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Territoire de la compagnie de la baie d'Hudson

La compagnie de la baie d'Hudson a été créée en 1669 pour le commerce des pelleteries et s'est fondue, en 1821, avec la compagnie du Nord-Ouest, étabiie à Montréal en 1783. Elle est souveraine du territoire qui porte son nom et y exerce le monopole du commerce ; elle est

* New-York expédie aux Bermudes des bœufs et des moutons.

? On les fait avec le bois des cèdres, qui sont trèscommuns aux Bormudes.

5 Ireland est le siège de M slation navale des Indes occidentales.

dirigée par un comité siégeant à Londres et par un gouverneur, qui réside en Amérique et duquel relève toute l'administration des terri. toires soumis à la Compagnie‘. Lors de la ré organisation de 1857, la Compagnie s'est vu enlever tout le territoire situé à l'Ouest des monts Rocheux® et la colonie de la rivière Rouge ; on n'a laissé à la Compagnie que les terres de chasse qui m'offrent aucun avenir à la civilisation et qui sont :

Les Territoires indiens (Indian territories), au Nord-Ouest ;

La Terre de Rupert (Rupert’s Land\, au Sud.

Est.

Ces territoirès, qui occupent la partie septentrionale du continent américain, ont une superficie d'environ 6 millions de kilomètres carrés ; ils se composent principalement de plaines couvertes de lacs et de marais, on de forèts5 et de rochers. — Les principales rivières sont : le Mackenzie et ses affluents, Ja rivière de la Paix et l’Athahasea, et la rivière Back, tributaires de la mer Glaciale, qui arrosent les Territoires indiens. La Terre de Rupert, qui forme le bassin de la baie d'Hudson, est arrosée par les rivières Churchill, Nelson, Albany, Rupert et East-Main. Tous ces cours d'eau forment un grand nombre de lacs, sont encombrés de rapides et de chutes, traversent des contrées désertes et sont glacés pendant la plus grande partie de l'année. Les lacs les plus étendus sont : le lac du Grand-Ours, le lac de l'Esclave, le lac Athabasca, le lac Winnipeg, ete. (Vos. p. 855.)

Cetteimmense région, entiérement composée de plaines basses, glacées ct sauvages, est une véritab'e Sibérie américaine. Les Barren- Ground ou Terres-Stériles, entre le Mackenzie, la mer Glaciale, la rivière Back et le lac de l'Esclave, forment un grand plateau accidenté, peuélevé, mais dominant les piaines basses d'a lentour, entièrement dépourvu de bois et trèsfroid. C’est au fort Relince, à l'extrémité Nord- Est du lac de F'Esclave et par 62° 46° lat., que le plus grand froid a été observé; dans l'hiver de 1833-54, le thermomètre y descendit à 56,7 C. É

1 Le capital de la Compazuie est de 20 millions de francs ; ses aclions valent 6,000 fr. et rapportent 10 pour 400. Les bénélices de la Compagnie s'élèvent annuellement à 6,250,000 francs.

# Dont on a formé les colonies du Stekeen, de la Colombie et de l'ie Vancouver.

5 Dans les parties méridionales du terriloire; car dans les parties septentr ionales, la végetalion ne se compose plus que de pins nains, hauts de t à 2 métres, de saules et de bouleaux nains.

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Les animaux à fourrures sont nombreux dans ls pays soumis à la Compagnie, qui a fait de sn territoire un parc où elle règle la chasse dé «es précieux animaux,de manière à assurer la conservation des espèces. Les animaux dont les fourrures alimentent le commerce de la Compagnie ! sont : l'ours noir, le renard argenté?, ke renard noir?, le renard blanc et noir, le renard blanc et bleu, le renard rouge, le glouton, le raton, la loutre, la zibeline, la martre, le vison, le castor, le rat musqué ou ondatrat, le lynx et le blaireau. Les autres animaux qui composent la faune du Territoire de la Compagnie sont : l'ours blanc, le bœuf musqué, le renne, dans les parties septentrionales, l'élan, le wapiti (espèce de cerf), plusieurs espèces de dims qui vivent sur les maigres pâturages qu'ils rencontrent çà et là, le lapin. le lièvre, lelemming, le porc-épic, et parmi les oiseaux, les oies, les canards, les cygnes, les pluviers, ls chevaliers, les ptarmigans, les perdrix de bois, les mouettes, les corbeaux et les hiboux. En été, les inoustiques et les maringouins sont aussi abondants que dans la zone intertropicale.

Le climat et la stérilité du sol rendent toutes «es terres absolument impropres à la culture ; là population qui les habite, quelque peu nombreuse qu'elle soit, y est le plus souvent décimée par la faim, lorsque la chasse et la pêche, qui lui fournissent ses seules ressources, sont rendues impossibles par les grands froids. Les haies sauvages * sont assez communes dans les forêts et donnent les seuls aliments végétaux.

Le Territoire de la Compagnie n'est peuplé que de 50 à 60,000 hab., composés de : 150 à 900 Écossais, agents principaux de la Compagnie ; 5 à 6,000 Franco-Canadiens et Bois- Rrûlés, trappeurs et chasseurs au service de la Compagnie ; et, pour le surplus, d'Indiens Athapascas, dans le bassin du Mackenzie, et d'Eskimaux, sur le littoral de la mr Glaciale et de la baie d'Hudson. Tous ces Indiens sont nomades, chasseurs et païens.

La Compagnie possède dans sesterritoires environ 200 postes on factereries 6, dont la plupart ne constituent, à vrai dire, qu'un quadrilatère, formé par une palissade de pieux trés-serrés, haute de 5 à 6 m. et suffisante pour repousser

.l'Elle expédie ses pelle’eries à Londres et aux Hats-Unis,

* Sa peau vaut 400 francs.

% Sa peau vaut de 7 à 800 francs.

4 Dont la peau sert à la chapellerie.

® Les groseilles, le swampberry ou baie des marais, et la canneberge.

® Factory on house.

AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE. 87n

une attaque des Indieus. Les maisons des facteurs, celles des ouvriers et des chasseurs. et les magasins, occupent le milieu du c:

Dans les régions où les naturels, plus be, queux, se livrent à des hostilités plus fréquentes, la palissade est défendue par des bastions placés aux angles et armés de 4 à 8 pièces de canon. Une galerie supérieure, qui règne autour de l'enceinte, permet de porter au loin les feux de mousqueterie et de découvrir l'en nemi à de grandes distances. Les stations situées au milieu de peuplades paisibles, ne sont que des points de repos, de ravitaillement et des comptoirs d'échange. La principale de ces factoreries est le fort York, ancien fort Bourhon des Français‘, qui est en quelque sorte le ch.-lieu de la Compagnie ; il est situé à l’embouchure du Nelson, dans la baie d'Hudson.

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