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X. URUGUAY

Carte : Paraguay, Uruguay, p. 220.

NOMENCLATURE PHYSIQUE

Latitude: Le Cap, Nouvelles-Galles du Sud.

— Longitude: Terre-Neuve. — Climat Au Sud de l'Europe. — Montagnet : extrémité méridionale des hauteurs Brésiliennes. — Fleuves: La Plata {Montevideo) et Uruguay.

NOMENCLATURE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE

Superficie. — 186 920 kil. car. (France: 529 000).

Population. - 438 245 hab. (France : 38 millions).

Principale ville. — Montevideo (100), capitale et grand port sur l'estuaire du Rio de la Plata.

Budget. — 50 millions.

Dette. —300 millions.

Armée. — 5000 réguliers et 20 000 gardes nationaux.

Bestiaux. — Les bestiaux et leurs produits forment la presque totalité de l'exportation.

Commerce extérieur. — 210 millions de francs (France : 10 milliards).

Commerce avec la France. — 50 millions.

Mouvement des ports. — 3 millions de lohneaux.

Tonnage de la marine marchande. — 3 000 tonneaux (France : 1 million).

Chemins de fer. — 4^0 kil. (France :

XL VENEZUELA (États-Unis de).

Caite : Amérique centrale, p. 206.

NOMENCLATURE PHYSIQUE

Latitude : Gabon, Malacca. — Longitude : Nouvelle-Ecosse, Patagonie. — Climat es chaud et malsain pour les Européens. Pluies et chaleurs équatoriales. — Presqu'îles de Guajira, de Paraguana et de Paria. — Golfe de Venezuela. — Lagune de Maracaybo. — Ile Margarita. — Montagnes du Venezuela et de la Guyane.— Fleuves : Orénoque, — affluents de Rio Negro (Amazones).

NOMENCLATURE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE

Superficie. — 1138 000 kil. car. (France: 529 000).

Population. — 2 0"5 4 15 hab. (France : 38 millions).

Budget fédéral. — 25 millions.

Dette fédérale. — 100 millions.

Grandes divisions. — Le Venezuela est une confédération de 8 États, 5 territoires et une colonie.

Villes principales. — Caracas (55), capitale fédérale, — Valencia, — La Guayra, port de commerce.

Principaux produits. — Café, cacao, quinquina et peaux.

Commerce extérieur. — 160 millions de francs (France : 10 milliards).

Chemins de fer. — 150 kil.

■v/w^ L'ancien empire e^pn^iiol.

— Au débuf de ce siècle, toute l'Amérique du Sud, inoins la Patagonie, le Brésil et lesGuyanes appartenait à l'Espagne. Avec l'Amérique centrale et le Mexique, cet empire colonial couvrait une superficie de 12 millions de kilomètres carrés.

Il était divisé en vice-royautés de la .Y ouvelle-Espugne (Mexique), de la Nouvelle- Grenade, du Pérou, de la Plata, et en capitaineries générales de la Havane, de Guatemala, de Caracas el du Chili.

venluriers (Fernand Cortez, Bizarre, etc.) pour conquérir d'antiques empires établis sur les plateaux du Mexique, de Bogota

Iet du Pérou. Les malheureux indigènes ne firent que changer de maîtres. Le despotisme espagnol remplaça celui de leurs Caciques et de leurs Incas . Bien que convertis au catholicisme, ils continuèrent à être exploités comme un vil bétail.

Jamais la métropole ne songea à créer dans ses États d'outre-mer de véritables colonies. Elle en tirait tous les ans des monceaux d'or et d'argent ; maltresse absolue de leur commerce, elle leur interdisait toute industrie et les obligeait à n'acheter que ses produits. Les Espagnols américanisés, les créoles, qui méprisaient les indigènes, étaient à leur tour méprisés par leurs compatriotes d'Europe envoyés poulies gouverner ou les exploiter. A ['oppression généi'ale se joignaient ainsi de terribles haines de race. Cependant l'invasion de l'Espagne par Napoléon Ier, donna le signal de la révolution qui, inspirée par les idées françaises, émancipa les colonies d'Amérique. Son chef principal, le Vénézuélien Sijnon Bolivar a mérité d'être surnommé le Libérateur.

- Les républiques actuelles.

— T es colonies affranchies se partagèrent en un certain nombre de Républiques.

Mais comme elles étaient peuplées en grande majorité d'indiens à demi-sauvages, et qu'elles n'avaient reçu auparavant aucune éducation politique, livrées tout à coup à elles-mêmes, elles ont dû faire un pénible apprentissage de la liberté.

D'incessantes révolutions les ont bouleversées ; les guerres d'État à État comme les luttes des partis y ont été envenimées par des rivalités de race. (Luttes de La Plata contre le Paraguay, du Chili contre le Pérou). Partout les partisans d'un pouvoir unitaire et ceux de la forme fédérativc se sont disputé la prépondérance. Actuellement sur dix-sept républiques, quatre ont, après bien des vicissitudes, adopté la forme fédérative; ce sont les Etats-Unif du Mexique, de Colombie, de Venezuela et de la Plata. LesÉtals centralistes sont : les républiques de l'Amérique centrale, Guatemala, Honduras, Costa-Rica, Salvador, Nicaragua, les deux républiques d'Haïti et de Saint-Domingue (v. p- 215); Y Equateur, le Pérou, la Bolivie, le Paraguay, ['Uruguay et le Chili. Dans les premières dominent les rivalités entre provinces, dans les autres, les rivalités de partis politiques et de couleur. vwv. Population ; grandes vil les. — La superficie totale des dix-sept républiques réunies est de 11 150000 kilomètres carrés, et leur population ne s'élève pas à 30 millions d'habitants, c'est-à-dire, que pour une superficie près de 20 fois égale à colle de la Franco, elles ne réunissent pas autant d'habitants qu'elle

RÉPUBLIQUES ESPAGNOLES

La moyenne générale est de 2fi habitants environ par 10 kilomètres carrés (710 en France).

De vastes espaces tels que la Patagonie, le grand Chaco, les plateaux glacés et les forêts des Andes, les Llanos ou steppes de l'Orénoque, la presqu'île de Californie et la Sierra Madré au Mexique, sont parcourus seulement par quelques Indiens bravos, c'est-à-dire sauvages.

Aussi les grandes villes sont-elles rares: cinq dépassent 100 000 habitants. La plus considérable est Buenos Ayres (350 000 h.) capitale et district fédéral de la confédération argentine.

Mexico, capitale du Mexique, a environ 250 000 habitants et se développe rapidement, depuis que le sentiment national surexcité par l'expédition néfaste de Napoléon III a affermi les institutions républicaines et resserré l'union des provinces.

Le Chili qui a été moins troublé quo les autres républiques espagnoles a pour capitale Santiago, peuplée de 200 000 âmes, et son grand port Valparaiso, en a plus de 100000. Avant la guerre du Chili, la capitale du Pérou, Lima, dépassait ausri 100000 âmes.

Six autres villes ont plus de 50 000 habi lants : Montevideo(iOQOOO) la rivale commerciale de Buenos Ayres ; trois grandes villes mexicaines, Guadalajara (80 000).

Puebla (65 000) et Guanajuato (56000) : Guatemala, et Caracas capitale du Venezuela (55 000 habitants).

Tous ces pays sont neufs; c'est à peine s'ils ont fixé leurs limites et ébauché leur organisation politique. Mais la race blanche y absorbe peu à peu l'élément indien; la majeure partie de la population est aujourd'hui composée de métis et elle est d'une fécondité remarquable. Un grand avenir est réservé à ces néo-latins d'Amérique, élevés à l'école intellectuelle de la France, lorsqu'ils seront assez nombreux pour tirer réellement parti des richesses naturelles de leur patrie.

'vwv. Richesse et exploitation minérales. — L'abondance des métaux précieux dans l'Amérique espagnole est proverbiale. Depuis sa découverte jusqu'en IS75, le Mexique a fourni pour plus de 16 milliards d'argent et le Pérou réuni à la Bolivie, autant. Le Mexique et la Bolivie en produisent encore de grandes quantités.

La Colombie et le Venezuela ont été de grands producteurs d'or : c'étaient les pays de ['Eldorado . Aujourd'hui l'or y est devenu rare.

On exploite beaucoup de cuivre au Chili, des dépôts de salpêtre sur les hauts plateaux peu arrosés du Mexique et surtout sur les côtes arides du Pérou, delà Bolivie et du Chili.

Il y a du mercure au Pérou et dans l'Amérique centrale : les régions volcaniques du Mexique, du Guatemala, du Pérou abondent en huiles minérales ; on

a trouvé de la houille dans le Salvador et dans le Chili qui en exporte déjà.

Enfin dans les îles entières et sur les rivages du Pérou et du Chili où le sol ne reçoit jamais une goutte d'eau, les excréments d'oiseaux marins, accumulés, forment des couches épaisses d'une matière très dure qui est le plus puissant des engrais, le guano. C'est avec le salpêtre la grande richesse du Pérou.

Le travail des mines est confié à des Indiens, l'extraction du guano à des Chinois. vw, Richesses végétales et agriculture. — Les forêts, dont est couverte une partie des montagnes , sont pleines d'essences qui se prêtent aux usages les plus variés.

A côté du quinquina dont l'écorce est un puissant tonique , se dressent les arbres propres aux constructions comme le teck ou le bois de fer, ceux dont la coloration donne de fortes teintures, ou qui servent à la fabrication des meubles comme Yacajou et le bois de rose.

D'autres distillent les gommes et le caoutchouc. Une liane très répandue produit la vanille. Le maté du Paraguay fournit une boisson analogue au thé.

Les plantes médicinales abondent : la coca du Pérou, la salsepareille, Yipécacuanha du Mexique.

Les divers étages des montagnes, les tierras frias, templadas et caldas (terres froides, tempérées et chaudes) offrent tous les climats et se prêtent à toutes les cultures. Sur les pentes et les plateaux tempérés poussent le maïs et le blé; dans les terres basses et plus chaudes, le café, ['indigo, la canne à sucre, le coton, le cacao, le tabac réussissent admirablement.

Les pays les plus riches en blé sont le Chili et la Plata dont le climat général est assez doux pour que des agriculteurs de race blanche puissent cultiver le sol.

Le café abonde dans tous les pays qui entourent ['isthme de Panama. Saint-Domingue, Y Equateur, le Venezuela et le Paraguay produisent de grandes quantités de tabac; le cacao est cultivé en grand dans le Honduras, la canne à sucre surtout au Mexique et à Saint-Domingue. La plupart de ces plantations emploient des nègres issus des anciens esclaves d'origine africaine.

~w\. I/élcvage «les hestiaux. — Peu de pays au inonde sont comparables aux républiques espagnoles, pour le nombre des bestiaux.

Sur les hauts plateaux mexicains et sur le revers oriental des Andes, dans les llanos et [as pampas (analogues aux steppes d'Australie), les bestiaux européens se sont acclimatés et multipliés à l'état demi-sauvage dans des proportions inouïes. Dans les haciendas? du Mexique septentrional, et surtout dans les estancias de la Plata, du Paraguay et de l'Uruguay, c'est par millions «pie I on compte les bœufs, les mou-

AMÉRIQUE

tons et les chevaux. Le vieux monde s'y approvisionne de bêtes sur pied, et de laine, de peaux, de viandes séchées ou salées, que préparent les saladeros.

vwn. Lto commerce, les chemins de fer, les ports. — L'industrie est encore dans l'enfance. Le broyage de la canne, la fabrication des cigares et celle des chapeaux de paille (Amérique centrale) sont les seules industries de quelque importance.

Le commerce importe d'Europe et des Etats-Unis les produits industriels, les machines, tissus, etc., que les républiques ne fabriquent pas elles-mêmes; il exporte leurs produits naturels, leurs matières premières.

L'exportation serait plus active si les moyens de communication étaient moins rares et permettaient d'exploiter toutes les ressources du pays. Le Mexique , le Ghil i et surtout la Plata ont donné pourtant quelque développement à leur réseauferré.

On construit un chemin de fer transandin entre Buenos-Ayres et Valparaiso ; un autre réunira à travers le Mexique, la Vera-Cruz et Acapulco ; il y a aussi quelques tronçons de voie ferrée unissant les dépôts de salpêtre aux ports du Pacifique sur les côtes péruviennes.

Le chemin de fer de Colon à Panama, ligne d'intérêt universel sert peu aux Colombiens. Le canal de Panama rappro-

chera d'Europe toutes les côtes du Pacifique et donnera une grande importance aux ports de Colon et de Panama.

Les seuls grands ports sont actuellement Buenos Ayres, Montevideo et Valparaiso ; la Vera-Cruz au Mexique, le Callao au Pérou sont des ports de second ordre.

Mais il y a un très grand nombre de petits ports desservant pour l'exportation comme pour l'importation leurs environs immédiats; et c'est là une conséquence forcée de l'insuffisance des grandes voies de communication (voir la carte p. 208 et la nomenclature).

vwv I/émlg;ra.tioii. — h' émigration européenne vers les républiques espagnoles, presque nulle jadis, augmente de jour en jour.

Déjà beaucoup de grandes maisons de commerce sont dirigées par des négociants français, anglais, allemands, italiens, ou américains du Nord.

Chaque jour un sang nouveau vient s'infuser au vieux sang créole : les États- Unis envoient un grand nombre de leurs citoyens au Mexique ou dans les petites républiques de l'Amérique centrale qui menacent de devenir des annexes économiques de la grande fédération.

Les pays de la Plata reçoivent des émigrants italiens, espagnols et franco-basques ; le Venezuela est un rendez-vous important d'émioTants allemands.

Avec ces nouveaux citoyens, l'esprit d'entreprise pacifique et d'ordre s' alliant à la fougue, à la fierté espagnole, à la ténacité, à la prudence indienne contribuera à créer dans l'Amérique latine des nations originales, qui pourront un jour réaliser la pensée du grand Bolivar, en formant quelque union puissante, comparable à celles des États-Unis du Nord.

Causes de rivalité entre les États de l'Amérique du Sud. — Les grands et petits États qui se partagent l'Amérique du Sud sont à peine ébauchés, et il est à craindre qu'ils ne parviennent à trouver leur équilibre qu'a la suite de nouvelles luttes.

A mesure que la population s'accroît par l'immigration ou par l'excédent des naissances, à mesure que de nouvelles terres vierges sont défrichées, les questions de limites acquièrent de l'importance, envenimées d'ailleurs par les querelles de race et de forme politique.

Ainsi le Chili où la population blanche est déjà nombreuse et prépondérante, où l'unité politique est déjà solide, se trouve à l'étroit dans le long couloir des Andes et du Pacifique et il croit pouvoir s'attaquer sans scrupule à ses voisins du Nord presque exclusivement indiens.

État maritime, pourvu d'une excellente marine, il aspire à devenir continental. Il a déjà conquis une partie du bas Pérou : il convoite le reste et menace la Bolivie ; il se sent entraîné vers les terres équatoriales et voudrait sans doute faire sa percée vers l'Amazone.

D'autre part la Bolivie, enfermée derrière 'es Andes a besoin d'un port sur le Pacifique et ne peut se résigner à rester exclusivement continentale.

Dans le bassin de la Plata, mêmes rivalités. L'empire du Brésil, qui par sa race et ses institutions, est en opposition totale avec les républiques espagnoles, a d'autres motifs d'étendre ses frontières à leurs dépens. Presque entièrement tropical, il est à la recherche de terres tempérées. Le Paraguay lui barre le chemin de la Plata et peu s'en faut qu'il n'ait naguère anéanti le Paraguay.

Les possessions argentines des anciennes missions qui s'avancent entre l'Uiuguay et le Parana menacent de couper ses communications avec la riche province du Rio Grande do Sul.

De là conflit entre les deux États. Mais le Brésil convoite surtout Montevideo qui lui assurerait à la fois le débouché de la Plata et une seconde capitale en pays salubre où l'émigration européenne se déverse à flots. Et plus tard le Brésil ne voudra- t-il pas lui aussi avoir jour sur le Pacifique?

Auparavant , l'ouverture de l'isthme de Panama ne permettra-t-elle pas le rétablissement intégral de l'ancienne Colombie de Bolivar avec ses deux annexes aujourd'hui séparées du Venezuela et de l'Equateur?

Autant de causes possibles de guerres qu'il faut malheureusement prévoir.

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