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plus grande de toutes est la Betsibouka, qui se jette dans la baie Bombetok.
Les côtes de Madagascar et les parties inférieures des vallées sont célèbres par leur insalubrité, surtout à l'Est. Bas, inondé, marécageux, encombré de débris de toutes sortes ‘te, ie, le littoral oriental de Madagascar est une région de fièvres mortelles ; les côtes occidentales sont moins malsaines. L'intérieur de l'ile, élevé et boisé, jouit d’un climat tempéré et salubre.
Les productions minérales sontnombreuses, Le fer est commun dans les montagnes du centre de l'île et est d'excellente qualité!. La houille paraît être abondante dans les provinces d’Ankova et d'Ambongou (au centre) et à la baie de Bavatoubé, au Sud-Ouest de Nossi-Bé. Les montagnes d'Ankova renferment beaucoup de cristal de roche en grandes masses. Le cuivre, le plomb argentifére, la plombagine, le kaolin, se trouvent partout, mais ne sont pas exploités; le sel est assez abondant.
Madagascar, composé généralement de granile et de basalte, est d’une grande fertilité; disposé en terrasses successives, s’élevant jusqu'à 1,500 m., le sol se prête aux cultures des pays tempérés comme à celles des tropiques.
Les principaux produits sont : le riz, dont se nourrisent les indigènes et dont on exporte de grandes quantités à la Réunion et à Maurice; le mais, le blé, l'orge, le gros millet, le manioc, la pomme de terre, la patate, l’igname, le tavoulouë, les fèves, les légumes d'Europe ; le poi-
vre et le gingembre; les bananes, les cocos, les ananas, les figues, les pêches, les grenades, les oranges, les citrons, le raisin ; le tabac, l’indigo, le coton, le sésame, les arachides, l'huile de coco ; le cubèbe, le copal, le caoutchouc, l’orseille, le chanvre et les fibres de divers
pandanus ; la canne à sucre et le caféier y fe-
raient merveille et produiraient sous ce ciel privilégié des quantités illimitées de sucre et de café. Les immenses forêts de l'ile fournissent en abondance du bois de teck, d'ébène, de santal, d’aigle et de palissandre ; on y trouve aussi le tanghin 5, arbre qui fournit le poison dont se servent les Madécasses pour établir l'innocence on la culpabilité de leurs accusés.
Les hauts plateaux de l'ile (au Nord et à l'Ouest) renferment de beaux pâturages où
4 C'est un fer oxydulé magnétique titanifére et manganésifère.
* Tacca pinnatifida.
3 Tanghinia venenifera.
l’on élève beaucoup de bêtes à cornes de la race bossue et de moutons à grosse queue de la race du Cap. La volaille, les abeilles, diverses espèces de vers à soie, abondent partout, et les mers ainsi que les rivières sont tréspoissonneuses. — Madagascar a une faune spé.
ciale, caractérisée par les makis, qui remplacent les singes, par le tenrec, sorte de hérisson, par l’aye-aye, sorte de singe rongeur, et par les araignées fouque et menavoude ; les autres espèces de la faune malgache sont les sangliers, qui pullulent dans les forêts, la civette, les tortues, les crocodiles et de nombreux papil. lons.
La population, qui s'élève à environ 3 millions, se compose de trois nations noires : les Hovas ÿ, sur les plateaux du centre de l'île ; ce sont des noirs d'origine malaie, mais fortement mélés aux noirs indigènes ; quelques familles ont conservé un peu plus intacte la pureté primitive de la race ; — les Malgaches (Malacassas) à l'Est, noirs un peu mélés aux Malais el aux Arabes; — les Sakalaves, à l'Ouest, peuplades noires qui paraissent appartenir à la race des nègres océaniens. Ces diverses nations, auxquelles nous donnons le nom général de Madécasses, se divisent en tribus, que les Hovas ont soumises presque toutes à leur domination féroce. Tous ces sauvages sont d'une hideuse cruauté, mais assez industrieux.
Les principales localités de Madagascar sont : Tanan:-rivou, capitale des Hovas, ville de 6 à 7,000 hab. au centre de l'ile et dansla province d’Ankovat ou d'Emirne.—Tamatave, ville maritime de 45 à 20,000 hab., sur la côte orientale ; il s'y fait un commerce considérable avec Maurice et la Réunion, et c'est le principal port d'exportation des produits de l’ileÿ. — Majaugaie, ville maritime sur la côte occidentale. — La baie de Saint-Augustin, à la côte Nord-Ouest. — Tinrtingue et Foulepointe, sur la côte orientale. — Boueni ou Boina, sur la côte Nord-Ouest, capitale d'un petit pays sakalave dont le roi s’est placé, en 1859, sous le protectorat de la Frances.
‘ Elles donnent ici un miel vert très-estimé,
* Entre autres le gigantesque bombyx radama.
5 [ls s'appellent les Jmerina (habitants d'Emirne) et paraissent être au nombre d'un million.
4 Ank Ova, pays des Hovas.
6 Riz, graines oléagineuses, cire, caoutchouc, copal, hois de construction et d'ébénisterie, bœufs, volaille, porcs, bœuf salé, poisson salé, peaux de bœuf et de mouton, huile de pied de bœuf, écaille et orseille.
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conclu avec le roi de Boueni, de s'établir, commercer, voyager, posséder desterres, fonder des établissements d'industrie et de commerce, ouvrir des
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Les Français commencèrent à s'établir à Madagascar, en 1642, pendant le ministère et sous le patronage du cardinal de Richelieu ; ils y fondèrent, en 1644, Fort-Dauphin, à la côte S.-E., et successivement des établissements à la baie d'Antongil, au Port-Choiseul, à Tintingue, à l'île Sainte-Marie, à Foulepointe, à Tamatave, à la baie Sainte-Lucie, etc. Les trois premiers de ces établissements furent abandonnés sous le règne de Louis XVI, et les autres furent pris et détruits par les Anglais en 1811. Les traités de 1815 ayant reconnu les droits de la France sur l’ile de Madagascar, la Restauration, comprenant toute l'importance d'une pareille colonie, envoya une expédition qui reprit Sainte- Marie, Tintingue, Fort-Dauphin et Sainte-Lucie ; mais les Hovas, excités par l'Angleterre, se déclarèrent contre nous, et, de 1822 à 4895, nous enlevèrent tous nos établissements. En 1829, une nouvelle expédition battit les Hovas, les repoussa et nous rendit de nouveau maîtres de Tamatave et de Tintingue; mais, après 1830, le nouveau roi se hâta d’évacuer Tintingue, ne conserva que l'ilot de Sainte-Marie et eut le tort grave d'abandonner Madagascar aux Hovas et à l'influence anglaise, et d’habituer ces sauvages à mépriser le noin de la France, Aussi les traitants français furent-ils bientôt persécutés par les Hovas, qui ne ménagèrent pas davantage les traitants anglais et qui obligèrent, par leurs violences, les deux gouvernements de France et d'Angleterre à envoyer contre eux une expédition chargée de réprimer leur insolence. Des troupes anglo-françaises allérent attaquer Tamatave, en 1844, et s’y firent battre ; enfin, quand le roi Louis-Philippe, piqué d'honneur et soutenu par l'Angleterre, se décida à agir sérieusement contre les Hovas, les Chambres s'y opposèrent à leur tour, Cette déplorable politique a eu pour résultat de laisser les Hovas maitres de Madagascar et de tous nos comptoirs. Aujourd’hui la France ne possède plus que deux petites îles (Nossi-Bé et Sainte-Marie), dont la seule importance est d'attester nos droits à la possession de Madagascar et de maintenir notre drapeau dans ces parages.
Nossi-Bé.—Nossi-Bé, située sur la côte Nord- Ouest de Madagascar, est une petite île d'origine volcanique, montueuse, boisée et bien arrosée, qui appartient à la France depuis 1841. Elle est habitée par 15,000 Sakalaves et par quelques Français. Les principales cultures son! celles de la canne à sucre et du riz, puis celles du café et de l’indigo. Le ch.-lieu est Rellville, village situé sur la côte méridionale, où une mission catholique et des écoles ont été établies pour convertir et instruire les indigènes.
églises et des écoles, célébrer leur culte et rétablir lamission chrétienne, dans toute l'étendue du pays.
Sainte-Marie. — Sainte-Marie, petite île située sur la côte orientale de Madagascar, visà-vis de Tintingue, est montueuse, boisée, humide, très-malsaine et sans fertilité ; elle appartient à la France depuis 1819. Sa population se compose de 5,700 hab., presque tous Malgaches. Le ch.-lieu, Port-Louis, a un assez bon mouillage.
Ile de la Réunion ou île Bourbon. — L'ile de la Réunion, située à 600 kilomètres à l'Est de Madagascar, par 24° lat. Sud, est montueuse, volcanique, fertile et très-salubre! ; sa superficie est de 2,315 kilomètres carrés. « Bourbon, dit V. Jacquemont, n’est qu'une masse énorme de produits volcaniques ?, entassés les uns sur les autres jusqu’à la hauteur de 3,000 m.; une multitude de torrents que les pluies 5 grossissent tout à coup, sillonnent profondément les flancs de ce large cône.» Le centre de l’île, appelé le Pays brûlé, est très-élevé, stérile et dominé par le Piton des Neiges (3,069 m.), volcan éteint, et par le Piton de la Fournaise (2,625 m.), volcan actif; c'est sur le littoral et sur les croupes inférieures des vallées que sont établies la population et les cultures.
La principale industrie de la Réunion est la culture de la canne et la fabrication du sucre # ; l'ile produit aussi de l’arrow-root, du calé excellent, de la vanille de très-bonne qualité, du tabac, un peu de muscade et de clous de girofle, et, pour la consommation locale, du manioc, des patates, des pommes de terre, le songo ou chou caraïbe, des ambrevades, des haricots, desembériques et beaucoup de fruits. Il faut encore citer, parmi les productions de la Réunion, les fibres du vaquois (Pandanus), qui servent à la fabrication des sacs à sucre et à café6.
La population de Bourbon est de 180,000 habitants et se compose de 76,000 créoles français, de noirs issus d'esclaves Cafres, Malgaches et Malabars; de mulâtres issus du
1 La Réunion est quelquefois ravagée par des tremblements de terre ou par des ouragans terribles (cyclones) et par des raz de marée.
2? C'est-à-dire de laves anciennes et modernes.
* Elles tombent de novembre à avril.
+ Bourbon produit 75 ou 80 millions de kilogr. de sucre,
5 Ananas, avocats, bananes, figues, dattes, fraises et framboises, goyaves, li-tchi, mangues, mangoustans, melons, oranges, citrons, limetltes, pamplemousses, grenades, papayes, pèches, raisin et sapotilles.
9 Depuis l'émancipation des esclaves et l'adoption du travail libre, et depais que la liberté du commerce a été accordée aux colonies, le commerce de la Réunion s'est élevé de 36 millions de francs (1843) à 87 millions de francs (1862).
842 GÉUGRAPHIE GÉNÉRALE.
mélange des créoles et des noirs, et de 65,000 immigrants ou travailleurs libres, indiens et africains.
Les villes principales sont Saint-Denis, ch.lieu de la colonie, belle ville maritime! et commerçante de 20,000 bab., siége d'un évêché, d’une cour impériale et d'un lycée. — Saint-Pierre, ville maritime avec un petit port créé en 1854%, — Saint-Paul. — Salaxie, village où se trouvent des eaux thermales et un hopital.
La Réunion appartient à la France depuis
lle Maurice (Mauritius). -— L'ile Maurice, située à 480 kilom. au Nord-Est de la Réunion et par 20° lat. Sud, est montueuse, volcanique, saine et fertile. — Maurice a le même climat et les mêmes cultures que la Réunion, et sa principale production est le svcre, dont elle exporte 130 millions de kilogrammes.
La population se compose de 320,000 hab., dont : 60,000 uoirs (anciens esclaves) et mulâtres issus du mélange des créolcs français et des noirs ; 32,000 créoles français ayant conservé la religion, la langue et les usages de la France; 213,000 eagagés ou immigrants indiens et chinois (coulies) et noirs africains. Les Anglais sont très-peu nombreux.
Maurice est une colonie très-florissante, grâce à l'entière liberté commerciale dont elle jouit; c'est aussi une relâche excellente sur la route du Cap aux Indes ; et, par l'importance des fortitications de Port-Louis, c'est une position militaire et maritime de premier ordre qui est la clef de la mer des Indes.
Les villes principales sont : Port-Louis ou Port-Nord-Ouest, ville maritime et commerçante de 50,000 hab. très-fortifiée, capitale de l'ile et siége d’un évêché. — Le Grand-port {Port-Bourbon ou Mahébourg), ville maritime sur la côte Sud-Est.
Maurice appartient aux Anglais depuis 1814, ainsi que ses dépendances : Rodrigue, les Seychelles et les Amirantes.
* Malheureusement Saint-Denis n’a pas de port.
? La Réunion, entourée d'une mer profonde et souvent dangereuse, n'a ni ports, ni rades; en cas de mauvais temps, les navires gagnent le large. La création du port de Saint-Pierre a eu pour but de donner au commerce l'abri dont il avait absolument besoin.
5 Maurice est le nom que les Hollandais donnèrent à cette île en 1598, lorsqu'ils en prirent possession ; ils l'abandonnèrent quelques années après. Les Français l'occupèrent en 1715 et l'appelèrent l'Ile de France. En 1810, les Anglais s'en emparérent et se la firent céder par les traités de 1844; ils lui ont rendu son ancien nom de Maurice.
Rodrigue. — L'ile Rodrigue est située à 551) kilom. au Nord-Est de Maurice et par 49° ! lat. Sud; c'est une petite ile sans importance, peuplée seulement de 500 habitants.
Iles Seychelles. — Les iles Seychelles ou Séchelles forment un groupe de 30 petites iles ou ilots granitiques et volcaniques, entourés de récifs et de bancs coralloïdes, et sont situées à 1,500 kilom. au Nord de Maurice et par à° lat. Sud. La plus grande est Man, ile montueuse, boisée, fertile et très-salubret, La capitale est Port-Victoria ?, ville maritime de 5,000 hab., avec un bon port, qui offre une relâche excellente sur la route dela mer Rouge à Maurice. — Les autres îles sont : SiLnouerre et PrAsLIN, qui possède une rade très-sure, — Les Seychelles produisent des cocos de mer, de l'huile de coco, du coton, du café, du manioc, du maïs et des fibres de vaquois5. — Elles sont peuplées de 7 à 8,000 habitants ca. tholiques, Français, nègres ou mulâtres.
Iles Amirantes. — Les Amirantes sont un groupe de 41 ilots coralloides situés à 950 kilom. au Sud-Ouest des Seychelles et entre 5° et 6° lat. Sud. Elles sont couvertesde cocotiers. La population, très-peu nombreuse, est d'origine française.
Iles Saint-Paul et la Nouvelle-Amsterdam.
—— Saint-Paul et la Nouvelle-Amsterdam sont deux îles montueuses, volcaniques, boisées ou stériles 4, froides et inhabitées; elles se trouvent à 2,500 kilom. au Sud-Est de la Réunion, par 38° lat. Sud, et sur la route des bâtiments qui vont du Cap en At ‘-ilie, auxquels elles offrent une relâche ois utile dans ces mers dangereuses ; le. , .siniers les fréquentent aussi, parce que la baleine et les phoques sont assez abondants dans ces parages. Il y à à Saint-Paul, depuis 1844, une petite colonie de pêcheurs français de la Réunion, qui prennent la morue, la salent et l'expédient à la Réunion.
Terre de Kerguelen. — La Terre de Kerguelen ou île de la Désolation est située à 3,000 kilom. au Sud-Est de la Réunion, par 49° lat. Sud. C’est une grande île, longue de 200 kilomètres, sans aucune végétation et inhabitée.
{ Le climat est moins sain depuis qu'on a opéré de grands déboisements pour cultiver le coton. |
% Du temps des Francais, cette ville s'appelait l'Élablissement.
5 Avec lesquelles on fait des sacs à sucre pour Maurice.
4 Le sol de Saint-Paul est couvert de forêts ou de hautes graminées.
5 La morue de Saint-Paul est le Cheilodactylus.
GÉOGRA
$ 1. Situatio grandes divisic trionale est une g née : au N., par 1 \.0. par le détro ha séparent de l'A Grand océan ; au f par lequel elle se dionale ; au S.E., p le golfe du Mexiqu tique.
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lire, est par 82° nent même, eten | arctiques et le Grœ tentrional est l'ext thia, sur le détroi Nord. — L’extrémit rica, sur le Grand o Le point le plus or
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