‹ Géographie générale [microforme]Chapitre 539 sur 630 · SAR DR 2 TN ERNEST PSS · texte numérisé non relu

SAR DR 2 TN ERNEST PSS

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des bleues, des sai !, des sandales, de l'indigo, des armes (lances et javelots), des boucliers, du maïs, du riz, du douiah, un peu de blé, des bulfles, des chameaux, des moutons à poilras, des moutons à grosse queue et surtout des esclaves nègres ?, venant du Soudan. Ghât expédie : au Maroc, par la voie des Chambas (Sahara algérien) et des Touatis, des tissus bleus et des esclaves; à Tunis et à Tripoli, par Ghadamès et Mourzouk, et à destination de l'Angleterre, de l'ivoire, des peaux et des cuirs, des plumes d'autruche, de la poudre d'or, et, à destination du Levant, des nègres ?.

Djebel-Hoggar. — Entre le plateau-oasis de Ghât et le Touât, le sol du Sahara est élevé et accidenté ; il forme plusieurs plateaux, dont le plus méridional et le plus élevé est le Djebel- Hoggar ou Djebel-Ahaggar (entre 22° et 25° lat.). C'est un pays pauvre, montueux #, formé de grès, boisé, assez froid en hiver, et qui donne naissance à plusieurs cours d’eau, entre autres à l'Ouad-Igharghar, rivière temporaire qui coule au Nord et qui, à certains moments, paraît avoir beaucoup d'eau. La principale ville est /delés, aux environs de laquelle on cultive le blé. — Les tribus du Djebel-Hoggar, comp- {ent, dit-on, 200,000 âmes.

Djebel-Aïr ou Asben. — Le Djebel-Air {entre 19° et 17° lat.) est aussi une région montueuse, coupée de hautes montagnes 6 et de vallées presque toujours fertiles et cultivées, quelquelois cependant pierreuses et stériles. fl y tombe chaque année des pluies abondantes, et on récolte dans les meilleures parties des dattes, du blé et du millet. La population s'élève à environ 60,000 hab. 7. La capitale de l'Air est Agadès, ville de 7 à 8,000 hab., résidence du sultan d’Asben ou d'Air et marché important, — Ten-Telloud et Assoudi

* Bandes étroites d'étoffe de coton.

* Leprincipal article de commerce du Soudau est le nègre ; 3 à 4,000 esclaves sont vendus chaque année à Ghût,

3 Ghât n'expédie rien à Alger; nos lois de douanes appliquées à notre colonie africaine ont produit ce déplorable résultat. Les gens du Souf vont à Tunis s'approvisionner de produits anglais et y venrlre les produits du Soudan ; les Chambas vont au Maroc ; l'Algérie s'est ainsi fermé les routes de l'Afrique centrale. On a fait depuis 1860 quelques efforts pour les rouvrir, et un traité a été signé en 1862 avec les Touaregs de Ghàt.

# Quelques sommets paraissent avoir 2,000 raètres.

5 L'essence principale est le Thuya articulata.

® Les montagnes de l'Aïr sont lormées de granite, de basalte et de grès; leur hauteur est de 1,500 à 2,000 mètres.

1 La race indigène se compose de nègres, qui ont été conquis et soumis par les Touaregs, lesquels se sont mèlés aux femmes noires et ont ainsi altéré leur type primitif.

sont deux petites villes situées au Nord d'Agadès. — La principale richesse du pays est le sel, dont il s’exporte d'assez grandes quantités,

Damerghou. — Ce pays, situé entre l'Air et le Soudar: (entre 44° et 45° lat.), est montueux et assez fertile, et sa nature participe déjà de celle du Soudan ; on y trouve en effet | zébu ou bœuf gibbeux et quelques plantes soudaniennes. La principale céréale est le millet appelé Pennisetum typhoïdeum. La population se compose de nègres et de Touaregs, qui sont les maitres du pays. La bourgade plus importante est Taghehel, sur la route d'Agadès à Koukaoua.

Toudt. —- On désigne sous le nom de Touit un groupe d'oasis de 300 kilomètres de long sur 160 de large, situé à 700 kilomètres au Sud-Ouest d'El-Aghouat et sur la rive gauche de l'Ouad-Touât !. Le Touât se divise en trois parties : le Gourara, au Nord, le Touñt, au centre, le Tidikéit, au Sud. Les villes principales sont : Timimoum, dans le Gourara, et Insalah et Agably ou Akebli, dans le Tidikelt, Insalah est aujourd'hui la ville la plus importante et le marché le plus considérable du Touât.— La population se compose surtout de Berbères, et aussi de quelques tribus arabes et d'esclaves nègres. Elle est indépendante du Maroc et gouverné: par une djemäa ou assemblée des notables du pays. — Bien arrosé « pourvu d'abondantes irrigations ?, le Tout est assez fertile, nourrit des troupeaux et produit des dattes, des grains (blé, orge et maïs), des légumes, des pastèques et des melons, qu henné, du tabac, un peu de coton, de la garance, de l’anis et une espèce de trèfle (faça) pour le bétail, Les productions du Touât sont cependant insuffisantes pour nourrir sa nonbreuse population; aussi achète-t-il du blé et de la viande à l'Algérie, et une partie des Touatis est obligé d'émigrer dans les divers pays barbaresques, où ils se font commerçants ou inslituteurs. — Le Touât commerce par caravanes avec le Maroc (Tafilelt, Figuig), avec Ouargla et le Souf (Sahara algérien), avec Ghit, avec le Haoussa (par l'Aïr)et avec Tombouktou. Ce commerce est alimenté en grande partie par les marchandises anglaises expédiées de Gibraltar 5 à Fez.

‘ Le Touût est entre 27° et 30° latitude Nord.

2 Toutes les oasis sont situées dans des vallées, ou plutôt dans des dépressions du Sahara ; on y trouve de l'eau facilement et en ahondance dans les nappes souterraines, en creusant des puits qui forment des ruisseaux abondauts, à l'aide desquels on établit les irrigations.

3 Nous avons déjà dit que Gibraltar était un grand

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El-Araouan et El-Axaouad sont deux pelites oasis situées au Nord de Tombouktou, dans lesquelles on trouve deux bourgades de mème nom : El-Araoua::, située sur la route de Tombouktou à Tafilelt, et El-Azaouad, placée aa nœud des routes de Tombouktou au Touât et à Ghât. Ces diverses routes, où l'on reste quelquefois huit et neuf jours sans trouver de puits, traversent les parties les plus désertes et les plus arides du Sahara.

SAHARA ORIENTAL OU RÉGION DES TiBeous. — Les Tibbous : sont des Berbères très-mèlés aux nègres et presque noirs; leurs tribus cæupent un plateau de 400 mètres d’altitude moyenne, souvent sablonneux, désert et aride. La principale oasis est entre 18’ et 19° lat., sur la route de Mourzouk à Koukaoua. C'est une longue et étroite vallée, dirigée du Nord au Sud, bordée à l'Est et à l'Ouest par de hauts rochers de grès, et dans laquelle il y a plusieurs villages et de nombreuses cultures de palmiers. On y trouve aussi la petite ville d'Aschenouma, résidence du chef des Tibbous et étape importante dans le désert. — C'est au Sud de cette oasis que se trouve le grand gisement de sel de Bilma, où les Touaregs viennent chaque année acheter de grandes quantités de sel qu'ils vont vendre ensuite aux parties du Soudan qui en sont privées, à Kano. surtout. . :

Il faut encore citer dans la partie N.-E. du pays des Tibbous : l’oasis de Koufarah, sur la route d'Audjilah au Ouaday, dont la ville principale est Kebabo ou Gebabo; — le Borgou, ou l'on trouve la ville de Jen ou Beled-el-Omian, sur la route de Mourzouk au Ouaday.

Déserr DE Laisye. — On donne encore le nom ancien de désert de Libye à la partie vrientale du Sahara, qui s'étend entre le pays des Tibbous et le Nil; il renferme plusieurs oasis tributaires de l'Égypte et dont il sera parlé plus loin.

$ 6. —- Soudan * ou Nigritie.

Bornes et étendue. — Le Soudan est borné :

au N., par le Sahara; à l'E, par la Nubie; au S.-E., par une région encore inconnue ; au $., par la Guinée ; à l'O., par la Sénégarnbie. C'est une grande région, longue de 4,600 kilomètres de l'Ouest à l'Est, large seulement

dépôt de marchandises à destination de l'Afrique centrale.

! Tébous ou Teda. En arabe, Beled-el-Sordän veut dire paysdes noirs. Les nègres du pays désignent cette mème région sous le nom de T'akrour. — La principale source qui a servi à rédiger ce chapitre est le vayage de Barth.

de 600 à 700 kilomètres, et divisée en une infinité de petits pays.

Aspect général. — Le Soudan est en général, surtout dans sa partie septentrionale, un pays de plaines, dont l'altitude moyenne est de 300 à 400 m.: à l'Ouest, vers le haut Niger, au Sud-Ouest, le long des montagnes de Kong, et au Sud du lac Tchad, dans l’Adamaoua, le sol est inontueux. Les principaies montagnes de l'Adamaoua sont : le mont Alantika, haut de 3,000 ou 3,250 m., et, plus au Nord, le mont Wandala et le mont Mindif (4,600 ou 1,800 m.). Presque partout le sol du Soudan est fertile et cultivé.

Rivières et lacs. — Les principaux cours d'eau du Soudan sont : le Bat-ha, le Chary, le Komadougou ou Waubé, le Niger et ses affluents, l'Ulaba, le Sokoto et le Rinoué,

Le Bat-ha arrose le Ouaday, coul: de l'Est à l'Ouest et se jette dans le lac Fittri, situé à l'Est du lac Tchad. — Le Chary coule du Sud au Nord, traverse le Baghirmi et se jette aussi dans le lac Tchad ; pendant la saison des pluies, c’est une rivière large et très-abondante, comme toutes celles du bassin du lac Tchad; mais pendant la saison sèche, elle est presque sans eau. Son principal affluent est, à gauche, le Serbewel ou Àrre, qui coule du Sud au Nord, parallèlement au Chary, et sépare le Baghirmi du Mousgou. Le Serbewel semble, pendant la saison des pluies et des crues, être réuni au Kebbi, une des branches originelles du Binoué, affluent du Niger, par un canal naturel (Ngeldjam). — Le Komadougou, qui s'appelle Ouabi ou Waubé dans son cours inférieur, coule de l'Ouest à l'Est dansle Bornou, en passant à Birni, et finit dansle lac Tchad; sa vallée est marécageuse et couverte de pàturages, exceplé dans sa partie inférieure, où elle est aride et couverte de dunes de sable. — Le Niger? est un grand fleuve qui prend sa source dans les montagnes de Kong; il coule d’abord du Sud-Ouest au Nord-Est jusqu'à Tombouktou, en passant à Sego et à Djenné et en traversant lelac Dibbie ou Debo;

! Fleuve ou eau se dit : Bat-ha, chez les Arabes du Ouaday ; Chary, chez les Kotoko ; Fittri, dans le Kouka; Arre ou Ere, chez les Mosgou ; Komadougou, chez les Kanori; Bisoué, chez les Batta; Kouara, chez les Yorouba ; Geulbi, chez les Haonssaoua ; Mayo, chez les Foulhé; £yhirroi, chez les Touaregs du Niger; Ba, chez les Mandingues et dans le Baghirmi.

2 Le Niger est appelé Eghirrot ou Eghirreu par les Touaregs ; Youli-ba et Djoli-ba par les Mandingues; Mayo-Balleo par les Foulbé; Issa ou Suë par les Sonrhaï; Kouara par les Kombori. Tous ces noms veulent dire : le fleuve. Le nom de Niger est une corruption évidente du mot touareg Eghirrot.

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