CHAPITRE XXII
ROYAUMES D'ESPAGNE ET DK FORTUG AL.
(ESPANA ET PORTUGAL
l. GÉOGRAPHIE PHYSIQUE.
S 1. Parnes, — La région espagnole est une péninsule joie à l'Europe contimentale par l'isthime des F'irénée. Eile ent barnée fan N., par les Pyrénées, qui à séprcent de à France, et por le golfe de Gas:agne où de Biscaye; à l'O., par l'océan Atiautique; au $., par l'océan Atlantique, lu mer de Cadix, le détroit de Gibraitsr et la Méditerranée ; à l'E., per la nrer Méditerranée,
$ 2. Littoral. — La côte septentrionale de la péninsule espagnole, sur le golfe de Biscaye, est généralenient abrupte, rocheuse et présente çà et là quetques baies étroites (rias), dont le nombre est considérable sur les côtes du la Galice,
Les ports principaux sont : Fontarabie, à l'embouchure de la Bidassoa; les Passaies ;
Saint - Sébastien; Portugalèle, qui sert de.
port à Biibuo; Santander, port de commerce assez important sur une baie vaste et sûre ; Gijon, le rneilleur port de toute la côte et
qui possède une belle rade; puis, après le.
cap de Peñas, le port de Navia. Entre les caps Ortégal et Finistère, la côte est très-décon pée; on y remarque le Ferrol, port de guerre
! Les sources principales sont : Dox See. ne Miano, Dictionnaire géographique et statistique de l'Espagne et du Portugal, 1826.— Huuvoror, Mémoire eur la forme et le “timat du plateau de la péninsule ibérienne, in Henru\, 1825, 15, cahier 1%, — Bonv pk Saixr-VixcenT, Guide du voyageur en Espagne, À vol. in-8°, 1823, — ANTILLON, “éogrephie physique et politique de l'Espagne et ‘tu Portugal, À Vol, jn-8°, 1825, — Genmoxb pr LavIGnE, [tinétaire descriptif, historique et artistique de l'Espagne et du Portugal, À vol. in-1®, 1859. — Mén. du maréchat Sueuer, — Général Fox, Histoire de crrede la Péninsule. -— Benonaus, Grundriss der aphie, SrELen et DeLuas, Cartes d'Espagne. — ‘ouvral PELET, Géographie du Portuyaf, in Spectatsur militaire, W, M3,
trèés-hien situé, la lorogue, port vaste et sûr, et Camarinos, refuge très-utile. Le ea, Finistère (Artabrum promontorium;, est cé lébre dans notre histbire maritime par ies trois batailles que nos flottes y ont livrées contre les Anglais {. Au Sud de ce cap, on trouve plusieurs rias et le port de Vigo avec une belle rade.
Entre l'embouchure du Minho et celle de la Guadiana, le littoral est au Portugal. La côle est basse, sablonneuse où marécageuse et bordée de bas-fonds, entre le Minho et le Mondego; le principal port est Porto, à l'embouchure du Douro; on rencontre ensuite la grande lagune d'Aveiro, au fond de laquelle est le port d'Ovar. Après l'emihouchure du Mondego, on arrive à la presqu’ile de Peniche, terminée par le cap Carboeira et qui offre une baie favorable à un débarquement, impossible partout aiileurs sur cette côte dangereuse. À peu de distance de Peniche, sont situées les iles Berlingas, îlots stériles, mais importants comme lieu de pêche. Au delà du cap Roca, il faut indiquer l'embouchure du Tage et Lisbonne, le cap Espichel et la baie de Setubal : puis on arrive äu cap Saint-Vincent (promontorium Sacrum). Trois batailles navales ont été aussi livrées en vue de ce cap: ha première en 4693 ; Tourville y battit les Anglo-Hollandais; la seconde en 1797; les Anglais y défirent les Espagnols nos alliés ; dans la troisième, en 1833, la flot:: de don Miguel fut détruite, Après le cap f:::6-Vincent, on trouve : le port de Sagres, : gartirent les
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€ En 1747, l'amiral à 00 ? r'escadre de M. de la Jonquière; la mème .miral Hawke baltit l'escadre de M. de l'Eté: ‘&cri: enfin, en 1805, une bataille indécise futliv.. 2.1": : Villeneuve et l'amiral Calder,
grands nai!
siècle pour 2 qui a donné M. de !a C1 l'amiral Bos bouchure de l'Espagne, el teur à l'Esp Jusque ve sahionneuse pou : Ve s'etih qua jourd'hui cor à l'embouch le premier k cop Tral défait: de V Trafalgar et d'Europe et détroit de jurifa, Alge dans laquel une escadre inexpugnab glais, Depuis G côte de la À mée par de au milieu d cond port d situé au for s'élève comi de roches v guerre. Àu plus souver ter d'abord menor, pui tes salines d de la Segu puis au Cap les iles Bal Port-Maho:
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rentrante ( lequel on t grande la, chure du ( lence? et A l'ent sables, est remar qu port de « enfin le trouve le
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port vaste et utile. Le ca, rium:, est cé e par les trois rées contre les n {rouve pluavec une belle
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scadre de M. de al Hawke baltit n, en 1805, une euve et l'amiral
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ESPAGNE ET PORTUGAL
grands navigateurs portugais du quinzième siècle pour aller aux Indes ; le port de Lagos, qui a donné son nom à la bataille perdue par M. de !a Clue, en 1759, le 19 août, contre l'amiral Boscawe a, et le port de Faro. L'embouchure de la Guadiana sépare le Portugal de l'Espagne, et le littoral recommence à apparteur à l'Espagne.
Jusque vers Gibraltar, la côte est basse et «ationneuse ; on y remarque : Huelva, port de peche : embouchure du rio Tinto; Palos, où s'anb+rqua Christophe Colomb et qui est aujourd'hui comblé par les alluvions ;San-Lucar,* à l'embouchure du Gu: ivir ; Rota; Cadix, le premier port de ecommerce de l'Espagne, et k cop Trafalgar, tristement célèbre par la défait: de Villeneuve en 1805. Entre les caps Trafalgar et Spartel, à l'Ouest, et les pointes d'Europe et d'Afrique, à l'Est. est compris le détroit de Gibraltar, sur lequel on rencontre furifa, Algésiras, situé sur une grande baie, dans laquelle l'amiral Linois battit, en 1801, une escadre anglaise, et Gibraltar, place forte inexpugnable qui est entre les mains des Anglais.
Depuis Gibraltar jusqu'au cap de Palos, la côte de la Méditerranée est généralement formée par de hautes falaises et par des rochers, au milieu desquels on trouve Malaga, le second port de commerce de l'Espagne, Almeria, situé au fond d'une baie, le cap de Gaia, qui s'élève comme une immense muraille formée de roches volcaniques, et Cärthagène, port de guerre. Au delà du cap de Palos, la côte est le plus souvent plate et sablonneuse. Il faut citer d'abord une grande lagune appelée Mare menor, puis le cap de Cerbera et les importantes salines de Torre-Vieja. Après l'embouchure de la Segura, on arrive au port d’Alicante, puis au cap Saint-Anfoine, à l'Est duquel sont les îles Baléares, dont ie port principal est Port-Mahon, dans l'ile Minorque. Au Nord du cap Saint-Antoine, la côte décrit une eourbe rentrante qui forme le golfe de Valence, dans lequel on trouve : l'embouchure du Xucar, une grande lagune appelée l'Albufera, l'embouchure du Guadalaviar, Valence, le Grao de Valence* et le Grao de Murviedro.
A l'embouchure de libre, au nier ns sables, est le port des 1{;aques ; jaaë loin, on remarque : Terra», barcelone, le troisitne port de commer:e de l'Espagne, Palamos, enfin le golfe e: le port de- Hosts, où se trouve le seul ancrage de toute la côte pour
sé et nérnnpntmttameneree cv
ÿ le Grao est une plage peu sûre et envasée, où il n'y a pas de port. (Voy. sur ce nom, p. 154.)
les grands bâtiments de guerre. Au delà du cap Creux, extrémité orientale des Pyrénées, on arrive au cap ou pointe*de Cerbera, qui sépare l'Espagne de la France.
$ 3. Topographie ct orographlie. — La péninsule espagnole est une haute terre montagneuse, dont la forme est celle d'un tronc de pyramide carrée; la partie supérieure est occupée par le plateau central de l'Espagne ou plateau de Castille, et les quatre faces latérales sont représentées par les quatre versants de la péninsule.
Le plateau central, qui est le trait caractéristique de la topographie de la péninsule, est limité : au N., par les monts Cantabres et les monts des Asturies; au $., par la Sierra Morena; à l'E., par les monts lhériens ; à l'O., par des contre-forts des monts Carpétaniens et Lusitaniens. 11 renferme le royaume de Léon, la Vieille-Castille, l'Estrémadure espagnole, la Nouvelle-Castille, la Manche, l’Andalousie septentrionale et la partie occidentale du royaume de Murcie. Sa forme est celle d'un quadrilatère irrégulier ; sa superficie est d'environ 200,000 kilomètres carrés!, et sa hauteur moyenne, de 700 mètres. Il est plus élevé au Nord, dans le Léon et la Vieille-Castille, où il a de 800 à 900 mètres, qu'au Sud, dans la Nouvelle-Castille ; il est incliné de l'Est à l'Ouest, depuis les parameras! des monts Ibériens jusqu'au Portugal.
Le plateau de Castille est en général un pays plat et couvert de formations de grès, de gypse, de sel gemme et de calcaire, ce qui explique pourquoi ces hautes plaines sont en général arides, nues, stériles et couvertes de bruyères et de genèts. Les villes et les villages établis au milieu de ces steppes sont situés à de grandes distances les uns des autres; les riviéres sont encaissées profondément et coulent souvent dans des ravins difficiles à franchir; les vallées sont cependant les parties du plateau les plus fertiles et les plus peuplées.
Partout, les talus du plateau de Castille sont très-accidentés, remplis de défilés, de précipices et de ravins; mais le talus oriental est le plus élevé et le plus abrupt ; du côté du Portugal, il s'abaisse par une pente plus allongée et plus douce. Il est entouré à sa base par des terrasses également fort accidentées et qui sont : au Nord, la terrasse de Galice, la terrasse des Asturies et de la province
1 C'est-à-dire les deux cinquièmes de la superticie totale de l'Espagne et du Portugal.
? On désigne sous ce nom, en Castille, et sous celui de #nela, en Aragon, des hautes terres calcaires, nues et désertes,
654 GÉOGRAPIIIE GÉNÉRALE.
de Santander ; au Nord-Est, la terrasse de la Rioja et de l'Aragon ; à l'Est, la terrasse de Valence et de Murcie ; au Sud, la terrasse d’Andalousie ; à l'Ouest, la terrasse de Portugal.
La configuration de l'Espagne fait comprendre l'isolement des provinces entre elles, leurs prétentions à l'indépendance, leurs luttes et l'avantage que la Castille a trouvé dans sa posiion pour devenir le centre de la monarchie. La guerre défensive et de chicane trouve dans un pays aussi montueux de grandsavantages contre l’assaillant : accidents du sol, ravins, défilés, mauvais chemins; les armées et les guérillas espagnoles ont su s'en servir de 1808 à 1813, pour conserver l'indépendance de leur pays.
Le système orographique de la péninsule espagnole se compose du plateau central que nous venons de décrire, des Pyrénées, des monts Ibériens, des monts Carpétaniens, des monts Lusitaniens, de la Sierra Morena et de la Sierra Nevada.
PYRÉNÉES. — On divise la chaine des Pyrénées en deux grandes sections :
Les Pyrénées continentales ou Françaises, entre le cap Greux et le col de Bélate; Les Pyrénées maritimes ou Espagnoles, entre le col de Bélate et le cap Finistère.
Pyrénéescontinentales. — Les Pyrénéescontinentalesont été décrites p. 148; nous n'avons à ajouter ici que quelques détails relatifs aux contre-forts et aux vallées du versant méridional ou espagnol de cette chaîne. Les principaux contre-forts sont : la chaine entre Fluvia et Ter; la chaine entre Ter et Llobrégat ; la chaîne entre le Llobrégat et le Francoli, d’un côté, et la Sègre et l'Ébre, de l’autre, détachant à l'Est le Montserrat (mont scié), groupe de montagnes aiguës, escarpées et séparées les unes des autres par des ravins profonds; la chaine entre Ségre et Balire ; la chaîne entre Balire, Ségre et Noguerra-Pallaresa ; la chaîne entre Noguerra-Pallaresa et Noguerra-Ribagorzana:; la chaîne entre Essera et Cinca ; la chaîne entre Cinca et Ara; la chaîne entre Ara et Gallego; la chaîne entre Gallego et Aragon; la chaîne entre Aragon et Arga. Ces contre-forts séparent entre elles les vallées des rivières qui descendent des Pyrénées pour se rendre à la Méditerranée ou dans l'Ebre.
Pyrénees maritimes. — Elles se subdvisent en :
Monts Cantabres, entre le col de Bélate et lu source de l’Ébre ;
Monts des Asturies, entre la source de l'Ë-
bre et la source de la Navia;
Monts de la Galice, entre la source de |a Navia et le cap Finistère.
Monts Cantabres. — Les monts Cantabres,
compris entre le col de Bélate et la source de .
l'Ebre, portent les noms de Sierra d'Aralar, à l'Est, et de paramera de Reynosa, à l'Ouest, Ils sont moins élevés que les Pyrénées, mais très-äpres et coupés par de nombreuses valiées: leurs sommets ont de 1,500 à 2,000 m., mais beaucoup de cols n'ont que de 5 à 600 m. Ces montagnes forment une partie du talus septen. trional du plateau central. Elles tombent brusquement sur le golfe de Biscaye, mais lorsqu'on a gravi jusqu'à leur faîte; on descend à peine, de 80 à 100 m. environ, quand on se dirige au Sud, sur leur versant méridional, parce qu'on trouve aussitôt les hantes plaines du plateau Castillan. Les cols principaux qui traversent ces montagnes sont : le port on puerto d'Arlaban ou de Salinas, par lequel passe la route de Bayonne à Madrid, Je por!
d'Orduña (route de Burgos à Bilbao) et le port Escudo (route de Burgos à Santander).
Monts des Asturies. — Les monts des Asturies forment avecles monts Cantabres le talus septentrional du plateau de Castille; ils se composent d'une série de pics aigus, neigeux, trés-pittoresques, boisés, ravinés et très-escarpés. Ils portent les noms de Sierra de Sejos (1,754 m.), de Sierras Albas (2,144 m.), de Sierra de Cobadonga, et, à l'Ouest, de Peña Marella (2,885 m.). La Sierra de Cobadonga et ses cavernes sont célèbres dans l'histoire primitive de l'Espagne pour avoir été le théâtre de la lutte de Pélage contre les Arabes et le berceau du royaume des Asturies. Le seul passage praticable qui existe dans les monts des Asturies est le port de Pajarés, traversé par la route de Léon à Gijon. Les monts des Asturies détachent à l'Est de la source du Sil un grand contre-fort, qui se dirige d’abord au Sud, sous le nom de Montuñas de Léon, entre le Sil et les affluents de l’Esla ; puis, en entrant dans la partie Sud-Est de la Galice, il porte le nom de Sierra de San-Mamed, se ramifie et envoie de nombreux chainons dans les deux provinces portugaises de Tras-os-Montes et de Entre-Douro-et-Minho.
C'est dans la partie septentrionale de ce contre-fort que se trouve le port de Manxanal, traversé par la route d’Astorga à Lugo.
Monts de la Galice. — Les monts de la Galice contournent les sources de la Navia, de l'Eo et du Minho, et vont finir au cap Finistère. Un premier contre-fort se détache #nt:2 les sources de la Navia et du Minho, sous le nom
de Sierra Cons meaux tout le p Minho. C’est da le port Piedra d'Astorga à Lug second contre-fd mont de la Tecy suitle Minho, s embouchure.
deux’ contre-for qui accidentent Galice.
MonrsIBÉRIENS impropre une S nueset désertes, mencent vers R dominent les pi et se terminent Sierra d’Albarra ronnées par de } les noms de : S les derniers con de Pancorbo, mont Urbion o Sierra Moncayo Sierra de Moli Sierra d'Alba montagnes arid culminant est le Tage, le Xucar prennent leurs racin, les monts mant trois gran sur la terrasse dirigent : le pr le Myarès, aflu Xiloca et le G sous les noms d Arès (1,500 m dalaviar et le Ca nale est le por défilé sur la ro:
troisième, entr Les cols prin ceux que trave 205, dans la Sier à Madrid, dans | Monis Carré sépare les bass tache de la V'Est à l'Ouest, nomsde : A/tos Sierra Guada
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ESPAGNE ET
de Sierra Constantino, et couvre de se: rameaux tout le pays compris entre le Sil et le Minho. C'est dans cette chaine que se trouve le port Piedrafila, traversé par la route d'Astorga à Lugo (Madrid à la Corogne). Un second contre-fort se détache de la chaine au mont de la Tecyra, à la source du Tambre, et suitle Minho, sur sa rive droite, jusqu'à son embouchure. Les monts de la Galice et ces deux contre-forts ont de nombreux rameaux qui accidentent fortement toute la terrasse de Galice.
MonrsIBériENS. — On désigne sous cenomtrèsimpropre une suite de hautes terres calcaires, nues et désertes, appelées parameras, qui commencent vers Reynosa, à la source de l’Ebre, dominent les provinces de Soria et de Cuenca etse terminent dans l’Aragon méridional à la Sierra d’Albarracin. Les parameras sont couronnées par de hautes montagnes, qui portent les noms de : Sierra d'Occa (1,657 m.), dont les derniers contre-forts forment le Garganta! de Pancorbo, défilé de 12 pas de large ?; mont Urbion ou Urbiad ; Sierra de Madera ; Sierra Moncayo (2,925 m.); Sierra Ministra ; Sierra de Molina (1,368 m.), et enfin de Sierra d'Albarracin (1,950 m.), massif de montagnes arides et décharnées, dont le point culminant est le pic ou Cerro San-Felipe, où le Tage, le Xucar, le Cabriel et le Guadalaviar prennent leurs sources. À la Sierra g’Albarracin, les monts Ibériens se terminent en formant trois grands contre-forts, qui descendent sur la terrasse orientale de l'Espagne et qui se dirigent : le premier, entre le Guadalaviar et le Myarès, affluents de la Méditerranée, et le \iloca et le Guadalope, affluents de l’Ebre, sous les noms de Peña Golosa et de Muela de Arës (1,500 m.); — le second, entre le Guadalaviar et le Cabriel; à son extrémité méridionale est le portillo de las Cabrillas, célèbre défilé sur la route de Valence à Madrid; — le troisième, entre le Cabriel et le Xucar.
Les cols principaux des monts Ibériens sont ceux que traversent la route de Vitoria à Burgos, dans la Sierra d'Occa, et celle de Saragosse à iadvid, dans la Sierra Ministra.
Mois CanpéTaniENs. — Cette chaîne, qui sépare les bassins du Douro et du Tage, se détache de la Sierra Moncayo et traverse, de l'Est à l'Ouest, le plateau de Castille sous les nomsde : {cos de Barahona, Sierra de Ayllon, Sierra Guadarrama (2,500 r>.), paramera
! Garganta, gosier.
$ € "st ar ce coupe-gorge que passe la grande route de Vitor:. à Burgos (Bayonne à Madrid).
d'Avila, Sierra de Gredos (hautes parameras de 3,000 m.), Sierra ou Peña de Francia (1,734 m.) et Sierra de Gata (1,800 m.).
Lorsque le plateeu se termine, la chaine se continue sur la terrasse de Portugal, mais en se bifurquant et en formant la Serra de Acoba ou Caramujo, entre Douro-Vouga et Mondego, et la Serra d'Estrella, montagnes de 2,300 m., rudes, sauvages et granitiques, entre Mondego et Tage; la Serra d'Estrella se termine au cap Roca sous, le nom de Serra Moniachique. La longue chaîne des monts Carpétaniens est partout étroite, sinueuse, estarpée, sauvage, coupée de gorges et de ravins ; aussi forme-t-elle un excellent boulevard contre une invasion qui menacerait Madrid par le Nord. Les passages y sont rares ; les principaux sont : le port de Somo-Sierra (1,507 m.), sur la route de Burgos à Madrid, célèbre par la victoire que Napoléon y remporta le 1°" décembre 1808; le puerto de los Siete Picos, sur la route de Ségovie à Madrid; le port de Guadarruma (1,570 m.), traversé par la route de Tordesillas à Madrid et célèbre par l'ouragan qui arrêta l’armée française, les 23-24 décembre 1808, pendant sa marche de Madrid
-sur Valladolid; le port de Baños, sur la
roule de Salamanque à Plasencia. — Le versant sud de la Peña de Francia et de la Sierra de Gata renferment les vallées de Batuecas et de Hurdès, entièrement isolées au milieu d’un chaos de montagnes et habitées par une population presque entièrement sauvage.
Monts Lusiraniens. — Cette chaine commence au milieu des hautes plaines Gu plateau de Castille, au Sud de Tolède, sans se rattacher aucunement aux monts Ibériens. Elle porte d'abord Je nom de monts de Tolède, puis ceux de Sierra de Guadalupe(1,559 m.), Sierra de Montanchés, Montes los Mochalës, et Sierra de San-Mamed; elle entre ensuite en Portugal, dans l’Alentejo, ou elle est appelée Serra de Portalègre et Serra d'Ossa (100 m.), et vient finir dans tes Campos de Beja et &'Ourique; elle est entièrement séparée par ces hautes plaines de la chaine es Algarves, amas de rochers et de volcans éteints, se dirigeant de l'Est à l'Ouest et s’appelant Serra de Caldeirao, à l'Est, et Serra de Monchique, à l'Ouest (1,280 m.). — De cette dernière serra se détache la Serra de Figueira, qui va former le cap Saint-Vincent, — Les monts Lusitaniens, en général peu élevés, séparent le bassin du Tage de celui de la Guadiana.
Siërra Morena où Monracxes Noires (Marianus mons).— La Sierra Morena, qui forme le talus méridional du plateau de Castille, n’a
l'aspect d'une chaîne de montagnes que sur son versant sud ; de ce côté, en effet, ses pentes, larges et adoucies, ont 1,009 mètres de hauteur ; mais après les avoir gravies et être arrivé sur les hautes plaines de la Manche et de l'Estrémadure, on ne redescend pas. La Sierra Morena commence à l'Ouest de la haute plaine de Murcie et va finir sur la Guadiar: !°rieure, en portant les noms par!
Sierra de Alcarax, à sa naissance, de # 2774 Morena, de los Pedrochés, de Sierra de tonstantina (1,072 m.) et de Sierra de Aroche.
Les vallées de la Sierra Morena, bien cultivées, seraient d’une grande fertilité, mais elles sont incultes, désertes! et couvertes de cistes, d'yeuses, de chênes à kermès, de bruyères, de lavande, d'arbousiers, de lentisques et d’autres arbustes à feuillage luisant ét obscur, ce qui a valu à ces montagnes le surnom de noires. Les passages principaux de la Sierra Morena sont : le col de Despeña-Perros (prècipite-chiens) (545 :n.), étroit défilé au-dessus duquel les rochers, en se rapprochant, forment une voûte ; il est traversé par la route de Madrid en Andalousie, chaussée remarquable construite en 1779 ; avant Ja construction de cette route, on passait par le puerto del Rey
(530 m.), situé un peu à l'Ouest du précé-
dent ; — le puerto Calatraveno (chemin de Cordoue en Estrémadure) ; — le puerto de Guadalcanal (chemin de Séville en Estrémadure) ; — le puerto de Monasterio, dans la Sierra de Constantina, traversé par la route de Séville à Badajoz.
La Sierra Morena est située entre les bassins de la Guadiana et du Guadalquivir; mais on ne peut pas dire exactement qu'elle sépare les deux bassins, car plusieurs affluents du Guadalquivir, pour descendre des plateaux supérieurs, coupent et traversent à pic le mAssif de la Sierra Morena.
Sienna Nevana. — Les montagnes de Grenade forment un système séparé qui couvre tout le royaume de Grenade, se dirigeant de l'Est à l'Ouest entre le Guadalquivi” et la Méditerranée. Le sommet de ces montagnes forme un plateau assez large, dont le talus septentrional s'appelle Sierra Filabrés, puis Sierra Nevada (montagnes neigeuses), et dont le talus méridional est désigné sous les noms de Sierra Alhamilla, de Sierra de Gador, de las Alpujarras et de Sierra de Alm'jaras. Le plateau finit dans la Sierra de Almijaras, et la chaine. devenant plus étroite et de plus en plus basse, se dirige au Sud-Ouest, sous les
mg dd ont mms ‘ Ce sont ces landes ou solitudes que l'on appelle Dehesa.
noms de Sierra Tejada (2,550 m.), Sierra de Alhama (1,793 m.), Sierra de Malaga, Ser.
rania de Ronda (1,832 m.) et Sierra de Ubri.
que (1,462 m.), pour aller finir au cap Trafalgar et à la pointe de Tarifa.
C'est dans les montagnes de micachiste et de gneiss de la Sierra Nevada que se trouvent le Picacho de Veleta (3,470 m.) et le Cerro de Mulahacen (5,554 m.), les plus hautes montagnes de l'Espagne. Le versant méridional des Alpujarres est coupé de vallées profondes, bien arrosées, trés-fertiles et bien cultivées, Le versant nord de la Sierra Xevada s'abaisse en terrasses sur Île Guadal.
quivir et forme le plateau de Grenade, entouré au Nerd : montagnes de Grenade et arrosé par le Xenil, Les passages principaux qui existent au milieu de ces montagnes sont : la voute d'Almeria à Baza, le chemin de Malaga à Grenade, par le port de Zaffraya, et la rorite de Malaga à Antequera!,
$ 4. Hydrographie. — Ligne de par.
tage des eaux. — La ligne de partage des eaux de l'Espagne commence au pic de Cor. litte et finit à la pointe de Tarifa ; elle suit la crête des Pyrénées centrales, des Pyrénées occidentales et des monts Cantabres; elle traverse les parameras des monts Ibériens, puis les hauts plateaux des provinces de Cuenca et de la Manche, Au milieu des plaines de ces deux provinces, entre Cuenca et je Lampo de Montiel, aucun relief ne sépare les eaux, et la ligne de partage n’est indiquée que par l'intersection géométrique, souvent incertaine, des plans de pente des deux versants.
Au delà du Campo de Montiel, la ligne de faite traverse la haute terre de Murcie, rejoint la Sierra Nevada et suit les Alpujarres, la Sierra de Almijaras, la Sierra Tejada, la Sierra de Malaga et la Serrania de Ronda.
Division en versants, fleuves et rivières. — La ligne de partage des eaux que l'on vient de décrire divise l'Espagne en deux versants :
Le versant de l'océan Atlantique, au Nord et à
l'Ouest: (HER Le versant de la Méditerranée, au Sud et à l'Est.
1 Les r rtagnes que l'on vient de décrire couvr at presque toute la péninsule, qui ne renferme u petit nombre de plaines, dont les plus imi utes sout : le Lampourdan; la vallée de l'Ebre, ie la Sévre et l'Aragon; la huerta de Valence, entre le Guadalaviar et le Xucar ; la huerta de Murcie, entre Alicante et Carthagène; la plaine du Guadalquivir, entre Ubeda et la mer; la plaine littorale de l'Andalousie, entre Tarifa et Ayamonte; la plaine de la Guadiana, depuis Ayamonte jusqu’à Mertola; la plaine comprise entre Lisbonne, Abrantès etEvor1; la plaine du bas Douro; les hautes plaines du plateau central et la véga de Grenade.
Les rivières d que sont :
La Bidassoa. . .
Le Nervion, appe
sa à son embo La Saya ou rio d£
ÈS. + + + + Le rio Deba..
Le rio Sella .
Le rio de Pravi
La Navia. . .
L'Eo. . + Le Mandao. .
Le Tambre. .
l'Ulla.
Le Lerez. . .
Le Minho, qui à
Portugal.
Le Cavada, qui Le Douro, qui a rasse de Po La Nouga. . .
Le Mondego.….
Le Tage, qui at rasse de Port Le rio Sadäo..
Le rio d’Odemi Divers ruisseau garves.
La Guadiana, « terrasse d’At Le rio Tinto et Le Guadalquivi Le Guadalète.
Les rivieres
Le rio Guaudiai Le rio Guadal Le rio de Vel Lerio Grande d Le rio Adra. .
Le rio d’Alme La Segura.
Le Xucar. . .
Le Guadalavia Le twiedro, Le Myarès.. .
Le Vinaros. .
L'Ébre, qui a l'Aragon.
Le Francoli.
Le Llobrégat Le Besos. , La Tordera.
Le Ter. , La Fluvia., La Mouga, .
BassiN pu Sierra de M
Minho, en
.), Sierra de alaga, Ser.
ra de Ubri.
AU. Cap Tra-
icachiste et è se trouvent et le Cerro plus hautes ant méridiovallées proles et bien a Sierra Ne. le Guadal.
ade, entouré Grenade et principaux agnes sont :
min de Ma.
Zaffraya, et
e de parpartage des pic de Cor.
elle suit la Pyrénées 00 s; elle traériens, puis de Cuenca et ines de ces t le Campo e les eaux, 1ée que par ent incer- IX versants, igne de faite , rejoint la s, la Sierra a Sierra de
rivières, — ‘on vient de rsants :
à Nord et à d'et à l'Est.
décrire coune renferme les plus im- Se de l'Ebre, de Valence, prta de Murine du Guaine littoraie le ; la plaine Mertola; la ès etEvor1; du plateau
Les rivières du versant de l'océan Atlantique sont :
La Bidassoa. , . . . .
Le Nervion, appelé l’Ansa à son embouchure.
La Saya ou rio de Suanss De ga e Le rio Deba.. , . . .
Le rio Sella . , . . .
Le rio de Pravia., , .
La Navia. . , . .
LB, . ee... es
qui arrosent la terrasse septentrionale de l'Espagne.
L Lu 4 te qui arrosent la terrasse tr sang de Galice.
: IS 'IPEGS 10119 1 2P 710
Le Lerez. . . . . . .
Le Minho, qui arrose la terrasse de Galice et de Portugal.
Le Cavada, qui arrose la terrasse de Portugal,
Le Douro, qui arrose le plateau central et la terrasse de Portugal.
La Vouga, , , . . quiarrosent la terrasse
Le Mondego.. . . . . de Portugal.
Le Tage, qui arrose le plateau central et la terrasse de Portugal. ;
Le rio Sadäo.. . , . . | quiarrosent la terrasse
Le rio d'Odemira. . de Portugal.
Divers ruisseaux qui arrosent la terrasse des Algarves.
La Guadiana, qui arrose le plateau central et la terrasse d'Andalousie.
Le rio Tinto et l'Odiel. Rare terrasse
Le Guadalquivir. . . d’Andalousie.
Le Guadalète, . . . .
Les rivières du versant de la Méditerranée sont :
Le rio Guauiaro. . . .
Le rio Guadaliore. . .
Le rio de Vele:
Lerio Grande de Orgiva.
Le rio Adra. . . . .
Le rio d'Almeria.. . .
La Segura.
Le Xucar. . , ..
Le Guadalaviar. .
Le Awiedro, .
Le Myarès., . . . . .
Le Ninaros. . . . . . |
L'Ébre, qui arrose la terrasse de la Rioja et de l'Aragon.
Le Francoli, , . . .,
Le Llobrégat, . ,
Le Besos. , . . , . .
La Tordera, , ,
qui arrosent la terrasse d’Andalousie.
qui arrosent la terrasse de Murcie et de Valence.
qui arrosent la Catalogne,
0 eo se + +
La Fluvia., . .
La Mouga, . .
Bassin pu Minno !. — Le Minho sort de la Sierra de Mondoncdo, dans les monts de la sr tn "st; mm me
* Minho, en portugais ; Miño, en espagnol.
ESPAGNE ET
Galice, coule du Nord au Sud dans la Galice,
passe à Luge et à Orense, puis sépare la Galice du Port 41, arrose les petites places de Salvatierra, Tuy et de Valença, et se jetté
dans l'Océan. 11 ne reçoit à droite que des ruisseaux ; à gauche, son affluent principal est le Si, qui descend des montagnes des Asturies, arrose dans sa partie supérieure un pays fertile et peuplé, appelé le Vier20, et reçoit un grand nombre de petites rivières.
Bassin ou Douro !.— Le Douro a sa source au mont d'Urbion, dans les parameras de la province de Soria. Dans la partie supérieure de son cours, il coule droit à l'Ouest et traverse la Vieille-Castille et les villes de Soria et d'Aranda. Son lit est très-profond, étroit et creusé at milieu d'immenses plaines désertes, ravagées par le vent ou brülées par le soleil, et sur lesquelles on ne rencontre qu’une végétation rabougrie formée de cistes, de bruyères et de phlomides. Ses premiers affluents, la Pisuerga, l'Arlanzon, l’Arlanza et le Carrion, ont également creusé leur lit au milieu de landes pla- Les et stériles. À Aranda, où la grande route de France à Madrid traverse le Douro, la vallée du fleuve commence à s’élargir et à devenir plus fertile, Au delà, il entre dans le royaume de Léon, où il passe à Tordesillas, à Toro et à Zamora ; puis il tourne brusquement au Sud, coule dans une espèce de fente, passe à Miranda et sert de limite entre l'Espagne et le Portugal, depuis Miranda jusqu’au confluent de l’Agueda. Enfin, le Douro, arrivé sur la terrasse de Portugal, sépare les provinces de Tras-os-Montes et d'Entre-Douro-et-Minho, à droite, de la province de Beïra, à gauche, et après avoir passé à l'orto, il se jette dans l'Océan par une embouchure encombrée de bancs de sable et de rochers. Le Louro traverse, dans la partie inférieure de son cours, une large vallée, bordée des deux côtés par de hautes montagnes dont les flancs sont couverts de vignes qui produisent le vin de Porto. Le cour: du Douro est de 700 kilom., et sa largeur moyenne de 60 à 160 mètres, Ce fleuve est guéable sur plusieurs points pendant les grandes chaleurs de l'été.
Les affluents de droite du Douro sont :
En Espagne :
La Pisuerga, qui prend sa source dans la Sierra de Sejos et passe à Valladolid; elle reçoit de nombreux affluents, qui sont, à droite: le Carrion, qui sort des Sierras Albas et arrose Palencia ; à gauche : l’Arlania, qui reçoit
! Douro, en portugais; Duerv, en espagnol.
l'Arlanzon, sur lequel est Burgos ; — le rio Seco, appelé d'abord le rio Sequillo, qui arrose une vallée fertile et passe à Medina del rio Seco ; cette rivière, très-considérable en hiver, est presque à sec en été; — l'Esla, qui sort des montagnes des Asturies et traverse le royaume de Léon ; les principaux de ses nombreux affluents, sont, à droite : la Bornesga, qui passe à Léon; l'Orvigo, qui passe près de Benavente et reçoit le Tuerto, sur lequel on trouve Astorga; à gauche: la Cea, qui traverse Sahagun ;
En Portugal :
Le Sabor, le Tua et le Tamego ; celte dernière rivière passe à Chavès.
Les affluents de gauche du Douro sont :
En Espagne :
L’Adaja, qui passe à Avila et reçoitl'Eresma; cette seconde rivière descend de la Sierra Guadarrama et arrose une vallée stérile, dans laquelle on remarque Saint-Ildefonse et Ségovie; — le Tormés, qui a sa source dans la Sierra de Gredos et passe à Albe et à Salamanque; — l'Agueda, qui descend de la Sierra de Gata, traverse Ciudad-Rodrigo et dans son cours inférieur sert de limite entre l'Espagne et le Portugal;
En Portugal :
Le Coa, qui sort de la Serra Estrella et arrose Almeida.
Bassin nu Monneco. — Le Mondego descend aussi de la Serra Estrella ; il traverse la province portugaise de Beira et passe à Coïmbre.
Bassin Du Tace!.—LeTagea sa source dans le Cerro San-Felipe, point culminant des parameras d'Albarracin ; il traverse, sur le plateau, les provinces de la Nouvelle-Castille et de l’Estrémadure, et coule jusqu’à Punhete au milieu de campagnes dépouillées, arides, sauvages et souvent désertes ; son lit est encaissé entre deux rives rocheuses, tristes et stériles. 11 passe à Almonacid, Aranjuez, Tolède, Talavera de la Reyna, dans la Nouvelle-Castille, et à Alcantara, dans l’Estrémadure, où il a 200 m. de largeur. Pour descendre du plateau et arriver sur la terrasse de Portugal, le Tage coule, au milieu d'un désert, dans une gorge profonde etencaissée, où il forme de nombreux rapides, passe à Abrantès et arrive enfin à Punhete, où il a 500 m. de largeur et où il devient navigable. À partir de Punhete, le Tage cesse de rouler dans des gouffres, tra- EE
4 En espagnol Tajo; en portugais Tejo.
verse les plaines fertiles de l'Estrémadure por. tugaise, arrose Santarem et descend à ia mer majestueux et immense. Avant carrier à Lisbonne, le Tage s’élargit et forme ur vasie rade de 16 kilom. de long sur 8 de large, à l'extrémité de laquelle est Lisbonne et son port; à Lisbonne, le fleuve se rétrécit et se Jette dans l'Océan par un goulet étroit, trèsfortifié et long de plus de 8 kilom. Le cours de ce fleuve est d'environ 1100 kilomètres,
Les affluents de droite du Tage sont:
En Espagne :
Un grand nombre de rivières torrentielles, sans importance et n’arrosant aucune ville considérable. Les principales sont : le Tajuna, qui reçoit le Xarama; cette dernière rivière descend de la Sierra Guadarrama et a pour affluents, à droite, le Manxanarés qui passe à Madrid, et, à gauche le Hénarés qui passe à Guadalaxara et à Alcala; — l’Alberche, qui se jette dans le Tage près de Talavera, en formant une position militaire célèbre par la bataille qui s'y livra en 1809; — l’Alagon ;
En Portugal :
Le Zézéré, qui sort de la Serra Estrella, coule dans une vallée encaissée et se jette dans le Tage à Punhete.
Les affluents de gauche du Tage sont:
En Espagne :
Des torrents sans importance;
En Portugal :
Le Zatos, grande rivière formée de la réunion du Souro, de l'Ervedal et de l'Odivor.
Bassin pu Sanao, — Le Sadao sort de la Serra Caldeirao, coule au Nord, arrose la province portugaise d’Alentejo et se jette dans la baie de Setubal.
Bassin pe LA Guantanat. — La Guadiana sort des marais de Ruydera, situés sur les hautes plaines de la Manche appelées le Campo de Montiel. À 50 kilomètres de sa source, la Guadiana disparaît au milieu des joncs et des roseaux qui couvrent la vallée marécageuse dans laquelle elle coule, et fort loin de là, à 24 kilom., elle ressort de terre avec impétuosité et forme deux étangs appelés Los ojos de Guadiana (les yeux de la Guadiana); elle reçoit presque aussitôt l'Axuer et le Giguela. Toute cette partie du bassin de la Guadiana ne forme qu'un vaste marais; le sol est comme délayé, et « les racines des plantes
1 Oued Anas, la rivière Anas, en arabe. — Anas est le nom latin de ce fleuve,
quelque consista
uatiques liées
s'échappe sous les ja Guadiana cou l'Estrémadure, at mais ravagé et désert par les villes qu'elle a et Badajoz, dans ensuite dans le Serpa une gorge la plus resserrée (Sallo del Lobo), sa vallée devient 1 de 800 kilom., Ayamonte, en sé Portugal.
Les affluents d en général peu supérieure de 80 grossi du Zamarc rivière sortant d jada Joncosa et point, la ligne d Rus et le Xucar, la Méditerranée, 90 kilom. de }1 laquelle il n’exisi che que la Guadi:
fluénts, qui sont :
dont la source es!
à Valdepeñas; d l'Ortiga et le Guc pays appelé la Se jira, la Albuher d'alluvions très- Barros, l'Ardila fluent est à Mo Chanxa, dont le l'Alentejo.
Bassin pu Gus arabe Oued el K Guadalquivir tre Andujar, Cordot coule dans un 1 resserrée, profoi sous de Cantilla plaine basse app jusqu’à l'Océan de plantes mari tiques, de tam nicie; dans ce Guadalquivir p:
grandes îles et Lucar de Bara kilom. Le Guad:
endroits penda:
dure por.
à la mer Drritop " Vasie e large, à e et son Écit et se Oit, très= Le cours êtres, t:
entielles, une ville Tajuna, e rivière pour afpasse à passe à e, qui se formant bataille
la, coule dans le
ont :
Ja réuvor.
a Serra royince la baie
adiana sur les Campo Source, ncs et larécart loin 'e avec lés Los diana); le Gia Guale sol lantes
nas est
ESPAGNE ET
aquatiques liées entre elles lui donnent seules quelque consistance ; de toutes parts l'eau s'échappe sous les pas du voyageur. » Au delà, ja Guadiana coule, dans la Manche et dans l'Estrémadure, au milieu d’un pays fertile, mais ravagé et transformé en un véritable désert par les moutons transhumants. Les villes qu'elle arrose sont : Medellin, Mérida et Badajoz, dans l'Estrémadure. Elle entre ensuite dans le Portugal, traverse près de Serpa une gorge très-étroite, dont la partie la plus resserrée s'appelle le Saut du Loup (Sallo del Lobo), puis elle passe à Mertola, où sa vallée devient large, et enfin, après un cours de 800 kilom., elle se jette dans l'Océan à* Ayamonte, en séparant l'Espagne d'avec le Portugal.
Les affluents de droite de la Guadiana sont en général peu importants. Dans la partie supérieure de son bassin, elle reçoit le Giguela, grossi du Zamara, dans lequel se jette le Rus, rivière sortant du marais qu'on appelle la Cañada Joncosa et qui longe le Xucar; sur ce point, la ligne de partage des eaux entre le Rus et le Xucar, c’est-à-dire entre l'Océan et la Méditerranée, traverse une plaine de 16 à 20 kilom. de lngueur, sur 1 de large, dans laquelle il n’exisie aucun relief. — C’est à gauche que la Guadiana reçoit ses principaux affluénts, qui sont : dans la Manche, le Jabalon, dont la source est près de Montiel et qui passe à Valdepeñas; dans l'Estrémadure, le Zuja, l'Ortiga et le Guadamex, qui arrosent le beau pays appelé la Serena, le Matachel, le Guadajira, la Albuhera, qui traversent la région d’alluvions très-fertiles nommée la Tierra de Barros, l'Ardila, grande rivière dont le confluent est à Moura, dans le Portugal, et le Chanza, dont le cours sépare l’Andalousie de l'Alentejo. ;
Bassin pu Guanazquivir (en latin Bætis, en arabe Oued el Kebir, la grande rivière), — Le Guadalquivir traverse l'Andalousie et passe à Andujar, Cordoue et Cantillana ; jusque-là, il coule dans un lit rocheux et dans une vallée resserrée, profonde et très-accidentée. Au-dessous de Cantillana, le fleuve entre dans une plaine basse appelée la Marisma, qui se continue jusqu’à l'Océan et qui est couverte de salines, de plantes maritimes ou de buissons de lentisques, de tamaris et de genévriers de Phénicie; dans cette région tout africaine, le Guadalquivir passe à Séville, forme plusieurs grandes îles et se jette dans l'Océan, à San- Lucar de Barameda, après un cours de 480 kilom. Le Guadalquivi: est guéable sn plusieurs endroits pendant les sécheresses de l'été.
Les affluents de droite du Guadalquivir ne sont que des rivières torrentielles qu'il est peu utile de nommer, à l'exception du Guadalimar, dont les nombreux affluents sillonnent la Sierra Morena ; parmi ces petites rivières, on peut citer l'Almudiel, dont la vallée est suivie par la grande route de Madrid à Cadix passant par le Despeña-Perros. —Le premier affluent de gauche du Guadalquivir est : la Guadiana menor, formée de la réunion de la Barbata et du Guadix, qui traversent, ainsi que leurs nombreux affluents, une haute plaine, presque déserte; ces rivières se sont creusé dans cette haute plaine des vallées profondes et fertiles, dont la culture a fait d'admirables jardins ou végas. Les villes principales de cette haute terre sont : Guadix, sur la rivière du même nom ; Baza, sur le rio de Baza, et Huescar, sur le rio Barbata. — Le second affluent du Guadalquivir est le Xeni/, qui descend de la Veleta, dans les Alpujarres, passe à Grenade, traverse entre celte ville et Loja la véga de Grenade, plaine de 25 kilom. de long sur 8 de large, arrosée par de nombreuses petites rivières, très-fertile et parfaitement cultivée ; au-dessous de Loja, le Xenil coule dans un défilé, par lequel il descend de la haute plaine de Grenade dans une plaine basse, couverte d’étangs salés, d'une chaleur extrême en été et appelée pour cette raison la poêle de l'Espagne (La sarten de España) ; après avoir passé à Ecija, le Xenil se jette dans le Guadalquivir entre Cordoue et Cantillana.
® Bassin De LA Secura. — La Segura descend de la Sierra Sagra, arrose d'abord la haute terre qui constitue la partie Nord-Ouest du royaume de Murcie, où elle coule dans une vallée étroite et déserte; elle descend du plateau à Ricote et entre dans les plaines de la terrasse de Murcie, où elle arrose la huerta de Murcie, en passant à Murcie et à Orihuela.— Son affluent principal est, à droite, la Sangonera, sur laquelle on remarque Lorca.
Bassix po Xucar. — Le Xucar sort du Cerro San-Felipe, dans les parameras d’Albarracin, et traverse, en coulant dans une étroite vallée, les hautes plaines de Cuenca ; il passe à Cuenca, descend du plateau, et traverse la terrasse de Valence. Son principal affluent est le Cabriel, qui sort de la même montagne et arrose seulement les hautes plaines de Cuenca, en coulant dans un vallon très-profond.
* Huerta, jardin.
Bassin pu GuapaLaviar. — Le Guadalaviar ou Turia a aussi sa source au Cerro San-Fefie il passe à Teruel, en Aragon, arrose la féconde huerta de Valence, et se jette dans la Méditerranée un peu au-dessous de Valence, au Grao.
Bassin De L'ÉBre. (lberus des Romains,
Ebro en espagnol). — L'Ebre, le fleuve principal de l'Espagne, prend sa source dans les parameras de Reynosa, à Fontibre, et, après un
cours de 550 kilom., se jette dans la Méditerranée, où sa principale embouchure forme le port des Alfaques. L'Ebre coule du Nord-Ouest au Sud-Est, passe à Miranda, où le traverse la grande route de France à Madrid, à Logronño, dans la Nouvelle-Castille; à Tudela, dans la Navarre; à Saragosse et à Mequinenza, dans l'Aragon; à Xerta, à Tortose et à Amposta, dans la Catalogne.
Jusqu'à à Logroño, l'Ebre coule dans une vallée encaissée, et son lit est parsemé de rochers. Au-dessous de Logroño, la vallée s'élargit, mais à quelques kilomètres au-dessous de Xerta, à Pinel, l'Ebre s'engage dans les montagnes qui forment le talus de la terrasse d'Aragon et de Catalogne, et coule dans un long défilé appelé jadis las Trincheras et aujourd’hui las 4rmas!. Les Français y firent en 1708 une route pour aller de Mequinenza à Tortose et le maréchal Suchet la rétablit en 1810. Le défilé de las Armas est un de ces redoutables passages où quelques centaines de guérillas pourraient arrêter toute unè armée. Au delà, l'Ebre arrive à Tortose où sa vallée se rélargit; il traverse une belle plaine, riche et fertile, appelée la huerta ou jardin de Tortose. Au-dessous d’Amposta, le lit du fleuve est au milieu de sables mouvants et si peu profond, que pour permettre aux bâtiments de commerc® de remonter jusqu’à Amposta, on a été obligé de creuser un canal entre cette ville et le port des Alfaques.
En général, le cours de l’Ebre est rapide, sinueux et d'une navigation difficile ; il est encombré de rochers ou de bas-fonds. Pendant la belle saison, on y trouve un grand nombre de gués, mais ils sont variables et dangereux ?. Pendant la saison des p'r:l'Ebre a des crues subites et très-for! : va
* « Le passage de las Armas, entre Pinel et Xerta, est dans ce genre un desdéfilés les plus redoutables de l'Espagne. 11 porte ce nom, parce que sur un rocher, à une grande élévation, est taillé grossièrement un
écusson avec des armes. Ce sont celles des rois d'Ara-
gon. » (Mémoires dumuréchal Suchet, 1, 177.)
% « L'Ebre est un torrent plutôt qu'un fleuve, dans la partie supérieure de son sours surtout, il n'a d'eau pour quelques jours qu'après d'abondantes pluies,
largeur est de 450 mètres à Tudela, de 963 à Mequinenza et de 750 au-dessous de Tortose ; il faut un quart d'heure de marche pour traverser le gué d’Amposta.
Les affluents de gauche de l'Ebre descendent des Pyrénées ; les principaux sont : la Zadorra, torrent qui arrose Vitoria ; — l’4rgon, qui passe à Jaca, fnit près d'Alfaro et veçoit l'Arga sur laquelle est Pampelune ; — le Gallego, dont la vallée est suivie par k route de Jaca à Saragosse ;— la Ségre, grande rivière de nature torrentielle et sujette à des crues redoutables; elle coule dans une vallée étroite et difficile dan. sa partie supérieure, large et fertile dans sa partie inférieure. La Sègre passe à Puycerda, Urgel, Balaguer, Lérida, grande place forte sur la route de [}urcelone à Saragosse, dont elle est la clef, entin à Mequinenza où elle se jette dans l'Ebre. La Sègre reçoit plusieurs affluents : la Cinca, qui arrose Fraga et Barbastro; c'est une rivière torrentielle, sujette à des crues considérables !, et qui reçoit elle-même l'Ara et l'Essera. Les autres affuents de la Sègre sont la Noguerra-Riba gorxana, la Noguerra-Palia-
resa et la Balire qui arrose Andorre.
Les affluents de droite de l'Ébre, beaucoup moins importants que ceux de gauche, sont:
le Xalon, qui reçoit à Calatayud le Xiloca; — le Huerba et le Guadalope. C'est par les
vallées de ces rivières que l’on pénètre de l'Êbre moyen et de Saragosse, sur le plateau de la Castille,
La ceinture du bassin de l’Ébre est formée, à
gauche : par les monts Cantabres et les Pyrénées; à droite : elle suit les monts Ibériens jusqu'au nœud d'Albarracin, d'où se détache la Peña Golosa et la Muela de Arès.
Bassin pu LLoBRéGat, — Le [lobrègat des-
cend des Pyrénées, coupe la Catalogne en deux parties presque égales et se jette dans la Méditerranée à quelques kilomètres au Sud- Ouest de Barcelone ; il passe à Manresa, baigne le pied du Montserrat ct traverse Molins del Rey, où passe la route de Barcelone à Sar'agosse.
$ 5. Aspect général, — Après avoir in-
uiqué les analogies qui existent entre le sol, les eaux et la culture de l'Espagne et de l'Afrique, probablement réunies autrefois, le maréchel Suchet * fait le tableau suivant de l'Espagne :
A où lors de la fonte des neiges dans les Pyrénées. » (Annales du commerce extérieur.)
‘ Elles sont causées par la fonte des neiges ou par
les grands orages.
% Mémoires, E, 45.
« Ainsi le Barbarie et l'A montagnes, dé sent plus les n et souvent les cheresse. Parto des eaux ferti succès prodigie à la terre. Mais gnes, sont des immenses, où triste, en embi aride et solita sommet de que tagnes qui trav sous un ciel pr plateaux incult de vivant ne q au fond des va serpente au Îd verdure, où moissons, les pl hommes. Une « forme de tous teinte d'azur, verte plus ou fidèle où l'on de ce territoire à celui de la et ne nourrit t au tiers de 1 coup d'œil, co!
et les arières € d'embonpoint, des muscles, comparaison, ( une charpente force.
«Eneffet, l:
sur de solides f chaines prolong un grand pro qui la baignent chant, elle se pentes inégale:
courtes rivière ranée, et celle Guadalquivir, | Duero. À parti plaines basses, admirables, for On s'élève par au-dessous des
! Les endroits Espagne, qu'il y
désigner : on dit * «L'eau est pi
GÉOGN, GENI
lela, de 265 ous de Tornarche pour
bre descen- IX sont :.la a; — l'Arad’Alfaro et pelune ; — ivie par h gre, grande ujette à des s une vallée supérieure, férieure, La laguer, Léite de farclef, entin l'Ebre. La à Cinca, qui une rivière considéri- Lr'a et l'Esècre soul la erra-Palla-
rre,
, beaucoup iche, sont :
Xiloca; —
est par les pénètre de le plateau
t formée, à et les Pyts Ibériens se détache
régat deslalogne en tte dans la S au Sudaresa, bairse Molins elone à Sa-
s avoir inre le sol, et de l'Aois, le maint de l'Es-
nel
Pyrénées. »
iges ou par
ESPAGNE ET
« Ainsi le mème soleil brülant dévore la Parbarie et l'Andalousie ou les Algarves. Les montagnes, dépouillées de forêts, n'y amassent plus les nuages et les pluies. Les plaines et souvent les vallons sont en proie à la sécheresse. Partout, il est vrai, où l’art rencontre des eaux fertilisantes, il en profite avec un succès prodigieux pour demander des récoltes à la terre. Mais auprès de ces riches campagnes, sont des déserts ou des despoblados !
immenses, où l'œil se perd et la pensée s'attriste, en embrassant de toutes parts l’espace aride et solitaire. Quand on s'élève sur le sommet de quelqu’une des nombreuses mon+ tagnes qui traversent l'Espagne, on n’aperçoit sous un ciel presque toujours ardent que des plateaux incultes et des pentes nues, dont rie de vivant ne coupe l'uniformité. Seulement au fond des vallées une rivière ou un ruisseau serpente au loin, entouré d'une lisière de verdure, où l'on suit comme à Ja trace les moissons, lesplantations et les habitations des hommes. Une carte enluminée, présentant la forme de tous les bassins, les eaux avec une teinte d'azur, et leurs bords ave: une teinte verte plus ou moins large, serait un tableau fidèle où l'on pourrait reconnaitre l’état réel de ce territoire, qui, à peu près égal en surface à celui de la France, ne contient cependant et ne nourrit qu'une population à peine égale au tiers de la nôtre. On embrasserait d'un coup d'œil, comme par l’anatomie, les veines et les arières de ce grand corps qui manque d'embonpoint, mais qui a encore des nerfs et des muscles, si l'on ose employer une telle comparaison, et dont la structure présente une charpente taillée pour ia grandeur et la force.
«En effet, la péninsule d’Espagne, appuyée sur de solides fondements, se couvre de hautes chaines prolongées dans tous les sens, et semble un grand promontoire entre les deux mers qui la baignent. Inclinée au levant et au couchant, elle se divise naturellement en deux pentes inégales, celle de l'Ébre et de quelques courtes rivières qui coulent vers la Méditerranée, et celle qui porte à l'Océan les eaux du Guadalquivir, de la Guadiana, du Tage et du Duero. À partir du bord de la mer, quelques plaines basses, d’une fertilité et d'une culture admirables, forment la base del'amphithéâtre. On s'élève par des vallées cultivées en huertas au-dessous des eaux, en secanos au-dessus ?,
‘ Les endroits dépeuplés sont si communs en Espagne, qu'il y a un substantif particulier pour les désigner : on dit un despoblado.
* «L'eau est précieuse en Espagne en raison de sa
et l'on arrive sur une première chaine, Mais au delà on ne descend point, comme à l'ordinaire, dans une vallée correspondante: on se trouve dans les immenses plaines que soutient le plateau intérieur. Des provinces entières, les Castilles, la Manche et tout le centre de l'Espagne, sont placés dans cette région élevée. D'autres chaînes couronnent encore le centre et portent aux nues des cimes de neige, que ne peut toujours fondre un été de plus de six mois.
«Il résulte de cette conformation, que les eaux, pour descendre à la mer, ont beaucoup à crenser dansles terres. Tandis que les fleuves du Nord de l’Europe arrivent à leur embouchure par un long cours, à travers des lacs et des marais, les rivières d'Espagne et tous leurs affluents se précipitent par une pete rapide, forment des crevasses profondes et escarpées, et offrent à chaque pas des scènes pittoresques et sauvages, des passages étroits et difficiles. On ne peut v faire quelques lieues sans rencontrer un ou plusieurs de ces défilés, comme les Thermopyles oules Fourches Caudines, dans lesquels deux ou trois centaines d'hommes suffiraient pour arrêter des armées entières. Les ravins sont presque toujours à sec, et cependant impraticables. Les grandes rivières ne sont point des moyens de communication ; la navigation est fréquemment interrompue par des barrages et des usines. Quelques canaux, exécutés au milieu des oppositions populaires, ne sont guère employés qu'à l'irrigation. Deux grandes routes royales, unies par un petit nombre de chaussées secondaires, partent de la capitale et conduisent à Bayonne, à Valence et à Barcelone; elles traversent sur de beaux ponts les fleuves et les ruisseaux, et ne sont dégradées ni par les pluies, ni par le roulage, dans un pays où les transports se font à dos de mulets, et où l'on connait à peine l'usage de la poste aux chevaux. Partout ailleurs les communications sont difficiles, les provinces isolées entre elles, les villes et les villages à grandes distances, bâtis sur des hauteurs ou concentrés dans des murs, entourés de superbes forêts d'oliviers ; mais rarement de hameaux ou de maisons de campagne. Le genêt et la bruyère envahissent des contrées
rareté, On n'y voit peut-être pas un ruisseau qui ne soit détourné de son cours pour l'irrigation. Les parties inférieures prennent le nom de huertas, jardins ; c'est là principalement que se cultivent le riz, le maïs, l'olivier, ete, Mais avec un sol fertile ct un climat propice, on tire aussi parti de beaucoup de terrains non arrosables, qui prennent le nom de secanos, champs secs; c'est principalement là qu'on trouve les moissons, les vignes, etc, »
642 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALF.
entières. Ces terres incultes servent, ilest vrai, à nourrir les troupeaux immenses qui enrichissent l'Espagnol de laines fines, dont il ne sait se vétir qu’à l’aide de l’industrie étrangère ; mas la culture vraiment utile, celle qui alimente et multiplie la population, est renfermée dans d’'étroites limites. La main de l’homme dédaigne de planter ; le combustible manque, au mieu de nombreuses mines de houille qui ne sont pas exploitées; et dans un pays fertile, favorable à toutes les productions, où il y a beaucoup de pauvres à nourrir, la pomme de terre n’est pas en honneur, on ne cherche ni à l’introduire, ni à la propager...
« On conçoit qu'un tel pays, éminemment propre à la guerre défensive, s’il est habité par des hommes agiles et sobres, courageux et intelligents, peut diificilement être conquis.»
$6. Climat. — On peut diviser la péninsule espagnole, sous le rapport du climat et de la végétation, en 4 régions distinctes : le plateau, la région du Nord, le Portugal et la région du Sud. Les hautes plaines du plateau de Castille ont un hiver froid et un été trèschaud?, et en été, des nuits froides succèdent à une chaleur très-grande, La région du Nord, comprenant la Galice, les deux provinces du Nord du Portugal, les Asturies, les Provinces Basques, la Navarre, l’Aragon et la Catalogne, a un climat tempéré et sain. Le Portugal est très-chaud sur les côtes; l'hiver y est court et ne dure que pendant les mois de décembre et de janvier: Cette région est soumise à de violents tremblements de terre. La région du Sud, composée des Algarves, de l’Andalousie et de la partie méridionale des royaumes de Murcie et de Valence, a une nature spéciale, plus africaine qu'européenne, et une végétation toute particulière ; le solano, qui est la continuation du simoun, produit dans cette région les mêmes effets que le simoun en Afrique. Dans ces contrées, l'été est brülant 5 et l'hiver pluvieux, mais nulle part le printemps et l'automne ne sont plus agréables.
GÉOGRAPHIE POLITIQUE