L'ALGÉRIE
NOMENCLATURE
Superficie. — 418000 kil. car. Limite sud indéterminée (France : 529 000).
Population. — 3 360 000 hab. (France : 38 millions).
Il n'y a en Algérie que 10 hab. par kil. car. (France :1i). — Sur la population totale.il y a 86 0/0 d'indigènes, 1 0/0 de Français 5 0/0 d'étrangers (Espagnols surtout).
Divisions administratives. — L'Algérie est divisée en 3 départements comprenant chacun un territoire civil administré par un préfet et des sous-préfets et un territoire militaire administré par un général faisant fonctions de préfet. A la tète de la colonie se trouve un gouverneur civil.
Le département à' Alger a pour ch.-l. Alger et pour sous-préf. Médéa, Miliana, Orléansville, Tizi-Ouzou.
Le département d'Oran a pour ch.-l. Oran et pour sous-préf. Mascara, Mostaganem, Sidibel-Abbès, Tlemcen.
Le département de Constantine a pour ch.-l. Constantine et pour sous-préf. Bone, Bougie, Guelma, Philippeville, Sétif.
Budget. — 35 millions (compris dans le budget français).
Villes principales. — Alger (70), port sur la Méditerranée, résidence du gouverneur de l'Algérie; — Oran (60), port de commerce important; — Constantine (40), — Bone (30).
Productions. — r Les céréales, le minerai de fer, l'alfa, la vigne.
Commerce extérieur. — Près de 500 millions de francs (France : 10 milliards).
Commerce avec la France. — Près de 300 millions.
Mouvement de la navigation. — 3 450 000 tonneaux (France : 20 millions).
Chemins de fer. — 2 000 kil. (France : 32 000).
•v/w^ Aperçu historique. — La partie des pays barbaresques qui formait la régence d'Alger appartient aujourd'hui à la France. C'était un foyer de piraterie que les principales nations maritimes avaient déjà attaqué à plusieurs reprises, depuis le commencement du seizième siècle. Enfin, en 1827, le dey ayant insulté notre consul, la France entreprit la conquête du pays : commencée en 1830, cette conquête a duré plus de 25 ans.
Aujourd'hui, la possession de l'Algérie est assurée jusque dans le Sahara, à 800 kilomètres de la côte; chez les vaincus, la résignation remplace peu à peu la haine ; plus de 400 000 colons européens, dont la moitié Français, sont venus s'établir dans le pays. Depuis 1870, l'Algérie n'est plus une colonie, mais un prolongement de la France en Afrique.
™^ Situation et superficie. — Située à la même latitude que la Syrie et la Californie, l'Algérie s'étend sur une longueur de l 000 kilomètres, en face de l'Espagne, de la France et de l'Italie. La distance moyenne entre la France et l'Algérie est de 190 lieues, on va en 36 heures de Marseille à Alger.
La superficie totale de l'Algérie égale actuellement les 4/5 de celle de la France, si l'on ne tient compte que des contrées réellement soumises à notre autorité.
^v/v. Structure générale. — L'Algérie comprend, du nord au sud, trois zones distinctes, parallèles à la côte :
1° Une partie très fertile, le Tell, situé entre la mer et la région des hauts plateaux, formé par le massif de l'Atlas tellien, entrecoupé de vallées et de plaines. Le point culminant de l'Atlas tellien est le Lalla Khadidja (2308 mètres), dans le Djurjura ;
2° La région des hauts plateaux, élevés de
1 000 mètres au-dessus de la mer, bordés au Nord par l'Atlas tellien, au sud par l'Atlas saharien. Le principal massif de cette dernière chaîne est l'Aurès, où le Djebel-Chelia atteint
2 3t2 mètres;
3° Le désert ou région saharienne, où les plateaux (hamadas) alternent avec des vallées sablonneuses.
^/w\. Les eaux et leur écoulement. —
Malgré le voisinage de la mer, le climat de l'Algérie est en grande partie déterminé par les vents secs et chauds qui viennent du Sahara. Sur Ja côte il ne pleut qu'en hiver, et l'été, il y a plusieurs mois de sécheresse absolue ; plus on va vers le midi, moins il pleut : à In Salah (p. 189), il pleut environ tous les 20 ans.
La plupart des cours d'eau ne sont que des torrents presque toujours à sec pendant l'été (Roumel, au pied de Constantine; Seybouse, près de Guelma, etc.), et les lagunes d'eaux stagnantes sont très fréquentes, surtout sur les plateaux. Le Chéliff est le seul fleuve originaire des plateaux qui parvienne jusqu'à la mer; toutes les autres eaux se perdent dans les chotts salés Gharbi, Chergui, Hodna, etc.' (région des hauts plateaux).
Dans le Sahara, toutes les eaux aboutissent de même dans une vaste lagune, le chott Melghir; et, sauf pendant les pluies d'orage, les rivières coulent sous les amas de sable dont les vents ont recouvert leur lit; on est obligé de creuser des puits artésiens pour ramener les eaux à la surface du sol et arroser les oasis.
a/wv Climat. — Le climat de l'Algérie est surtout continental. Cependant, les régions montagneuses, telles que la Kabylie, doivent au voisinage de la mer un climat tempéré analogue à celui de la France.
Dans le Sahara, la chaleur est excessive de mai à octobre, et dépasse parfois 50 degrés audessus de zéro ; en hiver, le thermomètre descend au-dessous de zéro la nuit, pour remonter le jour jusqu'à 25 degrés au-dessus. En général, plus on s'avance vers le sud, plus la différence est grande entre la température à l'ombre et la température au soleil, entre celle de la nuit et celle du jour.
• Productions agricoles et minérales. — La végétation forestière, peu nourrie, dévastée depuis des siècles par les nomades, s'est conservée principalement sur les montagnes de l'est, où les pluies sont le moins rares.
A l'ouest, c'est la végétation herbacée qui domine : on y exploite l'alfa qui sert à faire des nattes, des papiers et des cartons (1).
Le Tell, dont on étend souvent le nom à toutes les terres naturellement arrosées par les pluies, se prolonge assez loin dans le sud-est ; il est grand comme le quart de la France et
1. L'usage qu'en fait l'industrie s'accroît tous les jours : c'est une des grandes richesses de l'Algérie.
produit surtout du blé. On y plante beaucoup de vigne, depuis que le phylloxéra ravage le midi de la France et l'Espagne.
Le Sahara, dont le nom désigne par opposition toutes les régions qu'il est nécessaire d'irriguer comprend les plateaux de l'ouest et le Sahara proprement dit. Les pâturages y dominent. Il est semé en outre de belles oasis de dattiers.
L'Algérie possède des marbres de toutes sortes, du sel gemme, du fer en abondance, du cuivre, du plomb, du zinc ; mais, faute de charbon de terre, elle est obligée d'exporter ses minerais bruts.
^/w^. La colonisation et les villes. —
Le seul aspect des villes algériennes résume aux yeux du voyageur l'heureux effort de la colonisation européenne. Nemours est une sentinelle avancée à l'ouest. Béni-Safet ses minerais, Aïn-Témouchent et ses minoteries sont de petits centres déjà très vivants. Le port à' Oran a toute l'activité et la croissance rapide d'une cité américaine. Mostaganem est à demi-européen. Bel-Abbès, fraîche colonie agricole, est un centre commercial important ; Saïda, le rendez-vous des Alfatiers. Perrégaux, Relizane, Orléansville, jalonnent la riche plaine du Chélif ; Tenès et Cherchel, le littoral du Dahra.
Tlemcen et ses jardins enclos de roses, Médéa et ses arbres fruitiers d'Europe, Mascara, en face de l'Ouassenis, Miliana et ses sources bruissantes dominent de haut l'amphithéâtre des monts telliens. Blida, parfumée d'orangers, Bouffarik sous le dôme de ses platanes, Fondouk, VArba, Koléa, Marengo, Mouzaïaville, Douera, Chérago, Maison-Catvée sont des villes toutes françaises dans la féconde Metidja. A Iger, capitale de la civilisation francoafricaine a bien près de 100 000 habitants avec sa ceinture de faubourgs et de villas. Ménerville, sur Tisser, Tizi-Ouzou et le petit port de Dellys dans la grande Kabylie, Aumale qui domine le Biban, Bou-Aréridj et Sétif assises sur les hauts plateaux, Bougie et Djidjelli, au bord des flots sont de plus en plus envahies par les colons.
Constantine, grenier des blés de l'est, et son port de Philippeville, Bône, dont l'initiative hardie rappelle Marseille, ont chacune de 16 à 20 000 européens. La Calle en a 4800, Guelma, 2 400, A ïn-Mokra, 1 500, sans compter la population indigène. Enfin, dans l'une des régions les plus boisées, les mieux arrosées, les plus tempérées et les plus françaises par le climat, Soukharas possède 3 700 colons et Tebessa, cité naissante d'un grand avenir, en a déjà 1000. Ainsi les centres décolonisation forment d'une frontière à l'autre une chaîne ininterrompue, bientôt aussi solide que les montagnes de l'Atlas.
■^™- Population. — Sur 3 360 000 habitants, il y a 2 800 000 indigènes : Berbères (anciens habitants du pays), dans les montagnes ou dans les oasis, et surtout en Kabylie; Arabes (conquérants du septième et du quinzième siècle), dans les plaines ; Maures (population issue du mélange de toutes les races , dans les villes; quelques Turcs (conquérants du seizième siècle) et des nègres (anciens esclaves, importés du Soudan).
Les Européens sont déjà plus de 400 000, en majorité Français; mais il y a plus d'Espagnols que de Français dans la province d'Oran, et
LA TUNISIE
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beaucoup d'Italiens dans celle de Gonstantine.
Les Israélites, qui dépassent 30 000, sont naturalisés Français.
De 1852 à 1872, la population européenne a augmenté de 85 pour 100, proportion supérieure à celle des États-Unis dans la même période et qui n'est dépassée que par celle de l'Australie.
-jwv E>l( siiii et avenir de l'Algérie;. — L'Algérie est riche en productions de toutes sortes, et, presque partout, se prête à l'acclimatation des colons français, surtout si ceuxci appartiennent aux montagnes ou aux plages du Midi. Nous y avons entrepris d'immenses travaux ; nous y avons apporté notre langue, nos idées, organisé la justice, fondé nombre d'écoles. L'Algérie a été notre plus belle conquête du dix-neuvième siècle; elle sera une de nos plus précieuses ressources dans l'avenir.
LA TUNISIE
NOMENCLATURE
La Régence de Tunis est sous le protectorat français.
Superficie. — 118 000 lui. carr. (Près du quart de la France).
Population. — 2 100 000 hab. (France : 38 millions).
Budget. — 15 millions (France : 3 milliards et demi).
Dette.— 125 millions (France : 20 milliards).
Ville principale. — Tunis (125), capitale de la Régence.
Religion dominante. — Le mahométisme.
Productions. — Les céréales forment la moitié des exportations tunisiennes.
Commerce extérieur. — 145 millions de francs (France : 10 milliards).
Mouvement des ports. — 500 000 tonneaux (France : 20 millions).
Tonnage de la marine marchande.— 25000 tonneaux (France : 1 million).
Chemins de fer.— 270 U il. (France : 32000\
v™- Configurai ion physique. — La
Tunisie est aujourd'hui placée sous le protectorat effectif, c'est-à-dire sous la dominatiun de la France. Par sa situation et sa configuration géographiques, la Tunisie n'est que le prolongement de l'Algérie.
Le massif de l'Atlas s'y termine en présentant toujours le même relief : d'abord les montagnes côticres s'étagent en systèmes parallèles jusqu'aux hauts plateaux, avec une profonde et fertile vallée, celle de la Medjerdah, l'ancien Bagradas; ensuite, les hauts plateaux s'abaissent, en se rétrécissant, vers le nordest jusqu'au golfe de Tunis; point de chotts,
LA TUNISIE
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ALGERIE et TUNISIE
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parce que la. cuvette n*est plus assez vaste, mais un owed intermittent, l'owed Mellègue, quine porte le tribut de ses eaux àlaMedjerdah que dans la saison des pluies.
Enfin, au sud, les hautes montagnes de YAurès se terminent avec des cimes de 1500 mètres au nord des plaines et du golfe de Hammnmet et projettent vers la Sicile la péninsule élevée du cap lion.
Le massif de l'Atlas est séparé lui-même du désert par la partie la plus large de la dépression qui commence à Laghouat, et va en s'évasant vers l'est jusqu'au golfe de Gabès. Des c/iotts y étalent, quelques-uns au-dessous du niveau de la mer, leur surface toute blanche d'effloresccnces salines et forment vers le sud une excellente frontière naturelle.
-*™- Climat et fécondité naturelle. — La Tunisie jouit d'un climat analogue à celui
de la province de Constantine, plus abondamment arrosée par les pluies que ses voisines de l'Ouest.
Aussi la Tunisie a-t-elle été jadis l'un des pays les plus fertiles du monde ; le blé y donnait plus de cent pour un, et Carthage, dont on a retrouvé les ruines non loin de Tunis, dut sa prospérité, autant à la richesse de son territoire qu'à l'étendue de son commerce avec l'étranger.
Rome à son tour sut tirer un excellent parti de cette fécondité du sol ; elle aménagea les eaux; elle construisit des aqueducs, des réservoirs; les villes se multiplièrent, et partout leurs ruines témoignent encore de leur splendeur : vingt millions d'habitants vivaient dans ce petit pays, et leurs blés avec ceux de l'Egypte, nourrissaient la métropole du monde.
L'invasion des Arabes à partir du septième
siècle a changé cette prospérité en ruine et en solitude. Du moins d'immenses forêts sont restées intactes dans les montagnes, et il suffit aux cultivateurs indigènes d'égratigner le sol avec leur charrue pour qu'il produise de belles moissons.
■^■•^ Situation maritime. — Les côtes de la Tunisie ont une valeur maritime, une importance stratégique très supérieures à celles de nos côtes d'Algérie.
Celles-ci nous donnent une grande force dans le bassin occidental de la Méditerranée; celleslà, dans la Méditerranée tout entière, parce qu'elles commandent le passage entre le bassin occidental et le bassin oriental. Bizerte et la Gou/ette ont été dans l'antiquité les ports d'Utique, de Carthage; ils deviendront, si l'on creuse leurs lacs ensablés, d'admirables stations navales en face de Cagliari et de Malte.
LES COLONIES
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PLANISPHERE
pour l'étude d'ensemble
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