COLONIES FRANÇAISES
Au sud, les ports de la Syrte, Sfax et surtout Zarzis près de Gabès, seront d'excellentes tôtes de ligne pour le commerce avec Ghadamès et le centre africain.
•*™- Bienfaits de notre protectorat.
— L'établissement du protectorat français en Tunisie est un bienfait pour ce pays.
Il l'a définitivement soustrait à toute aggression possible de l'étranger, L'autorité du Bey a été respectée, mais l'Etat tunisien a subi les plus profondes et les plus heureuses modifications. Le résident général français, assisté d'un conseil de gouvernement, a dans sa main la direction des finances, des travaux publics, de l'instruction publique, les contrôleurs civils chargés de surveiller les provinces.
L'ordre a été rétabli ; la sécurité est aujourd'hui complète.
Les vieilles capitulations ont été abolies, un tribunal français, une police française fonctionnent aujourd'hui à Tunis.
Une armée mixte a été organisée sous la direction de nos officiers.
La frontière méridionale, longtemps incertaine, a été fixée. La Dette a été rachetée, le déficit comblé.
Une administration honnête gère les finances auparavant dilapidées. Des écoles françaises sont créées de tous côtés. Des chemins de fer sont tracés et raccordés à ceux de l'Algérie. Les indigènes, dont nous respectons l'organisation religieuse et sociale, se rassurent et se rapprochent de nous. A côté d'eux, il y a place pour de nombreux colons; l'immigration a augmenté depuis notre établissement. A côté des Italiens, des Siciliens, des Maltais, qui forment la majorité de la colonie étrangère, le nombre des Français augmente tous les jours. En résumé, l'occupation de la Tunisie par la France a été le complément nécessaire de l'occupation de V Algérie; elle contribuera non seulement à l'affermissement de notre puissance dans la Méditerranée; mais encore
a ['accompli! e m de notre rôle civilisateur
et régénérateur en Afrique.
LES COLONIES1
Superficie [y compris les protectorats). — Plus de 2 millions de kil. carr.
Comparaison avec létranner ;
Colonies anglaises : 22 millions de kilom. carrés
Colonies russes : 16 »
Colonies hollaDd. : 1 700 000 »
Colonies portugaises: 1 823 000 kilom. carrés.
Colonies espagnoles : 440 000 »
Colonies danoises : 200 000 ->
Population (y compris les protectorats). — 30 millions d'habitants.
Comparaison avec l'étranger.
Colonies anglaises : 270 millions d'habit.
Colonies hollandaises : 25 »
Colonies russes : 11 »
Colonies espagnoles : 8 «
Colonies portugaises : 3 »
Colonies danoises : 80 000 habitants.
Ensemble du commerce des colonies. —
environ 1 milliard. (Exportations : 450 millions ; — Importations : 550).
Comparaison avec l'étranger :
Colonies anglaises : 10 milliards.
Colonies hollandaises : "50 millions.
Colonies espagnoles : 900 millions.
Commerce des colonies françaises avec la métropole. — 460 millions.
Comparaison avec l'étranger :
Colonies anglaises : 5 milliards.
Colonies hollandaises : 450 millions.
Colonies espagnoles : 300 millions.
-vw^ \|m-i<'m historique. — 11 est de
mode, surtout en France, de déclarer que 7ioii<! ne sommes pas un peuple colonisateur, et cette assertion paraît exacte, en effet, quand on considère que l'empire colonial anglais comprend un sixième de la population des continents, c'est-a-dire plus de V50 millions
1. Voir 1h France coloniale (Histoire, géographie, commerce), par M. AKieil Rambaud, professeur à la facilité des lettres de Taris, avec la collaboration d'une société de géographes et de voyageurs. 1 vol. in-8«, 12 cartes en couleur, librairie Armand Colin et O. 8 fr.
d'hommes, tandis que les colonies françaises ont 6 millions d'habitants et 30 millions eu y comprenant les protectorats. Mais notre infériorité n'est pas le résultat d'un manque d'aptitudes naturelles pour coloniser; elle est due surtout à des fautes politiques : nous avons été jadis la première puissance coloniale de l'Europe, et sans les funestes guerres du règne de Louis XV et du premier Empire, nous le serions encore aujourd'hui.
En Afrique, les Normands avaient fondé des comptoirs sur les côtes de Guinée dès le quatorzième siècle, et. au seizième siècle, sur les rives du Sénégal. Dans la première moitié du dix-septième siècle, nous étions établis à Madagascar et aux îles Mascareignes.
En Asie, nous sommes allés dans l'Inde dès le commencement du seizième siècle, et nous y avons créé un empire que les Anglais nous enlevèrent au dix-huitième siècle : ils se sont contentés d'y suivre la voie tracée par l'illustre français Dupleix.
Il en a été de même en Amérique : au dixseptième siècle, nous avons possédé presque toutes les petites Antilles et la moitié de Saint-Domingue sous François 1er, nous nous étions établis à Terre-Neuve; en 1535, le Malouin Jacques Cartier avait pris possession des rives du Saint-Laurent au nom de la France, et dans le Canada s'est développée une véritable nation fraiiçaise, qui subsiste avec ses caractères propres, sa langue, son affection pour la mère patrie, malgré l'établissement de la domination anglaise depuis 1763. La Louisiane, c'est-à-dire toute la région du Mississipi, nous a appartenu également au début de ce siècle.
C'est ainsi que dans le passé les preuves de notre génie colonisateur sont indiscutables.
Aujourd'hui encore, en Algérie, aux Antilles, à la Réunion à Madagascar, au Sénégal, dan. l'Ouest africa n, en Cochinchine, en Océanie, il serait facile de prouver que nous ne somme point inférieurs à nos ancêtres.