LA MALAISIE
par un chenal profond composé des détroits de Bali et de Macassar et de la mer de Célèbes.
vwv, Les volcans de la Malaisie* — Parmi les caractères communs de ces deux Malaisies, le plus remarquable est l'action à peu près uniforme qu'y exercent les volcans. Ils remanient peu à peu toute la région.
Les Philippines , les Moluques, tout le chapelet des îles de la Sonde constituent une immense ceinture de volcans qui embrasse, dans un seul cercle, les îles australiennes comme les îles asiatiques.
Un grand nombre sont encore en activité, et nulle part deux cratères ne sont distants l'un de l'autre de plus de 150 kilomètres. Sumatra en compte cinq, Java vingt, les petites îles de la Sonde sept, les Moluques à peu près autant, la péninsule de Menado (Célèbes) et les îles qui en dépendent cinq, les Philippines plus d'une douzaine.
Des éruptions considérables ont bouleversé Java ; la dernière, celle du volcan de l'Ile Krakatoa, dans le détroit de la Sonde, a bouleversé les rives de cet important passage et fait périr dans les parties voisines de Sumatra et de Java plus de 30000 personnes (1883).
Par une exception singulière, il n'y a absolument aucune trace de volcans dans les terres qu'enveloppe ce cercle de feu : on ne trouve de cratères actifs ou éteints ni dans Bornéo, ni dans les trois péninsules méridionales de Célèbes.
De hautes montagnes granitiques, des roches primitives, dont le point culminant, le Kinibalou (Bornéo), atteint 4 175 mètres, dominent tout l'archipel. Elles enveloppent des plaines de l'époque tertiaire qu'un lent abaissement a parfois submergées, comme à Célèbes.
-™* Uniformité du climat de la Malaisie* — Le climat contribue également à effacer les dissemblances des deux Malaisies.
Tout l'Archipel est traversé par l'Equateur; il est compris en entier dans la zone de chaleurs égales et de pluies abondantes où. se trouvent en Afrique le Soudan, et en Amérique les Guyanes. Comme ces deux pays, il est partout recouvert d'une épaisse et luxuriante végétation qui rappelle les rives de l'Amazone ou du Congo.
Aussi la faune et la flore originaires d'Asie et d'Australie tendent-elles à se confondre dans chaque région de l'archipel : à côté des espèces particulières à l'une d'elles, il y en a de communes à toutes les deux.
Seules les petites lies de la Sonde jouissent d'un climat particulier dû au voisinage du continent australien. D'avril à octobre la mousson du Sud-Est y apporte si peu de pluie, qu'à la lin de celte saison beaucoup de rivières sont desséchées et la plupart des arbres perdent leurs feuilles ; les
forêts sont d'ailleurs très rares : on n'en trouve que dans les vallées et sur les pentes les plus humides des montagnps.
■»w^ Colonies hollandaises. —
La plus grande partie de cet archipel est aux mains des Hollandais1, et constitue pour eux un empire colonial dont l'importance ne le cède qu'à celle des Indes Britanniques, (25 millions d'habitants, de l'or, des diamants, des perles, de la houille; le thé, le café, le riz, le tabac, l'indigo, le camphre, les épices). Tout y est régulièrement et pacifiquement exploité, les habitants comme les produits du sol.
L'ensemble du commerce des Indes néerlandaises s'élève à près de 250 millions, dont 200 millions environ avec la métropole.
La plupart des anciens sultans indigènes ont été maintenus avec leur indépendance nominale, même à Java; mais ils sont dans la main des résidents hollandais, et ils forcent leurs sujets à travailler pour le compte du gouvernement de Batavia.
Dans l'armée coloniale même, il n'y a guère que les officiers qui soient hollandais : la grande majorité des troupes est malaise. Le riz, l'indigo et le café sont encore des monopoles du gouvernement; le café seul fournit un revenu annuel de plus de 100 millions.
L'accroissement de la population est rapide. Dans Madoura elle a presque doublé de 1856 à 1871 ; elle s'est élevée de 400 000 à 700000 habitants. — Batavia (fig. 91), la capitale, en a 92nno
Fig. 91. — Une ruo de Uatavif
^w.. Colonies espagnole». — Les
Espagnols possèdent en Malaisie le grand et beau groupe des Philippines qu'ils ont conquis par de longues luttes sur des sultans musulmans.
Le régime est à peu près le même que dans les colonies hollandaises : l'influence du clergé a établi une égalité presque complète entre les Européens très pru
l. riuiipp» H. roi >l'Kspi|;ii'<. t'élut Portugal, avait .i. quia igtlunsol !<•* i
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AUSTRALIE i
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Dombreui el les indigènes qui sont environ h millio
i ■ monopole du tabac forme le meilleur revenu du gouvernement (exporta lion de 26 million Le sucre et le chanvre 1 mille sont les deux principaux objets du i ommi n e di . parti* ulii i [exportation
50 raillions). La capitale Manille, 180000
hab., a le caractère d'une ville européenne.
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Les Anglais se sont établis à Labouan petite île voisine de la côte de Bornéo; et ils y ont créé pour leurs vaisseaux qui vont en Chine un dépôt de houille alimenté par le pays lui-même.
A côté de cette colonie de la reine, ils possèdent dans Bornéo toute la partie septentrionale qu'un sultan indigène a cédée en 1881 à une compagnie privée, malgré les protestations des Espagnols, et, depuis 1840 une partie de la côte Nord- Ouest est sous la domination d'un rajah anglais, James Brooke d'abord, aujourd'hui Charles Johnson Brooke.
La prospérité de ce petit État prouve jusqu'à quel point les peuples demi-barbares de la Malaisie sont accessibles à l'influence de la civilisation européenne.
Sumatra. — Cette grande île est coupée par l'Equateur en deux parties presque égales. Des milliers d'îlots l'entourent. Le nord, l'ancien sultanat d'Atchin, soumis depuis quelques années, est encore peu connu: des peuples barbares confinés au centre n'ont été que très imparfaitement étudiés par quelques voyageurs, au prix de sérieux dangers. Les côtes, sauf la partie comprise à l'ouest entre Singkel et la pointe d'Atchin, sont assez fréquentées, mais la côte orientale est de beaucoup la plus visitée, la plus commerçante, car les rapports journaliers se sont établis depuis longtemps déjà entre Singapovir et Batavia.
L'aspect de l'île varie suivant la côte sur laquelle on se trouve. Le massif qui la parcourt se rapprocha à l'ouest à partir de l'Equateur et donne à la côte occidentale un aspect imposant et grandiose. Sur les flancs des montagnes dont les sommets se perdent souvent dans les nuages, s'étale une végétation d'une vigueur et d'une exubérance dont on a peine à se faire une idée. Parfois, la mer baigne le pied d'immenses collines qui se dressent inaccessibles avec leurs arbres gigantesques penchés sur l'abîme; parfois à travers une gorge, l'on aperçoit le versant des contreforts qui s'échelonnent parallèle, ment et semblent monter les uns sur les autres, La côte orientale est plus plate et plu» malsaine.