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C'est surtout l'industrie qui a créé les grandes villes de la Nouvelle' -Angleterre : Washington (1 60000 hab.), Pittsburg (230000 hab.), Cleveland (160000 hab.), Baltimore 330000 hab.), Boston (360000 nab.), Philadelphie (900000 hab.), New- York (fig.100) qui forme avec ses annexes une agglomération de près de 2 millions d'âmes.
■"""< Causes de la prospérité matérielle (les Etats-Unis. — L'étonnante prospérité matérielle dos États-Unis s'explique par la salubrité du climat, par l'immense étendue et la fécondité des terres disponibles, par le caractère énergique et entreprenant des immigrants de toute race qui sont venus y chercher une nouvelle patrie, par la liberté religieuse et politique, par les institutions démocratiques qui, à côté de maux sérieux tels que l'égoïsme individuel et la corruption administrative, ont produit les plus grands bienfaits, par le développe ment de ï instruction populaire et professionnelle, enfin par l'esprit de travail, d'ordre et de hardiesse tout à la fois, qui est le propre de la nation anglaise mère de la nation américaine.
Les Chinois aux États-Unis. — Les Chinois ■ont d'une rare sobriété et se contentent de salaires très minimes; ils font ainsi une rude concurrence aux ouvriers américains, et c'est là surtout ce qui, avec leurs vices, explique la haine et le mépris dont ils sont l'objet aux États-Unis. Vainement le gouvernement fédéral a interdit l'entrée du territoire de l'Union à tout Chinois dépourvu de moyens d'existence : les rusés fils du Ciel débarquent dans la Colombie britannique et franchissent clandestinement la frontière assez mal gardée de ce côté.
Six grandes compagnies ont d'ailleurs organisé leur immigration. Ils sont surtout nombreux à San- Francisco où ils se sont entassés au nombre de 25 000 dans un quartier à part qui forme comme une ville dans la ville et que l'on nomme Chinatown. Ils y font une grande consommation de riz, d'oeufs de canard importés de Chine, de viande de porc dont ils ont monopolisé le commerce, de sucreries, de légumes particuliers qu'ils cultivent eux-mêmes dans des jardins proches de la ville. Us boivent de l'eau-de-vie de riz. Ils vendent dans leurs boutiques très propres toutes sortes de marchandises, mais surtout du thé et des mouchoirs de soie. Us sont employés comme ouvriers dans une foule d'indusdustries et s'occupent des travaux du ménage dans la plupart des familles. Us n'en sont pas moins détestés du reste des habitants.
Ils sont mieux accueillis à New-York où ils se trouvent déjà au nombre de 5 000, dont un millier sont blanchisseurs ou ouvriers cigariers.
Partout où ils s'établissent ils restent Chinois exclusivement Chinois; jamais ils ne se mêlent au reste de la population ; ils forment un État dans l'Etat et obéissent à des sociétés secrètes ; leur unique but est de gagner de l'argent pour retourner dans leur patrie; ils ne veulent pas mourir sur le sol étranger. Même lorsqu'ils y sont surpris par la mort, ils prennent d'ava ace leurs précautions pour n'y être point ensevelis Leurs cercueils sont soigneusement rapportés en Chine : vivants ou morts, ils sont toujours rapatriés.
Us ont importé avec eux en Amérique deux vices nationaux : l'opium et le jeu. Il y a maintenant des fumoirs d'opium dans toutes les villes importantes des Etats-Unis et les blancs y sont plus nombreux que les Chinois ; les femmes blanches mêmes n'y sont point rares. La police a essayé vainement de prohiber l'importation de l'opium. Elle n'a pas réussi davantage à interdire le jeu de loto, le jeu favori noi i, pire que le bai carat chez nous.