ÊL N
OGÉANIE. 979
dentale ont des gouvernements coloniaux particuliers, composés d'un gouverneur, nommé par l'Angleterre, et de deux conseils législatifs, élus par les colons anglais ou par les colons naturalisés depuis cinq ans et propriétaires. Les gouverneurs prennent leurs ministres dans les majurités des assemblées législatives.
$ 3. Tasmanie. — La Tasmanie ou Terre de Van Diémen est une grande île située au Sud de l'Australie, dont elle est séparée par le détroit de Bass. Sa superficie est évaluée à 70,000 kilom. carrés et sa population à 85 ou 90,000 habitants de race anglaise t, La Tasmanie est un pays montueux, pittoresque, dont le centre forme un plateau de 4,000 m., trèsaccidenté, coupé de gorges profondes et d'escarpements gigantesques, et dominé par quelques sommets de 12 à 1,300 m. Les montagnes, presque partout boisées, encadrent de belles vallées, fertiles et bien arrosées; les deux principales rivières sont : le Tamar, au Nord, et le Derwent, au Sud. — Le climat est tempéré et très-sain.
Les productions minérales sont : le fer (côte septentrionale), là houille (Port-Arthur) et l'or. — Les principales essences des forêts sont : l'eucalyp'us gigantea, haut de 100 m., le gommier bleu, le gommier rouge, l'écorce de fer, dont les bois sont excelients pour les constructions navales et qui fournissent aussi des résines, des écorces riches en tannin et des huiles essentielles? employées à l'éclairage et à la fabrication des vernis, le blackwood (Acacia melanoxylon), dont le bois noir est très-beau, le chêne, le bois de fer, etc. Les richesses forestières de la Tasmanie lui permettent d'exporter de grandes quantités de bois de construction et de planches en Europe. — Le sol, très-fertile, produit le blé en abondance et le houblon. Les pâturages nourrissent 2 millions de moutons#, dont la laine est exportée en Angleterre, et 100,000 bèles à cornes. Les
! Les Anglais s'établirent dans la Tasmanie en 4804 et trouvèrent dans les indigènes, de race nègre, des ennemis redoutables. Pour se débarrasser de cet obstacle, on organisa contre les noirs des battues et des chasses, on les tua presque tous, et les derniers furent déportés dans l'ile Flinders (dans le détroit de Bass). — Depuis 1834, il ne reste plus d'indigènes dans la Tasmanie, et les transportés de l'lie Flinders ont disparu également.
# Obtenues par la distillation de leurs feuilles.
5 De 60 mètres.
4 Les racessont les mêmes que dans l'Australie.
“ De race Devon, Hereford, Durham et Holderness. —Les chevaux de la Tasmanie, provenant d'un croisement de la race arabe et du cheval anglais, sont très-estimés,
La
villes principales sont : Hobart-Town, sur la rive droite et à l'embouchure du Derwent, ville maritime et commerçante de 25,000 hab.
Son port est un des plus beaux et des plus fréquentés du Grand océan ; on y arme pour la pêche de la baleine. — New-Norfolk, sur le Derwent. — Port-Arthur, dans la presqu'ile de Tasman, où était autrelois le dépôt des convicts. — Launceston, ville maritime sur le Tamar, qui se jette dans le port Dalrymple ; 11,000 habitants.
$ 4. Nouvelle-Guinée, iles Arrou, Nouvelle-Bretagne et Louisiade. — |:
Nouvelle-Guinée (en hollandais Papoua) est une grande lerre, longue de 2,400 kilom., située au Nord de l’Australie, dont elle est séparée par le détroit de Torrès. Elle forme deux presqu'iles, la terre des Papous, au Nord-Ouest, séparée de la Nouvelle-Guinée par la baie du Geelwink, et la Louisiade, au Sud-Est, dans laquelle est une chaine de hautes montagnes dominée par le mont Owen- Stanley, haut de 4,024 mètres.
L'intérieur de la Nouvelle-Guinée, dont la superticie est au moins de 600,000 kilom.
carrés, est inconnu ; ce que l’on sait permet de dire que cette terre est montueuse et couverle de forêts, dont les essences sont l'ébène, le bois de teck, le bois de fer, le casuarina, l'aréquier, et dont les oiseaux de paradis sont les principaux hôtes. Le so) paraît fertile, et les rivages sont couverts de cocotiers, d'arbres à pain, de sagoutiers et d'ananas. La côte septentrionale produit la muscade. — La Nouvelle-Guinée est habitée par des Papous, des nègres et des peuplades métisses ; ce sont des sauvages misérables, cruels, petits et hideux.
La Hollande a pris possession de’ toute la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée ; elle y a établi le fort Dubus, au Sud, et londé un établissement à la baie de Humboldt, au Nord.
Les 1LES Arnou, situées à l'Ouest de la Nouvelle-Guinée appartiennent en partie à la Mollinde. Elles produisent du riz, du mais, ‘les bananes, du sagou, des épices, de l’écaille, des perles, des tripangs et des nids d’hiron- ‘elles. Les habitants (60,000) sont des Papous et desnègres.—Les iles Arrou sont le principal marché de la partie Sud-Est de l'archipel des Grandes Indes et l’entrepôt de son commerce avec l'Australie; les Anglais, les Chinois et les Bouguis y viennent de Singapour avec des marchandises anglaises (cotonnades, lainuages, soieries et quincaillerie) et les échangent contre les riches produits des iles orientales de lt Malaisie et de la Nouvelle &ninée.
L'ARGHIPEL DE LA NOUVELLE-BRETAGNE, composé :
Au Nord-Est de la Nouvelle-Guinée, se trouve
Des îles de l’Amirauté,
Du Nouvel-Hanovre,
De l'ile Tombara ou Nouvelle-Irlande,
Le l'île Birara ou Nouvelle-Bretagne, séparée de la Nouvelle-Irlande par le canal Saint-George, et de la Nouvelle-Guinée par le détroit de Dampier.
Toutes ces iles peu connues, sont montueuses, volcaniques, boisées, découpées par de fertiles vallées et arrosées par de nombreux petits cours d’eau. Leurs principaux produits sont le cocotier, le palmier, l'arbre à pain, le sagoutier et le bois de teck. Elles sont peuplées de nègres sauvages.
L'ancaiees pe LA Louisiane est situé à l'Est de la presqu’ile de la Louisiade, dont il semble être la continuation.
$ 5. Iles Salomon, Santa-Cruz et Nouvelles -Hébrides. — Les 1L1Es Sa1o- Mon sont situées à l'Est de l'archipel de la Louisiade. Les principales sont : les îles Bougainville, Choiseul, Isabelle, Guadalcanar et Saint- Christophe. — Les i1es Sanra-Cnuz ou ancut- PEL DE LA PÉROUSE, sont situées au Sud-Est des îles Salomon; les plus importantes sont : Santa-Cruz (Nitendi des indigènes) et Vanikoro, où La Pérouse fit naufrage en 1788. — Les NouveLzes-HÉBRIDES où 11Es vu SainT-Eserir !
sont situées entre les iles Santa-Cruz et la Nouvelle-Calédonie. Les plus importantes sont : les iles’ Banks, l’île du Saint-Esprit, Mallicolo. Ambrym, Sandwich et Tanna. Cette dernière ile et Ambrym renferment des volcans actifs.
Toutes sont montueuses, volcaniques, boisées et couvertes d’une végétation splendide; le sol est d'une fertilité extraordinaire et produit en abondance le palmier, le cocotier, l'arbre à pain, le bananier, la patate, la canne à sucre, le taro, etc. Les côtes, bordées de récifs redoutables, sont seules peuplées par des nègres anthropophages,
$ 6. Nouvelle-Calédonte. — La \ui-R velle-Calédonie, de laquelle dépendent l'ile des Pins, au Sud, et les iles Loyalty, à l'Est, est une possession française depuis 1853 et est devenue une colonie pénitentiaire en 1864.
La Nouvelle-Calédonie (ile Balade des indi gènes) est une ile de 550 kilom. de long sut 60 à 75 de large; elle est parcourue dans toute
! Appelées aussi les Nouvelles-Cyclades. 1 ? L'établissement pénitentiaire, surnommé Coquin ville, est établi dans l'ile Nou ou Dubouzel, situé près de Nouméa. [1 renferme des condamnés aux tra vaux forcés.
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sa longneur par une chaine de montagnes, entièrement formée de roches éruptives! et appelée la Grande-Chaîne; sa hauteur moyenne est de 600 m., avec des sommets de 1,500 mètres. La Grande-Chaine longe la côte occidentale et partage l'ile en deux versants inégaux, l'un abrupt et court, à l'Ouest, l’autre à pentes plus douces et plus allongées, à l'Est. Partout les vallées sont fertiles et bien arrosées, et sur quelques points on trouve des plaines étendues et fécondes. Les productions sont le bois de santal et de beaux bois de construction, le bananier, l'arbre à pain, l'arrow-root, le cocotier, en assez grand nombre pour fournir beaucoup d'huile, le taro, le chou-palmiste, l'igname, le tabac, l'abaca, le china-grass et ‘* quéhoc?, autre plante textile dont les filaments sont excellents pour faire des filets, et l’indigo sauvage. Le caféier, l'olivier, le figuier, l’oranger, le citronnier, le maïs, le riz, la pomme de terre, le blé et les légumes, introduits par les missionnaires et cultivés par les indigènes convertis, ont parfaitement réussi, ainsi que nos bêtes à cornes, le mouton à laine fine5, la chèvre et le porc. Le coton et la canne à sucre sont au nombre des productions spontanées de la Nouvelle-Calédonie, qui produit encore l'écorce aromatique de l'ocotea, des résines, du corail rose, des éponges, des tripangs, des nids d'hirondelles, de l'écaille et des perles. — Les richesses minérales sont la houille et le fer. — Le climat est très-sain.
Les indigènes sont des noirs issus du mélange des races nègre et polynésienne. Ces sauvages sont laids, mais grands et forts, paresseux #, misérables et pillards, perfides, cruels et anthropophages; ils sont divisés en tribus hostiles et sans esse en guerre les unes contre les autres. Une partie cependant de cette population barbare est déjà convertie au catholicisme par les Pères Maristes, missionnaires français, dont l'œuvre, qui date de 1843, à préparé l'occupation française.
‘ Ces roches sont principalement des diorites, des protogines, des serpentines, des ophiolites et des euphotides, avec le trachyte et la syénite.
2 Pachyrhisus montanus.
3 Qui trouve de bons pâturages dans les montagnes.
* Un grossier communisme existe parmi toutes ces tribus. « Ici, il faut tout partager. Celui qui, par son industrie, par son application au travail, amasse quelques richesses, devient puissant dans sa tribu; c'est un grand chef, mais à condition qu'il communique ce qu'il possède. » Beaucoup aiment mieux ne rien faire que de travailler pour partager le gain obtenu avec les voisins; d’autres se font payer en tabac et se hâtent de le fumer,
Au Sud de la Nouvelle-Calédonie, est située l'ile Kounié ou ile des Pins, montueuse et volcanique, dont le centre est couvert de pins ou de fougères, tandis que les côtes sont d'une grande fécondité, bien arrosées et très-saines. Les 4,000 habitants de l'ile des Pins sont tons atholiques et cultivateurs 1.
Les abords de la Nouvelle-Calédonie, partout entourée de récifs madréporiques, sont généralement difficiles, surtout à l'Ouest. Sur la côte orientale, on trouve le port Balade, le port Kanala, un des plus beaux de l'Océanie, et le port Naquety ; on a préféré toutefois s'établir sur la côte occidentale, à cause des mines de houille qui s'y trouvent et à cause du voisinage de l'Australie. Le ch.-lieu est Nouméa (Port-de- France), composé de la ville française, siége du gouvernement, et de la ville indigène, peuplée de 2,000 Calédoniens, catholiques et cultivateurs.
La Nouvelle-Calédonie renferme 50,000 habitants indigènes, et l’île des Pins, environ ‘in millier. Les colons français sont au nombre de 800 ?.
Les îles Loyalty, occupées par la France en 1863, se composent de 3 iles principales, basses et boisées, appelées Lifa, Uvea et Maré ; eiles renferment environ 15,000 hab.. catholiques dans l’île d'Uvea, protestants dans celle de Lilas.
$ 7. Iles Viti ou Fidji. — Les îles .Viti, situées à l'Est des Nouvelles-Hébrides et de la Nouvelle-Calédonie, forment un archipel composé de deux grandes îles :
Viti-Levou (la Grande Viti), au Sud-Ouest, Vanua-Levou (/a Grande Terre), au Nord-Est,
et d’un groupe de petites iles situées à l'Est des deux grandes.
Viti-Levou a 11,500 kilomètres carrés et 40,000 habitants. Le roi desiles Viti, aujourd'hui baptisé, réside à Mbaou, sur la côte orientale de l’île, à l'embouchure d'une grande rivière, dont les bords et le delta sont très-fertiles et bien cultivés. La plus haute montagre de cette ile, le mont Voma, a 2,250 m. — On remarque sur la côte orientale de Viti-Levou, l'ile de Obalaou on Ovalou, terre montueuse et volcanique, boisée, fertile et assez bien cul-
{ L'établissement des missionnaires, dans l'ile des Pins, date de 1848. Les autres établissements des PP, Maristes sont à Nouméa, à Port-Balade, au Nord de l'ile, à la Conception (12 kilom. de Nouméa) et à Poëbo (12 kilom. au Sud de Port-Balade).
? Leurs cultures principales sont celles da riz, de la canne à sucre et du caté.
3 Les indigènes de Lifa ont été convertis par des missionnaires anglais.
tivée; le mont Levouka, qui la domine, a 680 in. Le port Kinnaird, au Sud-Ouest, est bon et très-fréquenté; les bâtiments américains et anglais y viennent prendre du bois de santal, de l'huile de coco, des tripangs et de l’écaille. — Vanua-Levou a 6,500 kilomètres carrés et environ 40,000 habitants. — En tout, l’archipel renferme une centaine de mille d'habitants.
Lesiles Viti, entourées de récifs madréporiques, sont d'origine volcanique pour la plupart, montueuses, couvertes de bois, de fougères gigantesques et d’orchidées ; elles sont découpées par de belles vallées, bien arrosées, généralement fertiles et assez bien cultivées ; elles produisent le cocotier, l'arbre à pain, le papayer, le manguier, le prunier de Cythère, le piper methysticum, le santal, le teck, l'avajou, le taro, le sorgho, le riz, le manioc, la palate, l’igname, les pastèques, la canne à suure, le coton et le tabac. Les pores et les gallinacées y abondent.
Les indigènes sont des Papous, ou des métis de Papous et de Polynésiens, grands, intelligents, cultivateurs et habiles à certaines industries; leurs armes, leurs casse-têles, leurs engins de pêche, leurs grandes pirogues, leur poterie en terre cuite sont remarquablement exécutés et décorés; leurs cases sont construites avec goût ; leurs médecins, assez habiles, ont une certaine science chirurgicale, et sont célèbres dans toutes les îles de la région. Les missionnaires wesleyens ont entrepris {a conversion de ces sauvages, et déjà 50 ou 40,000 sont devenus chrétiens, ainsi que leur roi, et les autres paraissent avoir renoncé à l'anthropophagie.
Les principaux ports sont : Port-Kinnaird, Levouka, dans l'ile Obalaou, et Suva, au Sud- Est de Viti-Levou. — C'est dans l'ile Lakemba, située au milieu du groupe oriental, qu'est établie la principale station de la mission wesleyenne.