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CHAPITRE IX

ILES BRITANNIQUES

■*•■>*• Situation des Iles l>ritanniuucs. — Les îles Britanniques, par

leur isolement au milieu de la mer ont de grands avantages sur d'autres pays. Les Anglais, se trouvant à l'abri des invasions étrangères, ont pu se livrer en paix à l'industrie et au commerce et exploiter les richesses naturelles de leur sol, qui leur donne en abondance le fer et la houille, les deux nerfs de la vie pour les peuples modernes. La mer, qu'il leur fallait affronter pour communiquer avec les autres peuples, les a forcés en outre à devenir des marins et bientôt les rouliers de l'univers, tandis que leur population exubérante, familiarisée avec les voyages, allait fonder au loin des colonies.

Cependant ces îles ne sont qu'un fragment détaché du continent et les marques de leur ancien rattachement sont nombreuses et frappantes. La Manche n'a pas existé de tout temps; les granits des Cornouailles ont été violemment séparés de ceux de la Bretagne française; les falaises

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Fig. 72. — Grotte de Fingall , dans l'ile de Staffa (une des Hébrides).

calcaires de Wight et du Sussex font face à celles de la Normandie et du Boulonnais, comme les deux parois d'une fente creusée dans une seule pierre.

De même, la plaine anglaise n'est qu'un prolongement de la grande plaine européenne du Nord, et les Shetland comme les Orcades et le nord de l'Ecosse, continuation des roches Scandinaves, formaient sans doute autrefois une barrière montagneuse ininterrompue, percée aujourd'hui par l'Océan.

■*w>. La Grande-Bretagne , — Toutes les parties élevées de la Grande- Bretagne se trouvent du côté de ['Ouest, tandis que l'angle Sitd-Iist est occupé par la plaine. Au Nord, l'Ile est étroite, il n'y

a que des montagnes ; à mesure qu'elle s'élargit vers le Sud les plaines augmentent en étendue, avec des fleuves de plus en plus importants, Tyne, Trent, Tamise.

Les montagnes forment une série de chaînes parallèles disposées du Nord-Est au Sud-Ouest et séparées par des dépressions profondes. Telles sont : entre les montagnes du .Ross et les Grampians, la vallée du loch Ness, où l'on a pu construire un canal sans écluses, le canal Calédonien ; entre les Grampians et les Cheviots, la basse Ecosse opposée aux highlands (terres hautes) célèbres par leurs lacs et leurs sites pittoresques.

Les montagnes du pays de Galles et des Cornouailles forment aussi trois séries parallèles, entre lesquelles pénètrent la baie de Cardigan et le canal de Bristol.

•vvvn. LTlrlsinde. — L'Irlande est un morceau détaché de cette région montagneuse occidentale de la Grande-Bretagne.

Le fossé étroit et profond qui les sépare est comme l'avant-port d'une des premières villes maritimes de l'univers, Liverpool.

Le relief de l'Irlande semble inachevé ; le travail des eaux n'y a point encore façonné complètement le sol, de manière à y avoir un écoulement rapide et régulier.

Le centre de l'île est bas, formé d'une terre argileuse qui retient les pluies en larges lagunes et en lacs, et où les cours d'eau, tels que le Shannon n'ont presque pas de pente. Le pourtour de l'île, au contraire, est rocheux et montueux.

w* Caractère agricole. — Enveloppées et pénétrées par l'humidité marine, les îles Britanniques sont impropres aux cultures des pays plus secs et d'une latitude moins élevée : elles ne donnent ni la vigne, ni toutes les céréales de France, mais leurs plaines sont couvertes de riches prairies, et leurs montagnes de superbes forêts, surtout en Ecosse et en Irlande, la verte Érin des poètes.

Grâce à l'abondance de leurs pâturages, les Anglais élèvent en quantité de superbes animaux de boucherie, qui leur fournissent la viande, leur nourriture de prédilection1, et la laine qui a alimenté leurs premières filatures.

w^ IdU. houille. — Le développement industriel de l'Angleterre est une conséquence de l'abondance de la houille en ce pays.

Là, comme partout, la houille est distribuée au pied de toutes les hauteurs formées de roches primitives qui ont émergé au-dessus des eaux avant les plaines qui les entourent aujourd'hui.

(La suite, page 114.")

1. Les Anglais ayant beaucoup de viande, eu consomment beaucoup ; mais ils mangent peu le pain. A défaut de vin, qui ne peut leur venir que du dehors, et dont ils boivent peu, ils absorbent beaucoup de thé, do bière, de liqueurs fortes. Une nourriture très substantielle est d'ailleurs commandée par le climat

EUROPE

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