Abyssinie
(lyopia des indigènes; Habesch des Arabes.)
Bornes et étendue. — L'Abyssinie, comprise entre 8° et 16° lat. Nord, est bornée : au N.-E., par la mer Rouge; au N.-0., par le Sennaar ; au S.-0., par le Nil Bleu, qui la sépare du pays des Gallas; au S.-E., par le royaume de Harar et le pays des Adels. La superficie de l'Abyssinie est d'environ 500,000 kilomètres carrés.
. Montagnes et aspect général du pays. — L'Abyssinie est tout entière formée par une haute terre granitique et très-élevée, qui occupe l'angle Nord-Est de la Haute Afrique, et dont la partie culminante est, à l'Est, entre les 37° et 38° méridiens, où la hauteur moyenne du bord du plateau est de 2,600 mètres ?. Le plateau abyssin s’abaisse à l'Ouest par des terrasses larges et à pentes douces, tandis qu'à l'Est le talus est escarpé et s'abaisse sur la mer par des gradins étroits et roides. — Partout le soi, dans les gorges, les coupures et les précipices qui accidentent sa surface, porte l'empreinte de l'action vol- Canique qui à formé et bouleversé cette haute terre, et dont les dernières traces se retrouvent dans les volcans éteints et actifs du Choa 5. « Le plateau d’Abyssinie, dit le docteur
1 Cf. Letire de Mgr Massaya, vicaire apostolique des Gallas et Samiras, in Ann. de la Propag. de la Foi, Janvier 1865.
? La hauteur moyenne de l'Abyssinie n'est que de 1,950 m. dans les parties occidentales du plateau.
3 Le Choa renferme un volcan actif, le Dofané. *
AFRIQUE. 895 » dont les plus intéressants sont : le Kaffa, au
Bèke, présente une suite de vastes plaines ondulées, inclinant graduellement et par une pente trés-douce à l'Ouest et au Nord-Ouest, et coupées de nombreuses rivières qui viennent, après un cours de peu d’étendue sur la surface presque horizontale du plateau, se précipiter brusquement dans de larges et profondes vallées. Un voyageur qui remonte ces vallées se figure aisément qu'il approche d'une chaine de montagnes, attendu qu’il se trouve au milieu d'un pays profondément accidenté, s’élevant de tous côtés à une altitude relative de 1,000 à 1,200 m.; mais, dès qu'il a atteint le sommet, il se trouve simplement sur le plateau. Là où les rivières se précipitent du haut du plateau, elles forment des cataractes de 25 à 50 m. de chute, après lesquelles leur cours n'est qu'une suite de rapides et de cascades, de manière à descendre de plusieurs centaines de mètres dans l’espace d'un petit nombre de kilomètres. L'uniformité de la surface est d’ailleurs rompue par des massifs de montagnes détachés, atteignant une hauteur de 3 à 4,000 m. » L’Abyssinie est partout un beau pays, fertile, pittoresque, parsemé de lacs, coupé par de profondes vallées et sillonné par une multitude de rivières. Le pied du plateau abyssin repose, à l'Est, sur le Samhara, plaine nue, pierreuse ou soblonneuse, presque déserte, semée de gommiers et sillonnée de lits de torrents desséchés. Le Samhara est trèsétroit et baigné par la mer Rouge; c’est une contrée malsaine, où sévissent des fièvres mortelles, et une des plus chaudes régions du globe