en partie canalisée pour éviter les chutes de Trollhætta; 2 du lac Wener ; 3° d’un canal entre les lacs Wener et Wetter ; 4° d'un canal qui va de Motala, sur le lac Wetter, à Sæderkæping, en suivant une partie du cours de la Motala. Le canal de Gothie est praticable à de petits bitiments de commerce et est d'une exécution remarquable, surtout aux écluses de Trollhætta; il a été exécuté par l'armée, qui est
“employée à tous les grands travaux publics.
$ 5. Topographie, aspect général. — La péninsule scandinave est en général un pays pittoresque, très-beau, couvert de montagnes, de rochers, d'immenses forêts de pins, de sapins et de bouleaux, couvrant 150,000 kilom. carrés, de lacs (42,000 kilom. carrés), de marais et de rivières (17,000 kilom. carrés). Elle se divise en trois régions : la Laponie, au Nord, la Norwége ou région des Fiord, à l'Ouest, la Suède ou région des Elf, à l'Est.
La Laponie est un vaste plateau montueux qui appartient à la Norwége, à la Suède et à la Russie ; il a de 6 à 700 m. d'altitude, est compris entre le 65° et le 71° latitude Nord et est accidenté par les derniers chainons des monts Kiœllen!, toujours couvertsde neigeet de glace.
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SUÈDE ET l'artout la Laponie présente des rochers nus, des marais tourbeux, des lnes et des rivières, des bouleaux nains, ét des forêts. de sapins dans les parties inéridionales : partout aussi, principalement ans l'extrème Nord,
le pays est couvert par l'herhe des rennes, mousse haute et touflue, qui forme comme un immense tapis blanc. Les seules habitations possibles dans ces contrées glacées sont des huttes de terre; les seules richesses qu'on y connaisse sont les rennes, qui fournissent de la chair et du lait pour la nourriture, et des peaux pour les vêtements et les chaussures. Pour vivre, une famille a besoin au moins d'un troupeau de 300 rennes ; un:
troupeau de 4,000 rennes forme une grande richesse. Les Lapons qui n'ont qu'un nombre insuffisant de rennes se livrent à la pèche du saumon, qui est très-abondant dans les ford.
Si en hiver, la nuit dure deux mois et demi (15 novembre-31 janvier), en revanche, pendant l'été, le soleil ne se couche pas depuis le milieu de mai jusqu'à la fin de juillet ; alors, la chaleur est assez grande et l'on est obligé de conduire les rennes sur les hautes montagnes de la Norwége pour les soustraire à la chaleur qui les tue. En hiver, quand la mousse est épuisée, les Lapons conduisent leurs bêtes en Suède, où abonde l'herbe des rennes,
La Norwége est une haute terre montagneuse, très-accidentée, pittoresque, rocheuse ou boisée, habitée et cultivée sur les rives des ford, el presque déserte dans l'intérieur. La population y est disséminée dans des gaard, espèce de fermes où vit une petite colonie de laboureurs et d'ouvriers, et dans lesquels se conservent fidèlement encore aujourd’hui les vieilles traditions, les légendes et mille croyances superstitieuses, derniers vestiges du culte d'Odin. On sait que la redoutable piraterie des Northmans avait son principal siége dans les fiord de la Norwége et du Danemark.
Toutes les provinces de la Suède ont un caractère particulier et une physionomie différente. La Bothnie est plate, cultivée et fertile le long de la mer ; à l'Ouest, il n’y a que des forêts ou des marais. — L'lemptie, la Herjédalie, la Médelpadie, l'Helsingie, la Dalécarlie, la Gestricie et l'Angermanie sont des contrées pittoresques et très-belles, montueuses à l'Ouest, plates à l'Est, partout couvertes de
Finlande, il y a bien des terrains élevés qui forment des plateaux de partage d'eaux, mais on n'y voit plus de chaînes de montagnes proprement dites.
NORWÉGE
forèts, de beaux lacs et de rivières. En hiver, l'aspect de ces provinces est fort différent ; lorsque tout est gelé et couvert de neige, terre, lacs, rivières et rivage de la mer, il n'y a plus qu'une immense plaine blanche, sur laquelle les forêts de sapins forment comme de grandes taches noires. Ce pays est habité par une race forte, hospitalière, patriote, pauvre mais très-industrieuse, et qui conserve ses anciennes mœurs et sa moralité ; elle conserve aussi l'usage des caractères runiques et la vieille langue scandinave, le norruna. — L'Uplande, la terre classique de la Suède, le siége de la primitive histoire du royaume, est une belle et fertile plaine, bien cultivée ; l'agriculture y a pris d'assez grands développements. Au Sud de l'Uplande, la Suède change d'aspect ; le pays devient plat et uni ; les grandes forêts disparaissent et sont remplacées par des champs de blé ; le sol prend les caractères et l'aspect de l'Allemagne du Nord. — La Sudermanie, l'Ostrogothie et la Westrogothie sont de belles contrées, dont les lacs et les montagnes offrent partout les plus beaux aspects ; ce sont aussi de riches pays, couverts de belles fermes, de terres à blé, d'arbres à fraits, de pâturages et &à et là de bois. — Le Halland et le Smaland ont au contraire un aspect triste et gris, ne sont couverts que de rochers de gneiss et de landes arides où croissént des bruyëres et quelques sapins chétifs;’on y voit partout d'énormes blocs de granite (blocs erratiques), renversés les uns sufdes autres ; la population est rare, pauvre et vit dans de misérables cabanes, qui remplacent ici les jolies maisons rouges que l'on voit dans tout le reste de la Suède.
— La Blékingie et la Scanie sont formées de plaines riches et fertiles, peu boisées, produisant beaucoup de blé et présentant çà et là quelques landes; ces deux provinces ressemblent tout à fait au Nord de l'Allemagne. :
$ 6. Climat: — Le climat de la péninsule scandinave, qui est comprise entre le 50° et le 71° lat. Nord, et qui en outre est traversée par une haute chaîne, est très-varié ; en effet, dans le Sud de la Suède, la température moyenne de l'année est de + 9° à 10° C., tandis qu'au cap Nord elle ne s'élève que fort peu au- dessus de 0.
Quoique froid, le climat de la péninsule l'est beaucoup moins que celui de toute autre contrée située sous les mêmes latitudes. Les causes de cette douceur relative sont le voisinage de la mer, le caractère marin du climat et surtout l'action très-influente du grand courant d'eau chaude qui baigne toute la côte