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LE SAHARA

NOMENCLATURE PHYSIQUE

Latitude. — Bengale, Tonkin, golfe du Mexique, grandes Antilles.

Longitude. — Europe centrale et occidentale.

Climat. — Grande sécheresse. Chaleur extrême le jour, nuits parfois très froides.

Montagnes. — Plateaux du Ahaggar et de Tassili ; — monts Tumrno et Tarso.

Dépressions au-dessous du niveau de la mer. — Chott Melrir, SO m., oasis d'Adjila, 52 m.; de Siouah 29.

Rivières desséchées. — Oued Draa, oued Rhig formé de 'oued Miah et de l'oued Ighaighar.

Oasis. — Adrar, Tafilet, Figuig, Voued Rhig, le Mzab, Ghadamès, Ghat, Mourzouk, Koufra.

NOMENCLATURE POLITIQUE

Superficie. — Toute la région physique à laquelle s'applique le nom de Sahara a une superficie d'environ 9160 000 kil. car. (Eu rope : 10 millions).

Divisions politiques. — 1° Les côtes au Sahara sur la Méditerranée forment le vilayet turc de Tripoli. — Capitale : Tripoli (30), port important, centralisant le commerce des caravanes.

2" La partie septentrionale du Sahara dépend de YÉgypte (oasis de Siouah); — de Tripoli (oasis d'Audjila, de Koufra, de Mourzouk, de Ghadamès); — de l'Algérie (oasis de l'Oued Rhig, du Mzah);— du Maroc (oasis d'Aïn-Salah et du Tafilet).

3° Le centre est peuplé par des tribus mahométanes indépendantes, pour la plupart nomades : les Tihbous, dans les oasis des monts Tarso et de Bilma;— les Touaregs, dans le oasis de Ghat et de l'Aïr; — les Maures, dans l'oasis d'Adrar.

Population totale du Sahara. — Environ 3 millions d'habitants.

Commerce. — Le commerce se fait par caravanes, qui vont du Soudan à la Méditerranée, ou vice versa, en traversant le Sahara; les principales étapes sont celles d'In-Salah et du Tafilet, par où l'on va au Maroc et en Algérie; de Ghat, de Ghadamès et de Mourzouk, par où l'on va à Tripoli.

•ww Zone des déserts «le l'an-

cien continent. — Les déserfs de l'ancien continent s'étendent transversalement sur la surface de l'Afrique et de l'Asie depuis L'océan Atlantique jusqu'au golfe de Petchili.

Le Sahara, Y Arabie, Ylran, l'Asie centrale forment, au Nonl des péninsules méridionales de l'ancien confinent, une zone stérile que n'arrosent ni les pluies périodiques des régions équatoriales, ni les pluies intermittentes des régions tempérées. L'absence de pluies a déterminé la

formation du plus vaste désert qui existe a la surface du globe, le Sahara.

v^n. L,a vérité sui* le Sahara.

— Le Sahara n'est pas, comme on l'a cru longtemps, le fond d'une ancienne mer desséchée. Les dunes de sable ne couvrent guère que les régions les plus voisines du massif de l'Atlas, c'est-à-dire la dixième partie environ du Sahara tout entier.

Le soleil, la gejée nocturne, la rosée désagrègent les roches; leurs débris emportés par le vent s'accumulent en dunes; mais sous ce sable on retrouve un terrain solide.

Enfin le désert n'est pas absolument dépourvu de toute autre végétation que celle des oasis* (fig. 93),etc'est lesab/e, qui, dans le Sahara, comme dans nos landes de Gascogne, conserve le plus longtemps l'humidité et nourrit la végétation la moins rare.

Fig. 93. — Une oasis dans le Sahara algérien.

*™»- L«e relief «lu Saliara. —

Toutes les erreurs accréditées autrefois sur le Sahara ont été dissipées grâce aux nombreuses explorations qu'a suscitées la conquête de l'Algérie.

Le Sahara est, au point de vue du relief, un pays comme un autre ; il a ses montagnes, ses plateaux, ses vallées, et même ses rivières, bien que le lit en soit le plus souvent à sec.

Nulle part son niveau n'est inférieur au niveau de la mer ; on avait cru à l'existence d'une dépression entre le cap Bojador et Tombouctou, le voyageur autrichien Oscar Lenz( 1880) a détruit cette hypothèse.

Le Sahara forme un vaste plateau d'une hauteur moyenne de 300 mètres. Relié par de hautes terres aux massifs berbères, vers la frontière du Maroc et de l'Algérie, il est séparé de ces massifs à l'Ouest, par la vallée de ÏQued-liraa, à l'Est, par la dépression des chotts algériens et tunisiens, dont le fond est au-dessous du niveau de la Méditerranée.

Il s'étend fout d'une masse, — vers l'Ouest où il s'avance dans l'Atlantique, avec les dunes du cap Blanc, — vers le Nord, où il ne laisse sur la côle de Tripolitaine qu'une étroite lisière d'oasis, — vers l'Est, où il est coupé par la vallée abrupte du Nil et par la faille plus large

mais tout aussi brusque de la mei Rouge.

Le centre du plateau est le massif granitique du Ahaggar qui a des cimes de 2 000 à 3 000 mètres, quelquefois couvertes de neige tout l'hiver: ce massif se prolonge vers le Sud-Est, dans la direction de l'Abyssinie,parlesmontsTibesti(2 000m.).

vw^- lies eaux fin Sahara. — Si cette immense surface de près de 10 millions de kilomètres carrés, égale à celle de l'Europe, est un désert, cela ne tient pas à la nature propre du sol, mais à la sécheresse de l'atmosphère. Avec des pluies plus fréquentes et plus régulières, le Sahara serait aussi fécond que la plupart des pays tempérés.

Autrefois, avant les déboisements qui l'ont dénudé, il pleuvait abondamment dans le Sahara et les eaux alimentaient des fleuves dont il ne reste plus aujourd'hui que les lits desséchés, comme celui de ïoued Igharghar, affluent des chotts algériens. .

Encore ces fleuves ne sont-ils pas tout à fait indignes de leur nom : sous les sables que les vents roulent en dunes vers le Sud-Ouest, l'eau circule en nappes abondantes.

Les indigènes savent depuis longtemps creuser des puits dont les eaux jaillissantes viennent donner la vie aux palmiersdattiers des oasis.

Depuis la conquête de l'Algérie par la France, le forage de ces puits se fait mieux et plus rapidement : l'ancien lit de l'oued Rhig s'est couvert d'oasis nouvelles : les taches noires des îlots de palmiers et de jardins tigrent comme une peau de panthère la surface fauve du Sahara algérien.

r^ L,a végétation «lu Sahara.

—La végétation des oasis n'est pas la seule qui verdoie dans le désert : il y a, il est vrai, beaucoup de hamadas, plateaux pierreux absolument nus, et personne n'a pu traverser les mornes solitudes du désert de Libye; mais l'Erg, région des dunes présente souvent l'aspect d'un steppe plutôt que celui d'un désert.

Non seulement les orages accidentels font naître une flore éphémère qui fleurit et fructifie en quelques jours, attendant qu'une pluie nouvelle vienne féconder ses graines, mais l'alfa couvre les hauts plateaux, le driss, sorte de chiendent, fixe la surface mobile des sables, le jujubier épineux pousse dans les vallées, et ses buissons protègent la croissance dn pistachier sauvage, seul arbre du désert.

Le Sahara enfin est, en bien des endroits, un lieu de pâturage où les gazelles, les moulons et les chameaux trouvent une nourriture suffisante.

ww Populations et commerce du Sahara. — Aussi le Sahara n'est-il pas seulement une arène ouverte aux Touareg nomades, mais sur les 3 millions

LE SOUDAN

d'habitants environ qui y vivent un grand nombre sont sédentaires.

Tandis que les Touareg sont les pirates du désert que traversent tous les ans d'innombrables caravanes, reliant les marchés du Soudan aux pays méditerranéens, les Mzabites, au contraire , descendant peutêtre des habitants primitifs, sont répandus dans presque toutes les oasis ; ils centralisent entre leurs mains et dirigent le commerce de transit.

De Tombouctou et du lac Tchad, les caravanes se dirigent vers Ghat et Mourzouk et de là vers Ghadamès, Tunis et surtout Tripoli; ou bien par In-Salah, au pied du Ahaggar, elles vont au Tafdet et au Maroc.

La conquête de Y Algérie et l'interdiction de la traite des nègres les ont écartées en grande partie d'El Golea et de Ouargla, routes d'Alger autrefois très fréquentées. La France essaye aujourd'hui de réagir contre cet éloignement du commerce, elle a même songé à la construction d'un chemin de fer transsaharien, mais le massacre de la mission Flatters ne peut plus laisser de doute sur les dispositions hostiles des Touareg, et a éloigné pour longtemps la réalisation de cette idée.

vwv. Conclusion. — En résumé, le Sahara n'est pas une plaine sablonneuse, il est possible en mainte région d'y faire revenir l'eau à la surface du sol, et il y pousse d'autres plantes que les dattiers des oasis. Le plus grand obstacle à la traversée du désert, est moins son aridité qu'on a souvent exagérée, que la barbarie et les habitudes de pillage de quelques milliers de nomades.

Les Touareg (an singulier : Targui). — Les Touareg, désormais fameux par le massacre de la mission Flatters, sont les maîtres du Sahara. Ils surveillent le désert, toujours prêts a rançonner les caravam ou à les détrousser si elles résistent, fermement décidés à écarter toute influence étrangère qui ruinerait leur industrie et troublerait leur indépendance farouche. 11 y a chez eux plusieurs classes : les marabouts, personnages sacrés descendants de quelque saint ou du prophète lui-même, les nobles ou guerriers, les tributaires, les serfs, les esclaves. La vraie profession du Targui est la guerre. 11 est monté sur un dromadaire de course ou méhari et, assis à califourchon prés de son cou, il le gouverne avec ses pieds nus; il est vêtu de cotonnade bleu foncé; un voile noir couvre sa ligure, un laissant voir que ses yeux étincelants; il est armé d'un sabre, d'un poignard, d'une lanco et d'un bouclier do bois recouvert d'une peau d'antilope.

En dehors de leurs occupations militaires, les Touareg sont aussi des politiques habilea et même des négociants avisés. Ils courent sans cesse le désert pour surveiller leur nombreuse clientèle, et il font valoir leurs troupeaux de chameaux en les em ployant a des transports de marchandises. La femme noble a ches eux une certaine influence; elle soocupe do l'éducation de ses enfants, reçoit elle-même

t loue instruction et connaît la musique, A l ocea

sionolle donne son avis dans les caa dlffloilot. I .. France sera tôt ou tard obligée d'entrer en rapport! avec les Touareg; ils auraient tout Intérêt à devenir sous notre suzeraineté les gardiens de la paix pu blique du Sahara; mais ils ne se laisseront , der que par la forée i :

qui l'a toujours emp

niVPTTRE IV

LE SOUDAN

Passasc «lu Saliara nu

Soudan. — A partir des montagnes de

YAzben, situées sous le 17* degré de latitude nord, les pluies tropicales commencent à exercer leur influence sur le sol africain; le pays se convie progressivement de steppes herbeux au milieu desquels l'Air et Aghadès conservent avec leurs palmiers l'aspect d'une oasis.

Bientôt les mimosées, arbres qui se contentent d'une quantité d'eau médiocre, forment vers le 1oe degré de latitude une large bande de forêts.

Au delà, se déploie la végétation équatoriale avec ses formes bizarres et gigantesques, ses plantes aquatiques monstrueuses, ses baobabs dont dix hommes n'entoureraient pas le tronc.

Ainsi, la limite septentrionale entre le Sahara etle Soudan est marquée, non par le relief, mais par le climat : Le Sahara s'arrête et le Soudan commence à la zone extrême qu'atteignent vers le nord les pluies tropicales.

r/vsA. Bordliro iiioiiln^iien» ■

méridionale du Soiidun. — Au Sud, le Soudan qui ne comprend pas toute la région intertropicale, est limité ?ers le 5e degré de latitude nord par une bordure de montagnes. Celle-ci commence au Sud du Sénégal et de la Gambie avec les massifs élevés du Foula- Djallon ( 1 300el 1 500* , se prolonge vers l'Est, en diminuant d'élévation, par les monts de Kong qui dominent au Nord la côte de Guinée. 1 parait se relever au delà de l'embouchure du Niger, et va peut-être, à travers les pai ties inexplorées de l'Afrique, rejoindre le plateau des grands lacs.

■v^. ]tn**iii du Niger. — Le Soudan, dont l'élévation moyenne 500 à fiOo mètres) esl à peu près la même que celle du Sahara, esl divisé par un r ment d'à peine I B00 mètres en deux bassins : celui du Niger el celui du I ic Tchad.

Le Niger, né dans le ?outa-DjaU jette dans le golfe de Guiiu'e après formé un grand coude, dont le point le plus septentrional, TomboUi U U, esl limite des grandes pluies équatoi Grâce à ce circuil de i 000 kilomôu Niger recueille toujours en quelque partie de son cours les pluies que le déplacement des saisons promène du Sud au Nord et ,iu Nord au Sud dans laxone équatoriale. Il draine ainsi les dois quarts du Soudan.

il sort, ires abondanl des son oi < d'une région marécageuse où s'alimente également le Sénégal . 1 1 où U peul être fai ile d'i lablir u

AFRIQUE

NOMKNC.LATURfC PHYSIQUE

Latitude. — lliudoustan méridional, Indochine, Philippines, mer des Antilles

Longitude. — Europe centrale et occidentale.

Climat.— (Voir le chapitre même du Soudan).

Montagnes. — Fouta Djalon; — Montagnes de la Guinée septentrionale ou monts de Kong -Mont Cameroun, 4 200 m.); — Montagnes du Darfour(1000 m.).

Fleuves. — Sénégal (Médine, Bakel, Saint- Louis); — Gambie (Bathurst); Casamance; — Rio Grande; — Assinie; — Niger {Bamakou, Tombouctou;, grossi à g. duBinoué; — Chari affluent du lac Tchad.

Lac. — Tchad : altitude : 241 mètres.

NOMENCLATUHE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE

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