Égypte
(En arabe Missr : en hébreu Misraim; en turk Kibt; en conte Khemi.)
Bornes et étendue.— L'Égypte ést bornée :
au N., par la Méditerranée; au N.-E,, par l'Asie (Syrie), à laquelle elle est jointe par l'isthme de Suez; à l'E, par la mer Rouge; au S., par la Nubie; à l'O., par le désert de Libye ; au N.-0., par la régence de Tripoli.
Sa longueur est de 800 kilomètres du Nord au Sud, sur une largeur variable ; la superficie est évaluée à 550,000 kilomètres carrés, dont la plus grande partie se compose de déserts sablonneux, car le sol cultivable et peuplé n’a pas plus de 31,000 kilomètres carrés d’étendue.
Aspeci général, isthme de Suex et canal maritime.— L'Égypte ne se compose exactement que de la vallée et du delta du Nil. La allée du Nil est une étroite bande de sol cultivable et fertile, longue de 700 kilom., large de 12 à 15 kilom. au Sud, dans la Haute Égypte, et de 30 à 32 kilom., au Nord, dans la Moyenne Égypte. Elle est encaissée dans toute sa longueur entre deux chaines de collines rocheuses appelées: celle de l'Est, chaine Arabique; celle de l'Ouest, chaine Libyque !. Le delta du Nil est un grand trimigle qui a 200 kilom. à sa base et 150 sur chaque côté. Le sol du Delta, entièrement formé par les alluvions du Nil, est bas, plat, absolument nu, coupé de rivières et de canaux, fertile, malsain et bordé le long de la mer par de grandes lagunes marécageuses appelées : lac Mariout (Mareotis
4 La plus élevée des deux chaînes est la chaine Arabique, qui a, dans la Haute Égypte jusqu'à 5 et 600 m.; aux approches du Caire, elle n'a plusque 150 m. C'est dans les rochers de la partie de la chaîne Arabique située dans la Haute Égypte ou Thébaïde, que setrouvent les innombrables grottes où vivaient les solitaires de la Thébaïde.
lacus), lac d’Aboukir, lac Edkou, lac Bourlos et lac Menzaleh. — À l'Est et à l'Ouest des chaînes de collines qui hordent la vallée du Nil, le sol de l'Égypte est partout recouvert de sables arides et de déserts, excepté sur un point, à l'Ouest, où est située la petite et fertile vallée du Fayoum, qui communique avec la vallée du Nil par une ouverture naturelle qui existe dans la chaine Libyquet.—A l'Ouest, le désert, appelé désert de Lybie, renferme quelques oasis importantes et, entre Alexandrie et le Fayoum, la vallée ds lacs de Natron,
dirigée du Sud-Est au Nor i-Ouest, et dans la-
quelle il y a une suite de six petits lacs, dont les eaux sont chargées ‘{e sel ou de carbonate de soude?. Parallèlement et au Sud-Ouest de la vallée des lacs de Natron, on trouve le Bahr- Bela-Ma (la rivière sans eau), vallée de 12 kilomètres de large, aride et sablonneuse, qui se prolonge, au milieu des sables du désert, entre le Nil et la Méditerranée; c'est probablement l'ancien lit d'un bras du Nil ou du Nii luimême. — Au Nord-Ouest, l'Égypte se rattache au plateau de Barkah par la Marmarique, zone basse, large de 60 kilomètres et comprise entre la Méditerranée et le désert de Libye, qui forme un plateau pierreux et rocheux, de 100 à 200 m. d'altitude, entre la Marmarique et l'oasis de Siouah. La Marmarique est une région accidentée, rocheuse où sablonneuse, renfermant quelques puits, avec l'eau desquels un petit nombre d'Arabes, misérables et pillards, récoltent un peu d'orge, de dourah, de dattes et de bananes. — A l'Est du Nil, le désert est montueux, surtout au voisinage de la mer Rouge, où quelques sommets (le D,ebe]- Ghareb par exemple) ont 2,000 méêtres. — Au Nord-Est, l'Égypte se rattache à la Forie par l'isthme de Suez. C'est une région basse /
blonneuse et presque déserte, comprise en{r la Méditerranée et la mer Rouge, large de 120 kilom., et dans Jaquelle il se trouve une suite de lagunes, de lacé 2 de marais qui sont : le lac Menzaleh, au Nord, syr le rivage de la Méditerranée ; le lac Abou-Ballah etle lac Timsah, au centre, et les lacs Amers #, au Sud, [igthine de Suez, aui est la clef de la route des fridus par lt Méaiterranée et la mer Rouge, est dir
‘Le Fayoum con ent des mines de sel gemme qui approvisionnent l'Égypte entière.
? Les seuls habitants de cette vallée sont quel moines grecs qui y denseurent dans quatre couvent
5 Le point culminant de l'isthimé, Je seuil C'El- Guisr, au Nord du lac Timsah, est à 19 9, au-dessus de la mer.
3 Les lacs Amers sont de grands marais très-pro fonds, dont les eaux sont saumätres,
(us
extrême importance au point de vue commercial, politique et militaire; on y construit en ce moment (1866) un canal maritime sans éclu.
ses !, qui part de Port-Saïd, sur la Méditerra- P née, e, aboutit à Suez, en passant par les lacs 4 qui ont été nommés plus haut et par Ismailah, ville nouvelle située sur le lac Timsah, En À même temps que le canal "naritime, on à établi un canal d’eau douce, qui part de Sagasig, sur le bras oriental du Nil, passe par Ismaïlah et arrive à Suez; ce dernier canal, qui a éti achevé en 1862, sert aux transports par lxteau, distribue de l'eau douce à toute la ré. À gion et arrose des terres fécondes dont il permet la culture.
Toute l'Égypte septentrionale est entière.
ment formée de terrains calcaires, tandis que l'Égypte méridionale est constituée par le granite et la syénite.
Le Nil ei ses inondations.— Le Nil entre en Égypte, à Assouan, en formant ses dernières calaractes, hautes de 2 mètres seulement, «t qui sont connus sous le rom de cataractes du Nil. Au-Jessou: du Caire, il se partage en deux branches, celle ce Damiette, à l'Est, et celle de Rosette, à l'Ouest, entre lesquelles est com: pris le Delta, sol plat et coupé en tout sens sar un dédal de bras secondaires et de canaux.
La profondeur du Nil est, au Caire, et pendant les basses eaux, de #4 mètres ; dans k branche de Damiette, de 5 mètres, et dans la br: ache de Rosette, de 2 mètres 1/2 seulement. L'inondation élève le niveau de 7 à 9 métres au Caire ? et de 1",25 à Rosette et à Damiette. La vitesse du fleuve est de 0",77 par seconde, pendant les basses eaux, et de 1,23 pendant Ponidation .
La fenfité de l'Égypte est entièrement due x l'inondatlen du Nil qui, chaque année, dé-
‘ ILest établi rd'hui que fé 4440 168 M mers est à peu prés le même et qué Je hou moyenne des eaux de lä mer Rouge surpassé si ment de 68 centimètres la hauteur moyenne eaux de la Méditerranée. Suivant lé jrées et les vents, la mer Rouge s'élève de maniéré à porter à plus de 2 mé.res la différence de niveau dés deu ners; en d'autres moments, cette différence se réduit ü féro
#? Uné crue inférieure à 7 mètres est insuflissnt ne permet pas d'irriguer partout dans la vallée ; at dessusde 8 mètres/ elle est trop forte et occaslonnt des désastres dans les villages, qui alors sont inondés. l'est pour Taire refluer les eaux dans la vallée el Gas air le champ de l'inondation, que l'on a construit le barrage du Nil, établi au summet méme du belle 4! sur les deux branches du fleuve, le barrage a LU mêtres de développement, et entre fés deux brancht un a hôti une grande forteresse
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borde par-dessus ses rives et se répand sur les terres adjacentes, qu’il recouvre entièrement de ses eaux et du limon qu’elles charrient !, leur donnant à la fois l'humidité et l'engrais nécessaires; aussi, là où s'arrête la ligne trèsmarquée des inondations du Nil, les cultures cessent, et le désert commence brusquement et sans transition.
Chaque année, le Nil, grossi dans son cours supérieur par les pluies périodiques qui tombent dans la région du haut Nil, commence à croître en Égypte vers la fin de juin et continue à s'élever jusqu'aux derniers jours dé septembre, époque à laquelle ses eaux restent stationnaires pendant quelques jours; dès lors, l'ean baisse peu à peu et se retire en octobre et novembre. Pendant l'inondation, la vallée du Nil ressemble à une mer intérieure ; ls buttes de terre sur lesquelles les villages sont bâtis, le sommet des digues et les cimes des arbres paraissent seuls au-dessus de l’eau.
Pendant ce temps, les eaux du fleuve sont
rouges comme le sang, et le reflet d'un ciel d'azur leur donne, dans le lointain, une teinte d'un violet foncé. Rien n'est pareil au spectacle que le Nil donne en ce moment de l'année. Aussitôt l'inondation terminée, on laboure, on ensemence, et bientôt le sol se couvre de verdure et de récoltes. Après la moisson, la wlée prend son troisième aspect ; elle est partout brûlée, aride et sablonneuse jusqu'à la nouvelle crue.
La vallée du Nil est fertilisée par le fleuve et par un système d'irrigations auxquelles la crue donne l’eau nécessaire ; en effet, le lit du \ilest encaissé entre des levées de terre, dans lesquelles des ouvertures multipliées permettent à l'eau du fleuve de se diriger dans d’innombrables canaux et rigoles *. — Enfin, et pour compléter l'hydrographie de l'Égypte, il Rut parler du Birket-el-Keroun (ancien lac M is), lac assez étendu, situé dans le Fayoum, el qui communique avec le Nil par une dérivation du fleuve.
‘Le iimon du Nil, amené par le fleuve des régions éloignées cuil prend sa source, est três-fertilisant et teompose de parties alumineuses, calcaires, maaésiennes, siliceuses et de détritus végétaux. Ces divers éléments se sont extrêmement divisés et mêlés pendant le temps considérable qu'ils ont été roulés fl Hrilurés dans les eaux du fleuve.
[6 Vi}, coulant beaucoup plus près de la chaine Arabique que de la chaine Libyque, laisse entre lui et celle derniére chaine, dans la Moyenne Égypte, un espace assez étémdu dans lequel existe un grand cana! paralléle au Meuve et appelé le Bahr-Yousef (ri.
tjn de Joseph), Le finhr-Yousef, comblé par les
ts sup quelques pui ést joint au Nil par de
GÉOGN, GÉNÉRALE
Climat. — L'Égypte est un des pays les plus chauds et les plus secs du monde ! ; les pluies y sont très-rares et de courte durée; on ne conpte pas, en effet, plus de 12 à 48 jours de pluie par an, au Caire, Aussi l'Égypte a-t-elle absolument besoin de l'inondation du Nil pour donner aux cultures l'eau qui leur est nécessaire. — Au Caire, le thermomètre monte en juin à 40°; en janvier et février, il descend jusqu'à +3° et +-2°. — L'air est généralement sain, excepté pendant le khamsin, vent du Sud, qui souffle par intervalles en avril et mai, charriant une poussière de sable très-fin, et rend la température pareille à celle d’une fournaise. — Malgré la salubrité du climat de l'Égypte, de graves maladies sévissent dans le pays ; les plus fréquentes sont les ophthalmies et la peste, qui parait être née dans les marais du Delta?.
Productions végétales, cultures et bétail.— L'Egypte est encore, comme dans l'Antiquité, une des principales régions agricoles de l’ancie monde, malgré l'arbitraire des gouvernements qui ont pesé sur elle depuis tant de siècles, et qui oni réduit la classe agricole (les Fellahs) à la condition la plus misérable, par les exactions et les violences de toutes sortes5. — Les cultures égyptiennes produisent le blé 4, l'orge, le maïs et le dourah, qui donnent aux Fellahs leur nourriture ordinaire, un peu d'éleusine takossa ou tokusso, le riz (dans les alluvions salées du Delta, où on le cultive en grand), des oignons excellents, qui sont récoltés partout et qui forment un des principaux aliments des Fellahs, les fèves, les lentilles, les pois chiches, les pastèques, concombres et melons, le banieh (Hibiscus esculentus), le meloukhieh (Corchorus olitorius), les tubercules de diverses colocases, le lin, dont on tisse les fibres et dont la graine sert à faire de l'huile à brûler, le colza (selgam), le sésame,
nombreuses dérivations du fleuve et sert à distribuer l'eau dans toute cette partie de la vallée.
* Excepté sur le littoral du Delta, où l'air estassez humide.
? La peste, depuis quelques années, semble avoir disparu dans le Levant; on attribue sa suppression aux perfectionnements introduits par les gouvernements de l'Égypte et de la Turquie dans l'administration de la santé publique.
5 Les Français, et après eux Mehemet-Ali, ont rétabli eu Égypte un peu d'erdre et de sécurité ; ces deux bienfaits ont rendu courage aux Fellahs, race énergique et laborieuse, quoique abrutie par la misère et la tyrannie, et l'agriculture a repris de grands développements.
# Le blé égyptien est de médiocre qualité, peu riche en gluten, et sa farine a une odeur désagréable, — C'est la Haute Égypte qui produit le plus de blé,
Fe Jo
dont la graine donne de l'huile comestible, le tabac (Haute Égypte), l'indigo (Haute Égypte), le henné, la garance, la canne à sucre (Haute Égypte), l'opium (Haute Égypte), le cotonjumel!, le trèfle, nourriture ordinaire des bœufs, des buffles, des chevaux et des ânes, le helbeh? ou fenugrec, fourrage particulier à la Moyenne Égypte, le gilbân5, fourrage cultivé dans la Haute Égypte et le Fayoum, et le besilleh ou pois des champs#, dans la Haute Egypte.
Les principaux fruits sont : les dattes 5, les fruits du palmier-doum$, les olives, le raisin, les figues, les abricots (Fayoum), les grenades, les oranges et les citrons (dans les jardins des grandes villes). Le centre des cultures arbustives est le Fayoum, qui cultive en grand le rosier pour alimenter ses fabriques d’eau de rose.
Il n'existe pas de forêts en Égypte ; il n'ya que des arbres isolés (dattiers, palmiers-doum, figuier-sycomore, Mimosa Nilotica), dont les plus nombreux sont les figuiers-sycomores.
Le bétail égyptien se compose d'une race bovine indigène, très-ancienne”, de bœufs bossus, de buffless, d’ânes de belle et grande race, employés aux transports, de chameaux, de chevaux de race arabe, beaux, mais peu nombreux, de chèvres qui fournissent du lait, et de moutons généralement de race brune et grossière, excepté dans le Fayoum où la race ovine donne une belle laine blanche®. — Les Égyptiens élévent beaucoup d'abeilles et de volailles. ;
Races, langues et religions. — L'Égypte est peuplée par environ 3 millions d'habitants, qui appartiennent à deux races : la race éthiopienne, qui comprend : les Coptes, la plus
! C'est la seconde qualité des espèces à longue suie, La culture du coton, introduite en Égypte en 1820, est devenue trèés-importante depuis 1862. L'Egypte a produit en 1865 pour 550 millions de fr. de coton, et est actuellement (1865) un des principaux centres de culture de cette plante.
® Trigonella fenum grecum.
5 Espèce de gesse (Lathyrus sativus).
* Pisum arvense. .
5 Oncultiveen grand le dattier danstoute l'Égypte; les dattes égyptiennes sont excellentes.
® Cucifera Thebaïca.
1 On la voit figurée sur les plus anciens monu-
ments.
8 Le buffle est employé au labour et au dépiquage des grains ainsi que le bœuf; on mange sa viande;
grande partie des Fellahs!, les tribus nomades, à demi sauvages et pillardes, des Absbdeh du désert à l'Est du Nil, quelques milliers de Barabras établis dans la Haute Égypte, et les habitants de l'oasis de Siouah ; — 4 race arabe, à laquelle appartiennent : une partie des Fellahs, Arabes devenus sédentaires et cultivateurs, et réduits à la même condition que les Fellahs égyptiens ; une grande partie des tribus nomades et pillardes des déserts du Nord-Est de l'Égypte, et une partie des habitants des villes. — 11 y a aussi en Égypte, principalement dans les grandes villes du Caire et d'Alexandrie : des Turks (15,000 à 20,000), doni la plus grande partie se compose d'individus d'origine albanaise et bosniaque, mélés de sang fellah et nègre ; des Grecs (12,000) ; des Juifs (7,000); des Arméniens (2,000); des Français (6,000) ; des Italiens et Maltais (3,000); des Anglais, et 30,000 esclaves nègres, Abyssins ou Gallas.
Les Coptes ? (en arabe Kibt) descendent de l’ancienne population de l'Égypte altérée par son mélange avec les diverses nations qui ont conquis et possédé le pays. Une petite partie des Coptes (150,000 environ) est restée chrétienne et forme encore dans les villes une population très-distincte; mais le plus grand nombre, dans les campagnes, s’est fait musulman et forme la classe des Fellahs, population agricole réduite à un dur servage. Les Fellahs ont altéré la pureté de leur type par leur mélange avec les nègres et les Arabes; mais on en voit, surtout dans la Haute Égypte, qui ont conservé le type pur de leur race, et dont les
visages semblent avoir posé pour les figures
peintes des monuments des Pharaons.
Les langues principales sont : l'arabe, le turk
et le copte. Le copte est l’ancienne langue |
égyptienne, altérée et mêlée de mots grecs et arabes; on l'écrit avec l'alphabet grec et quelques lettres de l’ancienne écriture égyptienne démotique. Le copte n’est plus aujourd'hui qu'une langue morte et liturgique, à l’aide de laquelle on traduit les inscriptions hiéroglvphiques de l’ancienne Égypte,
Les religions sont : l'islamisme (Fellahs, Ababdeh, Barabras, Arabes, Turks, habitants de l’oasis de Siouah}, le christianisme (Coptes, Grecs, Arméniens, Européens), et le judaismie.
Provinces et villes. — L'Égypte se divise en trois parties :
Au Nord, 1 Au centre, Au Sud, la
Basse ÉcypTE Basse Égypte s des Arabes), gr hab., fondée p4 gypte sous les grand centre d consistent en :
graines de lin, et légumes secs café, soude, ci nacre, écaille et posent de : fer, rie, coutellerie line et de coto vins, eaux-dedrie, un des p compte annuelld debâtiments; se l'Angleterre, pu Turquie, l’Italiel munique avec le par le Nil, auqu Nahmoudieh. De fer d'Alexandrie blissement des 1 rope et les Inde drie est devenue l'Europe avec l] Chine, l’Indo-Ch ocupée le 2 juill qui y signa av 27 septembre 18 vacuation de l'Ég Anciens), ville nm Les environs et théâtre de trois d'Égypte : la bat dans laquelle la par Nelson ; la b les Turks furent 21 mars 1804, d Français furent selte (Rachid), v à l'embouchure ( Mtelte (Dourmiat lub., à l'embouc où y fabrique « luuiette a été p
— Port-Saïd, v nouvellement fo l'entrée du cana nr
la femelle donne du laitet par suite le beurre. — Le bulle est très-rare dans la Haute Egypte.
® Les laines blanches de l'Égypte sont très-recherchées en Europe pour la confection des matelas; les laines noires servent à la fabrication des couvertures et des vètements des Fellahs,
! Les Coptes et les Fellahs égyptiens ont le même type, qui est l'ancien type égyptien; les Fellahs ne différent des Coptes que par la religion et la con tion sociale. | | 4
* Le motCopteest une altération du grec AtyvrT19 La graine de ci
à laire une huile p
s nomades, S Abcbdel es milliers ite Égypte, uah ; — lu nent : une sédentaires 1e condition ande partie déserts du es habitants e, principajaire et d'A- ),000), doni , d'individus , mèlés de 2,000) ; des 2,000); des tais (3,000); igres, Abys-
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Au Nord, la Basse Égypte (Bahari) ;
Au centre, la Moyenne Egypte (Questanieh); Au Sud, la Haute Egypte (Saïd).
Basse Écvere. —Les villes principales de la Basse Égypte sont : Alexandrie (Iskanderieh des Arabes), grande ville maritime de 170,000 hab., fondée } par Alexandre et capitale de l'Égypte sous les Ptolémées. Alexandrie est un grand centre de commerce; les exportations consistent en : cotons, blé, orge, riz, maïs, graines de lin, de sésame et de coton!, fèves et légumes secs, gomme, séné, encens, dattes, «lé, soude, cire, plumes d’autruche, peaux, nacre, écaille et ivoire ; les importations se composent de : fer, houille, machines, quincaillerie, coutellerie, potsrie, tissus de soie, de laine et de coton, draps, bois de construction, vins, eaux-de-vie et sucre. Le port d’Alexandrie, un des plus actifs de la Méditerranée, compte annuellement 5,000 entrées et sorlies debâtiments; ses principales relations sont avec l'Angleterre, puis avec l'Autriche, la France, la Turquie, l'Italie et la Syrie. Alexandrie communique avec le Caire par un chemin de fer et par le Nil, auquel elle est jointe par le canal Mahmoudieh. Depuis l’ouverture du chemin de fer d'Alexandrie au Caire et à Suez, et l’établissement des lignes de paquebots entre l'Europe et les Indes par la mer Rouge, Alexandrie est devenue l'entrepôt du commerce de l'Europe avec l'Égypte, l'Arabie, les Indes, la Chine, l’Indo-Chine et Java. Alexandrie a été occupée le 2 juillet 1798 par l’armée française, qui y signa avec l’armée anglo-turque, le 27 septembre 1801, une convention pour l'éwacuation de l'Égypte. — Aboukir (Ganope des Anciens), ville maritime et grande place forte. Les environs et la rade d’Aboukir ont été le théâtre de trois batailles pendant l’expédition d'Égypte : la bataille navale du 3 août 1798, dans laquelle la flotte française fut détruite par Nelson ; la bataille du 25 juillet 1799, où ls Turks furent jetés à la mer; la bataille du 1 mars 1801, dite bataille de Canope, où les Français furent battus par les Anglais. — Rosette (Rachid), ville maritime de 18,000 hab., i l'embouchure de l'un des bras du Nil. — Daitette (Douriat), ville maritime de 35,000 lub,, à l'embouchure de l'un des bras du Nil; où y fabrique des tuiles et des voiles nofrs. lumiette a été prise par saint Louis en 1249. — Port-Saïd, ville maritime de 5,000 hab., nouvellement fondée sur la Méditerranée, à l'entrée du canal de l’isthme de Suez. — Ti-
" La graine de coton, comme celle du sésame, sert à laire une huile propre à la fabrication du savon.
neh, petite ville maritime et malsaine, bâtie sur l'emplacement de l'ancienne Péluse. — Damanhour, petite ville située sur le chemin de fer d'Alexandrie au Caire. — Ran:"nieh, petite ville sur le bras de Roset*<. - :hébreis, village au Sud de Ramaniel, ur & bras de Rosette; les Mamelouks v furent battus par les Français, le 13 juillet 1798. — Tantah, ville commerçante sur le chemin de fer d'Alexandrie au Caire ; il s’y tient de grandes foires. — Menouf, ville de 4,000 hab. ; on y fabrique de belles nattes de jonc. — Mansourah, petite ville sur le bras de Damiette, où l’on fabrique du sel ammoniac. Mansourah est célèbre dans notre histoire par la défaite de saint Louis en 1950. — Benha-el-Asl, petite ville sur la branche de Damiette et sur le chemin de fer d'Alexandrie au Caire. — Mahuallet-el- Kebir, ville de 15,000 hab., où l’on fabrique des soieries. — Sagasig (Bubaste des Anciens), sur le canal Moëz ; c'est à Sagasig que commence le canal d’eau douce qui va à Suez. — Belbeïs, au Sud de Sagasig. — El-Arisch (Rhinocorura), château fort situé sur la Méditerranée et à la frontière de l’igypte du côté de la Syrie ; les Français y signèrent avec les Anglais, le 25 janvier 1800, une convention pour l'é vacuation de l'Égypte, que les Anglais violérent avec une insigne mauvaise foi. — 1smuï:
lah, ville nouvelle, au centre de l’isthme de Suez et sur le lac Timsah; 3,000 hab. — Suex, ville maritime de 10,000 hab., située au fond du golfe de Suez, sur la mer Rouge.
C’est une des plus importantes étapes de la route des Indes en Europe par l'Égypte ‘. Suez est aussi le centre du commerce entre l'Égypte et Djeddah; les exportations consistent en :
produits manufacturés européens de toutes sortes, qui viennent à Suez par Alexandrie et le Caire, articles manufacturés de l'industrie turque, syrienne et égyptienne (tapis, tissus brodés d'or et d'argent), blé, fèves, figues et dattes; les importations se composent de :
café, encens, cire, écaille, ivoire et plumes d’autruche.
Moyenxe Écypre. — Les villes principales de la Moyenne Égypte sont : le Caire (EI-Kahirah), capitale de l'Égypte, grande ville de 260,000 hab. (Arabes, Turks, Coptes, Fellahs, Juifs et Européens), située sur la rive droite du Nil et au pied du mont Mokattam. Le Caire se compose d’un dédale de rues, de ruelles et
1 Une nouvelle ville se fonde as Sud de l'ancienne, dans laquelle les compagnies de navigation française et anglaise ont établi des bassins de radoub et de grands ateliers pour la réparation des paquebots à vapeur etdes machines.
d'impasses, sales et étroites, au milieu desquelles s'élèvent d'élégantes fontaines, des cafés, de nombreuses mosquées et de vastesétablissements de bains. Le palais du pacha ou citadelle est le principal édifice de la ville. — Le Caire renferme des filatures de coton, des raffineries de sucre, des fabriques de soieries, de cotonnades (pour l'Afrique centrale), d'orfévrerie, de papier, de passementerie, de nattes, de parfums et eaux de senteur, de poterie, de sel ammoniac et de poudre ; il y a aussi une grande manufacture d'armes, de canons, d’affûts et de voitures et chariots pour l'armée. Le Caire est un centre de commerce très-important; c'est le rendez-vous des caravanes des pays barbaresques, du Sénégal et du Soudan oriental, et des caravanes de Constantinople et de Damas à la Mecque, qui s’y réunissent et font entre elles l'échange de leurs marchandises.
Les caravanes du Maroc, de l'Algérie, de Tunis et de Tripoli, qui arrivent par Siouah, apportent des maroquins, des burnous, des tarbouches ou bonnets rouges et des tapis ; les caravanes de Constantinople apportent des pelleteries, des armes et des bouquins d’ambre ; les caravanes de Damas amènent des soieries et des étoffes de coton, de l'huile et des fruits secs ; les provinces de l'Égypte expédient au Caire leurs produits agricoles, des dattes surtout, du henné, des peaux de bœuf, de mouton et de chèvre, et de l'eau de rose; les caravanes de l’Abyssinie, du Sennaar, du Kordofan et du Darfour viennent y vendre des dents d'éléphant et d’hippopotame, des cornes de rhinocéros, de la poudre d'or, des plumes d'autruche, de la gomme, du musc et du café; l'Arabie envoie au Caire, par Kosséir, de l'encens, du café, de l’aloës, de la gomme, des perles, de l'écaille et de la nacre de perle ; l'Europe (Angleterre, Allemagne, Belgique et France) y expédie : draps, chàles, cotonnades, soieries, armes, quincaillerie, fil de laiton et fil de fer, ferblanterie, conterie ou verroterie de Venise, porcelaine, verre à vitres, petits miroirs, glaces, verrerie, horlogerie, papiers, mercerie, soies, meubles, corail, ambre, houille; l'Inde et la Chine envoient au Caire leurs chàles de crèpe, leurs écharpes, leurs soieries, leurs écrans, leurs éventails, etc. Ces divers produits s’échangent entre les caravanes, se placent en Égypte ou s’expédient à Alexandrie à destination de l'Europe. Le musée d'antiquités égyptiennes du Caire est extrêmement riche et renferme la plus belle collection de ce genre. Enfin, et pour terminer, nous ajouterons que l’armée française occupa le Caire, le 25 juillet 1798, après la bataille des Pyra-
mides, et, le 27 mars 1800, après un furieux combat de plusieurs jours livré dans les rues de la ville, — On remarque dans les environs du Caire : Choubra, maison de plaisance du Pacha, avec de beaux jardins ; — Bouluk, ville commerçante sur la rive droite du Nil, un peu au-dessous du Caire ; il y a des imprimerie, des filatures de coton et des fabriit:es de cotonnades ; — le Vieux-Caire, viie commerçante, sur la rive droite du Nil et un peu audessus du Caire; — Matarieh (Héliopolis), misérable village au Nord-Est du Caire, bâti au milieu des ruines d’Héliopolis; Kléber y battit les Turks le 20 mars 1800 ; —Gixeh, petite ville sur la rive gauche du Nil, en face du Vieux-Caire, à l'Ouest de laquelle se trouvent les grandes pyramides.— Embabeh, village situé sur la rive gauche du fleuve, en face de Boulak. C'est entre Gizeh et Embabeh que s'est livrée, le 21 juillet 1798, la bataille des Pyramides. |
Les autres localités de la Moyenne Égypte
sont, en remoui"nt le Nil : les villages d'Abousir, de Sakkarah et de Dachhour, situés à là gauche du Nil et eù se trouvent 18 pyramides. — Menf et Mit-Rahineh, petits villages situés entre Sakkarah et le Nil, sur l'emplacement et au milieu des ruines de Memphis, l'ancienne capitale des Pharaons.—Benisouef, petite ville commerçante sur la rive gauche du Nil; on y fabrique des cotonnades.—Sediman, village sur la rivière ou canal de Joseph, au N.-0. de Benisouef ; Desaix y battit les Mamelouks le 7 octobre 4798.— Minieh, sur la rive gauche ; cette viile fabrique beaucoup de bardaques, vases poreux qui servent à rafraichir l'eau. — Monfulout, petite ville sur la rive gauche. — Medinet, ch.-lieu de la fertile province du Fayoum; on y fabrique de l'eau de rose, des toiles de lin et des châles blancs. — Tamieh, village du Fayoum, centre d'une grande fabrication de nattes renommnées, faites avec les joncs du Fayoum.
Havre Écyrre.—Les villes principales de Haute Égypte sont : Syout, capitale de là Haute Égypte, grande ville de 20,000 lb.
sur la rive gauche du Nil; on y fabrique des toiles de lin et il s’y fait un grand commertt de safranon! et d'opium.— Akhmin, ville de 5,000 hab. sur la rive droite.— Girgeh, ville commerçante de 10,000 hab., sur la rive gauche; fabriques de cotonnades. — Samaihout, village sur la rive gauche, où Desax battit les Mamelouks le 23 janvier 1799.— Kcneh, ville commerçante, à la droite du il;
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et des cotonnades. — Denderah, village à la
gauche du Nil, où se trouvent les ruines d’un
grand temple égyptien. — Ballas, bourg à la
gauche du Nil, où l'on fabrique des bardaques
renommées.— Karnak et Louksor, à la droite
du Nil, Medinet-Abou, à la gauche, pauvres
villages situés sur l'emplacement et au milieu des merveilleuses ruines de Thèbes.—Esneh,
ville de 5,000 hab., sur la rive gauche; on y fibrique de la poterie et de belles cotonnades; c'est une des principales étapes des caravanes qui viennent des régions du haut Nil ; il s’y lait un grand commerce de chameaux. — Edfou, petite ville de 2,000 hab., sur la rive gauche; on y fabrique de la poterie, dont les formes et la couleur rouge sont encore les mèmes que du temps des Pharaons. C’est au Sud d'Edfou que se trouvent les vastes carrières d, Djebel-Selseleh (Silsilis), d’où les anciens Égyptiens ont tiré la plus grande partie des pierres des monuments de Thèbes.— Assouan (Syéne), village sur la rive droite du Nil, audessous des cataractes.
L'Égypte possède sur le littoral de la mer Rouge deux ports : Suex, décrit plus haut {p. 835), et Kosséir, petite ville maritime de 3,000 hab. Kosséir expédie à Djeddah des grains et des légumes secs pour la consommation des habitants du Hedjaz et de l'Yemen.
Oasis. — Six oasis du désert de Libye -‘‘pendent de l'Égypte. La plus méridionale est la Grande-Oasis (El-Ouah-el-Kebir), peuplée de 5,000 hab., dont la ville principale est El- Khardjeh, située sur la route des caravanes allant €. Varfour en Égypte. — Viennent ensuite : l'oasis !:- Dakhel, l'oasis El-Farafreh, la Petite-Oasr: ‘El-Ouah-el-Bahrieh)}, l'oasis de Garuh et celle de Siouah. L'oasis de Garah ou de 0m-es-Soghéïr renferme le village de Garah ; elle produit de l'herbe et des dattes; et un arbuste 2ppelé aghoul!, dont les änes et les chameaux se nourrissent, croît en abondance dans tout k: pays. Les habitants sont Berbères et parlent un idiome berbère. — L'oasis de Siouah, que les Anciens appelaient l’oasis d'Ammon, est une vallée de 40 kilom., couverte en grande partie de lacs et de marais salés; elle est bordée d'un côté par des montagnes et de l’autre par des plaines immenses et désertes. Les habitants {-ouahis), musulmans fanatiques et à demi barbares, sont de race berbère mêlée à des éléments arabes et nègres ?; tous parlent
! Hedysarum alhagi.
? Losesciaves nègres sont en assez grand nombre dans l'oasis.
un idiome berbère mêlé d'arabe, et quelques.
uns savent l'arabe. La partie fertile de l'oasis
a 12 kilom. de long sur 8 à 10 kilom. de
large ; elle produit surtout des dattes et de
l'huile excellente et renommée, puis des oi-
gnons, des pastèques, des concombres, un peu
de blé, d'orge et de dourah; on y récolte aussi
des figues, des bananes, des grenades et des abricots. Les Siouahis n'ont que peu de bétail ;
les ânes sont cependant nombreux. L'oasis de Siouah, qui se trouve sur la route des caravanes des pays barbaresques au Caire, renferme une ville, Siouah-el-Kebir, un grand village, Gharmi, et de nombreuses ruines antiques, parmi lesquelles on retrouve les restes du fameux temple d'Ammon à Om-Béidah, au Sud de Gharmi. L'oasis de Siouah forme une république gouvernée par des cheïkhs électifs et tributaire du pacha d'Égypte.
Statistique. — L'Égypte est gouvernée par un pacha héréditaire qui a le titre de vice-roi, mas qui est vassal de la Turquie. — L'armée compte sur le pied de paix 44,000 hommes, bons soldats et organisés à la française.
La marine se compose de 68 bâtiments de toutes sortes. —Les revenus du gouvernement sont d'environ 100 millions de francs, et la dette publique s'élève à environ 185 millions. — Le pacha doit payer un tribut de 7,560,000 fr. par an à la Porte‘ et lui fournir, en cas de guerre, un contingent de 20,000 hommes.
Canaux et chemins de fer. — Les principaux canaux de l'Égypte sont : le canal Mahmoudieh (80 kilom.), entre Alexandrie et Atfeh sur le Nil (bras de Roseite), et le canal maritime de l'isthme de Suex (en construction). — Les chemins de fer se composent : de la ligne d'Alexandrie au Caire par Damanhour, Tantah et Bénha-el-Asl; la ligne du Caire à Suez; la ligne de Tantah à Damiette, achevée jusqu’à Mansoural; la ligne de Benha-el -Asl à Sagasig.