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Américain. 13. Nègres, du Sud

la terre, les côtes orientales de l'Asie : il espérait atteindre ainsi le Cipangu (Japon), où Marco Polo était allé par le continent asiatique deux cents ans auparavant.

Ses idées, qui n'avaient point plu au roi de Portugal Jean II, reçurent l'appui de la reine Isabelle de Castille, séduite par l'espoir de convertir à la foi les habitants des terres nouvelles.

Le 3 août 1492, Colomb partit avec trois caravelles du petit port andalou de Palos, et, le 12 octobre, il aborda à l'île de Guanahani, qu'il appela San Salvador. Il découvrit ensuite Cuba, où il crut toucher le sol du continent asiatique, puis Haïti, et rentra à Palos le 15 mars 1493.

Le 4 mai suivant, le pape Alexandre VI attribua solennellement à l'Espagne la possession de toutes les terres que l'on découvrirait au delà d'un méridien situé à 100 milles marins des Açores, tandis que le Portugal bénéficierait des découvertes faites en deçà.

Dans un second voyage entrepris la même année, Colomb découvrit les îles Caraïbes (petites Antilles), Porto-Rico et la Jamaïque, et, en 1498, dans une troisième expédition, il toucha terre sur le continent près des bouches de ÏOrénoque.

Déjà, en 1494 et en 1497, les frères vénitiens Cabot, au service de l'Angleterre, avaient mis le pied sur le continent américain, dans les parages de Terre-Neuve.

En 1199, le florentin Vespucci aborda en Guyane, et en 1500, Cabrai fut poussé par la tempête vers les côtes du Brésil, dont il prit possession au nom du roi de Portugal.

Deux ans après, Colomb accomplissait son quatrième et dernier voyage : il découvrait les côtes orientales du Honduras et de Costa-Rica; mais jalousé et méconnu, il était bientôt ramené enchaîné en Espagne, où il mourut misérablement (20 mai 1506), après avoir éprouvé l'ingratitude du roi auquel il avait conquis un monde.

Les successeurs de Colomb. — Cependant l'élan était donné. Pinson découvrit leYucatauen 1506 ; Ponce de Léon, la Floride, en 1512. Balboa, en 1513, traversa le premier l'isthme de Panama et vit le grand Océan. En 1516, Pinson et de Solis abordèrent aux rives de la Plata.

Enfin, en 1520, Magellan traversa le détroit auquel il laissa son nom, pour cingler vers les Philippines, où il mourut, après avoir accompli le premier la circumnavigation * du globe. Il prouvait ainsi définitivement que les terres découvertes par Colomb et ses successeurs formaient un monde distinct de l'ancien et interposé du nord au sud, entre les côtes de l'Europe et celles de l'Asie.

Colonies espagnoles , françaises et anglaises. — L'Espagne prit possession de la plus grande partie de ce monde nouveau. Cortez faisait pour elle la conquête du Mexique sur les Aztèques , au moment où Magellan doublait la Patagonie. Bientôt Pizarre vainquit les Incas du Pérou (fondation de Lima, 1535), tandis que Quesada s'établissait sur le plateau de Bogota, et que Pedro de Mendoza et Juan de Ayalas fondaient les premières colonies de la Plata et du Paraguay.

Tels furent les brillants débuts de cet immense empire d'où l'Espagne devait tirer tant d'or et à' argent.

Sur les côtes atlantiques de l'Amérique du Nord, dédaignées parce qu'on n'y avait point trouvé d'or, naissaient plus modestement, vers la même époque, la Nouvelle-France , avec Jacques Cartier (1533), la Nouvelle-Angleterre, avec Walter Baleigh, fondateur de la Virginie (1585). Mais l'une était le berceau du Canada, l'autre relui dos États-Unis.

De l'une et de l'autre partirent au dixseptième siècle de nombreux voyageurs pour explorer l'intérieur du continent. Le plus célèbre est le Français La Salle qui descendit le Mississipi jusqu'à son embouchure (1682).

L'activité était moins grande dans les colonies espagnoles écrasées sous le joug de la métropole. Au seizième siècle, Orelland avait descendu le cours de l'Amazone. L'exploration du bassin ne fut reprise que par le Français La Condamiue (1736-44), chargé de mesurer un degré de méridien sous l'équateur.

Le commencement du dix-neuvième siècle fut marqué par le fameux voyage de l'Allemand Alexandre de Humboldt dans la Colombie et le Mexique.

Depuis, les explorations de détail se sont multipliées à l'infini dans l'Amérique du Nord ; il n'en est pas de même pour celle du Sud : il faudra bien du temps encore pour qu'à travers les pampas ou les forêts vierges on fasse le relevé exact de tous les grands affluents de la Pinta ou de l'Amazone, et plus d'un voyageur peut-être payera encore son héroïsme de sa vie, comme l'infortuné Crevaux, massacré en 1881 par les Indiens Tobas, sur les bords du Pdcomayo.

Le docteur Crevaux. — Le docteur Jules Crevaux était Lorrain; il devint, très jeune encore, médecin de la marine française et fut chargé par le Ministère de l'Instruction publique d'une mission scientifique dans la Guyane

En 1877 il remonta le Maroni, en 1878 l'Oyapock, explora le premier les monts Tumuc-Humac, et pénétra sur le versant de la fiuyane brésilienne ; il sut se concilier la bienveillance des tribus indiennes, et accompagné de son fidèle nègre Apatou, il franchit les terribles chutes du Yari et rejoignit l'Amazone. Il avait parcouru plus de huit degrés de latitude dans di'S contrées inconnues et sous un climat des plus dangereux. Aussi avait-il pendant plusieurs mois souifert de la fièvre. Cependant arrivé à Para, au lieu de rentrer en France, il remonte l'Amazone à la recherche d'une voie de communication entre l'Equateur et le Brésil. Sur le Putumayo le manque de ressources l'arrête; il revient à Para, puis il repart. Cette fois il s'avance jusqu'au! sources du Putumayo et découvre le chemin qu'il cherchait. De là il se rend à la tête du Yapura, et ne pouvant rien obtenir des habitants effrayés de son audace, accepte les services de l'aventurier Santa-Cruz, le pirate des Andes. Il descend le fleuve avec ce dangereux pilote et rentre à Para en juillet 1879, avec un tracé de 1 500 lieues et de riches collections.

En 1882, chargé d'une nouvelle mission, il se proposait d'explorsr le Pilcomayo, affluent du Parana, d'ouvrir ainsi une route entre la Bolivie et la République Argentine. Il avait reçu a Buenos-Ayres et en Bolivie le meilleur accueil. Malheureusement il ne put empêcher une expédition bolivienne de le devancer chez les Indiens Tobas à qui elle tua une dizaine d'hommes et fit plusieurs enfants prisonniers. Lorsqu'il parvint à son tour chez les sauvages, il fut payé de terribles représailles et fut massacre le Î7 avril, avec presque tous ses compagnons. — Un autre de nos compatriotes M. Thouar ;i retrouvé en 1833 les restes de la mission du docteur Crevaux et repris en 1855 ses projets d'explorateur du Pilcomayo.

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