IV. ILES BERMUDES
Au Sud du Canada, l'Angleterre possède les ilesBermudes.
Ces îles situées en face des États-Unis servent de dépôt à charbon pour la flotte militaire britannique.
Superficie. — 50 kil. car. (répartis sur 300 îlots).
Population. — 14 000 hab. (répartis sur les 16 îlots habités).
Commerce extérieur. — 8 millions et demi.
Capitale. — Hamilton.
n/w*. Aperçu hIstorl<iuc. — Les
terres américaines situées au Nord des grands lacs et du 49" degré de latitude nord, moins la péninsule d'Alaska, se sont groupées autour du Canada pour former l'État sujet de l'Angleterre, connu sous le nom de Dominion.
Le Canada est une ancienne colonie française.
Découvert en 1 497 par Sébastien Cabot, occupé par Jacques Cartier en 132o, au nom du roi François Ier, le Canada reçut des colons français, surtout de Normandie et du Poitou. Québec devint sa capitale en 1608, et il fut bientôt le rival des colonies anglaises de la Nouvelle-Angleterre.
Dès les guerres du règne de Louis XIV, l'Angleterre essaya de nous le prendre.
Par le traité d'Utrecht (1713) elle acquit YAcadie (aujourd'hui Nouvelle-Ecosse) et Terre-Neuve.
Par le traité de Pans (1763) elle nous enleva le Canada proprement dit et la Nouvelle-France (nouveau Brunswick).
Déjà, depuis 1670, ses agents de la compagnie de la baie d'Hudson chassaient et commerçaient avec les Indiens dans les vastes territoires du Nord.
Cette compagnie a cessé d'exister en 18G8.
L'île Vancouver, la Colombie et les territoires du Nord-Ouest joints aux anciennes possessions françaises ont formé peu à peu l'immense empire ou Dominion qui, en se groupant autour de l'ancien Canada, en a conservé le nom. Terre-Neuve seule forme, avec la côte de Labrador, une colonie séparée.
Le Dominion est un État constitutionnel et autonome, mais il reçoit un gouverneur de la métropole et ne peut engager d'action diplomatique que par son entremise.
A côté de la langue anglaise, la langue française s'y est perpétuée et un million et demi de Canadiens français, bien que très attachés à leurs institutions, y ont conservé le culte de leur ancienne patrie. •^^ Lies cultures et les forêts.
Le Dominion est surtout, un pays agricole et forestier.
Malgré la rigueur du climat beaucoup plus froid en Amérique qu'il ne l'est en Europe à la même latitude, les céréales sont cultivées en grand dans la zone méridionale, principalement dans la presqu'île qu'environnnent les lacs Huron, Saint-Clair, Êriê et Ontario; grâce à la facilité des transports l'exportation en est considérable.
L'élevage des bestiaux est pour le Canada une source de richesse plus importante encore. Dans tous les pays qui, depuis le Manitoba, însqo^Siix Saint-Laurent, bordent au Nord les grands lacs et la rive gauche du fleuve, la grande forêt américaine a été en partie défrichée et dans les prairies paissent plusieurs millions de hrtes à cornes, de moutons et de porcs; beaucoup sont envoyés vivants en Europe. La forêt qui couvre encore les trois quarts du Dominion fournit un revenu supérieur à celui de l'élevage lui-même. Aucun pays sauf la Norvège, ne fait un aussi grand commerce do DOIS (fig. '.»?).
AMÉRIQUE
I^n p<"clie. — Le Canada ressemble encore a la Norvège par l'importance de ses pêcheries.
Tous l«»s ans plus de cent mille Français, Anglais et Américains vont pêcher la morue sur les bancs de Terre-Neuve. Les ilôts de Saint-Pierre et de Miqitclon qui serrent à la salaison et à l'emmagasinage, sont les derniers débris de nos possessions canadiennes.
Fig. 97. — Exploitation d'une forêt.
Le golfe de l'embouchure da'Saint- Laurent est aussi très fréquenté par les pêcheurs et la pêche du poisson de rivière est partout fort active.
■ww^ Richesses minières. — L'extraction des richesses minérales est appelée à un grand développement; les houillères de la Nouvelle-Ecosse et les minet, d'or de la Colombie britannique soin en pleine activité. Longtemps inaccessibles, le charbon des côtes du Pacifique, et le fer répandu partout peuvent être dès aujourd'hui sérieusement exploités grâce à l'achèvement du chemin de fer transcontinental. vw^ Industrie et commerce. — La colonie s'ellbrce de multiplier les établissements industriels, afin de s'affranchir du tribut qu'elle paye à l'Europe et aux États-Unis.
Elle imite l'exemple de ces derniers en s'entourant de barrières douanières qui la forcent elle-même à fabriquer tout ce qui lui est nécessaire.
Nous avons d'autant plus d'intérêt à développer notre commerce avec le Canada que la population d'origine française cherche à renouer ou à resserrer tous les jours les liens qui l'unissent à l'ancienne mère patrie.
v^ Lia population. Les Français canadiens. — Il importe de diriger une partie de Vémigration française vers le Canada; car il est de notre intérêt national que notre langue, nos mœurs, notre nom s'y perpétuent.
Depuis 1763 les Anglais, les Écossais, les Irlandais sont venus en grand nombre s'établir à côté des premiers colons frani a is. Québec est restée en grande majorité française, elle n'est que la troisième ville du Dominion (ëO 000 h.); Montréal (1 40 000)
est plus qu'à moitié française, Toron o (86 000), est purement anglaise.
Tous les jours, des États-Unis ou de l'Angleterre il arrive de nouveaux Anglo- Snxons, et la place est vaste pour les recevoir, puisque nulle part la densité de la population n'atteint pas même dix habitants au kilomètre carré.
11 y a d'autre part 500 000 Canadiens français aux États-Unis.
La population franco-canadienne est douée d'une admirable fécondité ; cependant, si l'émigration française n'y portait remède, l'élément anglais finirait par l'emporter en nombre et en influence politique dans le Canada qui est le cœur du Dominion, et où l'élément français est encore le plus fort.
Quoique nous ayons perdu le Canada par notre faute au dix-huitième siècle, nous y gardons, par le seul fait de l'origine et de la langue communes, une influence littéraire et morale qui peut avoir un jour son prix en politique. Il faut veiller à la conserver.
Le chemin de fer transcontinental (Voir carte, p. 213). — Le projet de relier par un chemin de fer allant de l'Atlantique au Pacifique toutes les provinces de l'Amérique anglaise date de l'établissement de la Confédération canadienne elle-même. Déjà l'ancien Canada, préludant à cette entreprise colossale avait construit le chemin de fer intercolonial et était entré ainsi en communication directe avec les provinces littorales de la Nouvelle Ecosse et du Nouveau Brunswick. C'est en 1870 que le pro jet du chemin de fer transcontinental prit une forme définitive. Les provinces unies en 1867 venaient de constituer au nord-ouest la province du Manitoha. Elles négociaient d'une part à l'est, l'entrée de l'île du Prince-Edouard dans la Confédération et s'efforçaient d'autre part à l'extrême ouest de persuader la Colombie; elles cherchaient à entraîner en quelque sorte un Océan par l'autre. La Colombie consentit à l'union, mais a la condition que dans dix ans le chemin de fer transcontinental serait construit.
Il y eut d'abord des difficultés. Mais en 1879 se forma un syndicat canadien qui se chargea de l'entreprise et poussa les travaux avec une extrême vigueur. Ils ont été terminés en 1886. La ligne entière est longue de 4 650 kilomètres. Le trajet de Liverpool à Vancouver sur le Pacifique par Montréal et le transcontinental canadien se trouve plus court de 1 ï!o4 kilomètres que par New-York et San-Francisco. Le voyage au Japon est raccourci de 1 722 kilomètres. Ainsi se trouve réalisé le rêve de Jacques Cartier qui, en abordant au Canada cherchait la route de la Chine.
On peut se rendre de Paris à Québec en neuf jours, dont trois jours de navigation sur le Saint- Laurent. De Québec un train transcontinental conduit au Pacifique en quatre-vingt-huit heures.
On remonte d'abord la rive droite de l'Ottawa, on longe la côte nord du lac supérieur, on traverse le Manitoba semé d'innombrables petits lacs, on passe au sud du grand lac Winnipeg, on coupe l'Assimboine puis le Saskatchewan. Après les prairies interminables, les immenses plaines vierges , se dresse abrupte comme un mur la chaîne dentelée des montagnes Rocheuses, toujours couvertes de neige. Cet obstacle formidable est franchi près du mont Hooker (4700m) et par les gorges étroites où mugit le Prazer resserré entre la chaîne des Cascades et celle des montagnes Rocheuses, on pénètre dans une contrée au climat tiède, aux forêts superbes, aux sites variés, c'est la Colombie dont la côte se découpe en une foule de ports naturels excellents. C'est là, sur le Pacifique, à New-Westminster et au port Moody qu'aboutit le transcontinental canadien.