‹ Géographie géneraleChapitre 175 sur 376 · FLEUVES EUROPÉENS · texte numérisé non relu

FLEUVES EUROPÉENS

Rhin et le Rhône ; le Rhin ne reçoit que les eaux du plateau suisse réunies dans le lit de l'Aar, et ses autres grands tributaires, le Main, le Neckar, la Moselle, ne viennent pas des Alpes : le Rhône, malgré l'importance de l'Isère et de la Burancc, qu'alimentent les glaciers des Alpes du Dauphiné, doit une grande partie de son volume à la Saône et aux petits affluents qui s'échappent du massifcenlral français.

Le Pô, au contraire, longe les Alpes au Sud pendant plus de la moitié de leur longueur, et du col de Genèvre au col du Brenner (p. 103), en reçoit toutes les eaux méridionales par le Mincio, l'Adige, etc.

De même pour le Danube (p. 103), qui du Voralberg aux Balkans recueille toutes les eaux septentrionales des Alpes par le Lech, l'Inn, la Brave, la Save, etc.

■vw^ Les fleuves «le la moyenne Europe. — Les fleuves entièrement étrangers aux Alpes et qui sortent des hauteurs moyennes de l'Europe, sont la Garonne (rive droite) et la Loire, alimentées par le Plateau central français, — la Semé, — l'Escaut, — les affluents moyens du Rhin, — le Weser, né dans les montagnes de la moyenne Allemagne, — YElbe, l'Oder, la Vistule et le Bniester, qui coulent il est vrai dans la plaine, mais qui viennent des montagnes de la Bohême et deslvarpathes; — la Theiss et les tributaires transylvaniens du Danube, qui ont une grande analogie avec les tributaires allemands du Rhin.

Presque tous ces fleuves coulent vers le Nord, parce que les Alpes, très rapprochées de la Méditerranée ne lui envoient guère leurs eaux que par le Rhône, le Pô et le Danube, tandis qu'au Nord s'étend une large plaine où de nombreux cours d'eau peuvent se donner carrière.

•v/wv. Les fleuves «le la plaine.

— Les fleuves qui sont formés exclusivement par les eaux de la plaine, c'est-àdire les fleuves russes (Niémen, Neva, Duna, Volga, Don, Dnieper), se distinguent par la longueur, la sinuosité et la lenteur de leur cours. Presque tous aussi coincommuniquent soit ensemble, soit avec les fleuves de la plaine allemande et polonaise, Elbe, Oder, Vistule, par des marécages, des lacs ou des canaux qu'il a élé très facile d'établir; on pourrait aller aisément en bateau, de la mer du Nord à la mer Baltique et de la mer Blanche à la mer Noire et à la mer Caspienne. Ce réseau de navigation fluviale est le plus complet de l'Europe.

-wv>. Les fleuves «les îles et «les presqu'îles. — Parmi les îles, l'Angleterre seule possède une plaine assez large et reçoit assez d'eau du ciel pour avoir des fleuves véritablement utiles : la Tync, la Trait, la Tamise, la Severn.

Parmi les péninsules, la Scandinavie, trop abrupte, n'a que de longs torrents; l'Italie et les Balkans n'ont que des plaines

étroites où le Tibre, le Vardar, la Maritza ne sont que de très petites rivières: enfin le plateau espagnol ne reçoit pas assez d'humidité pour que ses fleuves, sauf l'Èbre, grâce aux Pyrénées, et le Guadalquivir, grâce à la Sierra-Nevada, soient autre chose que de grands filets d'eau.

•v/v^. Conclusion. — En résumé .

l'Europe est trop petite pour posséder des cours d'eau comparables à ceux des autres parties du monde; mais, grâce à sa situation au milieu des mers, à la hauteur de quelques-unes de ses montagnes et à l'harmonie de son relief, ses voies fluviales sont, par l'abondance de leur débit et leur navigabilité, tout à fait appropriées aux besoins de l'homme. C'est là, parmi tant d'autres, une des raisons du grand développement de la civilisation européenne.

Le plus grand fleuve de l'Europe : le Volga ou la Volga. — La Volga dont le nom signifie en français • le fleuve Saint >> et que les Russes appellent « la Mère » (Matouchka) a 3 800 kilomètres de long ; la superficie de son bassin est de un million et demi de kilomètres carres; son débit moyen est de 4 300 mètres cubes par seconde. Le second fleuve de l'Europe, le Danube, avec une longueur de 1 000 kil. de moins (2 80i) kil.) et un bassin presque moitié moindre en étendue (800 000 kil. car.), roule un volume d'eau deux fois plus considérable 9 000 m. c). La longueur de la Volga égale cinq fois celle de la Seine, son bassin est 19 fois plus vaste, et cependant son débit n'est que six fois plus considérable que celui du fleuve français. Cette indigence relative de la reine des rivières moscovites tient à deux causes principales : elle coule constamment en plaine, et ne nait point comme le Danube, comme le Rhin, au cœur hydrographique de l'Europe, dans le grand Massif alpestre; elle traverse des régions continentales, au climat sec, et n'est point, comme l'artère du bassin parisien, abreuvée par des pluies fréquentes.

Elle sort du plateau marécageux de Valdaî, à 65 mètres d'altitude à peine, et jusqu'à Kasan sa direction générale est celle de l'est. Kntlee par le tribut de plusieurs lacs, elle franchit d'abord 35 porogi ou seuils, qui d'ailleurs n'entravent pas la navigation ; à Tver elle est définitivement navigable et communique par divers canaux avec le versant de la Baltique. A Nijni-Novgorod, dont la foire est célèbre, elle s'unit à la grande rivière Oka longue de 1 500 kil., large de 1 300 mètres, qui vient du cœur même de l'ancienne Moscovie et dont l'affluent principal, la Moskova, arrose Moscou.

En aval de Kasan, dans une vaste dépression que ses alluvions ont comblée, la puissante Kaina lui apporte les eaux limpides, les neiges fondues de la rjgion de l'Oural ; dès lors, elle se dirige vers le sud, et connue elle ne reçoit plus aucun grand aflluenl, qu'elle traverse des coutrées sèches et soumises à une active évaporation, le volume de ses eaux n'augmente plus sensiblement jusqu'à son embouchure. A l'orient, se déroulent les steppes plats et secs; sur sa rive droite au contraire elle longe, elle ronge des escarpements calcaires ou argileux, boisés et pittoresques qui, sur certains points, dépassent 300 mètres. Dans cette partie de son cours, elle arrose Samara et Sara tov. A Tsaritzin commence son delta, à 500 lui. de la mer Caspienne; a partir d'Astrakan, grande ville et marché central de toute la basse Volga, les des, les bancs de sable deviennent innombrables : des canaux bordés d'herbages et d'arbres circulent en tous sens, mais il en est p mi de navigables. La Volga qui alimente en grande partie la Caspienne sans réussir à en maintenir le niveau, la comble aussi peu à peu. Elle est extraordinairement poissonneuse et fournit ainsi a la nourriture de multitudes d'hommes. Ses crues printanières qui submergent tout le delta atteignent souvent 3 mètres.

Page 1