IX
Truvanoore et Ceyluu.— Au ■"ni H <i Dékan, un second Dékan en mili massii de Travam <re
ASIE
L'île de Ccylan prolonge elle-même l'Inde car le détroit de Palk est peu profond et il est traversé par une sorte d'isthme à demi détruit d'iles basses, qui portent le nom significatif de Pont d'Adam, et où un seul chenal étroit laisse passer les petit s navires. vw>. Fleuves flu Dékan. — S'avançant en triangle dans l'Océan, l'Inde reçoit beaucoup de pluies.
L'alizé du Nord-Est qui domine sur le golfe du Bengale passe au-dessus de la péninsule, et vient arroser largement le versant oriental des Ghates occidentales : là naissent le Godavéry, la Krichna, le Cavéry, etc. Une partie des eaux s'accumule en nombreux lacs sur une grande partie de la surface de la péninsule, formée d'un sol imperméable.
La mousson du Sud-Ouest, qui souffle pendant l'été sur la côte occidentale ou de Malabar, n'y alimente que de courts torrents et porte la plus grande quantité de ses vapeurs à l'Himalaya.
^~v l/Imlus et le Gangre. — Les pluies hymalayennes sont si abondantes, que tout le pied montagneux en est inondé et forme une zone marécageuse appelée le Teraî, derrière laquelle le Népaul et le Boutan ont pu s'abriter pour conserver leur indépendance.
Elles gonflent en même temps les fleuves frères le Gange et le Brahmapoutre, l'Indus et son affluent, le Setlcdje : nés dans le Tibet, ils ont eu assez de force pour percer l'énorme barrière montagneuse qui les séparait de l'océan Indien.
Le Gange, longeant la montagne, en recueille toutes les eaux : de là son gigantesque di'lta.
L'Indus, au contraire, une fois sorti du Pendjab, n'est plus grossi par aucun affluent, s'évapore dans le désert de Thour et arrive à la mer fort diminué.
"""- Conditions politiques de l'Inde. — Sous le climat liumide et brûlant, sur le sol riche et fertile de l'Inde, s'est développée une race de près de 200 millions d'habitants, dont l'antique civilisation avait créé de puissants empires.
Fig. S 7. — Ruines hindoues.
Amollis par une prospérité excessive, affaiblis par leurs divisions en castes, les Hindous ont subi le joug des Arabes, puis
des Mongols, des Portugais, des Hollandais, des Français, des Anglais.
Ceux-ci, restés les maîtres au dix-huitième siècle, ne nous ont laissé que quelques établissements côtiers. Us ont créé dans l'Inde un gigantesque empire colonial dont ils tirent le riz et le coton pour l'Europe, Y opium pour la Chine, et où ils écoulent les produits de leurs filatures et de leurs usines métallurgiques.
Calcutta, Madras, Bombay, ports du commerce européen et étapes vers l'extrême Orient, ont supplanté les grandes cités hindoues de l'Indus, du Gange et du Dékan, Lahore, Dehli, Agrah, Benarès, Haîdérabad; Bombay surtout a pris une importance capitale, depuis que le percement du canal de Suez en a fait la tête des ligues de navigation vers la Méditerranée.
Pour assurer la défense de l'Inde et y affermir leur domination, les Anglais ont construit des lignes ferrées qui relient Bombay à Lahore, à Madras, à Calcutta, et le Bengale au Pendjab. La ligne de l'Indus a même un embranchement vers Hérat (p. 156) pour faciliter la défense des passes de Kettah.
La Russie, de son côté, convoite l'Inde afin de s'y créer un débouché comme ceux qu'elle possède sur le grand Océan ; mais elle se borne pour le moment à en menacer la route par ses possessions de l'Arménie et du Turkestan.
Voir : Les colonies anglaises, p. 116.
Résumé historique — A une époque très reculée, tes Aryas, arrivant des bords de l'Oxus parl'Indou-Kouch, s'établirent dans le bassin de l'Indus. Ils étaient pasteurs et agriculteurs. Leurs chants sacrés sont les Vi'das. Ils conquirent ensuite la vallée du Gange et furent gouvernés par les Brahmanes ou prêtres de Brahma, qui organisèrent en corps de doctrines la vieille religion indoue, le Brahmanisme. Les populations primitives furent domptées ou refoulées. Vers le Ve siècle avant l'ère chrétienne, Cakia Alouni prêcha une réforme reilgieuse, le Bouddhisme, qui abolissait la hiérarchie formaliste des castes.
La campagne d'Alexandre sur l'Indus (327-325) commence pour ainsi dire l'histoire de l'Inde. Il y eut dès lors des relations suivies entre l'Occident el l'Orient. Elles continuèrent pendant la période romaine. L'empereur Claude reçut même une ambassade du rajah de Ceylan.
Au début du Ville siècle après J.-C, paraissent les musulmans (khalifes Ommiades, puis Abbassides ; au XI* siècle, Ghaznévides , au XII* siècle, Gourides). L'Inde entière était au XIII* siècle soumise au mabométisme.
Au XIV- siècle, surviennent les Mogols ou Mongols, avec Gengis-Khan, puis Tamerlan. En 1525, lîahour, descendant do Tamerlan, fut le premier des Grands Mogols qui régnèrent à Delhi. Sa dynastie fut à son apogée sous Aureng-Zeb (1658-1701) ; mais la décadence cemmença aussitôt après. L'Inde se morcela en états indépendants.
Déjà les Portugais étaient arrivés à Calicut, en 1 198, avec Vasco de Gama, et avaient fondé quelques établissements sur les côtes. Leur exemple fut suivi au XVIIe siècle par les Danois, les Français et les Anglais (1599). La guerre de sept ans et le traité de Paris en 17(>3, consacrèrent la prépondérance de l'Angleterre.
L'Inde gouvernée, d'abord par une association commerciale, la célèbre Compagnie des Indes, a aujourd'hui pour impératrice la reine d'Angleterre.