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C 0 L 0 INJ ES N E E R; LAN D A I S ES

EUROPE

Malgré la suprématie moderne de l'Angleterre qui lui a enlevé ses comptoirs de l'Inde et du Cap, la Hollande n'en a pas moins conservé dans la Malaisie un empire colonial qui est le plus vaste du monde, si on le compare à l'étendue de la métropole; elle n'en est pas moins restée l'un despays les plus peuplés, les plus commercial* et les plus riches de l'Europe. Elle devient aussi pays industriel et agricole: elle reprend à la mer ce que la mer lui a pris; déjà la mer de Harlem et les marécages de la Hollande ont été desséchés ; une grande partie du Zuyderzée sera bientôt conquise aussi et transformée en prairies, en champs de colza et de lin. ^^ L<» Belgique État agricole et industriel. — La Belgique occupe, dans le coin de terre compris entre YEms et la lisière de Y Artois et des Ardennes, la seule zone un peu large et abritée contre la mer par des dunes (de Bunker que à Y Escaut).

Là, point d'inondations à redouter, point d'estuaires invitant à la navigation et au commerce, mais de vastes plaines extrêmement grasses et propres à tous les produits de l'agriculture : la Belgique est donc avant tout un pays agricole.

L'abondance du chanvre et du Un en ont fait un pays industriel : au tissage des toiles et des batistes de Flandre, célèbres dès le moyen âge, s'est adjoint tout naturellement celui des draps et des tapisseries.

Ainsi naquirent les puissantes et industrieuses communes de Gand, Bruges, Bruxelles, Audenarde, Tournai.

Gomme le commerce hollandais a suscité l'industrie hollandaise, l'industrie belge a créé le commerce belge; il lui a fallu d'autres débouchés que ceux du continent : de là l'importance de l'unique port belge, Anvers.

^ws. L<es houilles belges. — La Belgique possède sur la lisière du plateau des Ardennes, entre Namur et Liège, un des plus riches bassins houillers de l'Europe. Sa puissance industrielle en a été décuplée.

La population, déjà si abondante, est devenue plus dense encore : elle atteint parfois jusqu'à plus de 300 habitants par kilomètre carré. Liège et Namur ont plus que doublé d'importance; Mons et Charleroi sont sortis de terre, pour ainsi dire ; toutes les industries se sont fixées et développées autour des houillères : le tissage du coton s'est ajouté à celui de la laine, du chanvre et du lin ; la construction des machines est devenue aussi importante que le tissage.

De là résulte une activité commerciale qui se manifeste par l'incroyable développement des chemins de fer belges, et l'importance croissante d'Anvers, le concurrent redoutable des ports hollandais et français. .Muni d'un admirable outillage et Situé en face de Londres, le percement du

Saint-Gothard en a fait une des étapes les plus importantes du commerce de l'Angleterre avec l'extrême orient.

™-™- Conclusion. — Unis d'abord par leur isolement dans une région déterminée, les peuples belge et hollandais ont été bientôt séparés, par la différence même de leurs conditions d'existence.

Le premier, peuple sédentaire et paisible, agriculteur et industriel, attaché à son vieux culte catholique, n'est devenu que depuis peu très commerçant.

Le second, marin et commerçant avant tout, d'humeur aventureuse et d'esprit raisonneur, protestant et républicain dès le seizième siècle, ne s'est appliqué que tardivement à l'agriculture et à l'industrie.

Tous deux donnent ensemble le modèle des nations qui jouissent paisiblement d'institutions politiques très libérales et où l'attachement du peuple à son souverain s'explique par le respect du souverain pour les volontés de la représentation nationale.

L'Ile de Walcheren. — A l'entrée des deux embouchures de l'Escaut, l'île deWa'cheren s'avance comme un éperon au devant des flots. Ses campagnes plantureuses sont ombragées d'arbres fruitiers; autour des villages les potagers s'étaleDt en un damier verdoyant. Les routes, construites sur des digues élevées et plantées de vieux ormes, dominent la plaine!; les fermes sont propres, les villages coquets. Les jours de kermesse, une animation extraordinaire règne partout; de grands chars à bâche blanche, attelés de belles juments aux harnais étincelants de cuivre, de grandes voitures où des couleurs claires se détachent sur un fond vert, conduisent a la fête les paysans en culotte courte, en veste à taille et petit chapeau; les paysannes parées de leurs plus beaux atours: chapeau de paille à rubans bleus flottants, bijoux au front, au cou, aux doigts, jupes rondes et brillants fichus. On a pu dire de la Zélande, dont l'île de Walcheren fait partie, c'est une sorte de paradis champêtre.

Middelbourg (bourg du milieu) est le chef-lieu de l'île, et son nom même indique sa situation. C'est une ville paisible, correcte, bien entretenue ; son hôtel de ville, ogival, est un exemplaire exquis de l'architecture du XV0 siècle; à cette époque, elle était l'entrepôt privilégié des vins de France, et sa prospérité était considérable. Le canal monumental, mais solitaire, accessible aux vaisseaux de haut bord, qui partage l'île en deux moitiés inégales, unit Middelbourg à Flessingue.

Flessingue (Vlissinghen), patrie de Ruyter, est l'avant-port de toute la Néerlande, et même de la Belgique. Sa rade est excellente, il est muni de vastes docks, de chantiers, d'écluses gigantesques, de bassins profonds. Sa situation est admirable et l'on n'a rien épargné pour en faire un grand port de commerce, comme il fut jadis un grand port de guerre. Cependant ses quais sont mornes et solitaires. Depuis que l'Escaut est libre, les flottes marchandes passent au large de ses bastions en partie démolis, et continuent dédaigneusement leur route pour Anvers. Mais il pourrait bien un jour ou l'autre acquérir une extrême importance, à moins que la mer, qui l'assiège, ne l'emporte avec toute l'île de Walcheren.

En effet, si de hautes dunes protègent l'île an nord, à l'ouest elle est exposée sans défense à la fureur des flots. Il a fallu construire de ce côté une énorme digue, de trois kilomètres, qui s'élève a dix moires au-dessus do la basse mer et mesure presque partout cent mètres d'épaisseur. C'est la digue fameuse de Westkapelle, qui ne subsiste que par des réparations constantes. Sans l'abri de ce rempart puissant, « l'île fortunée », comme l'appellent les Zélandais, aurait bientôt disparue.

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