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chef arabe qui fit la conquête de l'Afrique séptentrionale en 645.
Bône !, ch.-—ieu de subdivision, jolie ville maritime el commerçante, peuplée de 14,000 hab. Le commerce n'y trouve que le médiocre mouillage dit du fort Génois, à 8 kilom. Les ruines d'Hippone (Hippu-Regius), capitale des rois numides et siège épiscopal de saint Augustin, sont à la droite de la Seybouse ; la ville moderne est à la gauche de l'embouchure de cette rivière. — La Calle, ch.-lieu de cercle, petite ville maritime de 1,200 hab. ; c’est le centre de la pêche du corail. Elle appartient à la France depuis 1594. À quelque distance à l'Ouest de la Calle, sont les ruines du Bastion de France, établissement fondé au seizième siècle pour aider nos pêcheurs de corail.
— L'Alélik, village à 6 kilomètres au S.-0. de Bône, où l'on a établi des hauts fourneaux et des forges. — Guelma (Calama des Romains), ch.-lieu de cercle, ville nouvelle près de la Seybouse et peuplée de 4,000 hab. A 18 kilom. à l'Ouest de Suelma sont les bains de Humman-Meskoutin. — Souk-Harras (le marché du bruit), ch.-lieu de cercle, ville nouvelle fondée dans le territoire des Hanenchas, sur les ruines de Tagaste, patrie de saint Augus-
tin; il s'y tient un marché important.
Le Sahara algérien oriental, qui dépend de la province de Constantine, renferme: deux oasis, celle dés Ouled R'ir et le Souf. L'oasis des Ouled R'ir, soumise à la domination française en 1854, est gouvernée par un cheikh ou sultan arabe, chef de nombreuses tribus nomades et qui peut disposer de 3 à 4,000 combattants. La capitale est Tougourt, ville de 3,000 hab., à 220 kilomètres au Sud de Biskra ; c’est le centre d’un'commerce considérable. Tougourt est dans une contrée extrémement fertile et abondamment arrosée ?.
Les autres villes de l'oasis, sont : Temacin, 3,000 hab.; Megarrin; Tamerma, petite ville de 700 hab., où a été foré par les Français-le premier puits artésien du Sahara, en 18565.
* Beled-el-Aneb, la ville des jujubes.
* Le sol est presque marécageux et très-malsain ; les flèvres y sont dangereuses pour les indigènes et mortelles pour les Européens, en été et en automne.
3 Les Français ont déjà foré un assez grand nombre de puits artésiens dans le Sahara (sur la route de Biskra à Tougourt et dans l'oasis des Ouled R'ir) et dans la Hodna. Sous l'influence bienfaisante de l'eau, le désert se transforme; d'anciennes oasis abandonnées sont rétablies, de nouvelles sont créées, des villages et des plantations de dattiers sont fondés par des nomades, qui deviennent sédentaires, ou par de pauvres serfs berbères, qui deviennent propriétaires de l'eau et du sol. Ces puits, dont quelques-uns déhitent 4,000 litres par minüte, tirent leur eau des
— Le Souf, soumis en 1854, comme l'oasis des Ouled R'ir, a pour capitale El-Oued, petite ville qui est le centre d'un commerce assez important ; on y fabrique du tabac estimé.
$ 3. — Régence de Tunis ou Beylic tunisien.
(Africa des Anciens.)
Bornes et superficie. — La régence de Tunis est bornée : au N. et au N.-E,, par la Méditerranée ; au S.-E., par la régence de Tripoli ; au S.-0. et à l'O., par l'Algérie. Sa superficie est d'environ 130,000 kilomètres carrés.
Littoral. — Les détails principaux du littoral tunisien sont : l'île Tabarque, le cap Blanc (Raz-el-Abiad), le golfe de Bizerte, le cap Carthage, la presqu’ile du cap Bon, terminée par le cap Bon (Raz-Addar), le golfe de Hammamet, le golfe de Cabès ou Petite.
Svrte, les îles Kerkénah ou Karkénah et l’île Gerbi ou de Djerba. — Djerba est une grande ‘ile peuplée de 40,000 Berbères, qui fabriquent et exportent de l'huile d'olive, des jarres pour mettre l'huile, des soieries renommées, des thalets (voiles pour les juives) et des étolfes de laine. On pêche à Djerba et aux îles Kerkénah des éponges dont on faitun assez grand commerce.
Aspect général, moniagnes et rivières. — Le massif de l'Atlas, après avoir traversé l'Algérie, entre dans le beylik tunisien, où il se termine sur le littoral oriental du pays. L'Atlas tunisien est moins haut que l'Atlas marocain ou algérien; ses sommets les plus élevés sont : le Djebel-Halouk-el-Mekhila, au Sud (1,445 m.), et le Djebel-Ghorra (1,201 m.). On remarque dans la région dont El-Kef est le centre, de nombreux volcans éteints. Ce même pays est riche en mines de fer et de plomb. — Le beylik tunisien se divise en deux parties : une région montueuse, au Nord, couverte par les deux chaines de l'Atlas et sillonnée par de nombreuses et belles vallées; c'est le Tell, appelé aussi Ferikia (Africa) ; — au Sud, une région plate, composée de déseris
nombreuses rivières ou nappes souterraines qui existent sous le sol du désert ; ces nappes sont sans doute formées par les cours d'eau qui descendent de l'Atlas méridional et se perdent dans les sables, Souvent ces rivières naturelles surgissent d'elles-mèmes à la surface, en perçant le sol sablonneux, et forment une schreia naturelle ; les gens du Sahara font beaucoup de schreïas artificielles, et les uges et les autres ser vent à l'établissement des irrigations. Mais les puits sont forés là où la profondeur de la nappe souterraine ne permet pas d'établir de schreïas.
sablonneux; hara tunisie dattes). — Lé Medjerdah (B en Algérie, t reçoit de no la Méditerra avoir arrosé Seroud ét VO ja sebkha Si khas du Sal Gharnis, le (Lacus Triton!
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sablonneux, de sebkhas et d'oasis ; c'est lé Sahara tunisien ou Beled-el-Djérid: (pays des dattes). — Les principales rivières sont : la Medjerdah (Bagradas), qui prend sa source en Algérie, traverse le Tell tunisien, où elle reçoit de nombreux affluents, et se jette dans la Méditerranée près de Porto-Farina, après avoir arrosé une vallée très-fertile ; — l'Ouad- Seroud ét 'Ouad-Fekkah, qui se jettent dans la sebkha Sidi-el-Heni. '— Les chott et sebkhas du Sahara tunisien sont : la sebkha Gharnis, le chott El-Kebir ou El-Farour (Lacus Tritonis) et le chott El-Fejej. Ces lacs marécageux sont séparés les uns des autres par des fondrières ou par des sables mouvants, et sont situés sur une même ligne depuis la sebkha Melr'ir jusqu'au golfe de Cabès, dont le chott El-Fejej n'est séparé que par une langue de terre assez étroite. Il semble que toute cette région, fort basse et couverte de sel et de sables, ne soit qu'un ancien fond de mer mis à sec. Toutes les sebkhas que l’on vient d'indiquer fournissent beaucoup de sel. Productions. — Le climat, les productions, les cultures, le bétail et la faune du beylik tunisien sont les mêmes qu’en Algérie. On y récolte le blé, le maïs, l'orge, le dourah, des fèves, des pois, des haricots, des lupins, du henné, de la garance et du carthame ; mais la principale culture est celle de l'olivier, qui couvre tont le Sahel, c’est-à-dire la région maritime de l'Est', Les autres cultures arbustives ont aussi une certaine importance ; dans le Tell, elles produisent : des amandes , des figues, des abricots, des raisins secs et un peu de jujubes et de caroubes; dans le Sahara, des dattes exquises, dont on exporte de grandes quantités. — Les chevaux du beylik sont de race barbe, comme ceux de l'Algérie, mais de plus grande taille; la race ovine, à grosse queue, donne une assez belle laine, comme les moutons de la province de Gonstantine ; les bœufs sont petits, et les chameaux de belle race.
Races, langues et religions. — On évalue la population du beylik tunisien à environ 2 millions d'habitants, appartenant surtout aux races berbère, arabe et maure; il y a aussi des Turks, des Koulouglis, des Juifs et des nègres ?. La religion est l'islamisme.
Villes. — Les villes principales de la Tunisie sont : 4° sun LA MÉoITERRANÉE : Tunis (Tunes , des Anciens), capitale du Leylik, grande ville commerçante siluée au fond
————— * Les huiles de la Tunisie sont exportées à Mar-
seille, ? L'esclavage est actuellement aholi dans le beylik.
d'une lagune qui communique avec la Médi-
terranée par une entrée étroite appeléel a
Goulette. Tunis renferme 100 ou 120,000 hab.,
dont 40,000 Juifs et un grand nombre d’Eura-
péenis. On y fabrique des- yatagans, des cou-
teaux, des poignards, de la serrurerie, des
vestes brodées d’or el d'argent, des fez, chechias et tarbouches très-bien teintes, des peaux
remarquablement tannées et teintes, des selles et harnais ornés, des meubles décorés, des
babouches brodées, des pipes, des tabatières,
des nattes, des tapis, des burnous, des farachias (couvertures de laine rayées), des savons, des essences de rose et de jasmin très-renom-
mées, que l’on vend jusqu'à 500 fr. l'once, de la poterie, etc. Tunis exporte en Europe de l'huile et des dattes, et dans l'Afrique centrale (par caravanes), des marchandises européennes de toutes sortes (venant de Marseille, de Malte, d'Italie et de Constantinople) et les produits de son industrie. — Le Bardo, à 2 kilomètres de Tunis, forteresse qui sert de résidence au bey et près de laquelle sont les jardins et la maison de plaisance du Bey (la Manouba). —- La Goulette, vieux fort à l'entrée du détroit de ce nom. — Les ruines de Carthage, près du cap, Carthage ; on n’y trouve plus que quelques vr:iges insignifiants; sur l'emplacement de Byrsa, l’acropole de Carthage, on a construit une chapelle commémorative de la mort de saint Louis (1270). — Buxerte, jolie ville qui remplace Hippo-/aritus. — Porto-Farina, ville maritime près de l’embouchure de la Medjerdah, dans le voisinage de laquelle on trouve, à Bahirt-Gourmata, les ruines d’Utique. — Hammamet (10,000 hab), Sousa (10,000 hab.), Monastir, Mahadia, (l’ancienne Thapsus), Sfaks (Taphrura), ville de 15,000 hab., et Cabés ou Gabés (Tacapa) sont des villes maritimes assez commerçantes. Sousa exporte à Marseille de l'huile et des laines; Sfaks exporte aussi de l'huile et des laines, avec des amandes, des dattes, des pistaches, des figues, dés raisins secs et des éponges. C'est après Tunis le principal centre du commerce de la Tunisie avec l'Europe.
Cabès est situé dans l'El-Arad, région trèsfertile et qui cultive en grand le henné, dont Cabès exporte de grandes quantités.
— 2 pans L'INTÉRIEUR Du TELL : Zaghouan, ville de 42,000 hab., où il y a de grandes teintureries pour teindre en rouge les fez et les chechias. — El-kKef, centre du commerce entre la Tunisie et l'Algérie. — Kairouan, grande ville commerçante de 50,000 hab.; c'est aussi une ville très-importante comme cité sainte, — 7° mans LE Sanaa : Gafsa,
RIRES EEE
grande ville bâtie sur les ruines de Capsa.
— Nefta (Negeta), sur le chott El-Kebir et dans une des plus belles oasis du Sahara; c'est un rendez-vous de caravanes et un grand marché. —. Kebilli, sur le mûme chott, inais à l'Est; c'est la principale ville du Nefzoua, groupe d'oasis et de villages habités par des Berbères et quelques Arabes. — Dus, au Sud de Kebilli, — Duirat, près de la frontière de Tripoli.
Gouvernement. — Le beylik tunisien est nominalement vassal de la Turquie, mais en fait il est presque indépendant ; la suzeraineté de la Porte consiste à accorder l'investiture au bey et à recevoir un contingent de troupes en cas de guerre,
$ 4. — Régence de Tripoli.
Bornes, superficie etgrandes divisions. — La régence de Tripoli est bornée : au N., par la Méditerranée ; au N.-0., par le beylik tunisien ; à l'O., au S. et au S.—E., par leSahara; au N.-E., par l'Égypte. C'est un grand pays, d'environ 900,000 kilomètres carrés, peuplé seulement de 6 à 700,000 habitants, de race arabe, en majorité, et de race berbère!. — La régence de Tripoli appartient à la Turquie, et forme dans l'empire ottoman un eyalet gouverné par un pacha turk.
La régence de Tripoli fait partie de la région du Sahara, et non plus de la région de l'Atlas; elle se compose de plateaux, de déserts de sable et de quelques oasis, comme tout le Sahara central, dont elle est en réalité la partie maritime. Le littoral de la régence est quelquelois fertile, le plus souvent stérile et
désert. Le golfe appelé la Grande-Syrte baigne .
la partie centrale de la régence ; ses rives sont partout désertes, et sur quelques points on y trouve d'abondantes mines de soufre. Partout, le sol qui compose la régence de Tripoli est mal cultivé, misérable et couvert de ruines. lei, comme partout, on retrouve le triste résultat de la domination turque.
La régence de Tripoli se divise en cinq
parties :
La Tripolitaine,
L'oasis de Ghadamès ou R'adamès,
Le Fezzan,
Le Barkah,
L'oasis d’Audjilah,
TripouTaie. — La Tripolitaine est une région maritime, montueuse, quoique peu élevée,
1 {L y a aussi des Turks, des Koulonglis, des Juifs et des nègres esclaves.
et coupée de vallées; le climat est chaud et sec, et les cours d'eau ne sont que temporaires, comme ceux du Sahara, Les principales eultures sont celles de l'olivier et de l'orge; une partie des productions (grains, huile, beurre et hétail) est exportée à Malte. La plus belle contrée de la Tripolitaine est la Méchiah, dans laquelle est situé Tripoli, et qui est cou. verte d'oliviers, d'orangers, de palmiers et d'arbres fruitiers de l'Europe. — La Tripolitaine est bornée au Sud par les monts Ghurian où Ghârian (6 à 700 m.), qui renferment quelques volcans éteints, entre autres le mont Tékout (910 m.). — Les villes principales sont : Tripoli (Œta), capitale, ville maritime de 45,000 hab. C'est le centre principal du commerce d'entrepôt et de transit entre l'Europe et l'Afrique centrale !, On fabrique À Tripoli des essences et de l'eau de fleur d't ange renommées. Tripoli a été bombardé par les Français en 1685. — Lebdah (Leptis Magna) et Misratah ou Mesurata sont deux petites villes maritimes sans importance. — Misdah, petite ville de l'intérieur, au Sud des monts Ghurian et sur le chemin de Tripoli à Mourzouk.
Oasis ve GHaDANËS ou R'ADAMès, — Au Sudde la Tripolitaine et des monts Ghurian et jusqu'à Ghadamès, le pays forme un plateau de 350 à 550 m., composé d'une succession d'oasis et de déserts. On y remarque la petite ville de Ssinaoun, dans Ja région appelée El-Hom.
rah et sur la route de Tripoli à Ghadamès, — Ghadaméès ou R'adamés (Cydamus) est une grande ville commerçante, de 10 à 12,000 hab. *, dans laquelle réside le hakem ou gouverneur de l'oasis, dont elle est la capitale, Ghadamès est le principal entrepôt des marchandises anglaises 5 à destination de l'Afrique centrale et un des grands marchés du Sahara. Il y arrive des ca:avanes de Tripoli, de Tunis, du Soul (Algérie), de Ghât et du Touât. Les gens du Souf y apportent du tabac, un peu de blé et d'orge, de l'huile, du beurre fondu, des dattes et de la viande de gazelle et d'axis ; Tunis et Tripoli y envoient, à destination du Soudan, du cuivre, du corail, de la soie non filée, de ia coutellerie, des draps, des burnous, des gandouras, des chéchias, des
‘ Ce commerce se fait par les caravanes de Tripoli à Ghadamèéès et à Mourzouk, et de ces deux points au Soudan. Les caravanes emportent de Tripoli surtout des marchandises anglaises et y raménent des esclaves nègres du Soudan, que l'onrevend anx mar: chands levantins.
* Berbéres, Touaregs et Nègres.
“ Ce sont des calicots qui forment la plus grande partie de ces marchandises.
ceintures, de
Le Soudan e vanes du To briquées dan roquins rouf transparente des esclaves paye tribut a Fazzan (Phi est une gran res sur - 45 Sahara, entre 50 ou 60,000 nègres esclave plateaux, l'ur Sud, le platd adjacent à la reux, Sans eaul dans lequel ot peuplée de 2, parties du trouve, par € monts Soudal grès arides, © de 660 m. à 500 m. de par une dép titude n’est q est presque p quelques rare le plus consid est une régior compose tant de vallées cul dattes, puis blé, des figue des légumes.
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Le Soudan expédie à Ghadamès, par les cara-
vanes du Touât et de Ghât, des cotonnades fa-
briquées dans le Soudan, de l'ivoire, des ma-. roquins rouges et des cuirs, des bouteilles
transparentes en peau, de la poudre d'or et
des esclaves nègres, — L'oasis de Ghadamés
paye tribut au pacha de Tripoli.
Fezzan (Phazania des Anciens). — Le Fezzan est une grande région, longue de 600 kilométres sur -450 de large, située au centre du Sahara, entre 34° et 24° lat. Nord, et peuplée par 50 où 60,000 habitants, touaregs, fezzanis! et nègres esclaves. — Le Fezzan est formé de deux plateaux, l'un au Nord, le Hamada ; l’autre au Sud, le plateau de Mourzouk. Le Hamada, adjacent à la Tripolitaine, est un désert pierreux, Sanseau, sans végétation, haui. de 430 m., dans lequel on trouve la petite ville de Sokna, peuplée de 2,500 habitants berbères. Quelques parties du Hamada sont montueuses; on trouve, par exemple, au Sud-Est de Sokna, les monts Soudah (montagnes noires), formés de grès arides, comme tout le plateau, et hauts de 660 mi, — Le plateau de Mourxouk, de 4 à 500 m. de hauteur, est séparé du Hamada par une dépression assez étendue, dont l'altitude n’est que de 250 m., et dont la surface est presque partout déserte ; on n'y trouve que quelques rares oasis, dont l'Ouadi-Schiati est le plus considérable. Le plateau de Mourzouk est une région meilleure que le Hamada, et se compose tantôt de parties désertes et tantôt de vallées cultivées. On y récolte surtout des dattes, puis de l'orge, du maïs, un peu de blé, des figues, des grenades, des melons et deslégumes, Le bétail se compose principalement de chèvres ; les ânes, les moutons et les chameaux sont peu nombreux. La principale ville du Fezzan est Mourxouk*?, capitale et résidence du sultan du Fezzan, qui est tributaire du pacha de Tripoli. C'est une ville de 3,000 hab”, importante comme étape des caravanes allant de Tripoli au Soudan central, et aussi comme grand marché 4. Mourzouk expédie à Tripoli du séné, du natron, de l’ivoire, des dattes, de la gomme, de la cire, des plumes d’autruche, des nègres pour le Levant’, et en reçoit des calicots anglais, des soieries françaises et ita-
‘ Les Fezzanis sont des Berbéres fortement mélés aux nègres.
* L'altitude de Mourzouk est de 455 m,
% Dont 400 Turks qui forment la garnison.
* Mourzouk est en relations, par caravanes, avec \udjilah, Tripoli, Ghadamés, Ghât, le Bornou et le Uuaday.
3 Mourzoukest un grand marché d'esclaves,
liennes, des draps français et autrichiens, de la verroterie, de la coutellerie, de la quincaillerie, des clous et des sabres, — Le Fezzan produit beaucoup de sel, du séné et du naphte. Les fameux lacs de natron du Fezzan sont au Nord-Ouest de Mourzouk, dans un désert sablonneux et couvert de dunes mouvantes ; on y pêche les vers du Fezzan, mets très-estimé dans le pays.
Bankau (Cyrénaïque). — Le Barkah est un plateau montueux, accidenté et couvert par le massif du Djebel-Akhdar (la montagne verte), dont la hauteur est de 400 à 450 m. Le talus du plateau qui incline vers la Méditerranée est coupé de vallées assez fertiles et peuplées par des Arabes!, mais tout l’intérieur est aride et désert, Le plateau s'abaisse sur le Sahara par une longue ligne de falaises. — La ville principale est Benghazy ou Bernik (Berenice des Anciens), ville maritime de 5,000 hab., qui est, comme Tripoli, un entrepôt du commerce de l'Europe avec l'Afrique centrale, et qui expédie au Ouaday, par caravanes, des cotonades anglaises et égyptiennes, des draps, de la verroterie, de petits miroirs ronds, des aiguilles, de la soie rouge et verte, des burnous, du blé, de l'orge, de l'huile d'olive, du beurre fondu, du papier, des clous de girofle, etc. — Les ruines de Cyrène se retrouvent dans le misérable village de Krennah ou Grennah. Les anciennes villes grecques du littoral de la Cyrénaïque (Teucheira, Ptolémaïs ou Barce, Apollonia, Darnis, etc.) sont en ruines comme Cyrène.
Oasis »'Auvaizau. — L'oasis d'Audjilah (Augila des Anciens) est situé à 350 kilom, au Sud de Benghazy, sur la route de cette ville au Ouaday, et sur la route de l'Égypte au Fezzan ou à Tripoli; elle est peuplée de 10,000 hab. et renferme quelques bourgades, dont la principale est Audjilah. L'oasis cultive le dattier et le dourah. Ses habitants sont tributaires du pacha de Tripoli.
$ 5. — Sahara*,
Bornes, étendues et géographie générale.
— Le Sahara est borné : au N., par le pied de l'Atlas (Maroc, Algérie, Tunis}, la Tripolitaine et le plateau de Barkah; à l'E, par l'Égypte; au S., par le Sénégal et le Soudan : à l'O., par l'océan Atlantique. Sa longueur, de l'Ouest à l'Est, est de 4,500 kilomètres, et sa largeur, du Nord au Sud, varie de 15 à 1,800
4 Dont on évalue le nombre à 50,000.
* Les Arabes appellent le Sahara : Sahgra Lela ma, désert sans eau,
kilomètres. La superficie du Sahara est d'environ 7 millions et demi de kilomètres carrés.
C'est une région tantôt basse, plate!, sablonneuse, privée d'eau et de végétation et absolument déserte, et tantôt montueuse ou formée de plateaux accidentés, quelque peu arrosés, cultivés et peuplés. Trois nations appartenant à la race berbère se rencontrent dans les parties habitables du Sahara: les Tibbous, à l'Est; les Touaregs, au centre; les Maures, à l'Ouest, tous plus ou moins mélés aux nègres, assez nombreux comme esclaves dans toutes les tribus du Désert,
SAHARA OCCIDENTAL OU RÉGION DES MAURES, — Le Sahara occidental est baigné par l'océan Atlantique, entre le Maroc et le Sénégal. Son rivage est bordé de dunes, et la mer y est sans pro‘ondeur et remplie de sables que le vent y pousse constamment. On remarque sur cette côte inhospitalière le cap Boïador, le cap Blanc, la baie et le banc d’Arguin. Toute la partie du littoral comprise entre le cap Blanc et le Sénégal (500 kilom.), et sur laquelle sont les comptoirs d’Arguin et de Portendick, est à la France et fait partie de la colonie du Sénégal. — Le Sahara occidental est presque partout composé de plaines ravinées par de nombreuses coupures à pic. Le sol y est formé quelquetois de rochers calcaires, le plus’ généralement de sables quartzeux très-tins, de cailloux, de couches de sel gemme* et d’efflorescences de salpêtre. è
Les parties élevées et habitables du Sahara occidental se rencontrent aux approches du Sénégal et du Niger; c'est là que se trouvent (par 21° lat.) l’Adrar ou l’Aderer, grande oasis montueuse, formée de montagnes rocheuses assez élevées et renfermant quelques petites villes de 500 à 4,000 hab. 5, plusieurs villages, des cultures de palmiers, de mil, d'orge, de blé et de pastèques, et d'assez nombreux troupeaux #. Il y tombe quelque pluie pendant la saison humide. La population, divisée en tribus, se compose de Berbères et d’Arabes souvent mêlés entre eux. L'arabe est la seule lan gue parlée dans l’Adrar 5. — Au Nord-Ouest de
* Quelquefois de vastes espaces sont accidentés par des dunes de sable hautes de 400 mèétr s.
? Parmi les gisements de sel, celui de Taodenni, situé dans la partie du désert appelée El-Djouf (entre l'Adrar et l'Azaouau) est le plus considérable, Le conimerce de sel de Tombouktou avec l'Afrique centale est alimenté pur le gisement dé Taodenni.
* Chinguéti et Atar.
chameaux, de chevaux, de moutons sans laine, de bœutfs et d’ânes.
se faibun commerce assez considérable entre le Maroc et J'Adrar et entre l'Adrar, le Sénégal et le
l'Adrar, est le Tiris, grande région granitique quis'étend jusqu'à l'Atlantique ; elle se couvre d'herbes aromatiques d'octobre en mai, et à
.celte époque, toutes les tribus du Sahara occi.
dental y viennent avec leurs troupeaux de muu. tons et de chameaux ; lorsque l'herbe est épuisée, elles retournent dans leur pays, où elles trouvent alors des pâturages. — Au Nord- Est du Tiris et près du mont Idjil (80 m.), est une grande sebkha qui fournit beaucoup de sel à toute cette partie de l'Afrique‘, et dans le voisinage de laquelle se trouvent de nom-
: breux puits, contenant de l’eau excellente. —
Au Sud-Est de l’Adrar, est l'oasis de Tugant, pays montueux, dont la ville principale est Ti. chit; puison trouve l'oasis d'Oualata et le pays d'El-Hodh, avec la ville deKassambara.— Partout ailleurs le Sahara occidental est couvert de déserts sablonneux, dans lesquéls les caravanes qui vont de l’Adrar ou de l'Araouan*à Tafilelt ne trouvent de puits d’eau saumitre que de loin en loin et quelquefois: seulement après huit jours de marche.
Toute cette région est habitée par les Maures, mélange de tribus arabes conquérantes et de populations berbères soumises aux Arabes.
En général, les deux races se sont mèlées entre elles et avec leurs esclaves nègres ; quelques tribus arabes seules sont restées pures. Parmi les plus importantes, nous citerons les Trar- +as, sur le Sénégal, et les Ouled-Delim, entre le Tiris et l’Adrar. Toutes les tribus maures sont musulmanes, pillardes, féroces et à den barbares.
SAHARA CENTRAL OU RÉGION DES TOUAREGS, — C'est dans la partie septentrionale de cette région que se trouvent les plateaux-oasis du Fezzan 5, de Ghât, du Djebel-Haggar et de Touît ; au Sud, on y trouve le plateau d'Air, et au Sud-Ouest, l’Azaouad. Partout ailleurs, le Sahara central se compose de plaines basses, sablonneuses et désertes. — Les Touaregs # on
Snudan. Les caravanes du Maroc y amènent du blé, de l'orge et des chameaux, et en rapportent des guinées du Sénégal, des fusils et de la poudre de même provenance, des plumes d'autruche, de l'ivoire, des cuirs et des esclaves.
1 Des caravanes du Soudan, de Tagant et du pays des Trarzas viennent charger du sel à la sebkha d'idjilet l'échangent à leur retour contre de la poudre d'or.
# Oasis du pays des Touaregs.
3 Le Fezzan, vassal des Turks de Tripoli, a été décrit p. 795,
# Ce nom, qui L ur est donné par les Arabes, veut dire apostats; ils s'appellent Imohagh ou Imouchar. Imohagh est une forme moderne; la forme ancienne est Amazighes, nom que portent encore les Berhères du Tell marocain.
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Targui !, qui habitent cette région, sont un des principaux peuples de la race berbère ; ils se partagent en quatre groupes : les Touuregs- Hoggar, dans le Djebel-Hoggar, qui sont les plus importants; les Touaregs-Axgher, dans l'oasis de Ghât ; les Touaregs-Kéloui, dans le Djebel-Air ; les Touaregs-Oréliméniden, sur le Niger, à l'Est de Tombouktou. Chaque groupe se subdivise ea tribus nobles (Ihoggar), de race berbère pure, et en tribus de serfs (Imr’ad), composées de Berbères trés-mêlés aux nègres ? et presque noirs ; les Îmr’ad sont chargés du soin des troupeaux5. Les Touaregs parient le tamachek 4, idiome berbère, et ont conservé l'ancien alphabet des inscriptions libyennes, qu'ils appellent l'écriture tifinar. Quelques-uns parlent l'arabe. Ils sont musulmans, mais peu fanatiques, et leur islamisme est fort altéré ; ils ont rejeté la polygamie. La plupart de leurs tribus sont nomades et passent une partie de l'année à convoyer les caravanes qui traversent leur pays ÿ et auxquelles elles garantissent tonte sécurité, moyennant un droit fixé par les traditions et qui parait s'élever au centime des valeurs transportées.
La richesse des Touaregs consiste dans leurs troupeaux de bedmans®, de chèvres, de chameaux de bât, qu'ils louent aux caravanes, et de chameaux coureurs où meharis, qui sont d'excellente race.
Les principales contrées de la région des Touaregs sont :
L'oasis de Ghàt, " Le Djebel-Hoggar, Le Djebel-Aïr ou Asben, Le Danerghou, Le Tout, L'Azaouad et l’Araouan,
! Targui est le pluriel de Touareg. ;
* Les Touaregs ont beaucoup d'esclaves nègres.
5 Suivant Barth, les Imr'ad sont au contraire des nègres modifiés par le mélange avec les Touaregs, qui les ont conquis at asservis.
‘Le tamachek a la plus étroite parenté avec le kabyle, |
® Les routes de caravanes qui traversent le pays des Touaregs sont nombreuses; les principales sont : La route de Mourzouk au Bornou, par Ghât et Bilma dans le pays des Tibbous;
La route de Ghadamès à Kano dans le Soudan, par Ghat, Djanet et l'Air;
La route de Tafilelt et du Touât à Kano, par Idelès etl'Air, ou par l'Air en laissant Idelès à l'Est ;
La route de Ghat à Tombouktou, par Insalah ;
la route de Tombouktou à Tatilelt, par l’Azaouad etle pays des Maures.
Ilaut encore ajouter les routes de l'Azaouad à Aga- :
dès et d'Agadès à Bilma; la route du Touât au Souf ; la voute du Souf à Ghât; la route du Touât à Ght, el la route de l’oasis des Beni-Mzah au Tout.
* Moutons à poil
L'oasis de Ghât ou R'ât est séparée de l'oasis algérienne du Souf et de l'oasis tripolitaine de Ghadamès, par une région déserte, formée de roches calcaires, de poudingues ou de dunes de sable, où se trouvent çà et là quelques sources et quelque végétation, à El-Biod, par exemple, station sur la route du Souf à Ghât. — L'oasis de Ghät est étroite et occupe un ouadi dirigé du Nord au Sud, et à l'Est duquel se dresse la chaine des monts Akak-Rous, hauts de 660 mètres. — Les pluies sont rares dans l’oasis de Ghât; elles commenceni en octobre et finissent en janvier. D'après le dire des gens du pays, une bonue année suffit pour que l'herbe pousse pendant trois ans ; malheureusement il arrive souvent qu'il se passe cinq, dix et même douze ans, sans qu'il pleuve. Le climat engendre beaucoup d'ophthalmies !, et le ver de Guinée est une maladie commune.
— Les principales villes de l’oasis sont Ghât, Barket et Djanet. Ghât ou R'àc ? à l'O. du Fezzan et à 1,400 kilom. au S.-0. d'El-Aghouat, est une petite ville berbère où se tient chaque année, pendant les mois d'octobre, de noveanbre et de décembre, un grand marché pour l'échange des denrées et produits de l'Europe, de l'Afrique septentrionale et du Soudan ; il y vient des caravanes du Souf (Sahara algérien), de Ghadamès, de Mourzouk, du Touàt et de Kano (Soudan). On vend sur le marché de Ghât : des dattes, du blé et de l'orge venant du Fezzan ; des produits anglais 5.venant de Tunis, de l'Égypte et surtout de Tripoli; de l'ambre, du corail et de l'essence de roses de Tunis et de Tripoli; des chéchias, des haïks, des burnous, des tissus de laine, du henné, du tabac, de l’alun, de la poudre et des poignards venant du Touât; du beurre fondu, du tabac, des haïks, des burnous, des gondouras amenés par les gens du Souf; du bétail, des peaux, du beurre fondu, de la graisse de mouton, vendus par les Touaregs ; de l'ivoire, des plumes d’autruche, des peaux de buffle et de panthère, des peaux de bouc irès-recherchées pour faire des outres, des cuirs teints en jaune et en rouge, de la poudre d’or, des plats, des cuillers et divers ustensiles en bois, des selles, des bâts de chameau, des. cotonna-
1 C'est pour se défendré contre le sable et la lumière, que les Touaregs font usage d'un voile, lormé d'une bande de coton bleue ou noire,
# Voy., dans la Revue algérienne et coloniale de 1860, le voyage à R'at de M. Bouderba, Arabe algérien,
5 Calicots, mousselines, soieries, velours, étotfes en soieet or, draps communs, soies de couleurs variées, verroterie, quincaillerie, couteaux, acier, cuivre en feuilles, armes, tapis, fi, pap r, sucre et café.
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