OCÉAN1B
Les minéraux de l'Australie.
•va.%^ Importance de l'or dans le développement des colonies australiennes. — C'est l'or qui a fait la fortune de l'Australie, moins en l'enrichissant qu'en la faisant connaître et en y attirant à flots les émigrants. L'exploitation aurifère, bien que très productive encore, a cessé d'être la principale industrie du pays ; elle est aujourd'hui reléguée au second rang par les industries agricoles, surtout l'élevage des bestiaux; mais c'est elle qui a suscité toutes les autres, et donné ainsi l'essor au plus jeune des empires coloniaux de l'Angleterre,
w.w Production de l'or. — En 1851, un certain Hargraves découvrit le long d'un affluent du Macquarie un gisement aurifère large de 160 kilomètres et en proposa l'achat au gouvernement.
Bientôt après, on trouva à Bathurst deux pépites de 300 livres contenant 160 livres d'or pur. A la fin de l'année 50 000 chercheurs d'or étaient à l'œuvre : l'émigration 6e porta en masse vers le pays de Victoria, cette nouvelle Californie, et dans le seul mois de décembre 1852, 152 vaisseaux amenèrent kPort-Philipp 12 000 passagers.
Cette année-là on exporta pour 400 millions d'or. La production se développa encore l'année suivante par la découverte de gisements nouveaux : elle fut de 500 millions.
Mais deux causes la firent bientôt diminuer; d'une part les allumions fluviales où la recherche se fait facilement et à peu de frais s'épuisaient; d'autre part, l'abandon de tout autre travail produisait une telle augmentation dans le prix des vivres, qu'un grand nombre quittèrent peu à peu les mines pour revenir à l'agriculture et au commerce ordinaire.
Dans la Nouvelle-Galles et Victoria, la valeur de l'or produit en vingt-sept ans, de 1851 à 1878, a été de 5 618750 000 dont 4 806 250 000 pour Victoria seulement, qui possède les riches mines de Ballarat.
Dans Queensland où l'or fut découvert en 1857, et dont les mines de Gympie, trouvées en 1867, sont comparables à celle de Ballarat, la production de l'or a été de 135 millions en quinze ans (1860 -1875). Depuis, en une seule année (1878), elle s'est élevée à 30 millions, et il est probable qu'elle se développera encore.
v^ Exploitation de l'or. — On rencontre l'or en Australie, tantôt à la surface du sol, tantôt dans des alluvio?is peu profondes ; mais le plus souvent il faut l'extraire des masses rocheuses du quartz .
Les premiers chercheurs d'or, travaillant isolément ou réunis en petites associations semblables à celles de la Californie, eurent bientôt récolté tout l'or superficiel et épuisé les alluvions par le lavage. Il fallut alors attaquer la roche : cette nouvelle exploitation, entraînant des frais considérables, fit passer la recherche de l'or entre les mains de compagnies puissantes qui s'en occupent seules aujourd'hui, même dans les pays comme
». ensland où le quartz est à peine en-
Lamé.
Conduite avec méthode et dirigée par des
lés scientifiques, la recherche de l'or
n'excite plus la fièvre des premiers j >urs et
i n'attire plus la foule des aventuriers ; elle n'en
donne pas moins des résultats presque aussi satisfaisants qu'aux premiers jours.
En 1866, il y avait 2 029 filons d'or exploités dans le quartz, et ils occupaient une superficie de 2 030 kilomètres carrés. Ces filons sont plus ou moins riches: généralement leur rendement baisse d'année en année, mais, comme leur nombre s'élève, la production atteint toujours des chiffres considérables : diminuant dans Victoria, elle augmente dans la Nouvelle-Galles et dans Queensland, et n'est pas près de cesser.
•wvN. Le cuivre etl'étain. — L'Australie du Sud est fort riche en cuivre. Les mines exploitées sont dans le voisinage du golfe de Saint- Vincent (Burra-Burra, Wallaroo, etc.); d'autres, plus au Nord, forment la réserve de l'avenir.
L'exportation de cuivre, métal et minerai a été en 1874 de près de 20 millions de francs. Uétain est exploité dans Queensland et dans la Tasmanie. Queensland en a exporté en 1878 pour plus de 2 millions, et la Tasmanie, en 1876, pour 2 500 000 fr.
-v^ La houille. — Un des plus puissants éléments de prospérité de l'Australie, et dont l'exploitation survivra certainement à celle de l'or, c'est la houille.
On n'a commencé à l'exploiter dans la Nouvelle-Galles qu'en 1863, et depuis, sa production s'est considérablement développée. En 1878, 28 mines ont produit 1500 000 tonnes valant 23 millions. Les deux tiers en ont été exportés dans la Nouvelle-Zélande, dans les autres colonies australiennes, dans la Malaisie et jusqu'à Chang-hai (Chine).
Tant que les gisements chinois et ceux de Bornéo ne seront- pas exploités sérieusement, il est certain que Newcastle d'Australie sera le grand marché houiller de l'extrême Orient et du Pacifique.
Les explorations australiennes.
"*™- Caractère particulier de ces explorations. — Située presque aux antipodes, la jeune Australie ne pouvait exercer sur les Européens la môme attraction que notre vieille voisine l'Afrique. Son exploration, commencée en ce siècle même, est presque exclusivement l'œuvre de voyageurs que leurs choix ou leur naissance avaient faits Australiens.
Qu'y avait-il derrière les côtes bordées de montagnes où s'étaient fondées les premières colonies ? L'intérieur était-il peuplé ? Offrait-il à l'agriculture des terres nouvelles, au commerce, à l'industrie, des débouchés ou des aliments nouveaux? Ces problèmes australiens n'ont tenté que les fils de l'Australie. Ceux-ci ont d'ailleurs travaillé à les résoudre avec opiniâtreté, et, bien que l'intérêt ait eu plus de part que la science dans leurs entreprises, ce n'en est pas moins un beau spectacle que cette lutte de quatre-vingts ans contre l'inconnu austral qui a dû livrer à la longue et un à un tous ses secrets importants.
•vw»- Le Murray et ses affluents. — Sydney, premier établissement de la colonie (1788), fut naturellement le point de départ des premiers voyageurs ; les officiers qui accompagnaient le capitaine PhilHpp firent des levés topographiques dans la basse vallée Je la rivière Hawfcesbury ; mais on s'en tint là pendant longtemps : les difficultés de la haute vallée et l'étrangeté de la nature australienne
empochèrent les explorateurs de franchir les montagnes Bleues.
En 1813, Wentworth et Lawson s'y hasardèrent; les premiers ils reconnurent deux des rivières qui appartiennent au grand réseau fluvial du Murray : le Lachlan et le Macquarie.
Quatre ans après, en 1817 et 1818, Oxley descendait ces deux cours d'eau jusqu'aux marécages qui les entravent; de nombreux voyageurs, suivis bientôt par des colons, parcoururent le revers occidental des terrasses côtières, et découvrirent les merveilleux pays de pâturages où vivent aujourd'hui des millions de moutons, les Darling-Downs, et la Liverpool-Plaine.
En 1827, on avait poussé au Sud jusqu'aux Alpes australiennes où s'élève la cime culminante du Kosciusko, et découvert les deux grands affluents du Murray, le Darling et le Murrumbidje.
«Dès lors commencèrent les voyages qui firent connaître les rapports des rivières dont on n'avait encore vu que le cours supérieur et l'unité géographique du seul grand réseau fluvial que possède l'Australie. (Voyages deStuart sur le Macquarie et le Lachlan, 1828-29; — du major Mitchell sur le Murray, 1831-36; — de Stryelecki dans les Alpes australiennes, 1841).
vw^ L'Australie occidentale. — La seconde colonie fondée en Australie avait été celle de la rivière des Cygnes, (Perth), et de la baie du roi Georges (Albany), à l'angle sud-ouest du continent (1829).
Comme à Sydney, on explora d'abord les montagnes auxquelles s'étaient adossés les nouveaux établissements, les Darling-Range et les Stirling- Range. Puis on s'avança vers le Nord le long de la côte occidentale; dès 1829 on connaissait la rivière Gascogne et l'on était arrivé au fleuve Victoria et au plateau de l'Australie septentrionale.
-Bientôt commencèrent les premiers voyages dans l'intérieur: de Fr. Gregory et Roe dans la région orientale des steppes et des lacs salés (1846-48); d'Austin Drummond (1864) et Fr. Gregory (1858) dans les hauts bassins du Murchison et du Gascoyne.
Enfin on s'engagea plus résolument encore dans l'Est. Divers explorateurs, partis tous de Perth, se dépassèrent successivement : le dernier, Alexander Forrest, atteignit le 122e degré de longitude orientale (1871).
■vw^ L'Australie méridionale. — A son tour, l'Australie méridionale, fondée en 1836, devint un centre d'explorations actives. Les environs des deux golfes Samt-Vincent et Spencer furent d'abord reconnus par les voyageurs partis d'Adélaïde.
Dès 1839 Eyre avait découvert le lac Torrcns. En 1840, il s'avança plus au Nord à travers un pays affreusement désert, découvrit une autre lagune immense qu'il prit pour un prolongement septentrional du Torrens, le lac Eyre, puis se dirigeant vers l'Ouest relia les Australies méridionale et occidentale.
Ses rapports sur la région voisine du Torrens ne découragèrent pas les voyageurs, qui poussèrent encore plus au Nord et explorèrent le pays connu sous le nom de district des lacs. Stuart dépassa môme le 25« degré de latitude Sud et approcha du Tropique (1815).
vw. La traversée dans le sens des Méridiens. — Les explorations parties de l'Australie méridionale furent une préparation à la traversée du continent dans le sens des Méridiens.