Les Dieppois
« La plus commur: opinion a donné, jusqu'à présent, cet avanca:s aux Portugais d’avoir les premiers découver: et habité les côtes de la Guinée; mais c’est une vieille erreur qui a pris sa naissance et son accroissement dans la longue possession qu'ils en ont eue et le grand pouvoir qu'ils s'étaient donné parmi ces peuples. Cette gloire est due aux Francais, et surtout aux Dieppois, qui y ont navigué, depuis le 28° jusqu'au ÿ° degré de lati:ude N., plus de soixante ans avan! que les Portugais en eussent eu connaissance?, » En cffet, ‘es Dieppois et les Rouennais, dont le commerce maritime était fort considérable au quatorzième siècle, sous le règne de Charles V, expédiérent, en 1364, à la côte occidentale d’: l‘ique, deux navires qui découvrirent le cap Vert, les Canaries et la
{ Terre de la vigne.
3 Vitauone Beuceronv, Relation aes costes d'Afrique. —Voy. aussi : »'Enée, journal de son voyage en Guinée en 1669 et 1670 ; — Esraxcruix, Recheirhes sur les navigutenrs dieppois.
vèle de Guinée jusque vers le méridien de Paris, c’est-à-dire les parties connues sous les noms de : côte de Sierra-Leone, côte du Poivre ou &e Malaguette!, côte d'Ivoire 3 ou des Dents, et côte d'Or. Des loges ou comptoirs furent établis nor le commerce sous les nonis Petit-Diepj: , de Grand-Sestre ou de Paris, et de la Mine. Pendan. slusieurs années, les Dieppois firent de nombreux voyages à la côte de Guinée, et en 1402 les Normands s’emparaient des iles Canaries. Mais, vers 1410, les désordres du règne de Charles Vi amenèrent la ruine du commerce et peu à peu l'abandon de nos colonies d’Afrique. Le dernier voyage des Français à la Guinée paraît être de 1433. Cependant la route était frayée, et les Portugais, qui allaient nous succéder dans ces contrées, devaient nous enlever jusqu'à la gloire de les avoir découvertes.