ROYAUME D'ESPAGNE
$ 1. Limites, frontières et places fortes. — L'Espagne est bornée : au N., par les
* Cette belle description, faite il y a près d'un demi-siècle, est encore vraie, malgré les développements donnés à la culture, à l'industrie et sur tout aux voies de communication.
® Les températures extrêmes observées à Madrid ont élé : + 40° et — 8°.
% La température moyenne de l'année, à Cadix,
Pyrénées et la Bidassoa, qui la séparent de |; France, et par le golfe de Gascogne ou de Bis. caye; à l'O., par l'océan Atlantique et par le Portugal, entre l'embouchure du Minho et celle de la Guadiana; au S., par l'Atlantique, le détroit de Gibraltar et la Méditerranée; à l'E, par la Méditerranée.
Les limites de l'Espagne sont partout naturelles; au Nord, les Pyrénées; au N.-0., an S. et à l'E. la mer. Du côté du Portugal, la limite est loin d’être arbitraire ; les deux pays sont séparés l’un de l’autre par des accidents physiques très-sérieux ; en effet, le Portugal occupe la terrasse occidentale du plateau de Castille, et ce qui sépare le Portugal de l'Espagne, c'est le talus du plateau avec ses gorges et ses défilés. Aussi l'invasion du Portugal oude l'Espagne est-elle très-difficile, et ne peut-elle se faire que par deux routes pleines d'obstacles.
Les frontières de l'Espagne sont au nombre de quatre, savoir :
frontière de France, frontière de Portugal ; frontière de l’océan Atlanti- 2 maritimes. . : que,
{ frontière de la Méditerranée.
2 continentales.
Frontière de France ou frontière des Pyrénées. — La frontière de France est ‘tracée par les Pyrénées et en arrière par la ligne de l'Êbre; cette frontière est forte, et bien défendue, elle serait au moins très-difficile à franchir. En effet, les Pyrénées ne peuvent être traversées qu'à leurs extrémités, parce que le centre de la chaine est absolument impraticable aux opérations militaires. Dans cet état de choses, Saint-Sébastien et Pampelune, à l'Ouest, et Barcelone, à l'Est, doivent être regardées comme les clefs de l'Espagne du Nord et comme les points d'appui de la défense.
Les routes qui traversent les Pyrénées à leurs extrémités, au lieu de converger sur un objectif, divergent au contraire, manquent entièrement de communications entre elles!
et sont séparées par de grandes distances et par des obstacles naturels nombreux et importants; toules ces raisons obligent une armée à ne pénétrer en Espagne que par l'une des extrémités de Ja chaine, en envoyant à l'extrémité opposée ‘une armée d'observation,
est de 25°; la température moyenne de l'été, dans la province de Sévi!le est de 40° à 56°.
! La défense trouverait aujourd'hui use nouvelle force dans le chemin de fer qui va de Vitoria à Saragosse et à Barcelone.
Les Pyrénées ges par trois à Burgos, celle à Pampelune et faragosse. La gra gos est la moins ( en se contentant quine la ferme pays sauvage, MO dangereux, le po La grande armée sous la conduite d &int-Jean-Pied-d détilé de Ronceva goïo et Burgos; française en. 1823 la première, qu'or la Biscaye, pays d filé de Pancorbo ; de conduire dro d'ûloron à Sarag traverse les Pyré pelé aussi le Sd Jaca et de là sur Gallego ; c'est la Madrid.
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Les Pyrénées occidentales sont traverses par trois routes: celle de Bayonne à Burgos, celle de Saint-Jean-Pied-de-Port à Pampelune et celle d'Oloron à Jaca et à faragosse. La grande route de Bayonne à Burgs est la moins défendue; on peut la suivre eu se contentant de bloquer Saint-Sébastien, quine la ferme pas; mais elle traverse un pays sauvage, montueux et plein de défilés dangereux, le port d'Arlaban et le Pancorbo.
La grande armée a suivi cette route, en 1808, sous la conduite de Napoléon. — La route de Saint-Jean-Pied-de-Port à Pampelune, par le défilé de Roncevaux, et de là à Madrid, par Logroïo et Burgos; elle a été suivie par l’armée française en. 1823; elle offre cet avantage sur l première, qu'on s'éloigne des montagnes de l Biscaye, pays difficile, et qu'on évite le défilé de Pancorbo ; mais elle a le désavantage de conduire droit à Pampelune. — La route d'üloron à Saragosse, ouverte récemment, traverse les Pyrénées au col de Canfranc, appelé aussi le Somport; elle débouche sur Jaca et de là sur Saragosse, par la vallée du Gallego ; c'est la route la plus directe sur Madrid.
Du côté des Pyrénées orientales, il y a trois routes : l'une, qui est la principale, va de Perpignan à Barcelone, par le col de Pertus ; les deux autres, très-secondaires, vont de Montlouis à Lérida, par le col de la Perche, et de Prats-de- Nollo à Campredon, par le col des Aires. Ces trois routes traversent la Catalogne, province très-militairement organisée, couverte d’obslacles naturels, de places fortes et de fortins, et dont les habitants se transforment volontiers en miquelets et défendent avec courage leurs montagnes.
L'objectif, aux Pyrénées orientales, est Barcelone ; la route qui y conduit est défendue par plusieurs cours d’eau, la Mouga, la Fluvia, le Ter, et par trois places fortes, Figuères, qui est la plus importante, Girone et Hostalrich. Maitresse de Barcelone, l'armée d’invasion pourrait se porter sur Saragosse; mais Lérida lui barre le chemin de la Sègre, comme elle ferme cette vallée à un corps de troupes venant de Montlouis. L'armée d'invasion peut encore se porter de Barcelone sur Valence ; mais la route lui serû fermée par Tarragone et plus loin, sur l'Êbre, par Tortose, clef des conmunications entre la Catalogne et le royaume de Valence.
Quatre routes et deux chemins de fer conduisent de Madrid à la frontière des Pyrénées : la grande route de Madrid à lrun, par Somo- Sierra, Burgos, Miranda et Vitoria, se prolon-
ESPAGNE ET PORTUGAL
geant sur Bayonne ; — les routes de Madrid à Pampelune, se détachant de la précédente, la première à Vitoria, la seconde à Burgos, en passant par Logroño ; — la route de Madrid à Saragosse, se prolongeant d’un côté sur Jaca et de l’autre sur Barcelone ct Girone; — les chemins de fer conduisent de Madrid à Irun, par Valladolid, Burgos, Vitoria et Saint-Sébastien, — et de Madrid à Barcelone, par Guadalaxara, Saragosse et Lérida.
Frontière de Portugal. — L'Espagne et le Portugal sont séparés : au Nord, par le Minho, depuis son embouchure jusqu’à Melgaçco: de là à Miranda sur le Doufo, par une ligne qui traverse le massif de montagnes entre Minho et Douro et qui coupe plusieurs affluents du Douro. A l'Est, entre Miranda et le confluent de l’Agueda, les deux pays sont limités par le Douro ; entre le Douro et la Guadiana, par une ligne qui suit tantôt des montagnes appartesant au talus du plateau central, tantôt des affluents ‘du Douro, du Tage et de la Guadiana, coulant perpendiculairement à ces fleuves dans les vallées longitudinales qu'ils trouvent sur les gradins du talus. La limite atteint la Guadiana un peu à l'Ouest de Badajoz et suit ce fleuve jusqu’à Vimiosa, à 8 kilom. environ au-dessus de Monsaras; là, elle coupe la Guadiana et va, au Sud-Est, couper l’Ardila, à 8 kilom. au-dessous de Xérès de los Caballeros; puis elle se dirige au Sud-Ouest, atteint le Chanza et le suit jusqu’à son confluent dans la Guadiana : la limite est enfin tracée par la Guadiana jusqu’à son embouchure, à Castromarim.
La frontière de Portugal est traversée par trois routes principales le chemin de Saint-Jacques de Compostelle à Porto, défendu par Tuy sur ie Minho; le chemin de Salamanque à Coimbre, défendu par Ciudad- Rodrigo; la grande route de Madrid à Lisbonne, par Mérida, Badajoz, Elvas et Estremoz, défendue par Badujoz et Olivença.
Il existe encore, pour aller à Lisbonne, un trés-mauvais chemin, qui longe le Tage, en passant par Talavera, Almaraz, Alcantara, Abrantès et Santarem; l'âpreté des lieux et la stérilité du sol, interdisent aux armées de se servir de ce chemin. Junot le suivit cependant, en 4807, quand il mareha sur Lishonne ; mais il y laissa les neuf dizièmes de son corps d'armée, et encore n'avait-il trouvé aucune résistance.
Frontières maritimes. — Les principales places fortes maritimes de l'Espagne sont :
Saint-Sébastien, le Ferrol, au Nord: Cadix, au Sud, sur l'océan Atlantique ; Carthagéne, Ali-