CULTURES ALIMENTAIRES
vw^ Les cultures alimentaires comprennent principalement : les céréales, — les oommes de terre et les légumes.
•^.^r. Importance de la production
en céréales. — La culture des céréales (blé ou froment, avoine, seigle, orge, sarrasin , maïs , méteil), occupe la part la plus importante des terres de labour (14 millions d'hectares sur 25).
La production moyenne (1) des céréales atteint 250 millions d'hectolitres par année, soit 7 hectolitres par habitant.
'vwv. Comparaison avec les pays étrangers. — Les ÉTATS-UNIS voient leur production en céréales croître chaque année. Leur récolte actuelle atteint déjà le chiffre formidable de 700 millions d'hectolitres, c'est-àdire près du triple de la production moyenne en France. On conçoit dès lors que les Etats- Unis puissent pourvoir de céréales les marchés européens.
En Europe c'est la RUSSIE qui donne les plus fortes récoltes (650 millions d'hectolitres), c'est-à-dire presque le triple de la France. — L'Allemagne, l'Autriche ont une récolte presque égale à la nôtre. — L'Inde anglaise, l'Australie, l'Egypte, l'Algérie sont aussi des pays à céréales.
L'Algérie, qui fut autrefois avec l'Egypte le grenier de Rnme et qui deviendra, si l'on sait en tirer parti, le grenier de lu France, fournit déjà à elle seule 10 millions d'hectolitres de blé (le 1/10 de la récolte de la France). Sa production en orge est plus abondante encore (16 millions d'hectolitres): elle approche de celle de la France entière.
vw^ Le blé. — Régions de production. — La récolte du blé figure pour près de la moitié (plus de 100 millions d'hectolitres), dans la production totale des céréales.
On cultive le blé dans toute la France, mais particulièrement dans la région du Nord (voir la carte des cultures alimentaires), et de l'Ouest. Les départements du Nord et du Pasde-Calais, avec leurs 3 millions d'hectolitres chacun, occupent le premier rang, non seulement pour la quantité récoltée, mais encore pour le rendement moyen à l'hectare (20 hectolitres; moyenne des autres départements: 15 hectolitres. — Angleterre 26).
Les régions les moins productives en blé sont : le Plateau central, — la région des Pyrénées et des Alpes, pays trop élevés et par conséquent trop froids, — les départements du littoral de la Méditerranée, qui se consacrent à des cultures plus appropriées au sol, à la température ou à l'industrie du pays (vigne, olivier, mûrier).
Certaines régions de la France doivent à la constitution géologique de leur sol (p, 46). d'être par excellence, des pays producteurs de blé; tels sont le pays de Caux (Seine inférieure), la Beauce (Eure-et-Loir), la Brie (Seine-et-Marne), le Vexin (Oise et Seine-et-Oisc),la Limagne (Puy-de-Dôme). L'examen de la carte montre cependant que les perfectionnements apportés à l'agriculture ont créé auprès de ces pays renommés des régions plus productives encore.
vw. Centres du commerce des blés.—
Les principaux marchés à blé sont : les grands ports : Marseille, Le Havre, Bordeaux, Nantes, Rouen, qui sont les centres naturels de l'importation ou de l'exportation des céréales;
(1 ) Celle moyenne est donnée sur le rendement des dix dernières année».
puis les villes de Lille pour les blés du Nord; — Paris, Dijon et Gray (Haute-Saône), pour le centre et I l'est.
•vwv Minoteries.— La transformation des blés en farine se fait un peu partout, dans les moulins disséminés sur le territoire. Cependant l'industrie de la meunerie ou minoterie s'est centralisée dans certaines localités, parmi lesquelles il faut citer : Montivilliers (Seine- Inférieure), — Cor6<?i7(Seine-et-Oise), — Gray Haute-Saône), — Moissac (Tarn-et-Garonne).
On fabrique avec les céréales des eaux-de-vie de grains, très nuisibles à la santé.
ww Avoine, seigle, orge, sarrasin, maïs, méteil. — Après le BLÉ, la céréale dont la production est la plus considérable est l'avoine (80 millions d'hectolitres"), qu'on trouve principalement dans la région du NORD et du Nord-Est.
Après l'avoine, vient le seigle (25 millions d'hectolitres ) , cultivé surtout dans la région granitique du Plateau central ; — puis Yorge, qui entre dans la fabrication de la bière, et qu'on cultive dans le nord-ouest. — Le sarrasin ou blé noir est cultivé dans la région du nord-ouest.
Le maïs (6 millions d'hectolitres) exigea la fois une chaleur continue et beaucoup d'humidité. La région du Sud-Ouest, la plusfavorable à cette culture, produit la moitié de la récolte totale.
La limite septentrionale de la culture du maïs (v. la carte) part du département de la Vendée, descend le long du Plateau central fort avant dans le sud, puis remonte le long des Cévennes jusqu'en Lorraine.
-vwv Importation et exportation des céréales. — Lorsque la récolte est bonne, la France peut non seulement suffire à ses propres besoins, mais encore exporter des céréales chez les nations voisines. Lorsque la récolte est insuffisante, elle fait venir du blé de la Russie, — des Etats-Unis, — de l'Algérie, — de Y Egypte, — de Y Italie, — de YEspagne, — de Y Autriche-Hongrie.
C'est ainsi que grâce à la facilité des communications avec les contrées même les plus éloignées, on n'a plus à craindre les terribles famines qui, au moyen âge, faisaient tant de victimes. — Le prix moyeu du blé est de 21 fr. l'hectolitre. — Les États-Unis amènent sur nos marchés des blés à un prix inférieur.
vw^ Pommes de terre. — La production moyenne est de 150 millions d'hectolitres. La région de l'Est fournit à elle seule un cinquième de la récolte totale.
La pomme de terre ne sert pas seulement à l'alimentation de l'homme et des animaux ; elle entre pour nne forte part dans la fabrication de certaines enux-de-vie de mauvaise qualité, et dans celle du sucre de glycose.
— Le prix moyen des pommes de terre ejtde 22 fr. I'hect.
-/wv Légumes. — La culture maraîchère ou culture des légumes est pratiquée aux environs des grandes villes et sur le littoral de la Manche et de l'Océan.
Les légumes du Midi et ceux d'Algérie, qui viennent à maturité quelques semaines plus tôt que ceux des régions du Nord, sont expédiés à Paris comme primeurs.
On est parvenu, au moyen de certains procédés, à conserver aux légumes pendant plusieurs années la saveur et les qualités qu'ils ont à l'état frais. Cette découverte a donné lieu à l'industrie des conserves alimentaires, qui est pratiquée surtout à Nantes, à Bordeaux, au Mans, à Paris.