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LA DECOUVERTE DE L'AFRIQUE

explora le Soudan occidental. Il entra dans Tombouctou que l'anglais Laing n'avait pu voir en 1826, mais où le français Caillé avait réussi à pénétrer en 1828.

Avec un nouveau compagnon, le docteur Vogel, il explora le lac Tchad et détermina son altitude; puis il revint en Europe en 1856, et Vogel demeuré seul, périt en essayant de pénétrer dans le Soudan oriental. Le voyage de cinq ans accompli par Barth, est le fondement de nos connaissances sur le Soudan.

Le Sahara a été connu plus complètement avec ses oasis, ses montagnes, ses peuplades errantes des Touaregs, grâce à l'allemand Rohlfs et aux nombreux voyageurs français suscités par la conquête de l'Algérie. Les allemands Rohlfs et Nachtigal, les français Duveyrier et Largeau, etc., y ont exécuté depuis d'importants voyages ; l'autrichien Lenz a réussi il y a deux ans à pénétrer dans Tombouctou.

Les sources du Nil. — La première tentative pour découvrir les sources du Nil a été celle de centurions envoyés par Néron; ils furent arrêtés par les végétations fluviales qui entravent la navigation dans le pays du Bahrel-Ghazal (carte, p. 191). C'est par le Sud et en les abordant directement que les sources du Nil ont été reconnues.

De J857 à 1859. les anglais Burton et Speke vérifièrent les récits des marchands de Zanzibar et des missionnaires, et même la tradition de l'antiquité et du moyen âge, en allant de Zanzibar au lac Tanganyika; Speke seul vit. le lac Oukéréoué, et sa découverte ayant été contestée par son compagnon dont il avait été séparé à ce moment, il recommença son voyage avec Grant : cette fois, non seulement il vit le lac Oukéréoué, mais encore il le contourna, et, suivant le fleuve qui s'en échappait, revint ainsi en Europe par le Caire. Les sources du Nil étaient découvertes (1863 .

On s'obstina dès lors à remonter le fleuve

parce qu'on savait où l'on allait désormais : Samuel Baker, aussitôt après avoir rencontré Speke à Gondokoro, poussa jusqu'au lac Louta N'sigé ou Mvoutan établissant la domination égyptienne au cœur même de l'Afrique ; le docteur Schweinfûrth (1867-71) reconnut le grand bassin du Bahr-el-Ghnzal, les monts Baginsé et les sources de la rivière Quelle (carte, p. 191) affluent de droite du Congo.

Le Congo. — Au commencement du XIXe siècle, des marchands portugais avaient remonté le fleuve fort loin, mais c'est par son cours supérieur que les grands voyageurs l'ont atteint. Livingstone (fig. i'6) visita les lacs Tanganyika et Bungoucolo, en 1867.

Fig. 96. — Livmgsiuiie.

L'Ecossais Cameron (1873-74), découvrit ies relations du lac Tanganyika, avec le Congo.

Ce fut le premier Européen qui traversa l'Afrique méridionale de l'océan Indien à l'Atlantique. Stanley renouvela cet exploit de 1871 à 1877. Habitué à l'Afrique par le voyage qu'il avait entrepris, en 1871, à la recherche de Livingstone, il voulut connaître non seulement les sources, mais aussi le cours du Congo, et il y réussit en s'ouvrant violemment passage a travers les tribus hostiles.

Le Zambèze et l'Afrique méridionale. — Le Zambèze avait été, avant le Congo et les, lacs le théâtre des exploits pacifiques du bon Livingstone. Parti du cap de Bonne-Espé-

rance, il traversa le désert de Katahari, vit le lac N'garni et atteignit le cours supérieur du fleuve qu'il descendit en reconnaissant (pie le Nyasm était son tributaire. Ce fut le résultai des deux expéditions de 1856 et de 1858 64.

Depuis, le Portugais Serpa Pinto a encore traversé l'Afrique d'une mer à l'autre, mais plus au Sud. et exploré le désert de Kalahari.

Les expéditions actuelles. — Tous les grands peuples européens ont intérêt à pénétrer dans le continent africain pour y ouvrir des débouchés aux produits de leur industrie et y exploiter les richesses naturelles des tropiques.

L'intérêt, en même temps que la science, suscite à chaque instant de nouveaux voyageurs.

Les Français, solidement établis dans l'Afrique du Nord, pénètrent souvent dans le Sahara ou sur le haut Niger. Ils explorent avec de Brazza les affluents de la rive droite du Congo intérieur, tandis que dans l'État libre les successeurs de Stanley remontent le fleuve et ses affluents de gauche sur des canonnières à vapeur et dressent peu à peu la carte de cet immense domaine fluvial.

Les Anglais sont encore prépondérants dans l'Afrique méridionale et en Guinée d'où ils dirigent des expéditions commerciales vers le Zambèze ei le Niger.

Commerçants, missionnaires, géographes, travaillent de tous côtés au grand œuvre de la découverte. Mais la révolte du Soudan a momentanément intercepté la route du haut Nil par laquelle ils avaient remonté jusqu'au lac Oukéréoué , et les explorateurs britanniques ont maintenant pour rivaux les Allemands, nouvellement établis sur la côte ouest de l'Afrique méridionale et sur celle de Zanzibar. Les seules régions qu'ils ne nous aient pas encore complètement révélées sont le pays compris entre le lac Tchad et le Congo, et celui qui s'étend dans le coude du Congo, entre la route de Stanley et celle de Cameron.

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