III. POLVYNÉSIE
$ 1. Géographie générale et producetions. — La Polynésie comprend 22 archipels cu iles isolées, savoir :
les îles Bonin-Sima, les îles Mariannes,
les îles Palaos ou Pelew, les iles Carolines,
les îles Marshall,
les îles Gilbert et Ellice.
Au Nord-Ouest, sur un espace de 2,500 kilom., de l'Est à l'Ouest! :
* Ce groupe d'îles forme la Micronésie de Dumont d'Urville.
lesiles Samoa ou des Navigateurs,
les îles Wallis et Foutouna,
les îles Tonga ou des Amis,
les îles de Cook et les îles Toubouaï,
les îles de la Société,
les îles Pômotou et les îles Gambier,
les îles Marquises,
l'ile Pitcairn et l’île de Pàques,
les îles Américaines.
les îles Sandwich.
la Nouvelle-Zélande et l'île Chatham, l'île Norfolk.
Au centre, sur un espace de 2,500 kilom., de l'Est à l'Ouest :
Au Nord-Est : |
Au Sud :
Les îles de la Polynésie sont, en général, petites, hautes, àpres et volcaniques ; les autres ne sont que des flots bas et coralloides.
Les iles volcaniques de l'Océanie, après avoir été créées par l'action des volcans, se sont fertilisées de la manière suivante.
L'humidité, l'eau, la végétation et la terre végétale se sont formées d'abord sur les sommets, puis ont descendu peu à peu, couvrant insensiblement le flanc des montagnes; et ce n'a été qu'en dernier lieu, que le pied des hauteurs et le pourtour des iles ont été arrosés et couverts de végétation. Il fallait, en effet, pour que l'eau püt arriver du sommet des montagnes jusqu'à la mer, au lieu de se perdre dans les cendres et les scories, que le sol fût tout entier recouvert de limon ou de terre.
On a donc un précieux moyen de fixer la chronologie relative des îles volcaniques. Les plus récentes sont absolument nues ; viennent ensuite celles qui n'ont de végétaux qu'à la partie supérieure de leurs montagnes ; enfin les plus anciennes sont fertiles du haut en bas. De plus, le travail des madrépores ajouie un nouvel élément chronologique; quelques-unes de ces iles sont complétement entourées par une ceinture de récifs coralloïdes { ; ou bien, la ceinture est en train de se former, et l'ile n'est entourée de récifs que çà et là. Les iles
4 Les ceintures de récifs coraltins sont à 1 où 2kilomètres de la côte; leur largeur est de 25 à 40 m., ei les vagues y brisent avec violence. En général, il n’y a d'ouvertures dans ces ceintures qu'en face des embouchures des cours ñ’eau. Est-ce le courant, est-ce l'eau fraîche qui les chasse et les empêche de travailler ? toujours est-il que les madrépores ne travaillent pas là. Ces passes permettent d'entrer, non sans danger, dans le bassin intérieur, où l'on trouve, à l'embouchure des rivières, des havres généralement bons.
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dont la ceinture est complète sont les plus anciennes de toutes (Taïti), et elles sont revêtues parlout d'une épaisse végétation, du haut en bas. Les iles moins ancienaes, comme les Marquises et les Sandwich, sont couvertes de végétation, mais non encore ent. :sde la ceinture de récifs ; quelques rochers isolés indiquent cependant que les madrépores ont commencé leur travail.
Les îles basses ou coralloïdes (iles Pômotou\ présentent également des caractères aussi curieux que certains de chronologie géologique. Les iles les plus récemment construites par les coraux offrent au centre un bassin (lagon) qui communique avec la mer par une passe. Dans les îles déjà anciennes, la phsse est comblée, et dans les iles les plus anciennes, le lagon Inimême est comblé t,
Le littoral de toutes ces îles madréporiques fourmille d'écrevisses, de crabes, de mollusques et de coquillages de toutes sortes, d'huitres et d'huîtres à perles, de pinnes-marines, de méduses, d'étoiles de mer, ete. — Le Grand océan équinoxial, au milieu duquel sont situés les nombreux archipels de la Polynésie, est très-poissonneux, et on y trouve d’immenses quantités de bonites, de dorades, de thons, de surmulets, de raies, de muges, etc. ; aussi les indigènes se livrent-ils partout à la pêche et font-ils du poisson leur principale nourriture.
Les îles de la Polynésie sont peu peuplées; on y compte à peine quelques centaines d’habitants ; les grandes seules renferment quelques milliers d'âmes. En général, les iles occidentales sont habitées par des peupiades mèlées de sang papou, petites, presque noires et ayant les cheveux crépus. Dans les iles orientales et à la Nouvelle-Zélande, la race polynésienne est plus pure et ressemble aux Malais ou aux Peaux-Rouges ; elle est grande, d’un teint olive-foncé ; les traits sont réguliers, le nez droit, les cheveux lisses, et l'ensemble de l'individu est souvent trés-beau.
Les productions principales des iles de la Polynésie sont : le cocotier, l'arbre à pain, le sayoutier, le manguier, le bananier, le hévi ou arbre de Cythère *#, le goyavier, le papayer, l'ananas, le vaquois (Pandanus odoralissimus\, dont on mange les spathes charnues et dont les feuilles servent à tisser de bellesnattes, l'igname et Ja patate douce, le taro, le sorgho, l’'arrow-
1 CE. Voyage de Fonsren; Voyage de la Vénus, Relation, 11, 293 ; Quor et Gavuanp, in Annales des Sciences naturelles, V1.
? Spondias Cytherea.
root, le piat (Tacca pinnatifida), le to, espèce excellente de canne à sucre, le tabac, une espèce de coton {G. religiosum), le mûrier à papier, dont les filaments servent à fabriquer des étoffles, et le phormium tenax ou lin de la Nouvelle-Zélande. Dans les îles chrétiennes et qui ont adopté les usages de l'Europe, il existe déjà des cultures plus ou moins importantes de riz, de blé, de maïs, de cacao, de café, de canne à sucre, de vanille, d’indigo, de légumes et de quelques fruits d'Europe, de melons, etc. Nos races de bêtes à cornes, de moutons, de pores et de volailles s'acclimatent parfaitement dans ces archipels. — Les îles polynésiennes fournissent au commerce de la Chine ou de l'Europe des tripangs, des perles, de la nacre et de l'écaille.
$ 2. Archipels du Nord-Ouest. — Le Nord-Ouest de la Polynésie comprend 6 archipels :
Les iles Bonin-Sima,
Les iles Mariannes,
Les iles Paluos ou Pelew,
Les îles Carolines,
Les iles Marshall,
Les iles Gilbert et les îles Ellice.
Les îles Bonin-Sima, Mariannes, Palaos et quelques-unes des Carolines sont hautes, volcaniques, entourées de récifs madréporiques et généralement boisées et fertiles. — Presque toutes les iles Carolines, les îles Marshall, Gilbert et Ellice sont basses et coralloïdes, et souvent réunies en attolons. Ce sont des masses calcaires construites par des polypiers appartenant surtout aux genres corail, madrépore et astrée!. Ces îles basses ne produisent guère que le taro, l'arbre à pain et le pandanus ou vaquois.
Les Bonn-Sima. — Les iles Bonin-Sima ou archipel Magellan, situées à 1,100 kilom.
au Sud du Japon, sont peu connues; elles sont habitées en grande partie par des Japonais et dépendent du Japon.
Ines Mansaxnes. — Les îles Mariannes ou des Larrons, situées à 4,500 kilom. des iles Philippines, dont elles dépendent, appartiennent à l'Espagne ; elles sont volcaniques, nues et stériles. Les plus importantes sont : Guam, au Sud de l'archipel, sur la côte occidentale de
! Les polypiers vivent dans la zone comprise entre 2% lat. Nord et 29° lat. Sud, surtout dans le Grand océan, dans la mer des Indes, la mer Rouge et dans quelques parties de l'océan Atlantique (principaleinent la mer des Antilles et le golfe du Mexique,
| et autour de l'archipel des Bermudes).
st
laquelle est Agagna, petite ville de 2,500 hab. capitale de cette colonie; — Tinian, lieu de déportation, — Les îles Mariannes sont presque désertes ; on n’y compte que 40,000 habitants, dont les quatre cinquièmes peuplent l'ile de Guam.
les Pazaos ou PELew, — Elles sont situées entre l'ile Mindanao, à l'Ouest, et les Carolines, à l'Est, lus Carouines.— Les iles Carolines forment
un grand archipel composé de plus de 500 iles, presque toutes coralloides ; elles s'étendent de l'Ouest à l'Est et sont situées à l'Est des îles Palaos, au Nord de la Nouvelle-Guinée et au Sud des Mariannes. Les habitants, dont on évalue le nombre à 25,000, sont souvent assez policés et laborieux: ils tissent des étoffes, cultivent
la terre et sont d’habiles navigateurs. lis appartiennent à une race grande, forte et remarquable par sa beauté. — Les principales Caro-
lines sont les îles hautes de l'archipel, savoir :
Ouauan, la plus orientale, dont les montagnes basaltiques ont 650 m.: c'est une terre très-
fertile, ayant de bons ports et offrant de nombreuses ressources aux vaisseaux ; sa population est de 5,000 habitants, doux et intelligents. — Poumper, à l'Est. — Gouar, à l'Ouest. — La principale des iles basses est Lamouruex, à l'Ouest, où réside le chef des iles Carolines, sorte de suzerain dont relèvent les chefs des autres îles.
ILes Marsaazz.— On appelle ainsi un archipel composé de deux chaînes d’attolons coralloïdes : les îles Ralick, à l'Ouest, les iles Radack, à l'Est.; elles renferment environ 10,000 habitants.
Ies Gizsert. — C'est un archipel de petites iles corallines, peuplées de 50,000 hab. Les États-Unis ont pris possession de l'ile Makin et de l'ile Maraki, situées dans la partie septentrionale de l'archipel. — Les indigènes des iles Marshall et Gilbert fabriquent des hameçons de nacre, qui sont très-recherchés dans toute la Polynésie. — Entre les iles Gilbert et les îles Viti, setrouve le groupe des îles Eliice, composé aussi d'îles coralloïdes.
$ 3. Archipels du centre. —- Le centre de la Polynésie renferme :
Les iles Samoa ou des Navigateurs, Les iles Wallis ou Foutouna,
Les îles Tonga ou des Amis,
Les îles de Cook et les îles Toubouai, Les iles de la Société,
Les îles Pômotou et les îles Gambier, Les iles Marquises,
L'ile Pitcairn et l'ile de Pâques,
Les iles Américaines.
Les 1188 Samoa où AncmiPeL Des Navicareurs sont montueuses,, fertiles, assez grandes et entourées de récifs; elles renferment 40,000 habitants, dont le plus grand nombre à été converti au christianisme, les uns par les missionnaires français et catholiques, les autres par les missionnaires anglais et protestants.
Les ius Was sont situées à l'Ouest des pre.
cédentes ; la principale est Ouvéa, dont les habitants sont catholiques, ainsi que ceux de l'ile Fourouna (Allou-Fatou), île volcanique et fertile, située à 300 kilomètres au Nord des iles Wallis, et dans laquelle sont établis des missionnaires français !.
Les 11Es TonGa ou pes Amis forment un archi.
pel situé à l'Est des iles Viti; elles se composent de trois grandes iles volcaniques, fertiles et entourées de récifs, et d'un grand nombre d'attolons coralloïdes. Les trois grandes iles sont : Tonca, Eucca et Wawaou, qui renferme, au Sud, un des meilleurs poris du Grand océan, le Curtis-sound. — Le principal chef de ces îles réside à Bea, dans l'ile Tonga. — Les habitants, au nombre de 50,000, sont intelligents, assez civilisés et convertis en grande partie au christianisme par les missionnaires wesleyiens, qui ont établi dans l'archipel de nombreuses écoles. Quelques-unes de ces iles ont été amenées au catholicisme par les missionnaires français.
L'arcmPEz LE Cook ou 1L1ES Hervey, est situé entre les îles Tonga et Taïti; il est composé d'îles hautes, hoisées, fertiles et assez bien cultivées. Leurs habitants, qui sont au nombre d'environ 15,000, ont été convertis au christianisme par les missionnaires anglais. Les iles principales sont : Mancra, Waï-TourTaki, ArTiou et RaraTonGa. — Au Sud-Est de l'archipel de Cook, on trouve le groupe des îles T'oubouuï, hautes, fertiles et habitées par des tribus sauvages.
Les es pe LA Société ? sont situées au Nord- Est de l'archipel de Cook et à l'Ouest des iles Pômotou ; elles sont volcaniques, entourées de ceintures coralloïdes, couvertes de hautes montagnes boisées 5 et de vailées verdoyantes. Ces îles généralement formées de masses basaltiques, sont très-accidentées et déchirées en tous sens par des ravins et des escarpe-
* En 1844, ïe protectorat français avait été établi sur toutes ces iles ; la France y a renoncé depuis.
2 Ainsi nommées par Cook en l'honneur de la Société royale de Londres.
5 Le Diadème (2,450 m.), l'Oroheua (2,232 m.) et le
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La population, en général de couleur cuivrée ou brun-rougeûtre, est intelligente, forte et très-belle. Presque tous les indigènes sont à demi protestants et à demi civilisés. Leur nombre est de 20 à 22,000. La dépravation des mœurs et l'infanticide ont épuisé et presque détrit cette forte et belle race; la dépopulation parait s'arrêter toutelois depuis la conversion des indigènes et la diminution de leur immoralité.
Les iles de la Société forment un royaume constitutionnel et se divisent en deux groupes. Le groupe de l'Est comprend lesiles : Taïri, la plus grandeile de l'archipel, peuplée de 10,000 hab. ; Eiméo ou Mooréa, une des plus belles iles de l'Océanie, qui renferme une station de missionnaires protestants, un collége et quelques ateliers pour la fabrication des cotonnades ; Maïréa; Terouroa et TaBouai-manou. C'est ce groupe qui est placé sous le protectorat français, établi en 1847. — Le groupe de l'Ouest, comprend les îles : MauPiri, Matou-17t ou Tubaï, Bonapora, Tanoa, RaïaTÉA et HouaAkiNE; cette dernière renferme un bon port, appelé Fare. — La ville principale de l'archipel est Papéili, sur le rivage septentrional de Taïti ; c'est la capitale du royaume et la résidence du gouverneur français. Papéiti est un ort de relâche et de commerce assez important; on y compte 3,000 hab., européens et indigènes.
* Les oranges de Taïiti sont excellentes; on en exporte plusieurs millions chaque année à San-Francisco, ainsi que des noix de bancoul, qui donnent une huilesiccative. Taiti expédie aussi en Chine des tripangs et un champignon appelé oreille-de-rat.
Les iLes l'ômorou où Tuamorou ! sont situées à l'Est des îles de la Société ; elles forment un immense arclnpel d'iles basses et corallines, et comprennent un grand nombre d'ilots et de rochers calcaires à peine élevés de quelques mètres au-dessus de la mer qui les inonde quelquefois. — Les indigènes, peu nombreux, (8,000), vivent de la pêche, sont en grande partie chrétiens* et dépendent de Taiti. — Les iles Pômotou sont sous le protectorat de la France depuis 1859.
Une des plus importantes de ces iies esl Axa, de 400 kilom. de tour et peuplée de 1,800 habitants. Des forèts de cocotiers couvrent l’île tout entière; là où les vagues ont amoncelé du sable, on le fertilise avec du terreau pris dans les forêts, el on y cultive le taro et quelques bananiers.
La partie Sud-Est de cet archipel, composée de cinqiles volcaniques, hautes, boisées et entourées d’un immense brisant de 60 kilom.
de circuit, porte le nom d'iles Gambier ; les principales sont Mancareva, longue de G kilomètres, et Aukéna. Elles sont peuplées de 2,000 hab., qui ont été convertis au catholicisme par des missionnaires français. La transformation de ces sauvages, anthropopliages féroces, en hommes civilisés5, bons, honnêtes, se livrant à l’agriculture et à diverses industries, est une des œuvres les plus belles des missionnaires français. — Les iles Gambier sont sous le protectorat de la France depuis 1844.
L'ize Pitcairn et L'ILE DE Paques. — Au Sud-Est des iles Gambier, est l'ile Pircairn, volcanique, haute et fertile; elle est peuplée de métis qui descendent de matelots anglais révoltés et réfugiés dans cette île, en 1790, et de femmes taïtiennes. — L'ile pe Paques ou Waïnou, autre ile volcanique, est la plus orientale de la Polynésie; elle est habitée par des sauvages.
Les 11Es Marquises sont situées au Nord des îles Pômotou ; elles forment une chaine d’iles volcaniques, qui sortent de la mer par de hautes falaises noires et escarpées. Ces îles sont montueuses 4 et déchirées par des vallées profondes, tapissées d’une végétation inextricable,
1 Ou archipel dangereux. Le nom de Pômotou a été changé en 1863 par l'assemblée des députés et le gouvernement français de Taïti; ces îles s'appellent aujourd’hui Tuamotou (iles lointaines). Pémotou veut dire les îles soumises.
? Catholiques ou protestants.
5 Quelques-uns sont trés-instruits, parlent le français, savent le latin, etc.
4 Les sommets ont de 1,000 à 1,300 mètres.
arrosées par de nombreux torrents et séparées les unes des autres par de hautes montagnes, aiguës, dentelées et sans cols. En général, le sol est fertile et le climat très-sain pour les Européens!. Les iles Marquises sont hubitées par une race d'un brun-rouge, grande, énergique, {urte et trés-brave ; les femmes sont assez jo-
lies et ont les veux un peu bridés, à la chinoise, Ces sauvages sont cruels, pertides, paresseux, voleurs et cannibales, mais l'anthropophagie et les sacrifices humains ont disparu dans les parties où l'influence francaise se fait sentir, Les indigènes s'appellent Kanala*, et leur nombre est d'environ 20,000 ; quelques-uns seulement sont chrétiens.
Les Marquises sont divisées en deux groupes; l'un au Nord-Ouest5, composé des iles Farounou, Noukamiva, Houa-Poou ou Roul'oua, et Houa-Houxa ou Roa-Houga ; l'autre, au Sud-Est, se compose des îles Iivaoa ou Sainte-Dominique, Tanouara ou Sainte-Christine, Narkava où Saint-Pierre, et Faroumiva ou Sainte-Madeleine. Les principales de ces iles sont Noukaniva, peuplée de 4 à 5,000 hab. ; on y trouve le fort Collet, construit par les Français dans la baie de Taïo-Haé ; — T'anouara ou Sainte-Catherine, dans laquelle les Franeais avaient fondé un établissement dans la
vallée de Waïtahou; — Hivaoa on Saint-Do-
minique, peuplée de 6 à 7,000 habitants.
Les missionnaires catholiques de Picpus
étaient établis depuis quelques années aux
iles Marquises, lorsque la France prit possession de l'archipel en 1842. On y déporta en 1851 quelques condamnés politiques qui
furent graciés en 1854, et depuis cette épo
que, il n'y a plus qu'un poste français à Noukahiva. La souveraineté de la France est re- “onnue par les chefs des tribns des iles Nou-
Makin et Maraki, dans les iles Gilbert, au Nord-Ouest, l'ile Barber, au Nord, Samarang, Palmyra, Fanning, Christmas, Walker, au Nord-Est, Maldon, à l'Est, Penrhyn, Caroline, Wostok, Flint, les des Roggeween, au Sud-Est, et le groupe de l'Union à l'Ouest,
$ 4 Royaume des iles Sandwich. - Les iles Sandwich sont les plus importantes de la Polynésie ; leur situation à moitié route de l'Amérique à la Chine et les ports qu'elles renferment en ont fait une station commerciale très-fréquentée,
Toutes ces îles sont. volcaniques, montueuses, boisées, et leurs vallées sont fertiles et bien arrosées. Les principales sont : Hawau, grande île peuplée de 21,500 hab: l'intérieur est ocupé par un plateau de 2,600 m. d'élévation, sur les pâturages duquel paissent des troupeaux de bétail sauvage; c'est sur le pourtour de ce plateau que se trouvent les volcans appelés le Maouna-Roa (4,242 m. !), le Maerro-Roa (4,183 m.), le Huararai (3,344 m.), le Kiranea, ete.; les terres basses situées près des côtes sont fertiles et couvertes d'une belle végétation ; — Mau: (Mowee), dont la principale montagne, le Haleakala (la maison du soleil) a 3,140 m.; Maui renferme 16,500 hab.; — Morokai, à laquelle un relief volcanique, sauvage et déchiré en
tous sens a valu le nom de Terre des pré-
cipices (Ka-atna-pali); — Oanou (Woahoo),
la plus importante de l'archipel, qui ren-
fevine la capitale du royaume, Honoloulou:
cette Île est peuplée de 21,000 hab.; — Kauar (Atoo), la plus fertile et la plus pit-
toresque de toutes ces îles; 6,500 hab.
Les productions des iles Sandwich, où il } a une certaine agricullure, sont : le taro ou kalo ?, la banane, les cocos, des algues et des
La por de Kanac elle est c grand not testantisrr des États prépondés compte a ont été c çais. I y quelques t l'archipel individus d'Améric digènes, € parle deux et l'anglai
La ville du royaunr hab.*, der à l'entrée nou). Le des route:
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kahiva et Tahouata. lougères comestibles, le ki, légume très- Possessions aménicaines, — Les États-Unis | sucré, l'ulu ou fruit de l'arbre à pain, la possèdent dans la Polynésie centrale, entre | patate, le blé, la pomme de terre, beaucoup 10 lat. Nord et 1% lat. Sud#, un certain | de riz, le café, le sucre, les oranges, les nombre de petites îles coralloides dont ils | melons, etc.; une partie de ces produits exploitent le guano. Ces iles sont : les îles | est exportée à San-Francisco. — Les bôtes à cornes sont nombreuses dans tout lar- 3 chipel 4. É. qu'ils font & e lait » sont u
* Kanaka\ ? On y co!
nois, Les Ch wWaien, sont chipel; on | 3 La pèch:
nées en plei:
baleiniers, q 1 seulemen * En angla
de la Nouv colonie an iles :
L'ile d L'ile di
* Et cependant les indigènes sont soumis à de tervibles maladies dr. poitrine et de foie, aux rhumatismes aigus, à l'hydropisie, aux scrofules, à la lepre, à des oplthalmies graves, etc. Vue de près, la ‘ Les éruptions de ce volcan sont terribles el dn vie de ces malheureux est absolument privée de la rent plusieurs mois; on évalue à 460 millions de poésie dont on la revètait, il n'y a pas encore long- mètres cubes la quantité de laves qu'il a vomies temps, et l'étrc de nature n'est qu'un état de dégra- en 1855,
‘dation mcïale, d'abjection et de misère. ? Colocasia esculenta (Schott), On mange les tuber-
? Aux Sandwich, its s'appellent Kanaka. cules, les feuilles et les spathes du taro.
* Qu'on appelle quelquefois les iles Washington. 3 Dracaæna (L.), Cordyline Ti (Schott).
+ Etentre 170° long, Est et 150° long. Ouest, 4“ Les Kanacks ont une espèce de chien comestible,
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1ontuettsrtiles et Hawau, intérieur 1 d'éléssent des t sur le avent les 2 m.t}, Huararai es basses et cou- (Mowee), laleakala laui renlaquelle chiré en des préoahoo), qui rentoloulou :
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à, où il à (aro ou les et des ne {rèspain, la beaucoup iges, Îles produits es bôtes out lar-
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La population indigène, qui porte le nom de Kanacks!, est grande, belle et intelligente; elle est chrétienne et assez civilisée. Le plus grand nombre (30,000) a été converti au protestantisme par les missionnaires méthdistes des États-Unis, qui exercent une inflrence prépondérante dans le gouvernement. On compte aussi 20,000 Kanacks catholiques qui ont été convertis par des missionnaires français, I y a encore D à 6,000 mormons et quelques tribus païennes. — La population de l'archipel est de 70,000 hab., dont 67,000 individus de race kanaque ou métis issus d'Américains ou d'Anglais et de femmes indigènes, et environ 3,000 étrangers. — On parle deux langues dans l'archipel, le kanack et l'anglais.
La ville principale est Honoloulou, capitale du royaume, dans l'ile Oahou, ville de 15,000 hab.*, demi-anglaise et demi-kanaque, bâtie à l'entrée d'un vallon délicieux (le Nounouanou). Le port, très-sûr, est situé au nœud des routes de San-Francisco à la Chine et à Sydney; c'est un port de relâche très-fréquenté et l'hôtellerie des baleiniers du Grand océan 5,
Le gouvernement des iles Sandwich est constitutionnel; le roi gouverne avec quatre urinistres et deux chambres : la chambre des nobles, composée de 25 membres, dont le roi, la reine et quelques femmes font partie; la chambre basse, composée de 27 membres, dont 8 étrangers. Le suffrage est universel, et les femmes votent comme los hommes, Les inissionnaires américains sont les vrais maitres du pays; ce sont eux qui par leur influence religieuse et politique dirigent toutes les affaires.
$ 5. Nouvelle-Zélande *. — La Nouvelle-Zélande, située à 1,000 kilom. au Sud- Est de l'Australie et à 600 kilom, au Sud-Est de la Nouvelle-Calédonie, est une importante colonie anglaise, composée de deux grandes iles :
L'ile du Nord (Te-lka-a-Maoui), L'ile du Sud (Te-Wahi-Pounamou),
qu'ils font allaiter par les femmes; ces « chiens de lait » sont une grande friandiie.
* Kanaka veut dire homme’.
* On y compte 1,800 blancs et bon nombre de Chinois, Les Chinois, attirés par le gouvernement hawaïien, sont déjà en 2:5e2 grand nombre dans l'archipel; on les emrioie comme ouvriers agricoles.
3 La pèche de «a baleine est depuis quelques années en pleine décadence ; au lieu de 271 bâtiments baleiniers, qui avaient relâché à Honvloulou en 1852, “41 seulement relächaient en 1862.
* En anglais New-Zealant.
et d'une petite ile, montueuse et boisée, l'ile Stewart, séparée de l'ile du Sud par le détroit de Foveaux. L'ile du Nord et l'ile du Sud sont séparées par le détroit de Cook. Ce sont deux grandes Îles, longues chacune de 800 kilomètres et larges de 300 ; leur superticie est de 230,000 kilomètres carrés,
L'ile du Nord est une haute terre montueuse qui renferme plusieurs volcans, dont les plus élevés sont : ad centre, le Tongariro, volcan éteint, haut de 4,982 m., le Ruapehou, volcan actif (2,804 m.), et à l'Ouest, le mont Egmont, volcan éteint (9,522 m.). — Entre le Tongaviro et la baie d'Abondance se trouve la plus curieuse région volcanique du globe; elle renferme : de grands lacs ! alimentés par des sources d'eau presque bouillante (+ 90° C.), qui jaillissent du sol en immenses gerbes, au milieu de bruits sourds et de trépidations du terrain, et des espaces considérables, dont la surface accidentée et brûlante laisse échapper partout de la vapeur d'eau, et est couverte de solfatares, de volcans de boue et de grands bassins circulaires remplis aussi d'eau bouillante *, — Le Nord-Ouest de l'ile du Nord est foviné par une grande presqu’ile qui se rattache à la terre principale par l'isthme d'Auckland, formé par le golfe Hauraki, La contrée dent Auckland est le centre est encore une région volcanique, couverte d'une innombrable quantité de petits cratères éteints, hauts de 400 à 300 m. — L'ile du Nord est arrosée par de nombreuses rivières, et ses côtes son! découpées par la baie d'Abondance *, au Nord, la baie Hawke, à l'Est, et le golte Hauraki, au Nord-Ouest,
L'ile du Sud est traversée du Nord au Sud par une haute chaîne de montagnes, boisée, escarpée, dépourvue de cols, brisée et coupée en tous sens par de profondes gorges, dans lesquelles coulent de petits cours d’eau torrentiels ; les plus hauts sommets sont le mont Cook (4,015 m.), le mont Franklin, le mont Earnstaw (5,050 m.) et le mont Aspiring (2,800 m.). Cette chaîne, plus rapprochée de la côte occidentale de Pile, la partage en deux versants inégaux. Le versant oriental, le plus étendu, est arrosé par de nombreux
‘ Le Taupo, dont les eaux remplissent un ancien cratère de 600 m. d'altitude, le Rotorna et le Rotomahana.
2 Le sol de cette région volcanique s'élève eonstamment; on croit que, de 1848 à 1862, certains points se sont exhaussés de 2? mètres
* Plenty-bay.
cours d’eau, qui sortent presque, tous de grands lacs situés dans le massif même des montagnes, et dont le lit est partout encombré de blocs de rochers. Les torrents du versant occidental se précipitent à la mer par une suite de cascades et de bonds, en roulant d'énormes amas de débris rocheux, qui forment à leurs embouchures des barres impraticables.
On remarque sur la côte orientale de l’île du Sud la presqu'ile de Banks, couverte de petits volcans éteints et sur le rivage de laquelle on trouve la baie d'Akaroat.
Le climat de la Nouvelle-Zélande est tempéré et très-salubre.
Les productions minérales sont : l'or (provinces d'Otago et de Nelson, dans l'ile du Sud), la houilie (province de Nelson et à Drury au Sud d’Auckland), le fer qui se trouve dans les sables ? qui couvrent toute la côte de la province de Taramaki, au pied du mont Egmont.
Partout, une splendide végétation atteste la fécondité du sol. Des arbres gigantesques, le pin kauri5, le puriri, etc., dont le bois est excellent pour la ms.'re et les mâtures, les constructions et l'ébénisterie, forment de vastes forêts ; d'immenses espaces sont aussi couverts de fougères ou de pâturages naturels ; mais la culture commence déjà à transformer ce so! inculte en champs fertiles et surtout en prairies excellentes pour l'élevage du mouton. La Nouvelle-Zélande renferme 3 millions de moutons à laine fine et 200,000 bêtes à cornes; elle produit : blé, orge, pommes de terre, légumes et fruits d'Europe, du lin ou phormium tenax, et du houblon; elle fabrique d'assez grandes quantités de bière qu'on exporte à Sydney, et elle envoie en Angleterre beaucoup de laines.
La population se compose de 56,000 indigènes, appelés Mavris, qui se trouvent pres-
* La France y avait fondéun établissement en 1840; mais en 1845, les Anglais en prirent possession, en vertu du droit de souveraineté qu'ils avaient proclamé sur la totalité de la Nouvelle-Zélande. Le pavillon français fut remplacé par le pavillon anglais, malgré la protestation du commandant d'une corvette française; la juridiction française fut abolie, et les colons français, ain:i que leurs propriétés, furent soumis à la loi anjlaise. — Cf. sur ces événements la discussion entre MM. Berryer et Guizot, dans le Moniteur des 28 et 29 mai 1844.
? Ces sables contiennent 60 p. 100 de protoxyde de fer et d'oxyde de titane; ce minerai donne un acier excellent.
% Dammara australis. Les belles forèts de pins kauri sont dans la province d'Auckland.
que tous dans l’île du Nord, de 110,000 Européens, presque tous Anglais, colons ou soldats, et d’un millier de métis issus du mélange des Anglais et des femmes maoris. Les laoris, adversaires obstinés et redoutables des Anglais, avec lesquels ils sont sans cesse en guerre, sont grands, forts, braves, cruels et intelligents ; leur couleur cuivrée et la forme de leur visage les rapprochent des Peaux- Rouges. Il yen a un certain nombre de chrétiens, agriculteurs et à demi civilisés.
La Nouvelle-Zélande, dont l'Angleterre à pris possession en 1840, a, depuis 1853, une administration coloniale particulière ; elle :5: dirigée par un gouverneur nommé par l'A.
gleterre, par un conseïl législatif nommé par le gouverneur et par une chambre des représentants élue par des électeurs anglais et indigènes, remplissant certaines conditions de cens. À
Les villes principales : sont Auckland, capitale, ville maritime de 45,000 hab., dans l’île du Nord etau fond du golfe Hauraki ; — Wellington, ville maritime de 6,000 hab., avec un port excellent sur le détroit de Cook ; — Nelson, ville maritime de 6,000 hab., sur la côte septentrionale de l’île du Sud et au fond de la baie Blind ; — Bluff-Harbour, sur le détroit de Foveaux. ;
L'ice Cuatuan, située à 350 kilom. au Sud- Est de la Nouvelle-Zélande, est une dépendance de cette colonie; c’est une île volcanique peuplée d’une cinquantaine d'habitants.
Lie Norroix est située à 280 kilom. au Nord-Ouest de la Nouvelle-Zélande ; c'est une terre fertile, pittoresque et peuplée d’environ 300 habitants, qui descendent d'une colonie de Pitcairniens établis dans cette île en 1856.
$ 6. Terres antarcetiques. — On trouve dans les mers australes trois groupes de terres isolées, qui sont ou les parties d'un continent austral encore incomplétement connu, ou les parties de grandes terres distinctes les unes des autres.
Le premier groupe est situé à 800 kilom.
au Sud de l'Amérique méridionale ; il comprend :
La Terre de Sandwich, découverte par Cook, Les Nouvelles-Orcades méridionales,
Les Nouvelles-Shetland méridionales,
La Terre Joinville et la Terre Louis-Philippe, La Terre de Graham et les îles Biscoe, l'ile Alexandre Ier et l’île Pierre Ie.
La seconde partie, située sous le cercle po-
laire, à
,000 Eurons ou solis du ménaoris. Les ‘edoutables sans cesse ves, cruels et la forme les Peauxre de chréés.
gleterre a 1853, une re ; elle si par l'A.
1ommé par des repréais et indiditions de
land, capi- , dans l’île | ; — Welb., avec un k ; — Nelsur la côte fond de la " le détroit
n. au Sudne dépenile volca- 1e d'habi-
kilom. au > c’est une pliée d'endent d'une 1s cette île
- On trouve roupes de arties d'un nplétement terres dis-
00 kilom.
>; il com-
te par Cook, ales,
nales, is-Philippe, Biscoe,
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: cercle po-
laire, à 1,600 kilom. au Sud de l'Afrique, ne | se compose que de la Terre d’Enderby.
Le troisième groupe, placé à 12 ou 1,500 kilom. au Sud de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, comprend :
La Terre Sabrina,
La Terre Clarie et la Terre Adélie, découvertes par Dumont-d'Urville, en 1840;
Diverses terres vues par Wilkes,
Les îles Balleny,
La Terre Victoria, découverte par J. Ross, en 1841.
Toutes ces terres sont montueuses et généralement formées de basalte ou de granite et de gneiss; plusieurs sont volcaniques. — La Terre Victoria, dirigée du Nord au Sud, entre 74° et 78° { lat. Sud, renferme deux volcans, l'un éteint, le Terror (3,314 m.), l'autre actif, l’Erebus (3,806 m.).
TABLE DES MATIÈRES