‹ Géographie générale [microforme]Chapitre 606 sur 630 · __ LS" SEE · texte numérisé non relu

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dessous, elle est de 50 à 100 m., et des frégates peuvent remonter le fleuve jusqu’à plus de 2,000 kilomètres de l'Océan.

Partout l’Amazone coule au milieu d'épaisses forèts vierges ; ses eaux fourmillent de caïmans, de pirarucus, grands poissons de 2",50 de long et très-bons à manger, de lamantins, qui fournissent une bonne viande et de bon cuir, de marsouins, de dauphins d’eau douce et de serpents d’eau ou anacondas. — Son courant est très-rapide, et il parcourt de 4 à 8 kilomètres à l'heure, Le fleuve détruit sans cesse le sol de ses rives et celui des îl°s innombrables qui encombrent son lit ; et comme partout ses bords sont couverts d'arbres, il les arrache et charrie de longs radeaux formés par les arbres qu'il a déracinés ; il entraîne aussi de larges prairies flottantes formées par l'herbe Cannarana.

L'Amazone a des crues périodiques et trèsrégulières, causées par la fonte des neiges des Andes et par les pluies; elles ont lieu de janvier à juin. Le niveau du fleuve s'élève de 10 à 42 m., dans son bassin supérieur, et de 3 à #4 m. seulement dans son bassin inférieur ; il couvre alors d'immenses espaces. À la même époque, tous ses affluents, grossis par les pluies, débordent, inondent leurs vallées et lui apportent d'énormes volumes d’eau.

L'Amazone traverse un pays presque désert, malsain et rendu inhabitable par l’abondance des moustiques, des mouches, des fourmis et de mille autres espèces d'insectes nuisibles. — Les Indiens que l’on rencontre sur les rives du fleuve portent le nom de Tapuis; ils sont intelligents, doux et laborieux ; mais les Européens les ayant soumis à un véritable esclavage, ils ont été détruits ou se sont sauvés ; aussi sont-ils peu nombreux actuellement. Les Indiens des vallées du Madeira, du Purus et de l'Ucayale, sont également peu nombreux, mais ils ont conservé leur indépendance et sont redoutables par leur férocité.

Les villes et les villages établis sur l’Amazone sont en petit nombre et à de grandes distances les uns des autres. Nous citerons, en allant de l'embouchure à la souree : Para et Macapa, aux embouchures, Gurupa, Oteiro ou Prainha, Santarem, Obidos ou Pauxis, Serpa, Manoas ou Barra de Rio Negro, Coary, Ega ou Teffe, Olivença, Tabatinga, dernier village brésilien, Loreto et Nauta, dans le Pérou.

Depuis quelques ann ‘8, ces bourgades commencent à devenir des centres de commerce assez actifs; il existe, en effet, depuis 18514, un service de bateaux à vapeur entre Para

et Nauta !, qui établit entre lesdifférentes villes situées sur l'Amazone des communications régulières. Les productions spontanées du bassin?, recueillies par les Indiens Tapuis et par les Européens, sont apportées à Para et de là exportées en Europe.

Les derniers affluents de l'océan Atlantique équinoxial sont : le Rio Mearim, qui descend de la Serra de Itapicuru et a son embouchure vis-à-vis de l’île de Maranhao; son étendue est de 700 kilom. ; —le Rio Ttapicuru, qui a sa source dans la Serra de Itapicuru et dont le cours est également de 700 kilom.; — le Rio Paranahyba, qui sort de la Serra de Tabatinga, coule du Sud au Nord et se jette dans l’Atlantique à Paranahyba, après un cours de 1,000 kilomètres. Son principal afflient est, à droite, le Piauhy, qui donne son nom à la province de Piauhy.

Versant de l'océan Atlantique austral.

Les principales rivières de la Sud-Amérique, dans le versant de l'océan Atlantique austral,

Le Rio San-Francisco, Le Rio Belmonte,

Le Rio Doce,

Le Rio Parahyba,

Le Rio Jacuhy,

Le Rio de la Plata, Le Rio Colorado,

Le Rio Negro,

Le Rio Deseado,

Le Rio Santa-Cruz,

Le Rio San-Francisco sort de la Serra de Canastra, coule au Nord, dans la province de Minas-Geraes, puis à l'Est, dans la province de Pernambouc ; il se jette dans l'Atlantique après un cours de 1,800 kilom., qui est souvent interrompu par des cataractes. L'une d'elles, celle de Paulo-Affonso, est célèbre par ses beautés pittoresques.

Le Rio Belmonte ou Jiquitinona descend de la Serra do Frio et coule au Nord, en traversant ane vallée boisée et riche en diamants; son étendue est de 600 kilomètres.

Le Rio Doce prend sa source dans le massif de l’Itacolumi et coule au Nord-Est; son cours est de 500 kilomètres.

Le Rio Parahyba a sa source dans la Serra

Bocaina, coule parallèlement à l'Atlantique, f

dre nn mt sm miam ons rrmtr rte orne 1 La distance entre ces deux villes est de 5,800 kilouiôtres, # Caoutchouc, cacao, ipécacuanha, bois d'ébénisterie et de teinture.

dont il est séparé jette dans l'Océan mètres.

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dont il est séparé par la Serra dos Orgaos, et se jette dans l'Océan après un cours de 600 kilomètres.

Lé Rio Jacuhy arrose la province de Rio Grande do Sul et se jette à Porto-Alegre, dans la grande lagune de los Patos.

Le Rio de la Plata! est formé par ià ru nion du Parana et de l'Uruguay.

4° Le Parana?, qui est le bras principal, sort des montagnes du Brésil, où il est formé par la réunion de deux rivières : le Rio Grande ou Rio Para (700 kilom.), qui est le bras principal, dont la source est dans le massif de l'Ttacolumi et qui coule de l'Est à l'Ouest, et le Rio Paranahyba do Sul (500 kilom.), qui prend sa source à l'opposé de celle du Tocanins et coule du Nord au Sud. Ces deux rivières arrosent le Brésil méridional. Le Parana coule en général du Nord au Su:\, en séparant d’abord le Brésil et la r< publique Argentine de la république du Parag::1y, puis en traversant la

république Argentine, où il arrose Corrientes, Parana et Rosario. Son cours est d'environ 2,000 kilom.., depuis le confluent du Rio Grande et du Rio Paranahyba jusqu'à la jonction avec l'Uruguay. Sa largeur est souvent de 6 kilom., et sa profondeur, toujours considérable, permet à de gros hâtiments de le remonter jusqu'à Rosario; ilest navigable jusqu'à Santa-

Naria, au confluent de l'Iguazu. Dans la région

du Tropique, le lit du Parana est embarrassé

de récits ou coupé par de nombreuses catanactes, dont la plus belle, au point de vue pit-

à Loresque, est celle de Guayra; c'est un rapide,

long de 50 kilom. et bordé de rochers à pic.

la crue du Parana commence en octobre et atkint son maximum en février et mars; le fleuve se maintient à un niveau moyen, d'avril à juin, et les eaux les plus basses sont en juillet, août et septembre.— Depuis le confluent du Paraguay, le Parana a de 8 à 15 kilom. de krgeur, et pendant les crues, il inonde les phines qu'il traverse, sur un espace de 80 à 120 kilom.., et les transforme en une véritable mer. Ses rives sont partout bordées de fourrés pais de roseaux et de cactus, et dans lesanses, ls eaux disparaissent sous une nappe de nymthéas, de nénuphars et de mais des îles. Souent le Parana coule au travers de vastes forêts de palmiers; de cèdres, de bambous, de mimo- &s et d’azalées, au milieu desquelles deslianes L'ldes plantes grimpantes de toute espèce étalnt leurs fleurs éclatantes. — Le lit du Parana &t encombré d'îles et peuplé de caïmans. —

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: Rivière de l'argent.

* En guarani, Parana veut dire la mer.

Les affluents principaux du Parana sont, à droite, le Paraguay et le Salado,

Le Paraguay sort de plusieurs petits lacs situés sur le plateau des Arinos, à 305 m. d'altitude ; il coule du Nord au Sud, en arrosant d’abord la provincebrésilienne de Mato-Grosso, où il passe à Villa-Maria, et au-dessous de cette ville, il traverse un pays plat, long de 250 kilom., large de 100, et qui s'étend jusqu'à 47° 45! lat. Ces plaines immenses et basses sont inondées chaque année, pendant six mois, par les crues du Paraguay et de ses deux affluents, leSaint-Laurent etleTaquary. Ce sont ces plaines inondées que l’on a appelées à tort le lac des Xarayes', bien que pendant les crues elles aient l'aspect d’un lac immense et parsemé d'îles couvertes de bouquets d'arbres. Après la ‘etraite des eaux, ces plaines sont à sec pendant six mois et couvertes d'une épaisse végétation, composée surtout de graminées, et çà et là, de quelques flaques d'eau; cependant les pluies se prolongent quelquefois, ainsi que l’inondation, et le sol reste couvert d'eau pendant toute l'année. La moyenne ordinaire de l'inondation est de 4 à 5 m. Dans la partie méridionale de cette région, des bras du Paraguay alimentent deux petits lacs, le lac Uberaba et le lac Gayva. — Au-dessous du lac Gayva et jusqu’au fort de Coimbra, le Paraguay coule entre des montaynes (Serra Dourado), à l'Ouest, et de vastes prairies marécageuses, à l'Est. À Coimbra, il à 600 m. de large. Au-dessous de ce fort, le Pa-

raguaytraver: ‘les plaines basses, qu'il monde chaque armée, :? dans lesquelles dominent les palmiers. Dans cer!» partie de son cours, la navigation est dangereuse, à cause des tribus sauvages qui errent sur ses bords. — Au fort Olympo (Bourbon), le Paraguay entre sur le territoire de la république du Paraguay, qu’il sépare de la Bolivie et de la république Argentine, ou plus exactement du Grand-Chaco. Dès lors, ses rives jrésentent une suite de postes fortifiés, gardés par des soldats du Paraguay et destinés à arrêter les incursions des Indiens du Grand-Chaco. Le Paraguay passe à l'Assomption, à Villa-Oliva et à Villa del Pilar ou Ncembucu, et se jette dans le Parana audessus de Corrier.::s?. — Le Paraguay croit périodiquement chaque année, de janvier à juillet ; ses crues, causées par les pluies, ont ordinairement 5 m. et quelquefois 10 m.; elles

: Nom d'une tribu d'Indiens aujourd'hui détruite. 2 Cf. 4 ile Sociélé de Géographie, 1861, auquel ncis . emprunté les détails relatifs au Par'aguay.

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inondent, dans la partie supérieure de la vallée, 80 ou 1900 kilom. de terrain, comme on l'a dit plus haut, et souvent 150 kilom. depuis Coimbra. — La longueur du Paraguay est de 1,800 kilom.. De grands navires le remontent jusqu'à Villa-Maria, En général, sa largeur est de 200 à 450 m., et elle est souvent de 6 et 800 m. Sa profondeur est presque toujours de 10, de 15 et même de 20 m.; mais souvent il y a des passes où l'on ne trouve que 3 ou # m. d'eau. — Les affluents du Paraguay sont : à droite, le Pilcomayo et le Vermejo, — à gauche, le Saint-Laurent et le Taquary. — Le Rio Pilcomayo descend de la Bolivie; c'est un grand cours d'eau de 1,200 kilom., qui arrose la Bolivie méridionale et le Grand- Chaco; il n'est pas navigable, parce que son litest peu profond et parce que ses eaux se répandent dans les plaines qu'il traverse. — Le Rio Vermejo ! prend sa source également dans la Bolivie méridionale et traverse aussi les immenses plaines du Chaco; son cours est de 1,200 kilom. et navigable ; aussi cette rivière ouvre-t-elle à la Bolivie une de ses principales issues. — Le Saint-Laurent et le Taquary arrosent le Mato-Grosso. Le premier de ces deux cours d’eau a un affluent important, le Cuyaba, qui est navigable et passe par la ville de Cuyaba.

Le second affluer! dit Parana, le Rio Salado, descend des haut: pliteanx du Tucuiaan, sous le nom de Rio 6: 14:pas, coule du Nord-Ouest au Sud--Est, tr:verse la république Argentine, passe à Santa-Fe ei se jette dans le Parana, audessous de cette ville. Le Rio Salado a 1,500 kilomètres d'étendue, et une grande partie de son cours est navigable.

2° L'Unueuay descend de la Serra de Sainte- Catherine, coule du Nord-Est au Sud-Ouest, arrose d'abord le Brésil, qu'il sépare ensuite de la république Argentine, et enfin sépare la république Argentine de la république de l'Uruguay. Son cours a 1,300 kilom. de long, dont 500 sont navigables jusqu’au Salto. L'Uruguay coule entre des rives rocheuses et élevées; aussi, quoique ses crues soient de 10 à 12 mètres, l'inondation ne s'étend pas au loin, à cause de la hauteur des berges Son principal affluent est le Rio Negro, qui arrose la république de l'Uruguay.

5° Rio pe La PLara. Le Parana et l'Uruguay se réunissent à la pointe Obligado, célèbre par la victoire navale que l'escadre anglo-française remporta, en 1846, sur Rosas. Les deux fleuves

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1 Rivière vermeille, à cause de la couleur rougeitre de ses eaux pendant les crue.

0? GÉOGRAPIHE GÉNÉRALE.

est le lac Titicaca*?, appelé actuellement dans

réunis forment un vaste estuaire de 500 kilom. de longueur, sur une largeur de 35 kilom. devant Buenos-Ayres, de 400 kilom. devant Montevideo, et de 250 kilom., à l'embouchure, entre les caps San-Anterio, au Sud, et Maldonado, au Nord. Les post: situés sur le Rio de la Plata sont : Buenos-;res, à droite; Colonia, Montevideo, à gauche ; Maldonado, à l'embouchure. — Le Rio de la Plata est encombré de bas fonds et de bancs de sable qui rendent la navigation difficile; de violents coups de vent y soulèvent de fréquentes tempêtes. — On remarque, dans la partie occidentale de l'es. tuaire, l'ilot de Martin-Garcia, qui commande l'entrée du Parana et de l'Uruguay.

Les derniers affluents de l'Atlantique austral sont : le Rio Colorado, le Rio Negro, qui descendent des Andes et traversent les Pampas méridionales, el le Rio Santa-Crux, qui sort du lac Capar, dans les Andes, et arrose la Patagonie méridionale.

Versant du Grand océan.

Le versant occidental de la Sud-Amérique est arrosé par de nombreux petits cours d'eau torrentiels dont les plus importants sont : le Rio Biobio, dans le Chili, le Loa, entre la Bolivie et le Pérou, et le Patia, dans la Nouvelle-Grenade.

2° Lacs.

Le principal lac de l'Amérique méridionale

le pays lac ou laguna de Puno; il est situé sur le plateau de la Bolivie, dans les Andes, à 3,915 m. d'altitude. — Il existe aussi dans la | république Argentine, sur les terrasses orientales des Andes, plusieurs lacs salés, et dans les Pampas plusieurs lagunes également salées. — Le lac Osorno, dans les Andes du Chili méridional, et le lac Capar, dans les Andes de la Patagonie méridionale, sont encore à citer parmi les lacs de la Sud-Amérique.

$d. Aspectgénéral, grandes divisions naturelles. — On peut diviser l'Amérique méridionale en sept grandes parties :

A l'Ouest, une région montueuse, couverte par la Cordillére des Andes, qui s'étend du Nord au Sud, le long du Grand océan, et occupe une largeur de 200 à 600 kilomètres.

Au Nord, la région des Llanos, immenses steppes herbacées.

Au Nord-Est, la haute terre boisée et très- à accidentée de la Guyane ou de la Parime.

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Au centre, les forèts (Seluus) du bassin de l'Amazone.

Au centre, mais au Sud de la région précédente, la haute terre du Brésil, sol accidenté, montueux et boisé, occupant le triangle compris entre le cap Saint-Roque, à l'Est, les cataractes du Rio Madeira, à l'Ouest, et l'embouchure du Rio de la Plata, au Sud.

Au centre encore, mais au Sud de la région précédente, les Pampas.

Au Sud enfin, les steppes de la Patagonie.

Les grandes divisions géologiques coïncident avec cette division en grandes régions naturelles. Ainsi, tout le massif des Andes est composé : à l'Ouest, de granite et de gneiss; au centre, de porphyre et, çà et À, de terrains volcaniques; à l'Est, de grauwacke et de craie, disposées en bandes longues et étroites. — Toute la région des plaines (Llanos et Pampas) est formée par le terrain tertiaire ou par des alluvions modernes. — La haute terre du Brésil constitue une troisième région géologique, dans laquelle le granite domine sur le littoral oriental, le grès du Brésil, au Nord-Est et dans la Serra dos Vertentes, et l'itacolumite, au centre, avec les schistes argileux et la grauwacke ?.

Les Andes, la haute terre de la Parime et la haute terre du Brésil ont été décrites précédemment (p. 923-6), nous n'avons donc à parler ici que des Llanos, des Selvas et des Pampas.

Les Llanos ou steppes herbacées du bassin de l'Orénoque, d’une superficie d'environ 900,000 kilom. carrés, couvrent tout l’espace compris entre le pied des Andes, le pied de la Sierra de Venezuela, l'Orénoque, le Cassiquiare, le Rio Negro et le Yupura. Ce sont d'immenses plaines, uniformes, tristes, dépouillées d’arbres, et dont la seule verdure permanente se compose çà et là de quelques bouquets de palmiers mauritia et surtout de melacactus. Pendant la saison sèche, les Llanos sont un véritable désert; l'herbe est brûlée partout et la terre fendue en tous sens par de larges crevasses; les bêtes nombreuses qui errent dans la steppe y meurent de soif; les crocodiles et les serpents d'eau s’enfouissent dans la vase desséchée et y attendent que la pluie vienne les réveiller de leur long assoupissement. Au

! Les trois grandes divisions ethnographiques de la Sud-Amérique, les races des Andes, des Pampas et de la haute terre du Brésil, coïncident aussi avec les trois grandes régions géologiques de l'Amérique méridionale. — Comparez la carte physique de la Sud- Amérique de l'Atlas allemand du Cosr:os, la carte ethnographique de la Sud-Amérique dans l'Atlas de lerghaus et la carte géologique de la Sud-Amérique par Fatterle, dans les Mittheilungen de 1856,

contraire, la pluie revèt les Llanos d'une épaisse végétation et transforme le désert aride en prairies couvertes de graminées et * cypéracées.

Le débordement des rivières transtorme bientôt la prairie en une vaste mer, et les bêtes fauves se réfugient sur les points les plus élevés pour échapper à l'inondation. Les Llanos ne sont habités que quelques tribus sauvages; en réalité, cetle grande région est le domaine des jaguars, des pumas, des tapirs, des agoutis, des cabiais, des civettes, des armadilles « ‘irassés 1, des cerfs tachetés et d'innombr troupeaux de bœufs et de chevaux sau\

La région primitives (Seluas) du bassin ouvre en entier tout le pays bas is entre l'équateur et le 10° parallèle re le pied des Andes, le

Tocantins et l' 1e. Cet immense espace, grand comme douze fois la France, est absolument couvert de forêts vierges, merveilleuses de beauté et composées d'arbres de toute espèce*, au milieu desquels croissent des fougères arborescentes, des lianes, des orchidées, des épiphytes, des fuchsias, la vigne sauvage, des casses aux boutons d’or, des vanilles, des banistérias et mille autres plantes de toutes familles et de toute espèce, surtout des plantes grimpantes, qui rendent ces forêts impénétrables, en ne laissant entre les arbres aucun espace vide. Ces forêts sont peuplées d'oiseaux 5, de singes, de jaguars, de couguars, de tapirs, d’agoutis, de pécaris, de cabiais, de paresseux, de cochons sauvages, de serpents et d'insectes de toutes sortes. Les bords des rivières sont couverts de palmipèdes et d'échassiers 4, et leurs eaux fourmillent de crocodiles. Pendant la saison des pluies et des crues de l’Amazone et de ses affluents (janvier à juin), la plus grande partie du bassin, partout bas et plat, est inondée et forme sous les dômes verts des forêts $ une espèce de mer, grande comme deux fois la Méditerranée,

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3 Parmi lesquelles nous citerons : les palmiers, le cacaoyer, le caféier, le cotonnier, l'oranger, l'arbre à pain, l'hévéa ou arbre à caoutchouc, le manguier, le bananier, le bois du Brésil, le rocou, le cèdre, le jacaranda, les grenadilles, les lauriers, les myrtes, les bégonias, les mélastomes et les eugénias.

3 Oiseaux-mouches, colibris, aras, hoccos, perruches, perroquets, toucans, etc.

4 Parmi lesquels on cite un héron gigantesque.

8 Cette inondation sous bois est appelée igapo ou forèt inondée.

6 Cf.Eu. Cannev, Études sur la Géographie de l'Ama- 3one.

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Les Pampas! sont d'immenses plaines désertes, formant des prairies naturelles ; elles commencent au pied des Andes, à l'Ouest, et s'étendent, à l'Est, jusqu'au pied occidental de la haute terre du Brésil et, plus au Sud, jusqu’à l'Atlantique ; elles sont comprises entre la Cordillera Geral et les Campos dos Parexis, au Nord, et le Rio Negro, au Sud. Les Pampas ont 2,500 kilom., du Nord au Sud, et 800 kilom.

de largeur dans le bassin du Parana ; elles sont arrosées par le Paraguay, le Parana inférieur, l'Uruguay, le Pilkcomayo, le Rio Vermejo, le Rio Salado, le Rio Dolce et le Rio Colorado, La partie septentrionale des Pampas portele nom de Grand-Chaco (entre 20° et 27° lat. Sud).

Les plaines du Grand-Chaco sont couvertes de palmiers et surtout de cactus, et, dans les parties inondées, de graminées ou d’une mimosée épineuse, appelée vinal. Quelques tribus sauvages errent dans ces solitudes, où les jaguars sont nombreux.

Au Sud du Grand-Chaco, le sol des Pampas est recouvert d'une terre argileuse rougebrun, ou d'un limon jaunâtre, d'origine récente et qui renferme les débris de toute une faune de grands mammifères, principalement d'édentés. La végétation est formée uniquement de plantes herbacées (Graminées et surtout Synanthérées), qui forment d’excellents pâturages naturels®, au milieu desquels croissent quelques arbustes rabougris et épineux5, des cactus et des chardons. Çà et là, ces plaines sont jonchées des ossements de races humaines détruites. — La partie des Pampas qui borde le Paraguay et le bas Parana est marécageuse et inondée chaque année. — Les Pampas sont souvent le théâtre de violents ouragans produits par le vent de Sud-Ouest, appelé le pampero dans la république Argentine. Dans le Grand-Chaco ces tempêtes s’appellent uguaceros.

Au Sud du Rio Negro, dans la Patagonie, les Pampas deviennent des steppes stériles, et dans toute la région qui borde l'Atlantique, ces plaines ne sont que des déserts sablonneux.

$ 6. Climat. — La plus grande partie de la Sud-Amérique est située dans la zone intertropicale, dans laquelle se trouvent : la Nou-

Pampa, plaine.

? Parmi les herbes des Pampas, nous citerons : la gramilla, V'espartillo, qui composent les pâturages, et lapaja brava (Gynerium argenteum), qui forme d'épais fourrés autour des lagunes et dans les terrains humides. Ses longues feuilles servent, comme le chaume, à couvrir les toits des chaumières (ranchos).

% Acacia strombulifera, Cassia aphylla, un mimosa sans feuille, Colletiaserratifulia, Larrea divarioala, etc.

velle-Grenade, le Venezuela, la Guyane, l'Équateur, le Pérou, la Bolivie et le Brésil septentrional, central et oriental. — La zone tempérée ne comprend que le Brésil méridional, le Paraguay, la république Argentine, l'Uruguay, le Chili et la Patagonie, dont l'extrémité méridionale est froide.

prise entre l'équateur isotherme (+ 28° C.), au Nord, et l'isotherme de+ fs, au Sud. Ilen résulte que ses productions sont très-variées, et qu'on y rencontre à la fois les cultures tropicales et celles de l'Europe.

tail des températures si variées des divers contrées de la Sud-Amérique; nous nous contenterons d'indiquer les traits généraux que l'on vient de lire, en ajoutant quelques renseignements sur les vents et les pluies.

dans toutes les parties orientales de l’Amérique ; arrivé aux Andes, le vent d’Est, qui s’est desséché peu à peu, en traversant les vastes

peurs sur les hautes montagnes, et au delà

En résumé, l'Amérique méridionale est com-

Ce n'est pas ici que nous donnerons le dé-

Les vents alisés ou vents d’Est sont pluvieux

régions qui les précèdent, perd toutes ses va-

des Andes, il devient un vent sec, qui traverse les régions désertes du littoral sans leur donner la moindre humidité. Aussi tout le versant occidental des Andes est-il presque complétement privé de pluie, tandis que le versant de l'Atlantique reçoit des pluies abondantes,

$ 7. Productions minérales et végétales ; cultures; faune,

Ptoductions minérales.

La Cordillére des Andes et les montagnes du Brésil sont au nombre des régions de mines les plus riches du globe, bien que la plus grande partie de ces richesses soient encore inexploitées, à cause du manque de combustible et de routes.

L'or est exploité au Brésil, dans les Andes de la Nouvelle-Grenade (Choco), du Pérou, de la Bolivie et du Chili, dans le Venezuela, la Guyane française et sur les hautes terrasses des provinces Argentines; — l'argent, dans toute la Cordillère des Andes; — le platine, dans les Andes de la Nouvelle-Grenade (Choco), dans les Andes du Pérou et au Brésil; — le mercure, au Pérou (Guanca-Velica), — la galène argentifére, sur 15 hautes terrasses des Andes dans les provinces Argentines; — l'étain, en Bolivie et au Pérou ; — le cuivre, dans les Andes du Pérou, de la Bolivie et surtout dans les Andes du Chili, sur les hautes terrasses des provinces Argentines et dans le Brésil.

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— La houille se trouve dans les Andes du Pérou, au pied oriental du plateau de Bolivie, sur les hautes terrasses des provinces Argentines (Mendoza), dans le Venezuela, au Brésil, au Chili et dans l’isthme de Panama. — Il existe d'immenses dépôts de salpétre (nitrate de soude) dans les provinces littorales du Pérou, de la Bolivie et du Chili. — Le borate de soude el de chaux est exploité au Pérou (Iquique), et le sel, au Pérou et dans la république Argentine. — Les pierres précieuses et le diamant se rencontrent au Brésil et dans les Andes du Pérou et de-l'Équateur. — On trouve le kaolin dans la province de Salta (république Argentine). — Le fer abonde au Brésil, au Chili et dans les hautes terrasses de la république Argentine, mais on ne l’exploite pas.

Productions végétales et cultures.

Parmi les productions spontanées, nous citerons : l'arbre à cire, l'arbre à la vache ou palo de vacea ‘, les baumes de copahu, du Pérou et de Tolu, le benjoin (Brésil), les bois d'ébénisterie?, de construction * et de teinture (Brésil, Chili, Guyane, Venezuela), le caoutchouc (bassins de l’Amazone et de l’Orénoque, Guyane, république Argentine), l’ipécacuanha (Brésil), le quinquina (Andes), le ratanhia (Pérou, Chili), la salsepareille et la vanille.

Les produits des cultures, dans les parties équatoriales de la Sud-Amérique sont : les fruits de l’avocatier, du bananier, du cocotier, du manguier, de l'oranger, du papayer et du tamarinier, auxquels il faut ajouter l'ananas ; l'arracachat; le manioc; la yucca 5 ; la patate; la pomme de terre, cultivée dans les Andes, dont elle est originaire ; le maïs, également originaire de la Sud-Amérique ; il croit dans les régions basses et chaudes jusqu’à 46° lat.; on en mange la farine, mais il sert surtout à fabriquer la chicha, boisson fermentée qui rappelle la bière et qui est consommée par les Indiens ; la variété de maïs, dite maïs des Incas; cette précieuse céréale est cultivée dans les hautes vallées des Andes au-dessus des céréales, avec le quinoa, plante alimentaire dont les graines et les feuilles se mangent égalepm

‘ Le lait que produit l'arbre à la vache peut être bu quelquefois et à petite dose; pris souvent et en grande quantité, il amènerait bientôt de graves désordres. L'arbre à la vache forme des forèts et donne beaucoup de fruits que consomment les Indiens.

® Acajou, ébène, palissandre, bois de rose, elc.

3 Bois de Mora, Araucaria, etc.

4 Arracacha xanthorhisa. C'est une herbe vivace dela famille des Ombelliféres, qui donne des tubercules.

On le cultive dans les Andes de la Nouvelle-Grenade, # C'est une espèce de manioc.

ment; — le cacao (Brésil septentrior.s, Equateur, Venezuela), le café (Brésil, Venezuela), le thé (Brésil), le maté ou herbe du Paraguay, la canne à sucre (Brésil, Guyane); — le rocou (Guyane française), l’indigo (Venezuela), la cochenille (Pérou); — le coton (Brésil, Venezuela, Guyane, Pérou, Uruguay);—le tabac (Nouvelle- Grenade, Brésil, Pérou, Venezuela, Guyane et Paraguay), et le coca, arbrisseau cultivé sur les étages inférieurs et tempérés du versant oriental des Andes péruviennes et boliviennes, entre 47 et 10° lat., et de 650 à 1,600 m. d'altitude.

De ces nombreuses cultures, les seules qui soient faites par le travail des esclaves nègres, sont celles du café, du sucre, du coton et du tabac, au Brésil.

Les principales cultures des parties tempérées de la Sud-Amérique sont : le blé (Chili, parties élevées du Pérou et de la Bolivie, Brésil méridional et république Argentine), etlavigne (côte du Pérou, Chili et république Argentine).

Le bétail!, d'origine européenne, est une des grandes richesses de l’agriculture Sud- Américaine. Les immenses prairies de l’Amérique méridionale, le peu de population, la paresse et l'amour qu'ont pour la vie pastorale et libre les rares habitants qui s’y trouvent, ont donné à l'élevage du bétail une trèsgrande importance. Partout les estancias ou grandes propriétés en pâturages l'emportent de beaucoup sur les cultures. Les bêtes à cornes abondent principalement dans les Pampas, dans les Sertaos du Brésil et dans les Llanos du Nord. Les chevaux sont très-nombreux, et se trouvent dans les mêmes régions. Les ânes.

dont la race est fort belle, etles mulets, sont nombreux dans toute la Sud-Amérique. L'élevage des moutons de belle race à pour centres principaux le Pérou et les Pampas argentines, et la laine figure pour une part considérable dans les exportations de l'Amérique méridionale. — Le bétail indigène (lamas et alpagas), trop peu considérable, est élevé par les Indiens sur les hauts pâturages des Andes, où le lama sert de bête de somme (avec le mulet) et donne, ainsi que l’alpaga, une laine abondante el qui dévient de plus en plus recherchée en Europe pour sa beauté.

Faune.

Les animaux caractéristiques de la faune sud-américaine sont : le puma ou couguar, le jaguar avec ses deux variétés, le tigre noir et l’once, de nombreuses espèces de singes à émis thtttit

1 Dœufs, chevaux, ânes, mulets et moutons.

queue prenante, l'unau, l'ai, les tatous, les fourmiliers, les tapirs, l'agouti, le lama, l’alpaga, la vigogne!, le guanaco, — les perroquets, le condor, le nandou2, les colibris et oiseaux-mouches, — la gymnote*, — le serpent à sonnettes, le boa, les caïmans, les tortues d’eau douce, les grenouilles et les crapauds en quantité prodigieuse, de même que les cousins, les moustiques et les fourmis #,

$ 8. Races, langues et religions.

Races.

L'Amérique méridionale est habitée par des peuples ou des individus :

De race américaine,

De race ibérienne,

De race nègre,

Par des métis issus du mélange de ces trois races,

Et par quelques colons de race hindo-eur'opéenne.

Races américaines. — Les races sud-américaines se divisent en trois rameaux : 1° le rameau Ando-léruvien, qui peuple toute la haute terre des Andes et comprend les Muyscas (Nouvelle-Grenade), les IxcAs ou Quicauas et les Aymaras (Equateur, Pérou, Bolivie, plateaux de Salta, de Tucuman et de Rioja, dans la république Argentine), et les Aucas ou Araucanos (Andes du Chili et de la Patagonie). Les Pécaerais de la Terre de Feu et les Fuéciens appartiennent à ce rameau.—2° Le rameau Caraïbe ou Brasilio-Guaranien, qui peuple tout le triangle compris entre le lac de Maracaybo, l'embouchure de laPlataet le cap Saint-Roque, et comprend : les Guaranis, grande nation dont les nombreuses tribus habitent le Venezuela, la Guyane, les plaines orientales et les Llanos de la Nouvelle-Grenade, de l'Équateur et du Pérou, le Brésil et le Paraguay, les Borocuros (province brésilienne de Minas-Geraes), et les Caraïses (bassin inférieur de l’Orénoque), aujourd'hui moins nombreux qu'au seizième siècle, — 3° Le rameau Pampéen, qui habite les plaines ou Pampas qui s'étendent, au pied des

! La vigogne est une des espèces du genre lama; elle ne vit qu'à l’état sauvage et n’a pu être domestiquée. Sa belle toison fauve la fait poursuivre à outrance. et les chasseurs détruiront sans nul doute cette préciense espèce. On a croisé la vigogne et l'alpaga, et le métis qui en est résulté donne une trèsbelle laine.

® C'est le nandou qui fournit les plumes qui portent dans le commerce le nom de plumes de vautour.

3 Poisson électrique de l'Orénoque.

4 C'est à la Guyane que se trouve l'énorme araignée appelée l'araignée-crabe,

terrasses orientales des Andes, dans la Bolivie orientale (Moxos et Cuiquiros), dans le Grand- Chaco, dans les provinces orientales de la république Argentine (Pueucues et Cuannuas), et dans la Patagonie (TenveLcuss).

La plupart des Indiens sont chrétiens, sédentaires, agriculteurs et à demi civilisés (Muyscas, Quichuas, Aymaras, Guaranis, Caraïbes, Moxos et Chiquitos) ; quelques tribus sont demeurées païennes, sauvages et indépendantes (Botocudos, Araucanos, Pécherais, Puelches et Tehuelches). — Aucune de ces tribus indiennes n'est cuivrée; leur couleur est généralement brun-olivâtre plus ou moins foncé (Ando-Péruviens et Pampéens), ou jaune (Guaranis), ou brun- noir ( Charruas et Puelches). — En général, ces races ont de frappantes analogies avec le type mongol ; elles sont toutes de petite taille, les Tehuelches ou Patagons exceptés.

Race ibérienne. — Les populations de race ibérienne (blancs ou hommes de sang d'azur) sont les descendants des Espagnols et des Portugais. Les populations qui descendent des Espagnols habitent : la zone maritime du Venezuela, les hautes terres de la Nouvelle-Grenade, de l'Équateur, du Pérou et de la Bolivie, les villes de la zone maritime de ces quatre pays, le Chili, la république Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. -— Les populations blanches qui habitent le Brésil descendent des Portugais.

Race nègre. — Les nègres, en général affranchis dans l’ancienne Amérique espagnole et dans! anes, et encore esclaves au Brésil, se { it principalement dans les provinces intrales et dans les basses vallées, c'est-à-dire dans les parties torrides du Venezuela, de la Nouvelle-Grenade, de l'Équateur, du Pérou, du Brésil et des Guyanes.

Métis. — Les métis issus du croisement:

Des blancs et des Indiens (Cholos, Mamalucos\,

Des blancs et des nègres (muldtres, mulat{os),

Des Indiens et des nègres (Sambos ou Zambos, Cafuzos) ;

forment partout une classe nombreuse, dont la plus importante est celle des Cholos, qui a accepté complétement la civilisation européenne et dispute partout le pouvoir à la race blanche !.

Parmi les populations métisses nous indi-

* IL est à remarquer que c'est par le mélange avec le sang d'azur que les races indiennes acquièrent l'aptitude à la civilisation et se transforment en acceptant le genre de vie des Européens.

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Les langue sont : l'espag espagnole, français, le } Guyanes, — 1 et les diverse:

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