‹ Géographie générale [microforme]Chapitre 540 sur 630 · PR LS · texte numérisé non relu

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puis il change de direction, coule du Nord- Ouest au Sud-Est, sort du Soudan, en traversant le massif des montagnes de Kong, et entre en Guinée. La vallée du Niger est plate, large de 12 à 15 kilomètres et très-fertile ; pendant les pluies et les crues, elle estcomplétément inondée, et après la retraite des eaux, elle se couvre de prairies de byrgou!.

Le lit du Niger est encombré d'ikes, A Tombouktou, il a 1,000 pas de large et 6 m. de profondeur, Ses principaux affluents sont : à droite, l'Ulaba, qui se jette an-dessous de Djenné; — à gauche : le Sofkoto, qui arrose le Haoussa et Sokoto ; c’est pendant les grandes eaux une rivière profonde et très-rapide, et presque à sec pendant la saison sèche; — le Binoué*, grande rivière, qui vient du plateau de la Haute Afrique, coule de l'Est à l'Ouest et se jette dans le Niger à Igbegbe. Son principal affluent est le Faro, qui traverse l'Adamoua, Le-Niger et le Binoué sont les deux artères par lesquelles les Anglais s'efforcent de faire pénétrer le commerce et |:. civilisation de l'Europe dans l'Afrique centrale.

Le lac Tchad est un grand lac marécageux, dont l'altitude est de 252 m.; il est bordé d'immenses marécages, couverts de roseaux et peuplés d'éléphants, d'hippopotames, de buffles, de sangliers, d'antilopes et de léopards. Pendant la saison des pluies, ces marais sont complétement inondés.

Climat. — Le Soudan est un pays trèschaud ; à Koukaoua, le thermomètre marque :

au milieu d'avril + 45°; à la fin de novembre + 28°, à midi, et + 4° à l'aube. — Une des maladies les plus ordinaires et les plus horribles du Soudan est le farantit ou aroug (ver de Guinée); plus du tiers de la population en est atteint.

Productions minérales, — Les productions minérales du Soudan paraissent se réduire au cuivre du Darfour, au fer du Bornou et du Darfour, et à l'or du Bambarra. Le sel manque ; om le fait venir à grands frais du Sahara, ou on le tire des cendres du siwak * et de celles des pailles du millet et du sorgho.

Productions végétales, cultures et bétail. — Les produits des cultures soudaniennes sont :

! Grande herbe à tige sucrée, excellente pour les chevaux et le bétail.

* La mère des eaux ; cette rivière est appelée quelquefois la Tchadda, mais à tort. — Le Binoué et le Niger sont infestés de crocodiles.

3 Le siwak, appelé aussi abisga et el-irak, est le Capparis sodata. Ce câprier est un des végétaux caractéristiques de l'Afrique centrale; c'est un arbuste à baies comestibles, dont le bois est très-utile, et dont les chameaux mangent les feuilles.

le douqn ou gero!' 4 le dourah, appelé aus ngaberi ou beiri, que l'on mange en bouillie dans tout le Soudan ; le massakoua*; je kreb5; le blé * ;le mais; le riz ®; le nebbou': le dankali (patate); le goasa (igname); les pastèques, les oignons et les fèves; et parmi les fruits : ceux du buobabs , du tamarinier, du tiguier, du dattier, du palmier doum?, de l'ayaba (bananier), du gouda (papayer), le bito‘®, le bamyeh ou karas (gombaut) et le gherred, qui est comme le tamarin un trèsbou remède contre la dyssenterie. Les autres produits des cultures sont : le coton, l'indigo, le tabac (Haoussa, Mousgou, rives du Niger), le poivre, le nome (sésame), les arachides, le sabade (sorgho à sucre), le ricin et la noix de gouro ou de kola !!, 1] faut encore mentionner les acacias à gomme (vallée du Niger) et le chi ou chea, ou arbre à beurre, qui donne un beurre excellent !?,

Le bétail du Soudan comprend : le zébu d'Afrique, robuste, plus grand que celui de l'Inde et employé comme bête de somme; les chevaux du Bornou, bonne race originaire de l'Afrique septentrionale, et les chevaux du Ouaday ; les ànes, à l'Ouest du Niger; les mou tons de race du Soudan, à poil ras; les chèvres; les chameaux, dans le Ouaday; les porcs, dans le Logon ‘5. La cire et le miel

sont partout abondants.

Faune. — Les principales espèces de la faune du Soudan sont : les éléphants, les

* Pennisetum typhoïdeum. On cultive aussi dis le.

Soudan un autre millet, le Pennisetum di vin.

* Espèce de sorgho; c'est le Holcus eesnuus ; on le cultive dans le Bornou.

3 Espèce de poa. On le cultive dans le Hornou, le Baghirimi et le Ouaday.

# On le cultive dans le Bornon, le Haowmssa et l'Ada: maoua.

5 On le cultive dans le Ouaday

® IL croit à l'état sauvage dans toute l'Afrique centrale, dans les marais, dans les lacs des forêts et sur les rives du Niger.

7 C'est le souchet comestible (Cyperus esculentus), plante dont on mange les tubercules.

# Appelé kouka dans le Soudan.

% Hyphæne où Gucifera Thebaïca.

10 Fruit du Balanites Ægyptiaca. C'est un arbrisseau épineux,appelé Tenchar ou Hadjilidj par les Touaregs, leglig par les Égyptiens et Eladaïa par les Nègres.

#1 La noix de youro est fournie par le Sterc. lia acu: minata et le S. macrocarpa. Elle renferme un. liqueur rougeâtre acidulée dont le goût âpre et suc: é imprè: gne fortement les papilles de la langue :t la rend momentanément insensible aux saveur: désagréables ; l'eau saumätre parait alors fre?che et sucrée, propriété précieuse qui fait rechetcher ce fruit dans le Soudan et le Sahara, où il st l'objet d'un com: merce assez important.

1 C'est le Bassia butyraceu.

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hippopotames, les bufiles, les sangliers, les antilopes, les girafes, les rhinocéros, les léopards, les panthères, les lions, les crocodiles et les aulruches. Parmi les insectes nuisibles, »" remarque les fourmis, les termites et surjout de grands vers noirs, qui vivent en troupes immenses et exercent d'incroyables: ravages.

Races, langues et religions. — Trois races principales habitent le Soudan : les nègres, habitants indigènes, les Foulbé, conquérants étrangers, à l'Ouest du lac Tchad, et les Arabes, à l'Est du lac, Partout ces "aces sont mêlées, enchevètrées et se croisent entre elles ; cependant les Foulbé et les Arabes musulmans, lorment des races dominantes, maîtresses du sl et des habitants, tandis que les nègres sont païens et esclaves. Les Foulbé ou Fellatahs*, qui jouent un grand rôle dans l'Afrique centrale et occidentale *, sont un peuple mélangé se rattachant à la race berbère, mais mèlé à divers éléments, arabes, nègres et peutêtre malais. Ils sont bruns-rougeâtre ou cuivrés, petits, bien faits, ont les traits presque européens, comme tons les peuples berbères,et les cheveux à peine laineux. C'est un peuple assez intelligent, musulman, fanalique, guerrier, conquérant el convertisseur, qui à soumis ou cherche à soumettre à sa domination et à sa religion les nègres du Soudan et de la Sénégambie, L'instinct prédominant des Foulbé les porte à la vie pastorale, et ils ont de nombreux troupeaux %. — Les Arabes habitent le Darfour et le Ouaday ; les Sehoua du Bornou et du Logon sont aussi des Arabes; il y en a dans le Baghirmi et jusque dans l’Adamaoua, Les races nègres leur sont soumises, dans toute la patrie orientale du Soudan, comme, à l'Ouest, elles le sont aux Foulbé.

— La langue arabe est parlée chez les tribus arabes et par les marabouts foulbé, qui savent lire le Coran. — L'islamisme est la religion dominante dans presque tout le Soudan, excepté parmi quelques populations nègres encore indépendantes,

Les états foulbé ol arabes sont à demi barbares et les mœurs y conservent partout une lérocité que l'islamisme ne fait que dé-

‘ Les Foulbé sont appelés par les diverses nations du Soudan : Foulahs, Fellani, Foulan; ce sont les Fouls ou Peuls du Sénégal.

* Dans la zone comprise entre les 18° et 10° parallèles et entre l'Océan et le lac Tchad.

% L'empire fellatah actuel date du commencement de ce siècle, et déjà il s'est morcelé en plusieurs états. Il parait que les Foulbé sont venus de la Sénésambie dans le Soudan; leurs premières conqnêtes remonten ‘“quatorzidine siècle,

velupper. Une partie des populations nègres est encore sauvage. C'est chez elles que se font ces épouvantables « chasses à l’homme, » qui ont pour but de procurer au commerce du Soudan les esclaves qu'il vend aux caravanes du Maroc, de Tripoli et de l'Égypte; ce sont ces chasses et ce commerce qui maintiennent et augmentent la barbarie qui rêgne dans ces contrées.

Pays et villes. — Le Soudan renferme un trés-grand nombre de pays et d'états, dont la géographie change constamment à la suite des guerres, des conquêtes et de l'anarchie qui bouleversent sans cesse ces régions barbares. Les principaux pays du Soudan sont, de l'Est à l'Ouest :

Le Danroun ou Dan! Four, situé entre le Kordofan, à l'Est, et le Ouaday, à l'Ouest ; c'est un pays musulman, habité par des noirs et par des Arabes qui y forment la classe dominante, Les villes principales sont : Tendelti, capitale du pays; — Kobbeh, ville de 15,000 hab., qui est le centre du commerce du Darfour avec l'Égypte et Tripoli. Les caravanes du Darfour exportent : dents d'éléphant, cornes de rhinocéros, gomme, tamarins, natron, cire, chameaux, plumes d'autruche et esclaves ; elles importent : tissus européeus, vêtements fabriqués au Caire, bonnets de Tunis, corail, zinc, étain, coutellerie et quincaillerie, armes, papier, sel, savons, parfumerie, vases en cuivre et poterie. — Le Darfour est montueux dans sa partie centrale, où se trouve le Djebel-Marrah; il est couvert dans sa partie méridionale de forêts de gommiers. C'est aussi dans le Darfour méridional? que se trouvent les riches mines de cuivre de Hofrat-En- Nahas.

Le Ouanax (Waday) qu Dar Maua, situé entre le Darfour, à l'Est, et le Baghirmi et le Kanem, à l'Ouest, est également un pays musulman, habité par des nègres indigènes et soumis, et par des Arabes qui sont établis dans l'Ouaday depuis plus de 500 ans ; les uns et les autres sont à demi barbares, fanatiques et féroces. La capitale est Ouarah (Warah), grande ville de 30 à 40,000 hab., centre du

commerce du Ouaday avec Tripoli, Benghazy, l'Égypte et le Bornou. Les caravanes du Ouaday exportent des esclaves, des eunuques nègres du Baghirmi, des dents d’éléphant, des cornes de rhinocéros, de la gomme, des plumes d’autruche, de la cire, des tamarins, des peaux de bœuf, et importent : corail, ambre,

{! Dar, pays.

* Ou dans le Ferlil.

perles, verrolerie, anneaux, draps rouges, draps verts, indiennes, tissus de coton, parfums, épices, sucre, cuivre, soufre, sulfure d'antimoine, tabatières à miroir, aiguilles, rasoirs, selles, papier et livres musulmans.

— Les autres villes du Onaday sont : Besché, au Sud de Ouarah, et Yao, sur le lac Fittri.

Le Bacuiemi ou Bacirmi, situé entre le Ouaday, à l'Est, le lac Tchad, au Nord-Ouest, et le Bornou, à l'Ouest, dont il est séparé par le Chary, est peuplé de 1,500,000 habitants, nègres et schouas. La race nègre du Baghirmi est belle, et les filles sont recherchées et vendues dans tout le Soudan. La capitale est Maséna ou Messéna. Le sultan du Baghirmi est tributaire du Ouaday.

Le Kane, au Nord du lac Tchad, était autr fois une province du Bornou, riche et peuplée; c'est maintenant un pays dévasté par une suite de guerres acharnées et qui est au pouvoir des ‘Pibbous. Sa principale ville est Mao, peuplée de 3 à 4,000 habitants.

L'Avamaoua, qui fait partie de l'empire des Foulbé, est une très-belle contrée, montueuse, bien arrosée et dont la principale rivière est le haut Binoué. La capitale est Yola, ville de 142,000 hab., résidence du gouverneur foulbé, Au-dessous de l’Adamaoua et sur le Binoué sont situés : le Hamarroua, pays également soumis aux Foulbé et habité par de beaux noirs musulmans, et le Kororofa, dont la capitale est Oukari. Le Kororofa produit du café.

Le Bornou ou Bounnou, à l'Ouest du lac Tchad, forme un royaume peuplé par les Kanori, nègres laids et méchants, et gouverné par une famille arabe qui a su résister jusqu'ici aux Foulbé, Les villes principales sont : Koukaoua , capitale, près et à l'Ouest du lac Tchad: — Ngornou, grande et belle ville située au Sud de la précédente ; — Oudjé-Mabani, où il ya des teintureries renommées; — Dikæa, ville de 25,000 hab., où l'on fabrique des étoffes de coton et de la poudre; — Logon, capitale d'un petit royaume tributaire du Bornou; on

fabrique des cotonnades bleues, de belles hattes et des jattes en bois; — Birni, sur le Komadougou, ancienne capitale du royaume ; — Sinder, grande ville et station de caravanes sur la route la plus suivie aujourd'hui pour aller de Mourzuuk à Kano.

Le Haoussa, grand pays situéentre le Bornou, à l'Est, et le Niger, à l'Ouest, et peuplé par des nègres assez beaux, appelés Haoussaoun, est le centre de la puissance des Foulbé dans

1 La vile aux koukas, c'est-à-dire aux baobabs.

le Soudan. Il est arrosé par le Niger et par ses affluents le Sokoto, le Kadouna et le Binoué. Les villes principales sont : Kano, ville de 50,000 hab. !, grand centre de commerce et d'industrie. On y fabrique beaucoup de cotonnades pour vêtements, des voiles noirs pour les Touaregs, de heaux vêtements, des sandales et chaussures, des anneaux et bracelets d'argent, des articles de quincaillerie, des armes . (lances, épieux, poignards), des étriers, des instr1ments aratoires et des cuirs brodés ; il y a aussi des teintureries renommées pour teindre en bleu? les étoffes de coton, et des tanneries qui font de lrèsbeaux cuirs rouges. Kano est en relations d'affaires avec Tripoli, par Mourzouk, avec Ghàt, avec le Touût, avec Tombouktou et avecle Bornou. Ses caravanes exportent les produits de l’industrie de Kano, qui sont très-recherchés partout, des noix de gouro, de l'ivoire et des esclaves, et importent du sel acheté anx Touaregs, des tissus européens, des vètements fabriqués à Tunis, des aiguilles et miroirs de Nuremberg, de la mercerie, du papier, du sucre de Marseille, des épées de Solingen, des rasoirs de Styrie et des perles de Venise, —Kachena ou Katsena, au Nord-Ouestde Kano, ancienne capitale du Haoussa. — Sokoto ou Sakatou, sur le Sokoto, grande ville de 20,000 hab. où il y a des tanneries et où l’on fabrique des ouvrages en cuir très-recherchés (brides, sacs et coussins).— Wourno, au N.-+, de Sokoto, résidence du sultan des Foulhé.

— Gando, sur le bas Sokolo; on y fabrique de belles cotonnades, — Soso ou Saria, Yakoba et Say, sur le Niger.

Le Bonçou, situé à l'Ouest du Niger, où l'on trouve Boussa, petite ville sur le Niger, où fut tué Mungo-Park.

Le pays Des Sonnuaï est situé à gauche et à droite du Niger, entre Say et Tombouktou:

il.a formé autrefois un puissant royaume; mais aujourd'hui les nègres Sonrhaï sont soumis aux Touaregs ou aux Foulbé. Les localités principales sont : Gagho ou Gogo, sur le Niger, misérable village qui était autrefois lt capitale du royaume; — Dore, dans le Lirtako, pays soumis aux Foulbé et dans lequel on é:ève des chevaux.

Towsouxrou, ville commerçante près du Niger, peuplée de 12,000 à 15,000 hab.°, est aujourd'hui soumise aux Foulbé. C'est l'entrepôt du commerce du Soudan occidental

Composés de Foulbé, Haoussaoua esclaves, Arabes et Touarcgs.

? Avec les feuilles du T'ephrosia toricariaet l'indigo.

%Sonrhaï, l'ouaregs, Foulbé, Mandingues et Maures.

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avec Ghât et surtout avec le Maroc, qui, en échange des produits du Soudan, lui envoie des marchandises anglaises. Les caravanes de Tombouktou exportent surtout de l'or qui vient du haut Sénégal et du Bambarra, des bijoux, du sel, de la gomme, des noix de gouro, des chemises brodées en soie et des vêtements en coton fabriqués à Kano ; elles importent : cotonnades anglaises, soies de couleur, draps rouges, boîtes à miroir, articles de coutellerie anglaise, tabac, thé, sucre, clous de girofle, corail et essences de Tripoli. La seule industrie de Tombouktou est l fabrication d'objets en cuir (sacs, sachets et valises), de. bagues et de bijoux d'or. L'importance de Tombouktou a considérablement diminué depuis le seizième siècle, — Kabra ou Kabara, petite ville de 2,000 hab., sur le Niger ; c'est le port de l'ombouktou.

Le pays DE Massina, au Sud-Ouest de Tombouktou et sur le Niger, est aux Foulbé; la ville principale est Djenné, sur le Niger ; il s'y fait un assez grand commerce.

Le Bamsarra, au Sud-Ouest du pays précédent, est aussi sur le Niger, et a pour capitale Ségo, grande ville commerçante sur le Niger.

Les habitants, appelés Bambarras, sont des nègres de race mandingue.

Le pays Des ManninGues, sur le haut Niger et sur les hauts plateaux aurifères du Djalonkadou, où le Sénégal et la Falémé prennent leurs sources, a pour ville principale Bouré, située près du Niger.

$ 7. Sénégambie.

Situation. — On désigne sous le nom de Sénégambie, une grande région bornée :

au N., par le Sahara; à l'O, par l'océan Atlantique ; au S., par la Guinée; à l'E., par le Soudan; mais aucune limite n'établit de séparation entre le Soudan, la Guinée et la énégambie. En réalité, la Sénégambie n'est que la partie occidentale et maritime du Soudan, arrosée par le Sénégal, la Gambie et quelques autres rivières de moindre imporlance, et dont le littoral s'étend entre l'embouchure du Sénégal, au Nord, et la côte de Sierra-Leone, au Sud

Littoral. — Le littoral de la Sénégambie est partout formé d’alluvions très-basses qui terminent les vastes plaines dont se compose la presque totalité du pays. On n'y remarque que le cap Vert, à l'extrémité d'une petite presqu'île au Sud de laquelle est l'ile de Gorée, et plus au Sud, les îles Bissagos et les iles de Loss. Toute la partie méridionale de ce lit- GÉOGR, GÉNÉRALE,

toral, entre la Gambie èt la côte de Sierra- Leone, est coupée en tous sens par les bras des cours d'eau, qui tous se divisent à l'infini en approchant de l'Océan, et forment un réseau inextricable de marigots (ris) et d’iles.

Montagnes et aspect général. — La partie orientale de la Sénégambie est un pays montueux, dont le système orographique semble être formé par deux chaînes principales. La première de ces chaînes, qui continuent les montagnes de Kong, se dirige du Sud-Est au Nord-Ouest à travers le Fouta-Djalon et le Tenda, et sépare les bassins du Niger et du Sénégal, au Nord, de ceux de la Gambie, du Rio Grande et de la Sierra-Leone, au Sud. La seconde chaîne, qui se détache de la précédente au nœud de Timbo, dans lequel le Sénégal et la Falémé prennent naissance, se dirige du Sud-Ouest au Nord-Est, à travers le Djalonkadou, et se prolonge sur la rive gauche du Niger jusque vers Ségo, séparant le bassin du Sénégal de celui du Niger. Ces deux chaînes et leurs contre-forts forment un massif qui se lie à celui des montagnes de Kong (Guinée) et du Bambarra (Soudan), et qui est encore peu connu. -— Toute la partie Nord-Ouest de la Sénégambhie, entre le Sénégal et le Rio Grande, est formée de plaines; au Sud du Rio Grande, le pays est accidenté et couvert par les extrémités des contre-forts de la chaîne du Fouta-Djalon.

Rivières et lacs. — Les principales riviéres sont : le Sénégal, la Gambie, la Casamance, le Rio Cacheo, le Rio Geba ou Rio Grande, le Rio Nuñez, le Rio Pongo et le Rio Mallécory.

Le Sénégal! est formé par deux cours d'eau, le Ba-Fing, qui est le plus important et qui descend des montagnes du Fouta- Djalon, et le Ba-Khoy, qui descend des montagnes du Djalonkadou; ces deux cours d’eau se réunissent à Bafoulabé. Le Sénégal coule d’abord dans un pays montueux où il forme plusieurs cataractes, dont les dernières sont celles du Félou; puis il entre en plaine, coulant à l'Ouest et séparant le pays des Maures nomades et pasteurs (le Sahara), au Nord, du pays des nègres sédentaires et cultivateurs (la Sénégambie), au Sud. Le Sénégal baigne à droite : le Djalonkadou, le Kaarta et le pays des Maures Douaïch, Braknas et Trarzas ; à gauche, il arrose le Bambouk, grand pays situé entre le Sénégal et la Falémé, au-dessous duquel sa vallée appartient à la France; puis il traverse le Khasso et passe au fort Médine : il

! Ce nom, tout européen, vient de celui des Berbères- Lénagas, qui habitent sur la rive droite du fleuve.

arrose ensuite le Gadiaga‘ et le fort Bakel, le Damga* et le fort Matam, le Fouta et le fort Saldé, le Toro et le fort Podor, le Dimar et le fort Dagana, le Oualo et le fort de Richard- Toll. C'est dans le Oualo, que le Sénégal se partage en plusieurs bras où marigots et se Jette dans l'Océan au-dessous de Saint-Louis. L’embouchure du fleuve est obstruée par une barre mobile qui gène considérablement la navigation. — Le Sénégal a 1,600 kilom. de longueur. Sa largeur est de 1,500 à 1,800 m., dans tout son cours inférieur; de 400 à 600 m., à 80 kilomètres de son embouchure; de 800 m., à Saldé, et de 150 m., le long de l'ile à Morfil, grande île que forme le fleuve dans le Fouta. Sa profondeur est de 10 à 12 m.

dans ses 360 derniers kilomètres, et en toute saison les bâtiments à vapeur le remontent jusqu'à Médine, près des cataractes du Félou. Les plus basses eaux sont en juin; la crue commence en juillet et finit en novembre; elle élève les eaux du fleuve de 15 m. à Bakel, de 6 m. à Podor, de 3 m. à Dagana et de 1",20 à Saint-Louis. Pendant les derniers jours de septembre et le mois d’octobre, la vallée du Sénégal est inondée sur une largeur de 12 à 15 kilomètres, et après la retraite des eaux, elle se revêt des plus abondants pâturages. — Le Sénégal reçoit plusieurs affluents dans la partie supérieure de son cours; le plus important est la Falémé, qui sort des montagnes du Fouta-Djalon, sépare le Bambouk, à l'Est, du Bondou, à l'Ouest, et arrose un pays très-fertile, soumis en partie à la France, qui y a bâti le fort de Sénoudébou. Dans son cours inférieur, le Sénégal a pour affluents des marigots, c'està-dire des ruisseaux sans pente, dont les eaux se versent dans le fleuve pendant l’étiage, et dont le lit au contraire est rempli par les eaux du Sénégal pendant ses crues.

Près de Dagana, le Sénégal reçoit un marigot qui le fait communiquer avec le lac de Cayar (R'qiz ou Komak); il en reçoit un autre, à Richard-Toll, qui le met en communication avec le lac Guier ou Panié-Foul, sur lequel est Mérinaghen.

La Gambie prend aussi sa source dans les montagnes du Fouta-Djalon; elle coule d'abord dans un pays montueux et boisé, puis au milieu de plaines immenses et fertiles, dans les-

% La Falémé, dans son cours inférieur, partage le Gadiaga en deux parties; le Kaméra, à l'E, et le Guoy, à l'O., dans lequel est le fort Bakel.

* Le Damga, le Fouta, le Toro et le Dimar sont les quatre pays qui l'orment le Fouta sénégalais,

quelles son lit, profond, vaseux et bordé de palétuviers, est infesté de crocodiles et d'hippopotames. La vallée inférieure de la Gambie est aux Anglais, qui y ont les comptoirs d'Al bréda et de Sainte-Marie-de-Bathurst.

La Casamance est une rivière de 250 kilomètres, trés-large, profonde, et sur laquelle Ja France a plusieurs comptoirs importants.

Climat. — La partie occidentale de la Sénégambie, région basse et maritime, a un climat Lorride ; pendant les mois de juillet, août et septembre, la chaleur est de 40 à 50 degrés. Dans la région montueuse que traverse le haut Sénégal, dans le Kaarta, les hivers sont assez froids, et il n'est pas rare d'y voir de la glace en décembre et janvier. À Gorée, la chaleur ne dépasse guère 38° en été. Le climat de la Sénégambie est très-insalubre pendant la saison des pluies ; c'est alors que sévissent les fièvres pernicieuses, la dyssenterie et les maladies de foie.

Productions. — Les productions minérales de la Sénégambie sont jusqu'ici peu importantes. L'or et le fer du Bambouk! et le sel que l'on tire des salines de Gandiole? sont les principaux produits du règne minéral.

Les produce’ , ‘égétales sont plus nombreuses; ce s::1 : ; qui alimentent le commerce d’exp: :», dont le développement a réagi de la façon la plus heureuse sur l'état social des indigènes, en augmentant les cultures et en répandant parmi eux le goût et le besoin du travail4. Les principales productions du Sénégal sont : la gomme arabique’;

.— les graines oléagineuses, employées dans

les savonneries, telles que : le béraf6, le sésame, la noix de touloucouna?, la graine de

1 C'est à Kéniéba que se trouvent les gisements aurifères. ;

? Village au Sud de Saint-Louis.

3 Qui se compose d'arachides et autres graines oléagineuses, de gomme, de plumes de parure, d'ivoire, de peaux de bœuf et de cire,

# Deux grandes fermes-écoles ont été établies à Joal, au Sud de Gorée, et placées sous la direction de la mission catholique de Dakar ; elles sont eullivées par des nègres chrétiens et ont surtout pour but l'éducation agricole de la race nègre ct subsidiairement la production du coton. — C'est par le développement des cultures que l'on combat le plus elficacement la traite des nègres, en rendant les bras nécessaires dans des paystrès-dépeuplés aujourd'hui.

5 Elle est produite par l'acacia verek (A. Adansonii), très-commun au Sénégal, et par l'acacia albida. Les belles gommes viennent des forêts du pays des Maures, situées au Nord du Sénégal. — Saint-Louis exporte en France 3 à 4 millions de kilogrammes de gomme par an.

® Graine le deux cucurbitacées,

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pignon d'Inde, les noix de palme et surtout l’arachide, que les vallées du Sénégal, de la Casamance et de la Gambie peuvent produire en quantités illimitées: — le coton, qui croit spontanément et que les indigènes cultivent pour leur usage, ainsi que l’indigo?; — le henné; — le dourah, seule cé.

réale des noirs; — le riz; — le fruit du baobab5 ; — des bois de construction et de teinture.

Le bétail de la région se compose : de bœufs de travail, appartenant à la race excellente des bœufs à bosse du Sénégal; de moutons de la race touareg; de chèvres et de chevaux d'origine arabe, mais fort dégénérés.

Races et religions. — La population de la Sénégambie appartient à deux races principales : la race éthiopienne et la race nègre. La première comprend les Maures et les Peuls ; la seconde renferme les Mandingues, les Soninké, les Ouolofs et les Sérères. — Les Maures, mélange d’Arabes, venus comme conquérants religieux au septième siècle, de Berhères- Ténagas, habitants indigènes, et d'esclaves négres, habitent à la droite du Sénégal et se divisent en Maures-Douaïch, Maures-Braknas (63,000) et Maures-Trarzas (55,000). Ils sont mahométans, nomades, pasteur: et pillards, et se divisent en nombreuses tribus, dans lesquelles prédomine chez les uñes l'élément arabe, et chez les autres l'élément berbère.

Les tribus arabes sont les tribus dominantes4, et toutes ne parlent que l'arabe.

— Les Peuls ou Foulahsÿ sont pasteurs ici comme dans le Soudan, et ils ont de nombreux troupeaux de bœufs. Chez les Toucouleurs 5, où l'élément nègre prédomine sur l'élément berbère, c’est le goût du travail agricole ct de la culture, qui est celui des nègres, qui l'emporte sur les mœurs pastorales. Les Peuls habitent le Fouta-Djalon, le Bondou, le Khasso, le Fouta sénégalais etle bassin de la haute Gam-

! Curcas purgans.

? L'arbuste appelé Indigofezatinctoria est la plante indigofère la plus répandue au Sénégal; l'indigo du Sénégal est aussi bon que celui de l'Inde,

5 Appelé vulgaireMhent pain de singe; c'est la prine cipale nourriture des nègres de la Sénégambie,

‘Le cheikh de la tribu arabe des Ouled-Dahman est le chef de toutes ces populations; c'est lui que nous appelons le roi des Trarzas.

5 On les appelle aussi Pouls, Fouls, Foulbé et Fellatahs, On leur donne le nom de Toucouleurs (Two tolours) quand l'élément nègre prédomine, On ap< velle Torobes ou Torodes les métis issus de Peuls et de Uuolot; les Sisilbés sont les métis issus de Peuls et de Mandingues.

* Les Toucouleurs habitent le Kaarta.

bie ; leur principal état, le Fouta sénég-lais, était, avant sa dissolution, un foyer de troubles et de guerres incessantes contre nous. Le Fouta sénégalais est aussi le foyer d'où l'islam se répand dans tout le Soudan, où des marabouts peuls vont prêcher le Coran. — La race nègre comprend les Mandingues où Malinké, les Soninké ou Sarakhollé (Saracolets), les Ouolofs ou Yoiofs et les Séréres. Ce sont de beaux noirs, grands, bien faits, cultivateurs et très-braves. Les Mandingues et les Sarakhollé habitent h haute terre montueuse, où le Sénégal et la Gambie prennent leurs sources, et toute la Sénégambie au Sud de la Gambie. Les Ouolofs, soumis à la France, et nos alliés contre les Peuls et surtout contre les Maures, habitent le Oualo, le Cayor, le Djiolof et presque tont le Sénégal occidental,-entre le Sénégal et la Gambie. Les Sérères habitent la région maritime comprise entre le cap Vert et le Saloum; ils relèvent actuellément de la France. — Les mulâtres issus du mélange des Français et des Ouolofs sont assez nombreux et forment une race intelligente.

Presque tous les indigènes, les Peuls surtout, professent un islamisme mêlé de toutes sortes de superstitions et de pratiques des nègres idolâtres. Une partie des nègres est encore adonnée au fétichisme; c’est parmi eux seulement que nos missionnaires opèrent quelques conversions.

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