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L'ARABIE

végétation. Sans l'importance politique et militaire que le voisinage de l'Egypte lui a donnée de tout temps et donne encore aux ports de Jaffa et de Gazzah, sans les pèlerinages chrétiens aux lieux saints, sans le passage des pèlerins musulmans qui se rendent à la ville sainte de la Mecque, la Judée serait entièrement délaissée.

Bagdad. — Quand on arrive de Bassorah en remontant le Tigre, par le bateau à vapeur, Bagdad s'annonce de loin par ses nombreux palmiers, ses jardins verdoyants; puis on distingue ses sveltes minarets revêtus de briques émaillées ses coupoles massives qui se détachent sur l'azur verdâtre. Le fleuve décrit des courbes nombreuses au milieu des ilôts boisés. Sur les rives le mouvement de la circulation qui ne c<»sse de s'accroître, indique d'avance une grande et populeuse cité.

Bagdad fut bâtie au XHIe siècle par le calife Mostancer. Elle forme un vaste rectangle environné d'une muraille crénelée, et elle est percée de quatre portes orientées à peu près suivant les points cardinaux. Un pont de bateaux la relie sur la rive droite au faubourg de Karak. On aperçoit de ce côté la belle mosquée des Chiites de Kâzemeinavec ses coupoles dorées, et au milieu des sables de la campagne aride le monument élevé par Haroun-al- Raschid à la sultane Zobéide.

La rive gauche sur laquelle s'étend la ville est bordée de jardins, de villas, d'habitations européennes, de cafés. On y remarque pêle-mêle, une tannerie, le beau domaine du nabab d'Oude, souverain ou consul général britannique et celle du consul de France, la douane et près du pont le mouillage des bateaux de la compaguie fluviale.

La ville proprement dite est un fouillis de maisons à terrasses aumilieu desquelles serpentent les rueset que dominent de loin en loin un palmier ou un jujubier isolés, hôtes de quelque cour intérieure. Une voie principale, de cinq à six mètres de large, sépare du reste de la ville les maisons du bord de l'eau Elle conduit aux bazars, le neuf et le vieux et au quartier juif peuplé à lui seul de près de 20 000 âmes. A côté se trouvent : un vieux caravansérail qui fut autrefois une école célèbre, et divers édifices, qui n'ont d'ailleurs rien de remarquable : le sérail ou hôtel de ville, les tribunaux, etc., l'école et une sorte de parc d'artillerie qu'on nomme la forteresse. C'est le quartier neuf : on y montre une imprimerie et une machine à fabriquer la glace. L'école militaire est voisine du sérail; c'est un bâtiment de construction récente, avec une vaste cour, un kiosque pour la musique, une gymnastique, une tour carrée oruée d'une horloge. Le bazar, interrompu devant l'école militaire et le sérail, reprend plus loin et se termine devant la forteresse, à la grande mosquée de Daoud- Pacha dont le dôme est peint de diverses couleurs. Près de la mosquée est la place du Meidan, la seule de la ville ; elle sert de marché aux provisions pour le quartier turc que traverse une rue montante toujours très encombrée par la foule et bordée de nombreux cafés. Entre le quartier turc et le bazar s'étend le quartier persan. Il y a tout à côté une communauté de 5 à 6 000 chrétiens avec des écoles très florissantes où la langue française est enseignée à de nombreux enfants de toute race et de tout culte. Le clocher de l'Église n'est pas surmonté d'une croix ; mais le drapeau tricolore y Hotte et les musulmans permettent qu'on y sonne la cloche. Les rites chaldéen, syrien, grec et arménien ont aussi leurs églises et leurs écoles d'importance un peu moindre.

Derrière le quartier juif commencent des terrains vagues, encombrés de ruines amoncelées, qui couvrent au nord-ouest un bon tiers de la ville, rappelant les terribles effets de la peste et do l'inondation Vers le nord, près de la porto du milieu est la mosquée d'Omar Sahraouardi, un santon dont le tombeau est surmonté d'un cône en forme de pomme do pin. A l'est, confinant aux. jardins, s'élève la moquée d'Abd-el-Kader Gilani, dont les restes sont visités par les croyants du monde musulman toul entier ; un de ses dômes, le plus grand, est recouvert de faïence vernie.

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