‹ Géographie géneraleChapitre 200 sur 376 · ESPAGNE ET PORTUGAL · texte numérisé non relu

ESPAGNE ET PORTUGAL

Fig. 76. — Église Vassili au Kremlin (I.Ioscou).

aux idées de l'Occident, le fanatisme implacable de l'Orient. C'est là que se recrute le parti nihiliste, déjà tristement célèbre, moins menaçant peut-être pour ceux qu'il prétend frapper que pour le développement progressif des destinées politiques de la Russie.

w^a. Manque «l'étpiililjre entre ses régions. — La Russie manque d'équilibre, d'harmonie, d'unité. Son immensité n'a pas de centre précis. Ses grands fleuves (Volga, Bon, Bniéper, Bvina, Buna),ses lacs nombreux et vastes font un admirable réseau navigable ; malheureusement, ce réseau traverse encore beaucoup de steppes arides qui isolent les unes des autres les régions plus fertiles.

Comme la Russie, à cause de son épaisseur, reçoit peu de pluie, et que la température y passe sans transition de l'extrême froid à la chaleur extrême, qu'elle est d'ailleurs très plate, on n'y rencontre point de ces mélanges heureux qui favorisent les pays accidentés et tempérés, mais d'immenses espaces uniformes, où les forêts succèdent aux marécages glacés, les steppes aux forêts, les champs infinis de céréales aux herbes ondulantes des steppes.

vw. Conclusion. — En résumé, la Russie présente un mélange singulier de force et de faiblesse : elle couvre plus de la moitié de l'Europe, elle a plus de 80 millions d'habitants, elle exerce son influence sur tous les Slaves d'Europe, et menace, en Asie, l'Angleterre et la Chine; mais l'Europe la tient toujours bloquée dans la Baltique et la mer Noire, et elle même est menacée à l'intérieur de tous les maux que créent l'étendue trop grande et les diversités trop marquées de son sol, l'absolutisme de son gouvernement et sa mauvaise organisation sociale.

Cependant un mouvement intellectuel prodigieux mais voilé travaille depuis quelque temps la société russe.

Page 1