CHAPITRE XXVII
$ 1. Situation, limites, étendue et grandes divisions, — L'Amérique méridionale est une grande presqu'ile triangulaire située au Sud de l'archipel des Antilles et de l'Amérique septentrionale, à laquelle elle est réunie par l'isthme de Panama, — Elle est bornée : au N., par la mer des Antilles; à l'E., par l'océan Atlantique; à l'O., par le Grand océan. — Son extrémité septentrionale, le cap Gallinas, sur la mer des Antilles, est par 1%% lat. Nord; son extrémité méridionale,
Horn, pointe extrême des îles qui sont au Sud de la Patagonie, est situé par 55° 4; il forme le sommet du triangle, dont la base est au Nord, à la mer des Antilles. Le point le plus oriental est le cap Saint-Augustin, un peu au Sud de Pernambouc, sur la côte du Brésil, par 37°long. Ouest ; la pointe la plus occidentale est la pointe Parina, sur la côte du Pérou, un peu au Nord de Payta, par 84° long.
Ouest. — La plus grande longueur, entre les caps Gallinas et Horn, est de 7,500 kilométres; la plus grande largeur, sous le 5° degré de latitude Sud, est de 5,000 kilomètres.
s l'abo- sur le co tinent, est le cap Froward, sur le L'Amérique méridionale se divise en 14 isa détroit de Magellan, par 54° lat, Sud. Le cap | grandes parties, dont sifit le tableau. el son es qui TABLEAU DES DIVISIONS DE L'AMÉRIQUE MÉRIDIONALE, à langue s, dans SUPERFICIE ol, dans SN COR É. POPULATION.
dans les se mêle | et nè- Au Nord. rt diffé États-Unis de la Colombie ou Nouvelle-Grenade. 4,548,155 2,225,000 Équateur. 736,109 4,107,000 lioi Venezuela 1,105,176 1,565,000 engion Guyane anglaise. , . ; 210,000 t fran- Guyane hollandaise, . . . . 65,000 a r'épu- Guyane française 72,000 de la
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Patagonie
$ 2, Mers et littoral. — L'Amérique | méridionale est entourée par la mer des Antilles, l'océan Atlantique et le Grand océan.
La mer des Antilles baigne la Nouvelle- Grenade et le Venezuela. On remarque sur le littoral de cette mer : le golfe de Darien, à
l'Est de l'isthme de Panama; le cap de la Vela ; le cap Gallinas, à l'extrémité de la presqu'ile Guajira; le golfe de Maracaybo, qui communique avec le lac (laguna) de Maracaybo et qui est formé par les deux presqu'iles Guajira et Paraguana ; le golfe de Cumana, qui forme la baie de Cariaco. — Entre la presqu'île Paraguana et le golfe de Cumana, et parallèlement au rivage, se trouve une chaine d'îles appelées les îles sous le Vent ou Antilles vénézuéliennes (voy. p. 920). — Les ports principaux sont Aspinwall, Carthagène et la Guayra.
L'océan Atlantique baigne les côtes du Venezuela, de la Guyane, du Brésil, de l'Uruguay, de la république Argentine et de la ’atagonie. On remarque sur le littoral de l’Attantique : la presqu'île montueuse de Paria et le golfe de Paria, à l'Est duquel est l’île de la Trinité, la plus méridionale des Antilles. Le golfe de Paria communique avec l'Atlantique par deux détroits : la bouche du Dragon, au Nord, et le canal du Serpent, au Sud. Viennent ensuite : le cap Orange, à l'embouchure de l'Oyapok ; ie cap du Nord, à l'embouchure de l'Amazone ; la grande île Marajo, dans l’estuaire de l'Amazone; les caps Saint-Roque et Saint-Augustin, la baie de Tous-les-Saints, le cap Thome, le cap Frio, la baie de Rio de Janeiro, l'ile Sainte-Catherine, puis deux grandes lagunes, la lagune dos Patost et la lagune Mirim. On arrive ensuite au vaste estuaire de la Plata, compris entre le cap Maldonado, au Nord, el le cap Saint-Antoine, au Sud. Au delà, on rencontre le cap Corrientes et, sur la côte orientale de la Patagonie, le golfe de Saint-Mathias, la presqu’ile de Saint- Joseph, le golfe de Saint-George, le cap Blanc et le détroit de Magellan, dont l'entrée est marquée par le cap des Vierges et le cap Espiritu-Santo.
Le détroit de Magellan, long de 500 kilomûtres, sépare la Patagonie d'un archipel qui est au Sud de cette contrée et conduit ” 2 l'océan Atlantique ‘u Grand océan 1" * ue, au Nord, la Patagonie, la presqu'it «uuswick terminée, au Sud, par le cap Rioward, la presqu'ile Crooker, la presqu'ile ou Terre de Guillaume IV et l'ile de la Reine-Adélaïde ; — au Sud, la Terre de Feu, l'ile Dawson, l'ile Clarence et ja Terre Désolation. Son entrée occidentale est entre le cap Pilares, sur la Terre Désolation, et le cap Parker, sur l'ile de Ja Roine-Adélaïde, — On remarque sur la côte orientale de l'isthme de la presqu'ile Bruns-
1 Lagoa dos Patos, lagune des canards,
wick, la colonie chilienne de Punta-Arenas (Sandy-Point), appelée aussi colonie de Magellan ; c'est un village de 300 hab. — Indépendamment dgs iles que nous avons nommées, le groupe de la Terre de Feu contient encore : la Terre des États, séparée de la Terre de Feu par le détroit de Lemaire, l’île Navarin, l'ile Wollaston, au Sud de laquelle est un ilot qui forme le cap Horn, l'ile Hoste, l'ile Gordon et l'ile Clarence. — À 500 kilomètres à l'Est du détroit de Magellan, on remarque les iles Falkland ou Malouines, possession anglaise.
Les principaux ports de la Sud-Amérique sur l'Atlantique sont : Georgetown, Paramaribo, Para, Pernambouc, Bahia, Rio de Janeiro, Montevideo et Buenos-Avyres.
Le Grand océan ou océan Pacifique baigne les côtes de la Patagonie, du Chili, de la Bolivie, du Pérou, de l'Équateur et de la Nouvelle- Grenade. La côte occidentale de la Patagonie est accidentée, très-élevée, bordée par les Andes et découpée par une suite de golfes qui ressemblent aux fiords de la Norwége ; une chain: d'îles longe cette côte depuis le détroit de Magellan jusqu’au Chili; les plus importantes sont : l'ile de la Reine-Adélaïde, l'ile de Hanovre, l'archipel de la Mére-de-Dieu, l'île Wellington, la presqu’ile des Trois-Montagnes, l'archipel Chonos et la grande île de Chiloe, qui appartient au Chili. —- Le littoral du Chili, de la Bolivie et du Pérou, presque toujours formé par des lignes droites, ne présente aucun accident jusqu'au golfe de Guayaquil, situé sur. la côte de la république de lEquateur. Sur le littoral de la Nouvelle- Grenade, on remarque la baie de Ghoco et le golfe de Panama, dans lequel sont les îles des Perles.
Les principaux ports de la Sud-Amérique sur le Grand océan sont : Valparaiso, Arica, le Callao, Guayaquil et Panama.
On à cru pendant longtemps que le ni- “eau du golfe de Panama était différent de celui de la mer des Antilles ; des observations sérieuses, faites d'Aspinwall à Panama, ont démontré que la hauteur moyenne de l'océan Atlantique et du Pacifique est absolument la mème, bien que, par suite de la différence qui existe dans le mouvement de la marée dans les deux endroits, il y ait naturellement des moments où l'un des deux océans est plus haut que l'autre; mais leur niveau moyen, c'est-à-dire leur hauteur à demi-marée, est exactement le ième.
$ 3. Orogrnytie. —- : Amérique méridionale renferme frais sy: eme: de montagnes:
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SC, Karte von Sid lal Atlas,
‘D'autres mesures :
mètres, Selon M, Pissis trait pas un volcan, r Piyrique à la base, et Krieures,
* Surtout dans la pr
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Arenas Brésil.
Magel- t Les Anoes !, — La Cordillère des Andes * idépen- D « dirige en général du Sud au Nord, sui- RUE ant les côtes de l'ecéan Pacifique sur une ncore :
longueur de 7,500 kilomètres, et renferme partout de nombreux volcans.
La chaîne commence sur le détroit de Macellan, au cap Froward, et finit à l’isthme de Panama, On la divise en 6 sections :
de Feu in, l'ile ilot qui Gordon s à l'Est que les Les Andes de Patagonie, Les Andes du Chili,
on an- ji Les Andes de la Bolivie, 1 Les Andes du Pérou, dy { L * É. Le Les Andes de Quito, aramna- Les Andes de la Nouvelle-Grenade*.
Janeiro,
Les Andes de Patagonie, encore peu con-
» baigne nues, ne se composent que d’une seule
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par les un Norwége. Le sommet le plu: élevé de cette rolfes qui æction des Andes paraît être le Corcobado,
ge ; UNE le détroit s imporide, l'ile Dieu, l'ile
laut d'environ 4,000 m. Les autres sommets snt le mont Stokes (1,949 m.) et le mont lanteles (2,446 m.).
Les Andes du Chili commencent au volcan Gorno (2,150 m.) et finissent au nœud dé
pntagnes, Lhtosi. Elles séparent le Chili de la république e Chiloe, lrgentine et sont formées d’une seule chaine, du Chili, SN mme les Andes de Patagonie, mais elles toujours snt plus éloignées de la mer. Cette chaine renprésente krme plusieurs volcans, dont le plus élevé uayaquil, at l'Aconcagua (7,500 m. 4). Sa largeur est
de l'E- d'environ 400 à 420 kilom. Le versant acci- \ouvelle- SN dental est abrupt, mais le versant oriental
hoco et
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denombreux lacs salés et quelquefois des sierrsassez élevées 5, Les Andes du Chili sont difficiles à traverser, à cause des ouragans de neige qui sévissent sur les hauts plateaux qui forment la crète.
Les Andes de la Bolivie commencent au nœud de Porco et de Potosi, massif de hautes montagnes, large de 500 kilom. et dans lequel &trouve le Cerro de Potosi, célèbre montagne
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SC, Karte von Süd-Amerika, in BenGuaus” Phystlal Atlas.
D'autres mesures ne donnent que 6,797 ou 6,854 mètres. Selon M, Pissis, de Santiago, l'Aconcagua ne ferait pas un volcan, mais bien une montagne por- Pyrique à la base, et crayeuse dans ses parties su- Wrieures.
* Surtout dans la province de Salta.
mérintagnes:
métallifère, hautede 4,068 m. ; elles finissent au nœud de Cuzco. Les Andes de la Bolivie se composent de deux chaînes parallèles qui enferment le grand lac Titicaca, réuni au lac Aullagas par le Rio Desaguadero. Les sommets de la chaine orientale, le Nevado! de Illimani (7,515 m.) et le Nevado de Sorata (7,696 m.), sont les montagnes les plus élevées de toute la Cordillère*. Les sommets de la chaine occidentale, toute volcanique, sont le Gualatieri (v,690 m.), le volcan d’Arequipa (5,418 m.) et le Nevado de Chuquibamba (0,399 m.).
— Les Andes de la Bolivie forment la partie la plus haute et la plus large de toute la vordillère ; en y comprenant les terrasses par lesquelles elles s'abaissent, à l'Est, sur la vallée du Mamore, elles ont de 6 à 700 kilomètres de largeur. Les hautes terrasses qui flanquent, à l'Est, les Andes de la Bolivie et du Pérou, suut partout couvertes de forèts ou de pâturages, et sillonnées de hantes montagnes ; la Sierra de Cochabamba (5,000 m.) est le plus élevé des contre-forts des Andes Boliviennes.
Depuis le nœud de Potosi, jusqu'à leur extrémité, septentrionale, les Andes présentent une alternative continuelle de chaines paralléles et de nœuds dans lesquels elles viennent se rejoindre et se confondre pendant un certain espace.
Les Andes du Pérou commencent au nœud de Cuzco, centre de l’ancien empire des Incas; elles se composent d’abord de deux chaînes parallèles, qui se réunissent au nœud de Pasco ou de Guanuco (3,500 m.), sur lequel est le petit lac de Lauricocha, d'où sort le Tunguragua, un des cours d'eau qui forment le fleuve des Amazones. Bientôt le nœud de Pasco se transforme en trois chaînes parallèles, La chaîne occidentale (Cordillera real de Nieve) et la chaine centrale, qui forment la vallée du Tunguragua, se réunissent au nœud de Loxa; mais la chaine orientale se termine sur le Pungo Manseriche, un des rapides du Tunguragua. Les Andes du Pérou s'abaissent, à l'Est, comme les Andes Boliviennes, par des terrasses el arrivent jusqu'aux plaines au milieu desquelles coule l'Ucayale.
4 Nevado, pic neigeux.
2 Ces chiffres sont ceux que M. Pentland a obtenus en 1827; mais, après avoir recommencé ses triangulations en 1858, il a r''connu que ses premières mesures étaient fausses. D'après ses nouveaux calculs, le Nevado de Sorata n'aurait que 6,488 m., etle Nevado d'Illimani, 6,456 m. Les plus hauts sommets se trouveraient au contraire dns la chaine occidentale et seraient : le Sahama (6,810 m.), le Parinacota (6,715), le Gualaticri (6,690) et le Pomarape (6,612).
Les Andes de Quito sont comprises entre le nœud de Loxa (1,950 à 2,500 m.) et le nœud de los Pastos (3,100 m.); elles se composent de deux chaînes parallèles et trèsrapprochées, qui se rejoignent dans le nœud d'Assuay (4,700 m.), se séparent, puis se r'ejoignent dans le nœud de Chinsinche, se séparent encore et vont enfin former le nœud de los Pastos. Les plus hauts sommets de cette section, toute volcanique, sont : le Chimborazo (6,530 m. !), le Cotopaxi, volcan actif (5,753), le Pichincha (4,872), l’Antisana (5,833) et le Nevado de Cayambe (5,983) situé sous l'équateur; toutes ces montagnes sont d'immenses cônes de trachyte.
Les Andes de la Nouvelle-Grenade commencent au nœud de los Pastos et se composent d'abord de deux chaînes parallèles, qui se réunissent pour former le nœud du Paramo de las Papas, d'où se détachent trois chaînes qui terminent les Andes. La plus orientale, la chaîne de Suma Pax, dirigée au Nord-Est, forme la paroi orientale de la vallée de la Magdalena et renferme le mont Almorsadero (3,918 m.); elle porte les noms de Sierra Laura et de Sierra Nevada (3,120 m.) au Sud du lac de Maracaybo, et va former, à l'Est de ce lac, le nœud de Barquisimeto, d'où se détache la chaîne côtière de Venezuela, qui va de l'Ouest à l'Est en traversant le plateau de las Cocuyzas, et dont le sommet principal est la Silla de Caracas (2,632 m.). Cette chaîne littorale finit, à l'Est de Cumana, par le nœud de Meapire. De l'Almorsadero se détache un contre-fort, la Sierra Periga, qui finit sur la mer des Antilles par la Sierra Nevada de Santa-Martha, où se trouve la Horqueta (5,847 m.). — La chaîne centrale, appelée la chaîne de Quindiu, où se trouve le Tolima (5,584 m.), forme la paroi occidentale
de la vallée de la Magdalena et finit au nœud d’Antioquia, — La chaîne occidentale, appelée la chaîne du Choco, finit, comme la précédente, dans le nœud d'Antioquia (2,530 à 92,900 m.), d'où se détachent trois chainons assez courts, qui se terminent entre la Magdalena et la Caccia, ou sur le golfe de Darien.—Il se détache de la chaine de Quindiu, à la source de l’Atrato, un chainon qui se dirige au Nord et se prolonge dans l'isthme de Panama, où il forme, dans la partie orientale, appelée isthme de San-Blas, une
* Suivant d'autres mesures, le Chimborazo n'aurait que 6,M5 mètres. — Cf, Année géographique, 1865, p. 311.
* La chaîne occidentale s'appelle la Cordillera de la Costa.
chaine à double crête laissant entre elles une haute vallée longitudinale. La crête septentrionale est la Cordillére de San-Blas (799 m.) ; la crète méridionale est la Cordillère de Chepo (610 m.). Vers les sources du Rio Chagres, cette chaîne, déjà bien moins élevée que toutes les autres qui font partie du système des Andes, s'abaisse sur la dépression qui existe entre Panama et Aspinwall, et par laquelle passe le chemin de fer qui réunit ces deux villes. Les plus hauts sommets de cette dépression n'ont que 341 et 305
difficiles ; ce sont des sentiers praticables seu-
mûtres.
Les passages! dans les Andes sont rares et
lement pour les mules ou les lamas. Les principaux passages sont :
Dans les Andes du Chili: le passage de Cumbre où d'Uxpallata, sur le chemin de Santiago à Mendoza et à Buenos-Ayres ; le point culminant de ce col est à 3,850 m. : il esttrèsfréquenté et est le seul qui soit praticable pendant l'hiver. — Le passage de los Palos, sur le chemin de Valparaiso à San-Juan.
Dans les Andes de Bolivie : le passage qui est sur le chemin de Chuquisaca et de Tupiza à Cobija. — Le passage de Tolapalca, sur le chemin d'Oruro à Potosi (4,290 m.). — Le passage de Condur-Pacheta (4,250 m.), allant d'Oruro à Cochabamba, — Le passage qui rst sur le chemin de la Paz au Pacifique.
Dans les Andes du Pérou : le passage de Tajora ou de Gualillas (4,540 m.), sur le che-| min d'Oruro à Arica, par Taena ; c'est le principal débouché de la Bolivie sur le Pacifique. — Le passage des Altos de Toledo (4,185 m.), entre Puno et Arequipa.— L'Alto de los Huesos, haut de 4,150 m., sur le chemin de Cuzco à Arequipa. — Le passage qui est sur le chemin de Cuzco à Puerto-Caballos. — Le passage qui est sur le chemin de Lima à Tarma (4,800 m.).— Le passage du Cerro de Pasco, allant de Tarma au Tunguraguà (4,700 m.). — Le passage qui est sur le chemin de Lima à Guanuco. — Le passage qui est sur le chemin de Truxillo à Guamachuco et Moyabamba.
Dans les Andes de la Nouvelle-Grenade : le passage du Paramo de Guanacos, sur le cheinin de Popayan à Bogota (4,550 m.). — Le
passage du Nevado de Quindiu, sur le chemin
de Bogota à Cartago (3,550 m.).
En
4 Allo, boquele, quebrade, puerto. ts.
2 [luesos, ossements, En effet, la route est joncnee et tracée par les ossements des bètes de somme qui à périssent de fatigue en traversant ces hautes régions,
Les villes situé Andes de Bolivie teurs considérabl liste suivante :
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Cochabamba. .
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1° Jusqu'à 60 règne toujours; c — On y cultive le nioc, le cacao, l'o sucre, l’indigo, le noxat,
2% De 600 à 1,2 mêmes plantes et moins développées —C'est, sur le x de Bolivie et du m., que se trouve
Ces deux zonesf tiques, des termit autres insectes nu codiles, des perrod et du fourmilier.
6 De 1,200 et la région des fougé quina, de l'arbre à tive dès 4,500 m.
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Les villes situées sur leshauts plateaux des Andes de Bolivie et du Pérou sont à des hauteurs considérables, ainsi que le montre la liste suivante :
Arequipa est à. . . . . . 2,377 m. d'altitude. Cochabamba. . , . , , . 2,575 Chuquisaca ou la Plata, , 2,844 Quito.. . ..,...,., 2,950 La Paz. . . ,.,,.. 3,111 Oruro., , . , . . , . . 3,192 Puno, sur le lacTiticaca. 3,941 Potosi, . , . . . , . . . 4,058
DÉLEETA
Quelques villagessont encore plus élevés, Le village de Tacora est à 4,344 m.; la maison de poste d'Apo, sur le chemin de Puno à Arequipa, est à 4,576 m.;enfin, la maison'de poste d'Ancomarca, sur le chemin de la Paz à l’océan Pacifique, est à 4,792 mètres,
Les Andes, partout peuplées et cultivées, présentent plusieurs zones de végétation.
1° Jusqu'à 600 m., la flore équatoriale règne toujours; c'est la région des palmiers. — On y cultive le bananier, le maïs, le manioc, le cacao, l'oranger, l'ananas, la canne à sucre, l'indigo, le café, le coton et le bombonoxa{,
2 De 600 à 4,200 et 1,500 m., ce sont les mêmes plantes et les mêmes cultures, mais moins développées, et de plus en plus rares.
—C'est, sur le versant oriental des Andes de Bolivie et du Pérou, entre 650 ct 1,600 m., que se trouve la zone du coca.
Ces deux zones forment la région des moustiques, des termites, des araignées et de mille autres insectes nuisibles, des boas, des crocdiles, des perroquets, du jaguar, des singes et du fourmilier.
9° De 1,200 et 4,500 m. à 3,000 m., c'est la région des fougères arborescentes, du quinquina, de l'arbre à cire ?, du blé, que l'on cullive dès 4,500 m., mais qui réussit surtout entre 2 et 3,000 m., du quinoa et de la pomme de terre, qui croissent dans les parties les plus élevées de la zone, du maïs des Incas, précieuse variété qui supporte ces rudes climats, et des chênes (entre 2,500 et 3,000 m.).
C'est la région des tapirs (1,000 à 2,000 m.),
{ Arbuste du genre latanier. Cet arbuste est trèscommun dans les Andes de la Nouvelle-Grenade, de l'Equateur et du Pérou, Ses feuilles préparées servent à faire les chapeaux dits de Panama et des portecigares. Ces sont les Indiens des Andes qui fabriquent ces articles fort recherchés, et dont les printipaux centres de commerce sont à Moyabamba et À Guayaquil,
* Ceroxylon Andicola.
des ours, du grand cerf des Andes et des pécaris.
4 À 3,000 et 5,600 m. cessent les dernières cultures (celle du quinoa) et commence une zone alpine où l'on ne rencontre plus d'arbres, mais des arbustes!, des buissons, et une flore spéciale de plantes basses et rampantes (gentiane, etc.). — C'est la région du puma.
5 Vers 4,000 m. commence la zone des graminées gazonnantes, où vivent les troupeaux de lamas, d’alpagas, de moutons et de bœufs. La vigogne vit en liberté dans les parties les plus âpres de la zone.
6° Au-dessus de 4,800 m., dans les paramos ou régions glacées, il n'y a plus que des lichens et des neiges sur les plus hauts sommets. — C'est la région du condor.
Le climat des Andes est sain. Sur les hauts plateaux et dans les cols, au-dessusde 3,500 m., on éprouve cependant le soroche, grave malaise qui résulte de la raréfaction de l'air et qui est mortel quelquefois. Les Indiens Quichuas n’éprouvent pas le soroche, doués qu'ils sont de poumons d'un tiers plus volumineux que ceux de l'Européen.
Les Andes sont généralement formées de granite, de gneiss et de micaschiste à la base, tandis que la crête est composée de porphyre, de basalte et de trachyte. Elles renferment, dans toute leur étendue, d'abondantes richesses minérales, dont une très-pelite partie est en exploitation.
9° La Parme, — La Parime est une haute terre granitique, composée de montagnes boisées, peu connues et qui couvrent la Guyane, entre l'Orénoque, le Cassiquiare, l'équeieur et l'Atlantique, laissant entre leur pied et l'Océan une zone de terres basses très-fertiles. Le plus haut sommet est le Mavaraca (3,200 m.), au Nord de la source de l'Orénoque. La haute terre de la Parime est isolée de la chaîne des Andes par la large vallée de l'Orénoque.
5° Les monracnes pu Brésiz, — La haute terre du Brésil forme un triangle de 3,008 à 3,500 kilomètres de côté, compris entre le cap Saint-Roque, à l'Est, les cataractes du Madeira, à l'Ouest, et l'embouchure du Rio de la Plata, au Sud. Cette immense surface est sillonnée en tous sens par des chaînes de 500 à 900 m. de hauteur.
Du nœud de l'Itacolumi (1,
154 im.), situé
{ Les hauts plateaux de la Bolivie sont couverts de Lola, plante résineuse qui donne un combustible precieux dans un pays où l'on n'a pour brûler que de la fiente de lama séchée,
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au Nord de Rio de Janeiro, se détachent trois chaines :
Au Sud, la Serra Mantiqueira ; Au Nord, la Serra do Espinhago t; À l'Ouest, la Serra de Canastra ?.
La Serra Mantiqueira se dirige au Sud, se prolongeant sous les noms de Serra do Mar ou Serra Geral (975-1,290 m.), de Serra Tapes, etc., jusque dans la république de l’Uruguay, où elle se termine, par de hautes collines (cuchillas), à l'embouchure du Rio de la Plata. Cette longue suite de montagnes forme la paroi orientale du bassin de la Plata, — De la Serra Mantiqueira, à la source du Rio Parahyba, il se détache une chaine côtière, la Serra dos Orgaos®, qui passe au Nord de Rio de Janeiro et dont le plus haut sommet, le Morro dos Canudos, a environ 1,350 mètres.
La Serra d Vy commence sous le nom de Ser/4 do Fris et se continue en s’appelant Serr4 dus Almas!, Serra Chapuda et Serra Tia; éMe sépare le bassin du San- Francisco des affluents côtiers de l'Atlantique. — Celte chaine est la plus élevée et la plus considérahle de toute la haute terre brésilienne, La partie la plus haute est entre l'Itacolumi et 18° lat. Sud ; on y trouve le Cerro de Itambe (1,816 m.), la Serra de lPiedade (1,774 m.) et l'Htabira (1,590 m.). Les contreforts qui sont adossés à celte partie de la chaîne offrent à la culture des terrains excellents.
La Serra de Canastra (858 m.) se prolonge au Nord sous le nom de Serra da Matta da Corda, qui comprend la Serra Marcella et la Serra dos Crisiaes ; elle prend ensuite les noms de Serra Araras, de Serra Tabatinga et de Serra Duro, séparant les bassins du Rio San- Francisco, à l'Est, et du Rio Tocantins, à l'Ouest. — Vers la source du Rio Paranahyba, la chaîne prend le nom de Serra Gorgueha et se bifurque. La branche orientale, entre le San-Francisco et le Paranahyba, porte les noms de Serra de Piauhy, de Serra dos Irmaos, de Serra Vermelha et de Serra Ibiapaba. IL se détache de la Serra Vermelha un grand contre-fort, la Serra dos Cayricis, qui longe la rive gauche du San-Francisco et renferme d'innombrables quantités d’ossements fossiles, — La branche occidentale, entre le Rio Paranahywa et le Rio Tocantins, s'appelle Serra Mangabeiras et
{ Espinhagço, épine dorsale.
% Canastra, panier,
5 La Serra des Orgues, ainsi nommée à cause de la forme des montagnes, qui offrent äe nombreuses pointes élancées et rapprochées.
+ Serra des âmes.
Serra Coveados. — Avant de se bilurquer, la chaine principale projette, entre les sources du Tocantins et celles du Paranahyba, un grand contre-fort qui est appelé la Serra dos Vertentes. La Serra dos Vertentes, haute de 00 à 880 m., surmonte les hauts plateaux (campos) qui forment la séparation des bassins de la R Plata et de l’Amazone, et se dirige de l'Est à l'Ouest sous les noms de Serra lyreneos, Serra Escalvada, Serra de San:a-Martha, Serra Seiada et Serra dos Pare:is?, qui renferme d'immenses richesses minérales. — De ce grand contre-fort se détachent plusieurs longues chaînes de montagnes secondaires, di-
rigées du Sud au Nord, dent les principales à
sont : la Cordillera Geral, entre le Guapore et le Tapajos ; la chaîne entre Tapajos et Xingu ; la chaîne entre Xingu et Araguaya, et la Cordillera. Grande, entre Araguaya et Tocantins.
$ 4. Hydrographie.
1° Rivières.
L'Amérique méridionale peut être considé- À rée comme une pyramide triangulaire dont le sommet serait au plateau de Bo'ivie ; les trois faces latérales de la pyramide sont représentées par les trois grands versants de l'Amérique méridionale, qui sont :
Le versant de l'océan Atlantique équinoxial, au Nord-Est;
Le versant de l'océan Atlantique austral, au Sud-Est;
Le versant du Grand océon, à l'Ouest
Les angles sont à l'isthme de Panama, à cap Saint-Roqué ét au cap Horn.
Versant de l'océan Atlantique éguinoæial.
Les principales riviéres de la Sud-Amérique, dans le versant de la inér des Antilles et de l'Atlantique équinoxial, sont :
Le Rio Chagres,
Le Rio Atrato,
La agditena,
L'Orénoque,
L'Essequibo, le Berhice, le Corentyne, le Surinam, le Maron , {'Oyapok,
L'Amazone,
Le Paranahyba.
Le Rio Chagres, dans l'isthme de Panama, passe à Cruces, à Gorgona et se jette des li mer des Antilles à Chagres, Le chemin de fer*
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! La Serra des Versants,
? Le Serra dos Parexis traverse les campos (hautes plaines) des Parexis, — Le nom de Parexis ou Parects est celui d'une tribu indienne;
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de Panama suit la vallée de cette rivière dans toute sa partie septentrionale jusqu'à Gorgona.
Le Rio Atrato arrose la Nouvelle - Grenade et se jette, dans le golfe de Darien, dans la belle baie de la Candelaria‘, apr's un cours de 480 kilomètres.
La Magdalena est une grande rivière qui descend du Paramo de las Papas et arrose la Nouvelle-Grenade en passant à Honda. Elle reçoit, à gauche, la Cauca, grand cours d’eau qui descend des mêmes montagnes que la Magdalena et passe à Cartago et à Antioquia. La Magdalena se jette dans la mer des Antilles par plusieurs embouchures, sur la principale desquelles est le port de Barranquilla.
L'Orénoque (Orinoco), qui arrose la république de Venezuela, prend ses sources dans la Parime. Il a trois directions pendant lesquelles il entoure presque entièrement la haute terre de la Par'me; il coule d’abord de l'Est à l'Ouest jusqu’au confluent du Guaviare ; sa direction change et à: va au Nord jusqu'au confluent de l’Apure ; il coule enfin de l'Ouest
| à l'Est jusqu’à la mer, séparant les Ilanos de
Caracas des forêts irnpénétrables de la Parime. Dans la seconde parie de son cours, entre le confluent du Guaviare et celui de l'Apure, l’Orénoque est bordé, à l'Est, par la Parime, dont les derniers escarpements encombrent son lit d'ilots et .‘e rochers, qui forment une suite de pelites cascades ou de rapides (Raudal), dont les plus célèbres sont celles de Maypures et d'A .:. Dans la troisième partie de son cours, l'Orénoque est navigable, mais les trains d’arbres, qué fé fleuve déracine et charrie dans ses
tes, rendéyf #4 navigation dangereuse. Souvent ces traine, verts de plantes aquatiques en fleur, fo #'affet dé prairies flotantes, — La longueur dé FOrénougne est d'errviron 2 009 kilomètres, et sa largur de 3 à 5 kilo, La navigation de ce fleuve n’a énicore que peu d'in portance, et ses rives sont à peine peuplées; la seule ville qu'on y trouve est Ciudad-Hyivar, # çà et là quelques villages. Cependant, depuis 1855, quelques bateaux à vapeur naviguent étre Bolivar et Nutrias, sur l’Apuré; d'autres remontent la Meta. Ces moyens de communication ont développé le commerce de te bassin, en permettant l'exportation de ses fes produits. — À 200 kilom. de l'Océan, lOrénoque se partage en deux bras, qui forment un vaste delta, au milieu dire! le fleuve Se sybdivise en un grand nombre de bouches, La bouche méridionale (Bocca de Nuvios) est
! De la Chandeleur,
la p'incipale ; elle se jette dans l'Atlantique, et une barre assez dangereuse en rend l'entrée difiicile. La bouche septentrionale (Bocca chica, petite bouche) se subdivise en plusieurs bras, dont deux se jettent dans le golfe de Paria. — Les crues de l'Orénoque ont lieu d'avril en septembre. Devant Ciudad-Bolivar, il y a une dilférence de 20 à 25 m. entre le niveau des eaux au point le plus élevé ét au point le plus bas ; dans cet endroit, l'Orénogue a jusqu’à 59 m. de profondeur. Dans la saison des basses eaux, la profondeur est ordinairement de 10 à 13 m., et sur quelques points, assez rares, elle n’est que de 4",50 ou & mêtres. La crue et la décroissance des eaux du fleuve ne se font sentir que dans le haut du bassin et vont en diminuant jusqu’à l'embouchure, où la profondeur des eaux n'est plus soumise qu'aux variations de la marée. Celle-ci se fait sentir, en diminuant graduellement de hauteur, jusqu'à 450 ou 200 kilom. de l'Océan. — Les affluents de l’Orénoque sont : à droite : le Ventuari, la Caura, le Caroni, qui arrosent le massif de la Parime ; à gauche : le Guaviare, la Meta et l'Apure, qui descendent des Andes et arrosent d'immenses Ilanos. L'Apure passe à Nutrias, à Achaguas et à San-Fernando.—C'est dans la première partie de son cours, au-dessous d'Esmeralda, que l'Orénoque forme le Uassiquiare, bras qui se sépare du fleuve et va, après un cours d'environ 250 kilom., au milieu d’épaisses forêts, se joindre au Rio Negro, ouvrant ainsi une communication naturelle entre l'Orénoque et l’Amazone, mais difficile à cause de la violence du courant. — L'Orénoque est infesté de crocodiles.
L’Essequibo ou Essequebo, grande rivière de 4,000 kilom., descend des monts Acaraï, traverse tou'e la Guyane anglaise, du Sud au Nord, en formant de nombreuses cataractes, ét reçoit à gauche le Cuyuni.
Le Demerary où Demerara, qui se jette à Georgetown, et le Berbice, qui a son embouchure à New-Ansterdam, arrosent aussi la Guyane anglaise. Le Demerary a un cours de 250 kilomètres; la longueur du Berbice est de 350 kilomètres,
Le Corentyne descend des monts Acaraï, comrmwé FFssequibo, et forme, comme lui, de nombrausés cataractes ; son cours est de 600 kilométreg, 1 sépare la Guyane anglaise de Ja Guyane hoflwriduise,
Le Surinam traverse duns toute sa longucur (400 kilométres) 1n Guyane hollandaise et finit 4 Paramariho.
Le Maroni (Marowyne) descend de Ja Sierra Tumucuraque et forme la limite de la suyane
hollandaise et de la Guyane française ; sa longueur est d'environ 500 kilom. — Toutes ces rivières de la Guyane forment, vers 4° lat.
Nord, une série de cataractes, hautes et pittoresques ; elles coulent dans des vallées montueuses et boisées, et se jettent dans l’Atlantique; leur cours inférieur seul est bien connu.
L'Amaxone, le plus grand fleuve de la Terre, est formé par deux rivières, le Tunguragua et l'Ucayale.
Le Tunguragua, qui porte aussi le nom de Marañon, sort du lac Lauricocha, dans les Andes du Pérou, et coule du Sud au Nord, entre les deux chaînes des Andes, pendant environ 500 kilom. ; près de Jaen de Bracamoros, il change de direction, tourne à l'Est et sort du massif des Andes en formant de nombreux rapides ou pongos, pendant près de 200 kilom., entre Jaen et San-Borja. Le plus remarquable de ces pongos est celui de Manseriche, qui est le dernier ; c'est plutôt un détroit qu’une chute proprement dite; en effet, le fleuve coule pendant 10 kilomètres dans un lit très- “esserré, et c’est le rétrécissement de son lit qui cause le mouvement tumultueux de ses eaux. À partir de ce pongo, l’Amazone est navigable sur plus de 4,000 kilom. Le Tunguragua arrose le Pérou puis le sépare de la république de l'Équateur. Il reçoit de nombreux cours d'eau; à droite : le Guallaga, qui arrose le Pérou, et sur un affluent duquel est situé Balsapuerto, centre de commerce assez important, d'où partent les marchandises du Pérou qui descendent l’Amazone jusqu'à Nauta ; — à gauche : le Macas et le Pastaca, qui arrosent la république de l'Équateur.
L'Ucayale est formé par deux rivières :
l’Apurimac et l'Urubamba (Yucaï ou Vilcomayo), qui descendent des Andes du Pérou. L'Ucayale se réunit au Tunguragua à Nauta ; sa navigation est très-difficile ou même impossible, à cause des cascades qui encombrent son lit, et à cause des Indiens sauvages et hostiles qui habitent sur ses rives.
À partir du confluent du Tunguragua et de l'Ucayale, à Nautaæ, l’Amazone coule de l'Ouest à l'Est, pendant 3,300 kilomètres, tout
‘ En espagnol Maraïñon; en portugais Maranhao ou Maranham, ou Rio dos Solimoes (rivière des Saumons)., —Le nom de fleuve des Amazones a été donné à ce grand cours d'eau par Orellans, qui le découvrit et le descendit en 1559; il eut à combattre, entre les confluents du Rio Negro et du Rio Xingu, des tribus de femmes armées. Le souvenir de ces anciennes républiques indépendantes, formées par des femmes, se conserve encore sur les rives du Marañon,
en décrivant de grandes courbes. Il arrose d'abord le Pérou, puis le Brésil, et se jette dans l'Atlantique par deux grandes embouchures séparées l’une de l’autre par l'ile Marajo!, L'embouchure méridionale porte le nom de rivière de Para et passe à Para, L’embouchure septentrionale est la véritable entrée du fleuve ; sa largeur est de 50 à 300 kilomètres ; elle dégorge un immense volume d'eau, dont le courant se fait encore sentir dans l’Atlantique à une distance de 400 kilomètres de la côte. Les deux embouchures sont encombrées de bancs de vases.
li se produit à l'embouchure de l'Amazone, entre le cap du Nord et Macapa, et surtout devant l'embouchure du Rio Araguary, un phénomèëne appelé par les indigènes pororoca. La mer, au lieu d'employer près de six heures à monter, parvient en une ou deux minutes à sa plus grande hauteur et forme une suite de trois ou quatre lames, de 4 à 5 5. de hauteur, qui remontent le fleuve dans toute sa largeur avec une rapidité prodigieuse et un bruit terrible, brisant tout ce qui résiste el arrachant les arbres du rivage. Cette barre ou flot, qui se forme sur les bas-fonds de l'embouchure, cesse lorsque les eaux retrouvent un canal plus profond. — L'action de la marée, ou du mouvement de recul qui a lieu dans les eaux du fleuve pendant la marée, se fait sentir jusqu'à Gurupa, à 300 kilomètres de l'embouchure. L'élévation des eaux de l’Amazone qui ne trouvent pas d’issue, à cause de la marée, se constale jusqu'à Obidos, à 100 kilomètres de l'embouchure. La marée ne remonte dans la riviére de Para que jusqu'à 60 kilomètres.
Le Tunguragua a 1,300 kilomètres d'étendue ; l'Apurimac et l'Ucayale ont 1,600 kilomètres. En ajoutant le cours de l’Amazone depuis Nauta (3,300 kilom.) à celui de l'Ucayale, on trouve une longueur totale de 4,900 kilomètres pour le fleuve des Amazones.
L'Amazone est partout navigable. Son litest souvent partagé par des iles, qui forment des bras où canaux étroits et encombrés d'ilots, dans lesquels le courant a une très-grande rapidité ; ce sont ces bras ou passages qui portent le nom de furos.
L'Amazone reçoit plus de 200 affluents, dont quelques-uns ont 1,500 et 2,000 kilomètres. Les principaux affluents de droite sont : le Yuvari ou Javary, qui sépare le Pérou PRIT RENES ESS PURE OR EEE
4 L'ile Marajo a 270 kilom, de longueur, de l'Est à l'Ouest, sur 240 de large. h
3 Ainsi que l'a constaté le capitaine Sabine, par 5e 8’ lat. et 50° 28" long.
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Le Madeira! ou Rio de la Madera, ou encore Rio Opotari, est le plus considérable de tous les affluents de l’Amazone ; il est formé par trois rivières : le Beni, qui descend de la Sierra Cochabamba ; le Mamore, grossi du Rio Grande, qui descend aussi de la Sierra Cochabamba ; le Cuapore ou Itenés, grossi du Rio San-Miguel?, qui sort des hauts plateaux du pays des Chiquitos. Ces diverses rivières arrosent la Bolivie septentrionale et le Mato-Grosso occidental. — Le Madeira a 1,200 kilom. de longueur, 1,500 m. de large, et 12 ou 15 m. de profondeur. Dans les 200 premiers kilomètres de son cours, le lit du Madeira est encombré de
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rassent et entravent la navigation. Cependant, «tte rivière est la grande artère commercale du Mato-Grosso et de la Bolivie septentrionale.
Le Tapajos ou Rio Prelos est formé par deux rivières qui descendent de la Serra dos Parexis, le Juruena (600 kilom.) et l’Arinos (500 kilom.). Bien que son cours soit embarrassé par de nombreuses caxoeiras, le Tapajos est la grande voie commerciale entre Cuyaba, dans le Mato-Grosso, et Para. La longueur du Tapajos, depuis le confluent de l'Arinos, est de 1,000 kilomètres 4. — Le Xingu is une grande rivière de 2,000 kilomètres. — Le Tocantins, qui descend de la Serra Pyreneos sous le nom de Rio Urubu, a un cours de 1,800 kilomètres, presque partout encombré de axoeiras, qui rendent sa navigation difficile ; ss rives, extrèmement malsaines, sont peuplées d'Indiens sauvages et hostiles. Le Tocan- {ns se jette dans la rivière de Para. I reçoit à gauche l’Araguaya, grande rivière de 1,700 kilomètres et de 900 m. de largeur, dont lk cours est également encombré de rochers, de rapides et de chutes. L'Araguaya lrme au milieu de son cours la grande île Bananal, longue de 300 kilomètres ; à la réunion des deux bras (furos) qui forment cette ile, lraguaya à 1,400 m. de large. C'est au fort
! Rivière du bois.
? Qui porte aussi les noms de Rio flonoma, Ubaï, Brinco et Magdalena.
* Rivière noire.
VLes Campinas du bassin du Tapajos sont habitées pu les Mundurucus. Cette grande tribu, alliée des bancs, comprend 20,000 Indiens, industrieux, qui culüvent le manioc pour le vendre à Para ; ils recueillent aussi dans leurs forêts la salsepareille, le caout- Chouc, les fèves tonka et les vendent à Para. GÉOGR, GÉNÉRALE.
de San-Joao das duas Barras, qu'est le confluent de l’Araguaya; le Tocantins y a 1,800 mètres de largeur. Ces deux rivières, malgré les difficultés et les dangers de leur navigation, sont les principales voies de communication entre la province de Goyaz et Para.
Les affluents de gauche de l'Amazone sont :
le Rio Napo et le Rio Putumayo ou Ica, qui descendent des Andes et arrosent l'Équateur ; — le Rio Yupura ou Japura, appelé aussile Rio Caquetu, qui descend des Andes et arrose l’Équateur et le Brésil; son cours est de 1,500 kilom.; dans sa partie inférieure, le Yupura communique avec le Rio Negro par une suite de rivières et delacs, de 700 kilom. détendue; — le Rio Negro ou Parana, appelé aussi le Rio Guainia, le plus important des affluents de rive gauche ; c'est un immense cours d’eau de 1,800 à 2,000 kilom. de longueur, dont la largeur, à l'embouchure, est de 13 kilom., et qui communique avec l'Orénoque par un canal naturel, le Cassiquiare. Le Rio Negro arrose le Brésil et les villes de San-Thomar, de Moura et de Barra de Rio Negro ou Manoas. Il reçoit, à gauche, le Rio Branco ou Parima, long de 750 kilomètres et dont le cours est encombrédecataractes. LesJésuites avaient établi, parmi les Indiens du Rio Negro, de nombreuses missions ; mais depuis l'expulsion des Jésuites, les Indiens se sont dispersés, les cultures, les prairies, le bétail ont disparu, et tout ce pays, autrefois si prospère, est devenu depuis longtemps un désert. — Les derniers affluents de gauche de l'Amazone, le Rio Trombetas, le Rio Gurupatuba et le Jary, qui descendent des parties méridionales de la Parime, sont moins développés que les précédents ; leurs vallées sont les principaux centres de la récolte du caoutchouc.
Les affluents de l’'Amazone établissent des communications entre les provinces de sept états de la Sud-Amérique ; en effet, on peut pénétrer dans le Pérou par le Tunguragua, le Guallaga et l'Ucayale ; — dans l'Équateur, par le Napo et l'Ica ; — dans la Nouvelle-Grenade, par le Yupura ; — dans le Venezuela, par le Rie Negro et le Cassiquiare ; — dans la Bolivie, par le Rio Madeira ; — dans la Guyane anglaise, par le Rio Branco ; enfin dans le Brésil central, par le Tapajos, le Xingu et le Tocantins.
La largeur du fleuve des Amazones est, à Nauta, de 3 kilomètres ; au-dessous de cette ville, sa largeur ordinaire est de #4 à 5 kilomètres, mais souvent ilest beaucoup plus large, et à sesembouchures il a de 50 à 100 kilomètres. — Sa profondeur, à Nauta, est de 14 m. ; au-
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