LES ILES AFRICAINES
au Brésil. La population est de 100 000 habitants, la plupart nègres.
vw». Ilots du Sud-Ouest. — A
l'Ouest de l'Afrique méridionale ne se trouvent que des îlots isolés. Le plus important est Fernando-Po, au fond du golfe de Guinée, situé en face du volcan Cameroun et où le pic Clarence atteint 3 100 mètres. Il appartient à l'Espagne.
Les îles du Prince, de San-Thnmé et d' Annobon, les deux premières au Portugal, la dernière à l'Espagne, sont sur le même alignement volcanique.
Perdues au milieu de l'Océan, les îles anglaises de ['Ascension et de Sainte-Hélène, sont des points de relâche. Sainte- Hélène est célèbre par la captivité et la mort de Napoléon Ie' (1815-1821). Le déboisement y avait fait cesser la pluie ; le reboisement la lui a rendue.
•vw^ Madagascar. — Dans l'océan Indien, on peut rattacher à l'Afrique, outre l'île de Socotora, un ensemble d'îles reposant sur un vaste plateau sous-marin, séparé du continent par les profondeurs du canal de Mozambique. Toutes sont groupées autour de Madagascar.
Madagascar, plus vaste que la France, est un massif montagneux long de 1 600 kilomètres, large de 600.
Il se compose d'une série de chaînes granitiques et de soulèvements volcaniques dont la direction générale va du Nord au Sud. Les sommets plus élevés sont au Nord où ils dépassent 2 000 mètres; ils serrent de très près la côte orientale.
C'est cette côte étroite et abrupte qui est la plus fertile et la plus populeuse, grâce aux nombreux torrents qu'y alimente le vent d'Est. Malheureusement le climat y est mauvais pour les Européens. Mais l'intérieur est sain. Le Sud est sec et peu productif.
Des Malais, les Hovas, établis au cœur de l'île, àTananarive, et à demi-convertis au christianisme, s'efforcent de dominer tout le pays. Mais la France a, depuis Richelieu, des droits de souveraineté sur Madagascar; elle a rétabli récemment son antique protectorat sur l'île entière; elle possède sur les côtes la baie de Diego Suarez, les iles de Sainte-Marie et Nossi-Bé.
Les richesses de ce petit continent sont considérables, mais encore mal connues.
•ww L«es Comores. — Entre la pointe septentrionale de Madagascar et la côte de Mozambique, se trouve l'archipel volcanique des îles Comores; l'une d'elles, Mayotte, est colonie française. Le reste de de l'archipel est placé sous le protectorat de la France. Elles font un commerce assez actif avec Zanzibar.
™^ Les Seyclielles et les >l;i -.carelgues. — Au Nord-Est les Amiranteset\es Seychelles, îlots de corail, sont d'anciennes possessions françaises, aujourd'hui britanniques. Les lies Mascareignes, situées à l'Est de Madagascar, sont : la
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Réunion ou Bourbon, Maurice ou l'Ile de France, et la petite, mais fertile Rodriguez. Bourbon, qui est la plus grande, appartient à la France ; les deux autres à l'Angleterre.
Bourbon a près de 200 000 habitants, sa capitale Saint-Denis en a 40 000, Saint- Pierre en a 30 000 et Saint-Paul 25 000 (carte, p. 85). Beaucoup de Coolies Chinois et Hindous y sont venus chercher du travail.
Toute cette population est condensée sur l'étroite lisière de terres fertiles qui bordent le massif volcanique encore actif du centre, la Fournaise. Elle s'y trouve à l'étroit et désire ardemment la conquête de Madagascar, qui serait pour elle un admirable champ d'exploitation.
Maurice est plus peuplée encore : elle a 377 000 habitants, sa capitale Port-Louis en a 70 000. Elle nous a été enlevée en 1 SI 4.
Bourbon etMaurice produisentsurtoutdu sucre et du café; elles sont souvent victimes de cyclones et de tremblements de terre.
Établissement du protectorat français aux Comores. — L'archipel des Comores, admirablement situé à l'entrée du canal de Mozambique, occupe une situation stratégique et commerciale des plus importantes. Il comprend un grand nombre d'ilôts et quatre iles principales : la grande Comore, Mohéli, Anjouan et Mayotte. La France possède Mayotte depuis 1841 ; elle a établi son protectorat sur le reste de l'archipel en 1886.
La grande Comore est la plus importante ; elle est à elle seule aussi étendue et plus peuplée que les trois autres ensemble. Elle a pour principal souverain un sultan d'origine arabe et de religion musulmane, Suïd-Ali. Jeune encore, il fut chassé de son trône et obligé de se réfugier à Mayotte, sur terre française. C'est là qu'il a appris à parler et à écrire notre langue, qu'il est devenu un homme instruit et éclairé.
Il n'y a pas longtemps qu'il avait réussi à reconquérir le pouvoir lorsqu'il reçut la visite d'un naturaliste français, M. Humblot, qu'il seconda de son mieux dans ses explorations. Émerveillé des richesses naturelles d'une île qu'on avait cru jusque-là stérile, M. Humblot proposa au sultan de lui concéder l'exploitation des produits du sol (cacao, girofle, muscade, poivre, vanille, café, etc.) à des conditions avantageuses pour tous deux, et il lui conseilla en même temps d'abolir l'esclavage et la traite et de ne placer ses états sous la protection d'une puissance étrangère qu'après avoir au préalable consulté la France. Saïd-Ali accepta.
Des relations amicales s'établirent bientôt, par l'entremise de M. Humblot, entre Saïd-Ali et le gouvernement français. Mais les autres chefs de l'ile voyaient de mauvais œil l'importance que prenait peu à peu l'ami de la France ; ils se liguèrent contre lui et l'assiégèrent dans sa capitale de Mourouni (janvier 1886), Sur ses entrefaites l'aviso le La Bourdonnais, monte par le commandant de Mayotte et par M. Humblot, mouillait dans les eaux de la grande Comore. Sur les instances de Saïd-Ali. la compagnie de débarquement dirigée par le commandant de Beausset est mise à terre. Un combat meurtrier s'engage. Les troupes de Saïd-Ali restent d'abord déliantes, immobiles, devant le secours que leur prêtent les Français. Enfin elles s'elaucent: les alliés sont repoussés, disperses. Mourouni débloqué célèbre sa délivrance par do grandes fêtes.
Peu après, Said-A li, devenu le sultan incontesté de l'île, réclamait de lui-même et obtenait le protectorat de la France. Les sultans des iles Mohéli et Anjouan n'ont pas tarde à imiter l'exemple donne pur le sultan de la grande Comore et tout l'archipel peut étra aujourd'hui considère comme français. Des résident! français out été installés dans les centres les plus importants.
AFRIQUE
Fig. 9 5.— 1. Marocain. 1 Arabe. 3,4.Kabyles. S.Algérien. 6, 7. Égyptiens. 8. Abyssinien. 9. Touareg. 10. Nègres. 11. Cafre. 12, 13. Boërs.
Les races de l'Afrique.
Diversité des races africaines. —L'Afrique tout entière n'est pas peuplée de cette race nègre, restée inférieure, qui a si longtemps fait l'objet du commerce immoral des peuples civilisés.
Il y a parmi les indigènes africains, une grande variété ethnographique. Sans parler des envahisseurs modernes, comme les Arabes qui ne sont venus qu'au septième siècle, les Egyptiens, les Berbères, les Maures sont très différents des nègres et leur sont supérieurs.
Les Boschimans. — Bien au-dessous des nègres sont les Boschimans (dont le nom signifie en hollandais : homme des buissons), la race la plus grossière de l'Afrique.
Ils sont errants entre les montagnes du Cap et le Zambèze, et vivent du produit de leur chasse. Presque nus, il ne savent pas se construire d'habitations, et leur organisation sociale ne s'est même pas élevée jusqu'à la tribu composée de familles. Ils sont adonnés à un fétichisme grossier et ne conçoivent pas la supériorité de l'homme sur les animaux: les voyageurs prétendent même qu'ils ne connaissent pas les sentiments de l'affection paternelle.
Petits et plus laids que des singes, auxquels ils ressemblent par leurs manières, ils sont moins foncés que les nègres, et ne possèdent point une chevelure aussi épaisse.
Les Boschimans représentent la race la plus primitive de l'Afrique, avec les Akkas qui vivent dans les forêts encore inexplorées du centre du continent.
Les Hottentots. — A un degré supérieur sont les Hottentots qui vivent dans la même région. Le Hottentot est petit, mais n'est pas un nain comme le Boschiman. Il est aussi laid, mais d'une autre laideur. 11 est essentiellement pasteur, il a su dresser le bœuf et le cheval, il compose des boissons qui fermentent, il prépare le cuir pour s'en fabriquer des vêtements sommaires, il se construit «1rs huttes groupées en village et dont les matériaux, quelque rudimentaires qu'ils soient, sont pourtant agencés de manière adonner de la fraîcheur l'été et de la chaleur l'hiver.
Au fétichisme des Boschimans, il joint Y adoration des astres et il a atteint au point de vue social le degré marqué par l'organisat ion de la tribu.
Les nègres. — Au-dessus des Hottentots tout lus nègres, divisés eux-mêmes en un très
grand nombre de familles, encore très difficiles à démêler.
Haute taille, jambes arquées, pieds plats, cou puissant, visage aplati et proéminent par le bas, peau noire et luisante, plus claire à la plante des pieds et à la paume des mains, chevelure laineuse ; — vanité, légèreté, gaieté, paresse, facilité à endurer l'esclavage, superstition, tel est le type nègre. Ajoutons le courage assez fréquent, chez les Yoloffs du Sénégal par exemple, qui nous fournissent d'excellents soldats.
Les nègres n'ont point dépassé un degré inférieur de la civilisation, celui de la vie agricole : ils n'ont jamais su mettre en œuvre les innombrables richesses de leurs pays, et n'apportent aux comptoirs Européens que des matières premières.
L'hérédité suit chez eux la ligne féminine, de sorte que le défunt laisse se» biens ou son pouvoir au fils de sa sœur.
Les familles réunies forment des tribus, et dans la région du Niger, il s'est même formé d'importantes monarchies, avec des villes ou plutôt de grands villages qui ont de f>0 à 100 000 habitants: Coumassie,Ahomey, Kouka, Abéokouta (carte, p. 183).
Les Bantous. — Les Banlous ou Cafres, que l'on a confondus à tort avec les nègres, habitent la majeure partie de l'Afrique méridionale et orientale. Ce sont des pasteurs et des guerriers pleins de courage qui ont subjugué les Hottentots, et contre lesquels les Hollandais et les Anglais du Cap ont eu de rudes luttes à soutenir. Les Zoulous sont des Cafres.
Les Cafres ont le front plus élevé que les nègres, les allures plus élégantes, la peau brune et même jaunâtre plutôt que noire, la mâchoire moins avancée. Ils sont plus sobres, plus sérieux, plus laborieux. La polygamie existe chez euxcomme chez tous les Africain*, mais l'hérédité en ligne masculine et l'autorité paternelle sont le fondement de leur société.
Les Pouls. — Une race au teint rouge et à cheveux lisses, la race poul, s'étend sur la limite du Soudan et du Sahara, de la mer Rouge au Sénégal. Elle est représentée sur le Nil par les Nubiens.
Elle forme la classe prépondérante dans les Etats nègres du Niger et du Sénégal ; convertie versleseizième siècle à la religion musulmane, elle la propage rapidement dans le centre africain.
Nomades d'abord et pasteurs, les Pouls sont
devenus sédentaires et agriculteurs en se mêlant aux nègres, puis industriels; seuls en Afrique, ils travaillent fort bien le fer et fabriquent des tissus.
Incapables de supporter l'esclavage, ils sont d'une honnêteté remarquable, et, chose unique en Afrique, ils ont reçu avec la religion, les costumes et les habitudes des Arabes, un goût de l'instruction assez vif pour qu'ils aient de nombreuses écoles.
C'est bien certainement, quoi qu'il n'y ait plus aujourd'hui un seul poul de sang pur, la race africaine la plus intelligente : c'est à elle que nous avons affaire dans la région du haut Sénégal.
La découverte de l'Afrique.
La découverte de l'Afrique date du dixneuvième siècle. — Dans l'antiquité , les Egyptiens et les Phéniciens firent sans doute le périple de l'Afrique, et les Carthaginois s'aventurèrent jusqu'aux rivages du Sénégal.
Au XV siècle, Vascode Gama détermina la véritable forme du continent et les Portugais s'aventurèrent de bonne heure dans l'intérieur des terres, soit au Congo, soit dans l'Abyssinie.
Mais la véritable découverte de l'Afrique est l'œuvre du dix-neuvième siècle. Sauf l'Australie, il y a pas une seule partie du monde qui soit restée aussi longtemps inconnue.
Exploration du Sahara et du Soudan. — La première base d'opération fut la côte méditerranéenne que les Phéniciens et les Romains avaient successivement colonisée et où la France devait rapporter, en 1830, la civilisation détruite par l'invasion arabe.
C'est de là que partaient, c'est là qu'aboutissaient les caravanes dont le commerce enrichit autrefois les ports phéniciens des deux Syrtes. Ce fut de là que partirent à leur tour les premières expéditions modernes. En 1822, l'expédition anglaise de Denham et de Clapperton alla de Tripoli au lac Tchad, à travers le Sahara, et apprit que le Djoliba était le même fleuve que Mungo Park avait remonté fort loin à la fin du dix-huitième siècle, et que l'on connaissait sous le nom de Niger.
La découverte du Soudan fit un grand pas avec le docteur Barth. Parti deTripoli,en 1850, avec l'anglais Richardson et l'allemand ()/•<■>•weg, mais bientôt privé par la mort de ses deux Compagnons, le docteur Itarth découvrit en plein Sahara l'oasis montagneuse de l'Atr, et