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MERS ET COTES

de droite, Y Aube, la Marne, l'Aisne et l'Oise, décrivent autant de courbes concentrique eaux de son bassin, retardées dans leur cours supérieur par une large ceinture boisée et partiellement absorbées par les terrains perméables qu'elles arrosent, s'écoulent régulièrement dans une artère presque rectiligne, orientée du sud-est au nord-ouest. Ce fossé naturel est formé de l'Armançon, de l'Yonne depuis Joigny, et de la Seine elle-même à partir de Montereau.

Le régime du fleuve n'oscille pas entre deux extrêmes, l'abondance et la rareté excessive des eaux; son niveau ne varie guère; son lit, presque toujours plein, porte aisément bateau.

Aussi la Seine, quoique l'un des plus petits, est-elle le plus commode et le plus important de tous les fleuves français.

La Garonne, navigable à partir de Cazères, ne l'est réellement qu'à Toulouse ; durant la saison des basses eaux, qui est d'environ cinq mois, la profondeur de son lit est de 50 centimètres à 1 mètre. La crue de 1875 a été jusqu'à 13 mètres au-dessus de l'étiage.

Le Rhône, le fleuve le plus rapide de l'Europe, a une vitesse de un à deux mètres de Lyon à Avignon. Il débite à Lyon 50 m. c. en eaux maigres, 650 en eaux moyennes, 6 000 lors des crues extrêmes.

Les crues de la Loire peuvent atteindre 1 m. Elle débite, au bec d'Allier, 30 m. c. en été, et jusqu'à 10 000, dans ses crues extrêmes.

La pente moyenne de la Seine est de 15 centimètres par kilomètre. Malgré la régularité ordinaire de son cours, elle a eu en 187G une crue exceptionnelle ; elle roulait alors à Pans t 650 m. c. à la seconde, au lieu de 33, qui est son débit minimum.

Les gorges du Tarn et Montpellier-le-Vieux. Les gorges du Tarn, longtemps méconnues par les touristes, ont été explorées en détail par M. A. Maitel (1884-85).

Dans le département de la Lozère, au milieu des Causses du Gévaudan, le Tarn s'est ouvert un chemin grandiose, l'une des plus grandes curiosités de l'Europe et l'on peut dire même du monde entier. « Sur une longueur d'environ 100 kilomètres, entre Florac et Milhau, il coule entre deux murailles calcaires presque partout perpendiculaires, hautes de 400 à 600 mètres, rouges et jaunes comme un soleil couchant, découpées en pointes de lance et taillées en bastions formidables ; il coule au fond d'une gorge large à son sommet 1 à 2 kilomètres et fix la lumière tombe à pic comme dans un puits ensoleillé. Au point de vue de l'impression de grandeur et d'étrangeté produite sur le voyageur, il n'y a que trois sites au monde plus particuliers que les gorges du Tarn : les Alpes dolmitiques en Tyrol, le versant espagnol du mont Perdu (vallée d'Arrasas) et le grand canon du Colorado (Arizona). Nulle part ailleurs on ne trouve des roches aussi flamboyantes et surnaturelles. »

A quelques heures de ces gorges magnifiques, à 15 kilomètres est de Milhau, dans le département de l'Aveyron, M. Louis de Malafosse a découvert en 1883 un site extraordinaire qui complète le précédent, c'est Montpellier-le-Vieux, qui se dresse entre la gorge d'un affluent du Tarn, la Dourbie, et les ravines profondes de deux de ses tributaires. Cette ruine immense, qui rappelle Palmyre ou Tiièbes, • est une ruine naturelle toutefois et faite de rochers. Les habitants des vallées n'osaient s'aventurer dans ce chaos qu'ils appelaient la cité du Diable. Cinq cirques de formes diverses, profonds de 1U0 à 124 mètres, sont entourés d'une circonvallation rocheuse coupée de brèches et renfermant des forêts d'obélisques et de portes ogivales, des tours do défense et des murailles crénelées, des rues, des places et des amphithéâtres, une Pompéi géante, en un mot, couvrant 120 hectares. A l'intérieur, les monuments naturels et les cascades do pierre s'écroulent sur des précipices de 300 mètres et sur une surface do 600 hectares ; au-delà des ravins, une ceinture de forts détachés, tous monolithes rocheux, hauts parfois de 60 mètres, forme la défense extérieure et porte à 1000 hectares la superficie de Montpellier-le-Vieux. »

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