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Fleuves du versant de la mer Caspieune.
L'Oural, appelé jusqu'au dix-huitième siècle le Jaïk, descend du mont Kolghan dans la chaîne de l'Oural ; il coule du Nord au Sud jusqu'à Orsk, où il reçoit l’Or, puis de l'Est à l'Ouest, en passant à Orenbourg et à Ouralsk, où il change de direction et coule de nouveau au Sud, en traversant des steppes ; il se jette dans la Caspienne à Gouriev, après ‘un cours de 8,000 kilom. Entre Orsk et Orenbourg, la rive droite du fleuve est dominée par l'extrémité méridionale des monts Ourals qui viennent s’y terminer. L'Oural forme une ligne militaire, défendue par des postes occupés par des régiments de Cosaques et qui constitue la frontière de la Russie du côté de la Tartarie. Les principaux affluents de l’Oural sont : à droite, la Sakmara, qui descend des monts Ourals et finit à Orenbourg ; — à gauche, l'Or et l’Ilek, qui arrosent des steppes. L'Oural est très-poissonreux entre Ouralsk et la mer Caspienne ; les Cosaques y pêchent de très-grandes quantités d’esturgeons, de sterlets, de bélougas, d'aloses, de truites et de brochets.
Le Volga sort d'un petit lac silué sur le plateau de Valdaï; il coule d'abord de l'Ouest à l'Est jusqu’à Kazan, en passant par Tver, Mologa, Ribinsk, principal port du Volga, Iaroslav, Kostroma et Nijni-Novgorod ; à Kazan, il change de direction, coule au Sud, passe à Simbirsk, Samara, Saratof, Zaritzin et Sarepta, et, après un cours de 3,800 kilom., il se jette dans la mer Caspienne par 72 bras, sur l’un desquels est Astrakhan. Le delta du Volga est un labyrinthe de rivières et de marigots, d'iles de boue, de bancs de sable ou de vase, et de barres qui obstruent les embouchures du fieuve.
Le Volga est une grande artère commerciale liée aux autres fleuves de la Russie par plusieurs canaux. Son cours est lent; sa largeur est de 200 m. à Nijni-Novgorod, de 1,000 m. à Kazan et de 4,000 m. à Sarepta ; sa profondeur est de 4 à 6 m., mais elle est moins considérable aux embouchures. Le Volga reste gelé pendant cinq mois. Il est trèspoissonneux et abonde en sterlets* renommés. — Les affluents du Volga sont : à droite, l'Oka, qui coule du Sud-Ouest au Nord-Est, en passant par Orel, Kalouga, Riazan et finit à Nijni-Novgorod. L'Oka recoit sur sa rive gauche la Moskova (la sinueuse), qui passe près
{ En turk Ethel; en tartare Elel, Idel où Alel. — Le Volga estle Aha des Anciens.
* Espôce d'esturgeon,
de Borodino, à Mojaisk et à Moscou, et la Kliasma, qui arrose Vladimir. Le second affluent de droite du Volga est la Sura, qui passe à Penza. — À gauche, les affluents du Volga sont : la Tverza, qui passe à Tver, li Mologa, la Kostroma et la Kana, grande rivière navigable de 1,600 kilom., qui arrose Permet finit au-dessous de Kazan. La Kama reçoit à droite la Viatka, qui passe à Viatka, et à gauche la Biélaïa, qui descend des monts Ourals et reçoit l'Oufa, à Oufa; l'Oufa a pour affluent l’Aï, qui arrose Zlataoust.
La Kuma coule de l'O. à l'E , arrose Georgievsk et les steppes des Kalmouks. — Le Terek, rivière torrentielle et fougueuse, prend sa source dans le Caucase, coule d’abord du Sud au Nord, en arrosant Vladikavkas et la Kkabardie; il passe à lékatérinograd, où il change de direction et coule à l'Est; le Térek passe ensuite à Mozdok et à Kizliar, où il se partage en plusieurs bras qui se jettent dans la Caspienne. — Le Koisu descend du Caucase et sépare le Lezghistan et la Tchetchénie du Daghestan ; c’est un torrent profond et rapide.
Le Kour ou Mtkvari (Cyrus des Anciens) descend des montagnes de l'Arménie turque, traverse la Géorgie et sépare le Schirvan du Karabagh, en passant à Gori et à Tiflis ; il se jette dans la Caspienne, après ua cours de 800 kilom. Ses affluents” sont, à droite : le Potchavka, qui passe à Akbaltzikhé ; le Jora et l’Alaxani, qui arrosent le beau et fertile pays appelé la Kakhétie ;—à gauche, l'Arus (Araxe des Anciens), qui traverse l'Arménie, sépare la Perse de la Russie et se jette dans le Kour à Djevat. Son principal affluent est l’Arpatchaï, qui passe à Gumri ou Alexandropol.
Canaux. — La Russie po:sède un remarquable système de canaux qui metionten cominunication les diverses mers et rivières de l'empire,
Canaux réunissant ia mer Baltique et la Caspienne.
Canal de Vichneï-Volotchok. — K réunit la Txna, affluent de la Tverza (Volga)et la Msta, affluent du lac Ilmen. — Du lac Ilmen on arrive à la Baltique par le Volkhof, le lac Ladoga et la Néva. Ce canal établit une voie navigable de 5,800 kilomètres, entre Saint-Péters- Fourg et Astrakhan.
Canal de Tikhvine. — 1 réunit la Tikhvina ou Tikhvinka, affluent du Sias qui se jette dans le lac Lagoda, et la Tchagodochtcha, alfluent de la Mologa qui se jette dans le Volga. Ce canal établit une voie navigable de 5,379 kilomèlres.
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RUSSIE ET POLOGNE. 599
Canal de Marie. — I réunit la Vitégra, qui sejette dans le lac Onéga, et la Kouja, qui se jette dans le lac Bielo-Ozero, d'où sort la Scheksna, qui se jette dans le Volga à Ribinsk.
Les voies navigables que l'on vient d’indiquer sont complétées par les 5 canaux suivants :
Le canal de lu Vitégra au Svir, qui contourne la rive sud du lac Onéga et en évite la navigation.
Le canal de la Kovja à la Scheksna, qui contourne la rive sud du lac Bielo-Ozero et en évite la navigation.
Le canal du lac Ladoga ow canal Ladoga,’
qui contourne la rive sud du lac Ladoga, entre le Svir et la Néva, pour éviter la navigation du lac Ladoga. C'est une des voies navigables de la Russie les plus fréquentées ; on y a transporté en 1857 pour 185 millions de francs de marchandises de toutes sortes, de produits naturels et de denrées.
Le canal de Novgorod, qui réunit Ja Msta et le Volkhof et évite la navigation du lac Ilmen.
Le canal du Sias, entre l'embouchure du Sias et celle du Volkhof.
Canaux réunissant la mer Blanche et la Caspienne.
Canal de Kubinskoe ou du duc de Wurtemberg. Il réunit le lac Kubinskoe, qui se décharge dans la Sukhona (une des deux rivières qui forment la Dvina du Nord), et la Scheksna, affluent du Volga à Ribinsk. — Le lac Bielo-Ozero !, d'où sort la Scheksna, et le canal de Marie joignent cette ligne d’eau à la mer Baltique, et par conséquent réunissent la mer Blanche ct la Baltique.
Canal du Nord ou canal de Catherine. — ILréunit la Keltma septentrionale, affluent de la Vytchegda (une des deux rivières qui forment la Dvina du Nord), et la Keltma méridionale, affluent de la Kama (Volga).
Canaux réunissant la mer Baltique et la mer Noire.
Canal Lepel ou canal de la Béréxina. — 11 réunit le lac Berechta, d'où sort l'Ulla, affluent de la Dvina du Sud, et le lac Plava, qui se décharge dans la Bérézina, affluent du Dnieper.
Canal Oginski. — H réunit l'Iasselda, affluent du Pripet (qui se jette dans le Dnieper), et le lac Sventichkoe, d'où sort la Schara, qui se jette dans le Niémen.
{ Lac blanc.
Canal Royal. — 1 réunit la Mukhaviez, affluent du Bug (qui se jette dans la Vistule) et la Pina, affluent du Pripet (qui se jette dans le Dnieper).
Canaux secondaires.
Canal de Fellin.— Ce canal joint le golfe de Livonie au golfe de Finlande, en réunissant le lac Virzjerv, d'où sort le Pernau, qui se jette dans le golfe de Livonie, et l'Embach, qui se jette dans le lac Peypus, d'où sort la Narva, qui a son embouchure dans le golfe de Finlande.
Canal de Veliki-Luki. — 11 joint la Dvina du Sud à la Néva, en réunissant l'Usviatcha, affluent de la Dvina, et le Lovat, qui se jette dans le lac Ilmen. Du lac Ilmen on atteint la Néva par le Volkhof et le lac Ladoga.
Canal du duc Jacques. —N joint le Windau, affluent de la Baltique, et la Dubissa, affluent du Niémen.
Canal de Wiborg au lac Saïma. — 11 ouvre un débouché important à la Finlande.
$ 4. Aspect général: topographie. — Dans toute son étendue, la Russie ne se compose que d'une grande plaine, d'aspect monotone, à peine ridée çà et là par les ondulations du Valdaï et des Uvalli, ou par les collines de la Finlande, mais partout creusée par des crevasses, au fond desquelles coulent les nombreuses rivières qui arrosent cette contrée ; de sorte que les acciaents du sol, au lieu d'être en relief, sont en creux et forment des sillons. La plaine qui constitue la Russie a 2,500 kilomètres du Nord au Sud, et 2,000 kilomètres de l'Ouest à l'Est; c'est la plus grande plaine habitée. Cette disposition absolument plane du sol exerce une action considérable sur le climat, et par suite sur l’agriculture et la civilisation du pays.
On peut diviser la Russie en trois zones :
1° Entre la mer Glaciale et les Uvalli, s'étendent les plaines polaires, couvertes, entre le Mézen et les monts Ourals, de marécages appelés toundras, et au Sud des toundras, de vastes forêts de pins, de sapins et de bouleaux. Dans la partie méridionale de cette zone, le sol devient cultivable. La partie nord-ouest de la région renferme les grands lacs Enara, Saïma, Onéga, Ladoga et Peypust. — 2° Au centre, les plaines de la Russie se composent de terres trèsfertiles alternant avec les forêts. A l'O. de la zone, dans la Podolie, on rencontre le grand marais de Pinsk, traversé par le Pripet (300 kilom. sur 450). — 3° La zone méridionale est limitée
4 La Finlande et le gouvernement d'Olonelz sont presque entièrement couverts de lacs et de marais,
au N. par uneligne allant de Bender à Ouralsk par Jékatérinoslav, et s'étend du Pruth au fleuve Oural ; elle est entièrement formée de steppes, c’est-à-dire de plaines uniformes, absolument plates, sans arbres, et ne produisant qu'une végétation herbacée. Le Don sépare les steppes en deux parties. A l'O. du fleuve, les steppes forment la Nouvelle-Russie, dont les plaines unies, peu fertiles, arides et sillonnées par des ravins profonds et sans eau (balkas), ont de 40 à 50 mêtres au-dessus du niveau de la mer Noire'et finissent brusquement sur la mer par des falaises calcaires de 45 à 20 mètres. Çà et là, quelques tombeaux (kourganes), taupinières de 10 à 15 mètres, rompent la monotomie des steppes et servent de guide aux voyageurs. Le sol est presque partout couvert de Stippa pennala, et cette graminée nourrit de grandes quantités de bêtes à cornes et de moutons mérinos, sans former toutefois les « belles prairies » dont on parle souvent. La Nouvelle-Russie est un centre considérable de production de bêtes à cornes et de mérinos ; on y développe autant qu'on le peut les pâturages. Le liltoral de cette région est fertile, et les Grecs y avaient fondé de nombreuses et importantes colonies.
— A l'Est du Don et de la mer Noire, les steppes se composent de plaines sablonneuses et désertes, dont la surface est unie comme celle de la mer et qui n’ont que 12 ou 15 mètres
PROVINCES
Livonie. é
Courlande. . . . . . . . . ..
Gouvernement de Vologda. . .
— de Mohilev. . , de Saratof, , . .
de Kiev, , . ..
En 1854, on a observé dans le golfe de Finlande, pendant le mois de juin, une température ordinaire de 20° à 25° C., et, le 25 de ce mois, de 29° C. L'été le plus chaud dont on ait gardé le souvenir en Finlande, depuis un siècle, est celui de 4841 ; le thermomètre s’est élevé un jour jusqu'à 42°, 5 G. L'hiver le plus rigoureux a été celui de 1813 à 1814. Le 20 janvier, le thermomètre est descendu jusqu'à — A0°. Tous les hivers, il descend assez sou-
* Une grande partie des détails relatifs au climat et à l'agriculture de la Russie est empruntée aux excellents ouvrages que M. Jourdier a publiés sur la Russie.
* Ainsi la gelée a détruit le sarrasin à Tambof, au cœur de la région agricole, le 24 juin 1847. Ces gelées tardives et prématurées ne permettent de cultiver
d'altitude. On n'y trouve que ‘juelques linians ou lacs salés, quelques flaques d’eau saumätre peuplées d'innombrables quantités d'oiseaux aquatiques, des champs d’absinthe au triste feuillage et des massifs serrés et étendus de grands chardons. Ces plaines salines et couvertes de coquillages marins ou de bancs de sel, sont peuplées par quelques hordes asiatiques, les Kalmouks, célèbres dompteurs de chevaux et brillants cavaliers, les Kirshi, les Kumiks et les Nogais. :
$ 5. Climat! ,— Le climat de la Russie est continental ou extrème, conséquemment les hivers sont longs et rigoureux, et les étés chauds et courts. Le froid atteint souvent 40° C. à Moscou, et à Saint-Pétersbourg le thermomètre marque quelquelois + 40° €, au mois de juin. Dans la- Russie méridionale, le froid est de 25° à 38° C. et la chaleur de 50° à 55°. On compte dans la Russie du: Nord ° 200 journées d'hiver, 130 à 440 dans la Russie centrale, 80 à 400 dans la Russie méridio. nale. Les gelées sont très-souvent prématurées, c'est-à-dire qu’elles ont lieu, trop tôt en automne; trop souvent aussi elles sont tardives, c'est-à-dire qu’elles se font sentir trop tard au printemps et même en été*, de sorte que, dans toute l’année, le nombre des jours sans gelée est très-peu considérable, comme on le voit dans le tableau suivant :