‹ Géographie géneraleChapitre 353 sur 376 · GROENLAND · texte numérisé non relu

GROENLAND

La grande terre glacée du Groenland est une possession danoise; la côte occidentale est seule habitée.

Superficie. — 2 170000 kil. car. ; — Partie danoise : 90 000 kil. car. (France : 529 000).

Population. — 10 000 hab.

La population est formée d'Esquimaux ; il n'y a que 250 Européens.

Centres de population. — Julianshaab et Christianshaab.

vwv La zone polaire. — Les côtes septentrionales de l'ancien et du nouveau continent forment autour du Pôle Nord une sorte de couronne, à peine coupée du côté de l'océan Pacifique par le détroit de Bering, entre l'Asie et l'Amérique, mais largement ouverte du côté de l'Atlantique, entre l'Amérique et l'Europe. La latitude moyenne de cette couronne est de 68°.

L'espace compris entre ces côtes continentales est occupé par les mers et les archipels polaires, dont les parties les plus méridionales nous sont seules connues, car les glaces en interdisent le libre et facile accès.

■vwv. Le Groenland. — Entre l'Amérique et l'Europe s'avance l'énorme masse du Groenland, dont les montagnes, hautes de 2 000 mètres, sont revêtues de glaciers qui descendent parfois jusqu'à la mer sur des longueurs de plus de 100 kilomètres, dans des fiords étroits et profonds.

-^v. Le§ terres polaires «le l'ancien continent. — A l'Est, l'ancien continent projette au nord du cercle polaire, le pays des Lapons et une longue zone de terres russes et sibériennes, qui va de l'entrée de la mer Blanche à celle du Pacifique, atteignant le 78° degré avec le cap Tchéliouskine.

Les terres insulaires actuellement connues sont : — l'Islande, à l'entrée môme de la mer polaire ; le Spitzberg, au nord de laLaponie; — la Nouvelle Zemble et la terre François-Joseph, au nord de l'Oural, l'une par 75°, l'autre par 82° de latitude moyenne; — les îles Liakov et l'île de Wrangell, au uoid de la Sibérie orientale.

ww Les terres polaires «lu nouveau continent. — A l'ouest du Groenland, l'Amérique dépasse le cercle polaire par une zone étroite qui va de l'entréedela mer d'Hudson au détroit de Bering, et, près de celui-ci, dépasse le 1er degré de latitude avec le cap Barrow.

Depuis le Labrador jusqu'au milieu de la côte, le continent est bordé de très près par une série de grandes îles (terres de Baffin, du roi Guillaume, du prince de Galles, du prince Albert, de Banks) que les détroits de Lancastcr et du Prince de Galles séparent de l'archipel Parry.

Cet ensemble d'îles polaires est luimême isolé du Groenland par le larpe espace marin connu sous le nom de détroit deDavis et de merde Baffin.

Au fond de cette mer, les étroits canaux de Smith et de Robeson ouvrent un passage vers une mer plus ouverte qui se développe au nord du Groenland.

>wna. Les explorations. — Bien que la terre la plus septentrionale atteinte jusqu'à ce jour (l'archipel François-Joseph), soit encore à une latitude de 82° et demi, il a fallu une dépense extraordinaire d'énergie, d'héroïsme même, pour acquérir les connaissances que nous possédons sur la région boréale.

La pêche lucrative des phoques, des morses et des baleines repoussées peu à peu vers les solitudes du pôle, n'est point le seul mobile de cette pénible conquête.

L'homme veut connaître tout son domaine, et la passion géographique a suscité d'innombrables expéditions scientifiques, dont le but le plus important a toujours été d'atteindre le détroit de Bering, soit par le Nord-Ouest, soit par le Nord-Est, en venant de l'Atlantique.

"~^ Lie passage «lu Nord-Ouest.

— Les Norvégiens avaient atteint de bonne heure l'Islande, le Groenland et le Labrador. En 1 497, le Vénitien Sébastien Cabot, recherchant le passage du Nord- Ouest, pénétra dans le détroit de Davis, j usqu'au delà d u cercle polaire. Au seizième siècle, les frères Corteréal disparurent après avoir découvert l'entrée de la mer d'Hudson, Davis explora le détroit qui a gardé son nom (1 583-1587). Au dix-septième siècle, les Danois s'établirent sur les côtes du Groenland, Hudson découvrit la mer d'Hudson et Baffin les entrées de Lancaster et de Smith, qui s'ouvrent à l'extrémité de la mer à laquelle il a laissé son nom : il s'était avancé jusqu'au 78e degré (1610).

En 1742, une récompense de 20 0001iv.

sterling avait été promise à qui découvrirait le passage du Nord-Ouest : alors s'illustrèrent Parry, lloss et John Franklin, qui mourut en i 84-5, dans la terre du roi Guillaume. Les nombreusesexpéditions envoyées à sa recherche par sa veuve et par les gouvernements anglais et américain nous ont valu la connaissance des

archipels situés à l'ouest de la mer de Baffin.

En 1853, Mac-Clure et Kellet découvrirent à travers ce labyrinthe de terres glacées le passage du Nord-Ouest.

Après eux s'élancèrent directement vers le pôle, InglefieldH8o2), Kane (1853-1855), llnyes (1800-1861), Hall (1871-1872) et Nares (1875-1876) : ils ont fini par forcer l'entrée de la mer qui baigne au Nord le Groenland.

■wwv. Le passage du Nord-Est. — Sébastien Cabot, le premier explorateur du Nord-Ouest, devenu , en 1553, grand pilote du royaume d'Angleterre, eut aussi le premier la pensée de rechercher le passage du Nord-Est; envoyé par lui, Willoughby périt après avoir vu la Nouvelle- Zemble; Chancellor lui survécut et fonda la compagnie moscovite qui envoya Burrough dans les mêmes parages.

Les Hollandais, attirés par l'abondance des cétacés , devinrent bientôt les émules des Anglais : Barents, le plus illustre d'entre eux, vit le Spitzberg et atteignit la Nouvelle-Zemble (1596).

Trois siècles plus tard seulement, la géographie polaire européenne a été complétée par l'expédition autrichienne de Payerai Weyprcchi (1872-1874), qui découvrirent la terre François-Joseph.

Les côtes de la Sibérie, à l'est et à l'ouest du cap Tchéliouskine et les îles de Wrangell et de Liakov avaient été l'objet d'expéditions russes depuis le dix-septième siècle; mais personne n'avait fait la circumnavigation de l'Asie par le Nord, comme Mac-Clure avait fait celle de l'Amérique, lorsque le Suédois Nordenskiold la tenta et l'accomplit en 1878-1879.

Mais Nordenskiold avait été favorisé par une température exceptionnelle, et déjà on a vu périr des navires qui ne voulaient aller que jusqu'à l'Iénisséi.

~wv Les routes du pôle. — Besle à atteindre le pôle même : trois routes s'offrent, celle du détroit de Bering, préconisée naguère par le Français Gustave Lambert, — celle du Gulf-Stream, dans la direction de la terre François-Joseph, recommandée par le géographe allemand Petei'mann, — enfin celle que suivent les expéditions américaines (Greeley 1881-84) et anglaises, par les détroits de Smith et de Robeson.

La banquise serre de très près le détroit de Bering, et l'expédition américaine de la Jeannette y a fini misérablement (1882).

A l'est et à l'ouest du Groenland, au contraire, Parry, en 1827, et Marhham, en 1876 (expédition Nares) ont atteint les latitudes maritimes les plus élevées : 82° 45' et 83° 20'.

•vw^ La vie au pôle Nord. — Dans la région boréale les rayons du soleil rasant obliquement le sol ce lui envoient que peu de chaleur; la durée

Page 1