SYRIE ET MESOPOTAMIE
Fig. 85. — Caravane dans le Turkestan.
lisière élevée du Sud-Est et les oasis arrosées par les canaux dérivés des fleuves. Aussi, malgré l'absence de montagnes, la Russie a-t-elle mis bien plus longtemps à conquérir ce pays que les immenses espaces sibériens. Il lui a fallu traverser des déserts, et borner ses opérations aux vallées fluviales pour atteindre les bordures de la Mongolie, du Tibet et de l'Iran.
Elle a conquis le cours inférieur de 17//, aujourd'hui province de Semiriëtchensk ; le long du Syr, elle a soumis les Kbanals de Tachkend et de Kokand, aujourd'hui province de Fergana.
Sur le Zérafchan elle s'est approprié Samarkand, d'où elle tient à sa merci Boukhara, située dans la lagune terminale et qu'elle peut par conséquent priver d'eau. Pour atteindre Khiva, il lui a fallu traverser un désert au prix de faLigues infinies.
Le lo.ig de la bordure extérieure de Vlran, elle a construit un chemin de fer à travers le pays des Tekkès, et elle s'est emparée de Merv qui est à la fois sur la route de Hérat (Afghanistan), c'est-à-dire de l'intérieur môme de l'Iran, et sur la route de Balkh et de Faîzabad, c'est-àdire des revers septentrionaux de l'indoulvoucb (voir p. 155, chemin de fertranscas" pien).
Ainsi, la Russie est désormais la maî- (resse de ce grand pays qui fut autrefois le berceau des Turcs et le cbemin des glandes invasions venues de l'Asie; c'est elle qui menace à son tour les deux premières puissances de, l'Asie : Y Angleterre par Merv et l'Amou-Daria, la Chine par le Syr-Dària et l'ili.
Le Saksaoul. — La végétation des steppes du Turkestan est extrêmement pauvre, mais elle est fort originale. Les plantes du sud y refoulent peu à plantes du nord, ;'i mesure que la région devient plus désertique, et elle s'adapte peu à peu ù ce milieu dont la sécheress ■ est 1'' caractère «lislinctif. Ainsi le Sul. aoul (Anabasis ammodendron), originaire 'le Perse, est complètement dépourvu de feuilles, bien qu'il produise des Heurs et des fruits on dirait un fagot verdoyant. Autour «lu tronc s'appliquent chaque année des bourrelets de bois neuf. La graine e .t d'une extrême dureté, brûle très lentemenl ; le bois <jst plus lourd que l'eau et sous la hacbe il jette des étincelles.
NOMENCLATURE PHYSIQUE
Latitude. — Algérie et Maroc, États-Unis <lu Sud.
Longitude. — Moscou, mer Blanche.
Climat. — Le Liban interposé entre la Syrie et la mer absorbe toute l'humidité; derrière lui le désert et les steppes s'étendent jusqu'à a lisière du plateau de l'Iran.
Massifs phéniciens. — Liban (3000 m.); Anti-Liban (2750 m.).
Plateau de Palestine. — Jérusalem (750 mètres).
Dépression du Jourdain. — Lac de Gênézareth (—191 m.) ; mer Morte (—394 m.).
Fleuves de la Mésopotamie. — Tigre (Diarbékir, Mossoul, Bagdad); — Euphrate.
Tous deux réunis forment le Chat-el-Arab (Bassorah).
NOMENCLATURE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE
La Syrie et la Mésopotamie sont comprises dans les possessions turques de l'Asie.
Superficie. — 900 000 k. c. (Fr. : 529 000).
Population. — 6 millions d'hab. (Fr. : 38).
Divisions politiques. — Vilayets turcs de Diarbékir, d'Alep, de Syrie, de Bagdad, de Bassorah.
Villes principales. — Damas (150), capitale de la Syrie, point de départ des caravanes qui traversent le désert, grande ville religieuse; — Alep (70\ tête de ligne de la route du Tigre; — Beyrouth (70), le principal port des Échelles du Levant ; — Bagdad (60) et Mossoul (10), villes industrieuses du Tigre; — Jérusalem (28), grand centre de pèlerinages chrétiens, israélites et musulmans.
Ports principaux. — Sur la Méditerranée : les Échelles (Alexandrette, Lattaquié, Tripoli, Beyrouth, Jaffa) ; — Sur le golfe Persique : Bassorah dans le delta du Chat-el-Arab.
^•^ JLeur situation et leurs
grands souvenirs. — L'espace triangulaire compris entre la côte rectiligne qui borde l'extrémité orientale de la Méditerranée et la lisière occidentale de l'Arménie et de l'Iran se partage en trois régions distinctes : la plaine de Mësopota-
Fig. 86. — Jérusalem.
mie arrosée par les deux fleuves jumeaux le Tigre et l'Euphrate,— les steppes et le désert de Syrie, — l'étroite bordure de
montagnes qui longent la Méditerranée depuis Alexandrette jusqu'à la péninsule du Sinaî, en passant par la Palestine.
La s'élevèrent 1rs grands empires d'Assyrie et de Babylonie; ici le commerce de tout le monde méditerranéen se concentra entre les mains des Phéniciens; et, dans la Jmh'r, Jérusalem (fig. 80) rappelle l'histoire du peuple juif et la vie du Christ.
Tous ces grands souvenirs ne sont plus attestés aujourd'hui que par des ruines.
•vwv Le Tigre et l'Eu pi ira te. — L'Euphrate naît au cœur de l'Arménie qu'il traverse en formant de nombreux détours et plus de 300 rapides. Il semble vouloir d'abord aboutir au golfe d' Alexandrette, mais, arrivé à 170 kilomètres de la Méditerranée, il se détourne brusquement vers le golfe Persique.
Le Tigre sort des dernières pentes de l'Arménie à une très faible distance de l'Euphrate; il longe ensuite la bordure occidentale de l'Iran, dont il recueille toutes les eaux, et ne cesse de grossir jusqu'à son confluent avec l'Euphrate, tandis que celui-ci, au sortir des steppes et des déserts, est déjà appauvri par l'évaporation.
Les deux fleuves, après s'être rapprochés une première fois aux environs de Bagdad, ne se réunissent de nouveau qu'assez près de la mer, sous le nom de Chat-el-Arab. Ils ont comblé de leur delta le fond du golfe Persique, à partir de Bassorah, autrefois port maritime, aujourd'hui port fluvial.
Les grands établissements historiques, Ninive (aujourd'hui Mossoul), Séleucie et Ctésiphon (aujourd'hui Bagdad), ont été fondés sur le Tigre.
Babylone se trouvait sur l'Euphrate , mais après sa première réunion avec le Tigre, qui par des canaux artificiels lui envoyait une partie de ses eaux.
Le Tigre et l'Euphrate sont le grand chemin du commerce terrestre entre la Méditerranée et le golfe Persique; la route principale part d'Alexandrette, atteint l'Euphrate à Biredjik, le remonte jusqu'au point de son cours le plus rapproché du Tigre qu'elle rejoint à Diarbékir pour ne plus le quitter; elle passe à Mossoul et Bagdad. Elle Ira verse des pays riches ctfertiles (la. rive gauche du Tigre et la Babylonie) où se concentre la vie de toute la région.
Aussi les Anglais ont-ils projeté un chemin de fer d'Alexandrette à Bassorah, qui compléterait le service maritime de Bassorah à Bombay (Inde).
vwv. Les steppes et le désert de Syrie. — A l'Ouest de l'Euphrate, des steppes et des déserts s'étendent jusqu'à la bordure montagneuse de la Méditerranée, qui arrête au passage les nuages venus de cette mer.
C'est une vaste plaine qui s'élève et devient de plus en plus stérile vers le Sud, dans la direction de l'Arabie.
L'Euphrate n'en reçoit que quelques
gouttes d'eau par des ouadis temporaires, semblables à ceux du Sahara ou de l'Arabie; les oasis qui se trouvaient dans la partie septentrionale, la plus étroite, ont peu à peu disparu avec les canaux d'irrigation qui les entretenaient.
La plus célèbre de ces oasis fut celle de Palmyre, création artificielle qui n'a duré qu'un moment, et dont il ne reste que des ruines.
Seules les oasis de Damas et du volcanique Djebel-Hawan subsistent encore à cause de leur proximité de la mer.
*™* Hauteurs de la. Phénicie et de la Palestine — Cette bordure montagneuse est formée de deux soulèvements distincts. L'un, plus récent et plus élevé est au Nord : c'est le Liban, doublé de Y Anti-Liban, avec l'étroite plaine intermédiaire de la Syrie creuse ou Cœlé-Syrie (vallée de l'Orontès et du Leontès).
L'autre, au Sud, orienté de même et double aussi, se compose des croupes moins élevées et en partie volcaniques de la Palestine; elles se relient au Sud au massif imposant du Sinaî. La vallée intermédiaire, fort étroite, s'abaisse jusqu'à 400 mètres au-dessous du niveau de la mer, le fond en est occupé par la mer Morte, qui reçoit le Jourdain.
Cette dépression se termine enfin au Sud par la vallée de Ghor qu'un seuil de 2 à 300 mètres seulement sépare de celle de ÏOuadi Arabat et de son prolongement marin le golfe d'Akabah.
■^^- IJes pays du Liban. — Le Liban phénicien, paré de sites riants, couronné de bois d'où le cèdre a malheureusement disparu, dominait jadis nombre de villes maritimes prospères et populeuses dont les survivantes comptent encore parmi les échelles' du Levant. La plus grande est Beyrouth, peuplée maintenant de 70 000 habitants.
L'Anti-Liban a toujours été nu et désolé ; il s'abaisse par endroits, et laisse plusieurs passages libres entre la riche plaine de la Cœlé-Syrie, où s'éleva autrefois la fastueuse Héliopolis (Balbeck), et les oasis de Damas, d'Alep, sorte de ports établis pour les caravanes sur la lisière du désert. Tout ce commerce aboutissait dans l'antiquité à Anlioche , située sur l'Orontès, à l'endroit où il perce ÏAmanus, prolongement septentrional du Liban; ce fut une des métropoles de l'Orient, et elle compta près d'un million d'habitants. Un tremblement de terre, en 1872, a achevé sa ruine, elle est supplantée par les ports de Lattaquié et de Aias.
Depuis les croisades, la langue française, très répandue dans le Levant, est parlée surtout chez les Maronites, peuples du Liban protégés de la France.
w*- L<a Judée. — La vallée du Jourdain (la terre promise) contraste par sa verdure avec le reste de la Palestine, région désolée, sans arbres et presque sans