Nubie et Soudan égyptien
(Éthiopie au-dessus de l'Égypte.)
Bornes et étendue. — La Nubie et le Soudan égyptien sont bornés : au N., par l'Égypte:
à l'E., par la mer Rouge ; au S.-E., par l'Abyssinie, dont iis sont séparés par une région de Kollas boisées, insalubres et sauvages, qui séparent complétement les deux pays ; au $., par le pays des Gallas et par le pays des Sehillouks; au S.-0., par le Darfour ; à lO., par le Sahara.— La Nubie et le Soudan égyptien forment une grande région de 1,400 kilomètre:
de longueur, du Nord au Sud, sur 800 kilomètres de largeur, de l'Est à l'Ouest, et dont la superficie est d'environ 1,100,000 kilomètres carrés. La population est évaluée à 2 ou 5 millions d'habitants. — La Nubie et le Soudan
{ Cf. dans la Revue des Deux Mondes, des 1‘ nuvembre et l‘'décembre 1864, les articles de M, LEJEAX sur le Negus Théodose IT.
égyptien sont ont fait la con Aspect gén grand, la Nubi avec le Souda de 450 à 500 plateau de la js plaines pect des divers et de la Nubie 4 sa partie mér est montueux rêts de gommi nale, il se co neuses et nues changeant, pe une forêt de dans sa partie 10kl), est égale dans sa partie $ de steppes, tan Nord-Est du Se s'étendent les côté de l'Atba mer?. Au Nord entre 45° et 17° autre région de sertes ; elles so pied du Djebel l'Ouest elles se elles ne sont en Au Nord de c:tt à peu près jus de même que ment de la va terre, de 12 à !
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égyptien sont soumis aux Égyptiens, qui en ont fait la conquête en 1820-22.
Aspect général et montagnes. — Vus en grand, la Nubie et le Soudan égyptien forment avec le Soudan oriental, une grande terrasse, de 450 à 500 m. de hauteur, par laquelle le plateau de la Haute Afrique s'abaisse sur fes basses plaines du, Sahara et de l'Égypte. L'aspect des diverses contrées du Soudan égyptien et de la Nubie est peu varié. Le Kordofan, dans sa partie méridionale (Dar Nouba et Takalé) est montueux (6 à 900 m.) et couvert de forêts de gommiers ; dans sa partie septentrionale, il se compose de vastes plaines sablonneuses et nues, pendant la saison sèche, et se changeant, pendant la saison des pluies, en une forêt de hautes graminées. Le Sennaar, dans sa partie méridionale (Dar Bertat, Fa- 2kl), est également montueux ! et boisé, et dans sa partie septentrionale, il est aussi formé de steppes, tantôt nues et tantôt herbacées. Au Nord-Est du Sennaar, entre l’Atbara et la mer, s'étendent les steppes du Beled-el-Taka, du côté de l'Atbara, et du Bedja, du côté de la mer. Au Nord du Kordofan et à l'Ouest du Nil, entre 15° et 17° ! de lat., se trouve la Bahiouda, autre région de steppes herbacées, presque désertes ; elles sont bornées au Nord-Est par le pied du Djebel-flagaga (550 à 580 m.), et à l'Ouest elles se confondent avec le Sahara, dont elles ne sont en réalité que le prolongement, — Au Nord de c:tte région de steppes, qui s'étend à peu près jusque sous le tropique, la Nubie, de même que l'Égypte, se compose seulement de la vallée du Nil, étroite bande de terre, de 12 à 15 kilomètres de large, habitée, cultivée et bordée de déserts à droite et à gauche. À J’Est du Nil, on trouve le désert de Korosko, qui se compose de sables et de collines nues et rocheuses, séparées par des lits de torrents presque toujours à sec ; à l'Ouest du Nil, ce sont les sables du Sahara.
Rivières. -— Les cours d'eau de la Nubie sont : le Nil Blanc ou Nil5, qui traverse le Sennaar et la Nubie, du Sud au Nord, dans toute leur étendue, et reçoit, à droite, le Nil Bleu, grossi du Dender et du Rahad, et l'Atbaraÿ. Le Mareb où Gasch traverse le Beled-el-Taka et se DR AN EN Pt rt
‘ Le Bertat a 1,000 m. d'altitude et des sommets de 15 à 1,600 mètres.
*La partie méridionale du Bedja est couverte d'épaisses forêts qui se confondent avec celles des Kollas.
® Bahr-el-Abiad, le fleuve blanc.
\ Bakr-el-Asrek, le fleuve bleu.
* Qui s'appelle Tacuzzé en Abyssinie. — La pres- Au'île formée par le Nil et l'Atbara inférieur s'appelle a presqu'ile de Meroë,
perd dans la steppe à peu de distance de l'Atbara, dans lequel il verse ses eaux pendant la saison des pluies. ,
Après avoir reçu le Nil Bleu, un peu au-dessous de Khartoum, le Nil coule dans une vallée très-étroite et encaissée, et entre des rives élevées qui ne lui permettent pas, malgré la hauteur considérable des crues, de déborder.et de fertiliser le sol, comme en Égypte. Son lit est souvent barré et obstrué par des rochers, qui forment des rapides auxquels on donne le nom impropre de cataractes.
Climat. — Toute la région est très-chaude et trés-sèche, au Nord, dans la Nubie; la partie méridionale, le Soudan égyptien, est, au contraire, dans la zone des pluies d'été; ces pluies engendrent, avec une végétation luxuriante, des fièvres mortelles.
Productions végétales et cultures. — Les populations à demi barbares du Soudan égyptien et de la Nubie cultivent le dourah, le maïs, le dokn, le baricot en arbre !, le sésame, le coton et le tabac? ; le bananier, le figuier, le dattier, le tamarinier et le Balanites Ægyptiaca donnent des fruits abondants. La gomme arabique 5 et le séné, dont il s'exporte de grandes quantités, sont au nombre des principaux produits de la région. — Le bétail, Ÿartout très-nombreux, se compose de bêtes à cornes de la race bossue et de |: race non bossue, de buffles, de chevaux #, de moutons à poil ras, de moutons à laine, de chèvres, d'ânes et de chameaux.
Faune. — Les forêts et les steppes de la région sont peuplées de lions sans cririère, de panthères, d'hyènes, de chacals, d'éléphants, de rhinocéros, de girafes, d'antilopes, de gazelles, d’ânes sauvages et d’autruches ; les hippopotames et les crocodiles sont trèsombreux dans les rivières.
Races, langues et religions. — La Nubie et le Soudan egyptien sont habités par des tribus nomades et par des populations sédentaires .
appartenant à diverses races, savoir : les Éthiopiens, population indigène et encore la principale ; les Arabes, population étrangère et conquéranteÿ; les esclaves nègres ; diverses peupla-
* Cajanus flavus.
? Le Takalé cultive en grand ie tabac.
3 Elle est produite par l'Acacia Nilotica surtout et par l'Acacia seyal, l'A. tortilis et l'A. gummifera. C'est dans les l'orêts du Sennaar et principalement dans celles du Kordofan qu'on la recueille; elle est de trés-belle qualité.
# La plus belle race est celle du Chaykyé et du Dongolah, d'origine arahe ; elle est peu nombreuse aujourd'hui, maisil y a dans toute laNubie beaucoup de bons chevaux de la race mixte dongolah-égyptienne.
# Les Arabes ont commencé à envahir la Nubie au septième siècle,
des issues du mélange des Éthiopiens et des Arabes. — Les populations de race éthiopienne du rameau brun-rouge ou bronze sont : les Barabras ou Kenous de la Basse Nubie, qui ont conservé très-pur le type de l'ancien peuple égyptien! ; les tribus de la Bahiouda ; les Bicharis ou Bedjaouis du Beled-el-Taka, du Bedja® et du Dar Berber; les Kababich, tribus nomades et pastorales du désert de la Nubie, à l'Ouest du Nil, et du Kordofan oriental. — Les peuplades éthiopiennes du rameau noir, probablement mélangées avec la race nègre, sont :
les noirs du Takalé; les Noubas du Kordofan méridional; les noirs du Bertat et du Fazokl. Toutes sont sauvages. — Les populations de race arabe5 sont : les Baggara, tribus nomades et pastorales du Kordofan méridional; les habitants du Dar Dongolah, du Dar Damer, du Dar Chaykyé et du Dar Chendy. — Les principales populations issues du mélange des Éthiopiens et des Arabes sont les Fougn ou Foungi, dans le Sennaar méridional, quelques tribus du Takalé et la plus grande partie de la population du Kordofan, qui est composée d'un mélange d’Arabes et de Noubas.
Les idiomes parlés dans toute la région appartiennent en général à la famille des langues éthiopiennes ; mais ils ont été modifiés plus ou moins par l'arabe, qui, dans beaucoup de cas, s’est substitué aux langues berbères 4; cet arabe est fort altéré. — Presque toutes les populations de la Nubie sont musulmanes; il y a encore quelqu?s chrétiens cependant chez les Kenous. Il n°y a de populations sédentaires et agricoles que sur les rives du Nil; partout ailleurs les tribus sont nomades, pasorales et plus ou moins barbares.
Divisions et villes. —- Le Soudan égyptien et la Nubie se divisent en un grand nombre de contrées, dont les principales sont :
Le Kordofan. . . .
Le Takalé, . . }à demi soumis Le Dar Nouba. | uux Egyptiens. | qui forment Le Sennoar.. , , . +... . ) le Soudan
Le Fazokl. , , j' demi soumis | Égyptien; Le Dar Bertat, | aux Égyptiens.
Le Dar Halfay. , . . .
! Quelques tribus barabras mêlées à la race nègre sont désignées sous le nom de Noubas; ilne fant pas confondre ces Noubas avec ceux du Kordofan méridional (Dar Nouba).
3% Les Bicharis du Bedja ou Bedjaouis sont les Troglodytes et les Blemmyes des Anciens.
3 Une partie des tribus de la Nubie regardées comme appartenant à la race arabe, sont probablement des Berbères mêlés d'éléments arabes,
4 C'est ainsi qu'une partie des Barabras et des Bu hioudas parlent l'arabe.
Le Dar Chendy.. . .
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la vallée
Le Dar Berber. . , . . . . . ..
Le Dar Chaykyé. . . . . . . po Le Dar Dongolah. . . . CRU AN
Le Dar Sokkot. . . .. . ... | Nubie; Le pays des Barabras, qui se divise en:
situés dans la vallée du Nil, dans la Basse Nubic:
La province turque deSouakim, sur la mer Rouge; Le Beled-el-Taka. . , . , | à l'Est du Nil,
Ouadi Nouba, au Sud.
Ouadi Kenous, au Nord.
Le Bedja., : entre le fleuve Le désert de Korosko. et la mer Rouge; La Bahiouda, à l'Ouest du Nil.
Les villes principales sont :
Danse Kornoran : El-Obeïd, capitale du pays, ville de 10,000 hab., assez commerçante. — Bara. — Tassin, capitale du Takalé et résidence du mek ou roi qui le gouverne.— Le Kordofan est le point de départ des grandes chasses à l'homme que les Égyptiens font chaque année dans le pays des Nègres situé à l'Ouest et au Sud du Kordofan!; ces chasses hideuses et souillées de tous les crimes et de toutes les violences sont, pour le-pacha d'Égypte, ou une source de revenus, par la vente des prisonniers, où un moyen de recruter son armée en les enrôlant dans ses régiments noirs?
Dans Le Sennaar : Sennaar, capitale du pays, grande ville fort déchue 3, située sur le Nil Bleu, et peuplée de 10,000 hab. ; c’est encore le centre du commerce entre la Nubie et l'\byssinie. — Roséres, grand village sur le \il Bleu. — Mesalamieh, ville commerçante de 20,000 hab., sur le Nil Bleu. — Wholed-dledineh, ville de 42 à 15,000 hab.
Dans Le FazorL : Famaka, capitale du pars.
— Gheri où Mehemetalipolis, misérable village londé par les Égyptiens, pour exploiter les maigres lavages d'or du Fazokl.
Dans Le Hazray : Khartoum, capitale du Soudan égyptien et résidence du gouverneur égyptien; c'est une ville commerçante de 35,000 à 40,000 hab., située au confluent du Nil Bleu et du Nil Blanc, et qui est l'entrepôt du commerce du haut Nil avec l'ugypte et l'Europe. Les export tations consistent en : esclaves nègres (pour l'Égypte et le Levant), ivoire du Soudan (pour l'Inde et la Chine), cornes de des gomme a du Kordofan et
1 C'est-à-dire dans le Darfour, le Dar Nouba, 1e pays des Schillouks, ete.
2 Le grand marché des esclaves en Nubie est klürtoum, :
5 Sennaar à été de 1504 à 1820, date de la conquête égyptienne, la capitale d'un royaume puis sant fondé par les Fougn.
du Sennaar, sé mes d'autruch Banc, peaux dé snie, peaux de Soudan (pour l
Dans LE Dar ( hab., très-déch tienne. — Le l'ancien royaum breuses ruines q la splendeur de d pelit village situ sous de Chendy, Neroë.
Dans LE Dar apitale. Le Dar dont les habitant par des Fokara 0 renferme plusiet toute l'Afrique 0 réunit la Jeuness la Nubie, pour y centre qu'est pa qui, depuis un € misme toute |” tale.
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Le Dar Sokko' La Bassk Nusi de 2 à 3,000 he
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qui occupent la vallée du Nil,
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dans la vallée
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mer Rouge;
itale du pays, nerçante, — kalé et résie.— Le Korrandes chasfont chaque ué à l'Ouest isses hideuet de toutes d'Égypte, ou nte des pri- Tr SON armée ents noirs?
ale du pays, > sur le Nil c’est encore ubie et l'Ae sur le Nil ierçante de holed-Medi-
le du pays.
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uba, le pays ie est Khar-
: de la conaume puis-
du Sennaar, sésame, séné, bijoux d'or!, plumes d'autruche du Darfour et du haut Nil Banc, peaux de bœuf et de mouton d'Abyssinie, peaux de chèvre du Sennaar et hétail du Soudan (pour l'Égypte).
Dans LE Dar Cuenny : Chendy, ville de 3,500 hab., très-déchue depuis la conquête égyptienne. — Le Dar Chendy, qui correspond à l'ancien royaume de Meroë, renferme de nombreuses ruines qui attestent encore aujourd’hui lsplendeur de cet état. C'est près de Hachour, petit village situé à la droite du Nil et au-dessous de Chendy, que se trouvent les ruines de Neroë.
Dans LE Dar Dauer où Dar Dsaz : Damer, apitale. Le Dar Damer est un état sacerdotal dont les habitants, tous Arabes, sont gouvernés par des Fokara ou prêtres musulmans. Damer renferme plusieurs écoles arabes, célèbres dans toute l'Afrique orientale et dans lesquelles se réunit la Jeunesse du Darfour, du Soudan et de la Nubie, pour y étudier le Coran. C’est de ce centre qu'est partie la propagande musulmane qui, depuis un demi-siècle, a soumis à l’islamisme toute l'Afrique centrale et occidentale.
Le Dar Berper est un petit pays, fertile et commerçant, dont les habitants, Bicharis, sont d'une hideuse immoralité ; les mœurs dépravées de ce peuple ont été décrites par Burckhardt et sont un triste témoignage de l’abrutisement et de l’avilissement des populations musulmanes.
Le Dar CuaykyÉé est habité par des Arabes ; Korii est sa capitale. Ce pays renferme de nombreuses ruines; près de Meraouy, dont le nom rappelle celui de Meroë, se trouve le mont larkal, où sont les ruines de Napata, capitale de l'Éthiopie après Meroë et qui fit détruite par les Romains.
Le Dar Doncoran a pour villes principales :
Dongolah, ancienne capitale du pays, et Marakah, capitale actuelle, résidence d'un gouverneur égyptien ; il y a une forte citadelle. — Le Dongolah formait, au Moyen Age, un royaume berbére et chrétien assez important, qui fut conquis et détruit par les Arabes à la fin du treième siècle.
Le Dar Soxkor a pour capitale Amarah.
La Basse NuBte renferme : Derr, petite ville de 2 à 5,000 hab., qui est regardée comme la
! Ces bijoux ei pièces d'orfévrerie, fabriqués à Khartoum, Wholed-Medineh et Et-Obeid, se compo- “nt de colliers, bracelets, anneaux, parures, soucoupes, vases d'or, etc,; ils sont d'un très-beau lavail et d'un goût exquis; on les exporte en Egypte, à Constantinople et dans le Levant,
| capitale du pays ; — Ebsamboul et Ibrim, où
l'on voit d'admirables ruines de monuments égyptiens.
La PROVINCE TURQUE DE SouAkIM se compose du littoral de la Nubie, qui apppartient nominalement aux Turks, lesquels n’y possèdent que Souakin: et Gef. Souakim est une petite ville maritime de 2,000 hab. et le centre du commerce entre la Nubie et l'Arabie ; elle est située dans un ilot très-rapproché du continent et en face de la ville commerçante de Gef. La province de Souakim fait partie du gouvernement de Djeddah.
Le Beren-EeL-Taka a pour capitale Kassalu, ville commerçante.