‹ Géographie géneraleChapitre 349 sur 376 · LE BRÉSIL · texte numérisé non relu

LE BRÉSIL

NOMENCLATURE PHYSIQUE

Latitude. — Afrique, du Congo à l'Orange; — îles de la Sonde et Australie centrale.

Longitude. — Détroit de Davis et Groenland.

Climat. — Tout à fait équatorial dans le Nord; plus modéré, mais encore très chaud sur les côtes du Sud ; tempéré vers les hauteurs.

Cap. — San Roque.

Baies. — De San Salvador (Bahia) et de Rio de Janeiro.

Montagnes. — De la Guyane et du Brésil {Itatiaya 2700 m.).

Fleuves. — Amazone (voir Amérique du Sud, p. 208), Tocantins, Parnahyba, San Francisco, Paraguay, Parana, Uruguay.

Lagunes. — Sur les côtes du Sud.

NOMENCLATURE POLITIQUE

Superficie. — 8 337 000 kil. car. (16 fois la France).

Population. —12 millions d'hab. (France : 38 millions).

Il n'y a au Brésil que 14 hab. par 10 kil. car. (Fr. : 71 par kil. car.). — La population est composée de 4 millions i/2 d'hab. de race blanche, de 2 millions de race africaine, de 500 000 hab. de race américaine et de 5 millions de mulâtres et de métis.

Divisions administratives. — Le Brésil est divisé en 20 provinces.

Budget. — 400 millions (France : 3 milliards et demi).

Dette. — 2 milliards 300 millions (France : 20 milliards).

Armée.— 30 000 hommes (France: 1800000 hommes).

Marine militaira. — Cuirassés : 7.

Principales villes. — Rio de Janeiro (330), capitale de l'Empire du Brésil, excellent port sur l'Atlantique, la plus grande ville de l'Amérique du Sud, — Bahia ou San Salvador (MO), grand port de commerce, — Recife ou Pernambouc (130), ville maritime.

On peut citer encore : Belem, Maranliao (ou San- Luiz). — San-Paulo. — Porto-Allegre.

Religion. — Catholicisme.

NOMENCLATURE ÉCONOMIQUE

Principaux produits. — La culture du café est la principale source de richesse du Brésil. Nul pays au monde n'en produit autant. 11 faut citer aussi le coton et le sucre

Commerce extérieur. — 1 milliard (France : 10 milliards).

Le Brésil exporte pour 300 millions de fr. de café.

Commerce avec la France. — 130 millions.

Mouvement des ports. — 8 millions de tonneaux (France : 20 millions).

Tonnage de la marine marchande. — 250000 tonneaux (Fiance: 1 million).

Chemins de fer. — G 000 kilom. (France : 32 000).

vvaa. I/cttipire portugais «lu

Brésil. — Un seul État de l'Amérique du Sud n'est point une république : c'est l'ancienne colonie portugaise, aujourd'hui l'empire du Brésil.

La même année, en 1500, Pinson, un ancien compagnon de Christophe Colomb, et le portugais Cabrai, abordèrent au Brésil, chacun par un point différent, et en prirent possession, l'un au nom de l'Espagne, l'autre au nom du Portugal.

Comme on n'y trouvait point d'or, on fît d'abord du Brésil un lieu de déportation; les Jésuites entreprirent les premiers de le coloniser ; les Français, puis les Hollandais essayèrent à plusieurs reprises d'y prendre pied. Les Portugais seuls s'y établirent. La découverte de mines d'or, au dix-septième siècle, celle de diamants au dix-huitième, donna de rapides développements aux anciennes colonies agricoles où la culture du café et de la canne à sucre par des nègres africains avait déjà beaucoup d'importance.

Lorsque Napoléon eut chassé de Lisbonne la maison de Bragance, c'est à Rio de Janeiro qu'elle se réfugia. Mais, lors de la rentrée de la Cour en Portugal, le Brésil ne put se résigner au rôle dépendant d'une colonie, il se sépara et proclama empereur (1822), l'aîné des princes royaux, don Pedro Ier. Il est resté un empire constitutionnel où l'aristocratie des grands propriétaires a la prépondérance.

^wv. Étendue et population. — Le Brésil ne s'étend pas seulement sur le plateau montagneux qui porte son nom : il comprend aussi une partie de la Guyane, une grande partie des bassins de l Amazone et du Parana.

Sa superficie n'est inférieure que d'un dixième à celle de l'Europe, mais les régions qui bordent la mer sont seules peuplées. Partout ailleurs il n'y a guère que des villages indiens très rares ou des tribus nomades mal connues.

Le nombre des habitants est d'environ 10 millions, (12 habitants par 10 kilomètres carrés).

Rio de Janeiro, la capitale, compte avec ses faubourgs 275 000 âmes, presque autant que Buenos-Ayres. Bahia ou San Salvador en a 130 000 et Pernambouc près de 120 000.

■v^/*- Richesses minérales. — Les richesses minérales du Brésil sont énormes, et leur exploitation est à peine commencée.

On recueille des diamants et de l'or dans les gisements des provinces de San-Paulo et de Minas-Geraes (haut bassin du Parana et du San-Francisco), dont la fécondité commence à s'épuiser. L'entrepôt général est Ouro-Preto ("20 000 habitants).

L'or et le diamant des provinces de Goyaz et de Matto Grosso sont trop loin dans l'intérieur pour être exploités comme il conviendrait.

D'autres métaux attendent encore les ouvriers qui les mettront au jour, et le Brésil demande à l'étranger du cuivre, du fer, du zinc et de l'étain, alors qu'il devrait lui en fournir. Grâce à des compa-

gnies anglaises, les houilles des provinces méridionales, Santa-Catarina et Rio Grande do Sul, commencent à alimenter le marché local.

•vw^ Richesses végétales. — Aucun pays au monde sauf la région du Congo, ne possède des forêts comparables à celles qui croissent dans le bassin de l'Amazone ; bien que la plupart soient vierges encore de tout défrichement, les bois de teinture et de construction, les plantes médicinales, le caoutchouc et les gommes sont déjà l'objet d'un commerce considérable.

L'empire s'étend sous des zones diverses, qui pourraient fournir les productions les plus variées. Cependant il n'y a qu'un petit nombre de cultures.

La plus ancienne et la principale est celle du café que cultivent des milliers de nègres encore esclaves : cette odieuse insti- I ulion de l'esclavage ne disparaîtra complètement du Brésil que vers la fin du siècle.

La moitié environ du café qui se consomme sur la terre provient du Brésil : il en exporte annuellement pour plus de trois cents millions.

La culture de la canne à sucre, très florissante au dernier siècle, a beaucoup perdu depuis la découverte du sucre de betterave. Celle du maté prend chaque jour de l'importance.

Dans les provinces méridionales, dont le climat se rapproche du nôtre, Y élevage des bestiaux prend aussi un grand développement ; parmi les viandes sèches et salées que Montevideo expédie en Europe une partie provient du Brésil.

~w^ Commerce, voies «le communication, immigration. — L'industrie est nulle. La plus grande partie du commerce est entre les mains de maisons étrangères, qui possèdent des entrepôts dans les ports, y reçoivent les produits fabriqués et en expédient le café et le sucre.

Rio de Janeiro fait la moitié du commerce total. Para, Parahyba, Pernambouc, Bahia et Santos se partagent le reste.

Le réseau fluvial naturel du Brésil est merveilleux, et des services à vapeur desservent déjà l'Amazone, le Tocantins, le San Francisco et le Parana.

Rio Janeiro est en relations avec ses environs par des voies ferrées qui seront prolongées jusqu'à l'Uruguay, à la Bolivie et aux côtes septentrionales de l'empire.

Lorsqu'elles seront achevées, les immigrants arriveront en grand nombre.

Plus de 50 OOO Allemands y sont déjà établis, surtout dans la province de Rio Grande do Sul ; ils forment de nombreuses colonies agricoles et jusqu'ici ne se laissent pas absorber par le type national comme aux États-Unis. Mais cette situation exceptionnelle parait due surtout à leur isolement et ils se fondront tôt ou tard dans la masse de la population brésilienne.

AMERIQUE

Fig. 101 — 1 , 2. Guaranis (sur l'Orénoque, Brésil).

Les races de l'Amérique.

Origine et variété des races. — Parmi les [00 millions d'habitants de l'Amérique, il y en a 25 environ qui proviennent de races américaines pures ou de leur mélange avec les Européens colonisateurs.

La question des origines des peuples de l'Amérique ne recevra probablement jamais de solution satisfaisante.

Un seul fait est certain, c'est que, tout en présentant un grand nombre de variétés, qu'expliquent assez la grande étendue du continent et la disparité de ses climats, les peuples américains se distinguent, par des caractères communs, de tous les autres habitants du globe.

Bien qu'ils parlent plus de 1 200 idiomes différents, que leurs crânes affectent des formes très diverses, que leur taille, gigantesque chez les Patagons, élevée encore chez les Indiens de l'Amérique du Nord, soit trèspetite chez les Péruviens et dans certaines tribus de la Colombie anglaise, les Américains ont tous cependant un air de famille, une physionomie propre. Tous ont des cheveux abondants et point de barbe; tous ont le nez très fort et aquilin; tous, malgré des nuances diverses, ont une peau de couleur bistrée.

Fuégiens, Peaux-Rouges. — Au dernier degré de l'échelle humaine, sont les habitants de la Terre-de-Feu, les misérables Fuégiens, reste d'une race ancienne en partie détruite par d'autres peuples venus du Nord. Habiles par nécessité dans la navigation et la pêche, les Fuégiens ne savent même pas se protéger contre le froid, et sont très maladroits à se procurer du feu .

Au-dessus d'eux viennent les Peaux-Rouges du Dominion et les Indiens Charruas ouPuelches des Pampas. Sauvages et cruels, ils ignorent encore l'art de travailler le fer, et leurs principales armes sont en pierre. Ils forment (1rs tribus errantes et vivent du produit de leur (liasse. L'introduction des animaux européens en a fait des cavaliers, mais ils se bornent à prendre les chevaux et à les dompter, ils ne savent pas les élever.

Les Esquimaux et les Caraïbes. — Au troisième rang sont les Esquimaux de la région polaire, pêcheurs et chasseurs habiles.

On peut ranger auprès d'eux les survivants il l'ancienne race Caraïbe qui a disparu des Antilles, mais s'est conservée dans le bassin

de l'Amazone et de la Plata. Les Caraïbes étaient et sont encore sédentaires et cultivateurs. Féroces contre leurs ennemis, ils sont doux, dociles, faciles à persuader pour qui vient à eux en ami. Les Jésuites avaient réussi très facilement à discipliner les Guaranis du Paraguay.

Les plus avancées des races américaines étaient celles qui habitaient les plateaux du Mexique, de l'Amérique centrale, de l'Equateur et du Pérou.

Celles-là cultivaient le maïs, avaient des animaux domestiques (tarnas), construisaient des routes et des monuments en pierres dont les restes décèlent un art plein de grandeur. Le gouvernement qui appartenait aux castes supérieures avait une action étendue et des ressorts compliqués. Mais la religion était un assemblage de superstitions grossières et de rites parfois sanguinaires.

Beaucoup de ces races ont été détruites. Le reste s'est modifié au contact des blancs.

Les Européens en Amérique. — Les Européens qui ont colonisé l'Amérique se composent des Espagnols répandus du Mexique au Pérou, des Portugais du Brésil, des Français du Canada et de la Louisiane el des Anglais des États-Unis.

De nos jours, beaucoup d'Italiens et de t ranco-Basques émigrent à la Plata; beaucoup d'Allema?ids vont aux États-Unis, où ils se fondent dans le type anglo-saxon; d'autres se rendent dans le Venezuela et le Brésil.

Trop faibles pour travailler sous le climat tropical, les Européens ont introduit en Amérique un grand nombre d'Africains nègres. Ceux-ci sont environ 9 millions, laplupart libres aujourd'hui.

L'esclavage en Amérique. — Il n'y a plus d'esclaves qu'au Brésil et dans les Antilles espagnoles, encore le nombre en diminue-t-il graduellement par suite de lois spéciales. Beaucoup de nègres immigrent encore aujourd'hui en Amérique comme travailleurs libres.

Les Coolies. — L'Asie commence seulement à envoyer ses coolies chinois, qui semblent destinés à jouer un rôle important dans le peuplement définitif del'Amérique. Leurlabeur opiniâtre et leur esprit d'épargne en font des concurrents redoutables pour les Européens.

Enfin, de toutes ces races rapprochées sont résultés des mélanges très divers, et comme des races nouvelles dont les haines et les jalousies se mêlent à toutes les questions politiques de l'Amérique.

Page 1