DÉFENSE TERRESTRE
NOMENCLATURE
Armée de terre sur le pied de paix. — 500 000 hommes.
Comparaison avec l'étranger. — Russie : 850 000 hommes. — Allemagne : 450 000 b. — Autriche : 850 000 hommes. — Angleterre (avec l'Inde) : 250 000 hommes. — Italie : 200000 h. — Turquie : 150 000 h. — Espagne : 125 000 h.
Les armées de l'Europe comprennent sur le pied de patx environ 3500 000 hommes.
Armée de terre sur le pied de guerre. — 1800000 hommes (Armée active: 1 200 000 hommes ; armée territoriale : 600 00U).
Comparaison avec l'étranger. — Russie : 3 000 000 d'hommes. — Allemagne : 1800 000 h. (en y comprenant la landwehr). — Autriche : 1 000 000 h. — Italie : 1010 000 h. — Angleterre (avec l'Inde) : 800 000 hommes. — Turquie : 600 000 h. — Espagne : 450 000 hommes.
Près de 600 mil-
Budget de la guerre, lions.
Comparaison avec l'étranger. — Angleterre (avec l'Inde) : 900 millions. — Russie : 800 millions. — Allemagne : 450 millions. — Autriche : 250 millions. — Italie : 200 millions. — Espagne : 200 millions. — Turquie : 150 millions.
•vwv Faiblesse de la frontière du Nord-Est. — Dans un État où tous les services publics sont aussi fortement centralisés qu'en France, la capitale est le point que les ennemis cherchent toujours à atteindre et qu'il faut défendre à tout prix. Or, depuis 1871, Paris est plus rapproché des frontières du nord-est qu'il ne l'a jamais été (voir la carte, p. 73), et ces limites ne sont point naturelles.
La véritable frontière se trouve reportée le long de la Moselle jusqu'à Toul et le long de la Meuse. Tout le pays qui s'étend entre ces rivières et la frontière officielle est à peu près ouvert aux attaques allemandes. Les Vosges ne sont plus un obstacle puisque l'ennemi en possède la partie septentrionale et peut ainsi les tourner; le point important du cours de la Moselle, Metz, leur appartient. La neutralité de la Belgique peut être violée. Les Ardennes peuvent être tournées.
vwv Première ligne de défense — On a muni de fortifications certaines régions sur lesquelles l'armée de campagne pourrait s'appuyer pour couvrir les routes qui, de Dunkerque à Belfort, convergent sur Paris.
Les régions de défense actuellement très fortes sur cette nouvelle frontière sont celles de Belfort à Épinal, — de Toul à Verdun, — de Maubeuge-Valenciennes-Lille, — de Dunkerque-Calais.
■^^^ Front de la Moselle. — A l'extrémité de l'aile droite, la solide place de Belfort commande le passage qui sépare le Jura des Vosges (trouée de Betfort). Le cours supérieur •le la Moselle est garni de puissants forts d'arrêt. Épinal est devenu un véritable camp retranché, assurant les communications avec la Saône et Lyon. D'Épinal à Toul, quelques ouvrages seulement. A Toul, en arrière du Nancy, on a accumulé tous les moyens de défense pour protéger la ligne directe de Paris. La position est inexpugnable.
•>/^- Front de la Meuse. — De Toul à Ycrdun, les hauteurs boisées de la rive droite
de la Meuse, ou hauts de Meuse, ont été garnies de forts notamment en face de Commercy. Verdun est protégé par un grand ensemble de travaux militaires : deux lignes de forts à l'Est de la Meuse, puis la place de Verdun et la rivière elle-même, enfin une autre ligne de forts à l'Ouest de la Meuse.
■^^A- Front du Nord, ou belge. — L'espace compris entre Verdun et la Sambre est incomplètement protégé par quelques forts et les Ardennes, places de Longwy, Montmédy, Rocroy, Givet. La plus sérieuse défense est, de ce côté, celle des massifs forestiers des Ardennes.
Maubeuge, sur la Sambre, a une importance de premier ordre.
Valenciennes et Condé, sur la ligne de l'Escaut commandent le quadrilatère central de toute la défense du Nord.
La grande place de Lille, entourée de forts, est la place du nord dont les propriétés offensives sont les plus étendues.
Le groupe Dunkerque, Calais, Gravelines et Bergues forment l'aile gauche et le long du littoral un important centre de résistance.
Les anciennes places de guerre ont été ou déclassées, comme Cambrai, dont on n'a gardé que la citadelle, ou conservées comme Douai, Arras, Landrecies, Le Quesnoy et Bouchain, autour de Valenciennes.
-^^- Trouées. — Les régions solides de la première ligne de défense laissent dans leurs intervalles plusieurs trouées ou portes par lesquelles l'invasion devrait passer, si elle pénétrait en France.
Ces trouées sont : la trouée de Lorraine, entre Épinal et Toul ; — celle des Ardennes, entre Verdun et Givet ; — celle de Y Oise, entre la Meuse et la Sambre ; celle de Flandre, au Nord-Ouest de Lille.
Ces trouées ne sont point d'ailleurs absolument dépourvues de défense :
Ainsi dans la trouée de Lorraine l'ennemi serait arrêté par le fort de Neufchàteau ; dans la trouée de l'Oise par le fort d'Hirson.
La trouée des Ardennes est protégée par des obstacles naturels (vallées, plateaux boisés et marécages des Ardennes, hauteurs boisées de l'Argonne).
11 en est de même de la trouée de Flandre que défendent des marécages et des terrains inondables.
w^ Deuxième ligne de défense. — L'ennemi pénétrant par la trouée de Lorraine dans la Champagne, rencontrerait les hauteurs de la Brie garnies de forts, actuellement construits, en construction ou en projet. 11 faut se hâter d'achever ces travaux ; car il y a là une grande lacune dans nos moyens défensifs. Le camp retranché de Langres, qui prendrait l'invasion de flanc, ne suffit pas.
A la trouée des Ardennes s'oppose Reims, avec les nombreux forts qui l'entourent.
A la trouée de l'Oise, la position fortifiée de Soissons-Laon-La Fère.
Enfin la trouée de Flandre, peu dangereuse, est en partie barrée par les défenses naturelles des collines d'Artois et de la vallée de la Somme. ^
•*■■>*■ Le camp retranché de Paris. — En troisième ligne, PARIS forme aujourd'hui le plus gigantesque camp retranché qui existe au monde. Le siège de 1810-'/ 1 a montré que l'enceinte et les forts détachés élevéspar Thiers en 1840 étaient insuffisants contre l'artillerie nouvelle. Aussi a-t-on construit, aussitôt après la paix, de nouveaux forts beaucoup plus éloignés que les anciens et formant, à vrai dire, trois camps retranchés distincts.
Le premier, au nord, sur les hauteurs de Montmorency, s'étend de la Seine au canal de l'Ourcq et protège Saint-Denis et la route de la basse Seine. Le second, à Yest, entre le canal de l'Ourcq et la Marne, est établi surira hauteurs de Vaujours et de Ghelles et comprend le plateau d'Avron, célèbre par les batailles de 1870. Enfin, le troisième, au sud, protège Versailles contre un bombardementet pourrait maintenir
communications
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