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ASIE CENTRALE

Échelle i: 32 ooo ooo

L'absence de routes naturelles interdit encore aujourd'hui aux Chinois l'accès direct du golfe du Bengale, et empêche les Anglais d'attirer à Calcutta le commerce des régions fécondes de la Chine méridionale.

Ce même plateau central contribue au contraire à établir des relations commerciales régulières entre l'Inde et l'Afrique. Fortement chauffé pendant l'été de l'hémisphère Nord, il aspire, comme un foyer d'appel, les vents de la mer des Indes; ensuite, le plateau de l'Afrique situé dans l'hémisphère Sud jouit à son tour de l'été et renverse la direction du vent. De là celte double mousson qui [toile alternativement les navigateurs de l'Inde à l'Afrique et de l'Afrique à l'Inde De là l'établissement sur toutes ces côtes et dès le moyen âge de commerçants arabes, donl les sultans de Mascate et de Zanzibar sont les derniers souverains. Déchus aujourd'hui,

ils tinrent entre leurs mains tout le trafic de la mer des Indes, jusqu'au jour où les Portugais, doublant le cap de Bonne- Espérance, ouvrirent à l'Kurope la route de l'Inde, qui passe maintenant par Suez, et dont les Anglais s'efforcent de rester les maîtres.

L'exploration du Tibet. — Le Tibet est encore aujourd'hui l'un des pays les moins connus de la terre. Nous ne savons pas quelles sont les sources du Mé kong, du Salouen et de l'Irraouady, comment le Dzang-lJo va rejoindre le Brahmapoutre, quelle est la configuration de l'immense plateau qui s'étend du cours du Dzang-Po à la chaîne du Kouen-Lun, quelle est la direction précise, quelle est l'altitude de cette chaîne. 1/ organisation sociale et politique du pays n'est guère moins obscure pour nous. On pourrait écrire un gros livre sur tout ce que nous ignorons des choses du Tibet. Cette ignorance n'est pourtant pas volontaire : do grands efforts eut été tentéspour explorer ce mystérieux pays; mais les Chinois, ses suzerains gardent ses frontières avec une vigilance de plus en plus jalouse et eu écartent brutalement les indiscrets, quels qu'ils soient, négociants, explorateurs ou savants.

La Chine, heureusement, n'a pas toujours été aussi ombrageuse et, à plusieurs reprises, dans les siècles précédents, des missionnaires ont pu parcourir le pays : au XIV0 siècle, un moine italien ; au XVII", un missionnaire portugais, puis des jésuites au XVIII6, d'autres encore. Les capucins avaient même fondé une mission à Lhassa. Les cartes actuelles de la majeure partie du Tibet ne sont que la reproduction de celle qu'avaient dressée deux lamas élèves dos Jésuites. Nos connaissances générales sur le pâ".-' datent également du siècle dernier. En 1771-, \ ■'. s'en fallut que l'anglais Boy le, envoyé par Warren Ilastings, ne parvint a nouer des relations commerciales avec l'empire du Grand Lama. Il mourut avant d'avoir réussi. De nos jours, c'est au prix des plus grandes difficultés que les frères Schlagintweit ont franchi l'extrémité occidentale du Kouen-Lun, que le russe Prjôvalski a visité la frontière du nord-est, que l'abbé Desgodins et les missionnaires français ont parcouru la régior sud-orientale, que des pandits OU explorateurs indigènes envoyés secrètement par le service géographicpie de l'Inde anglaise ont traverse a maintes reprises les vallées voisines de l'Himalaya. Le cœur du Tibet, la majeure partie de cet étrange royaume théocratiquo nous reste toujours inconnue.

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