CHAPITRE m
La Gaale sous la domination des Romains.
§ I. HISTOIBE DES DIVISIONS DE LA GAULE (l).
César n'avait riad changé aux diviBions de la Gaule ; Auguste la divisa , lors du partage de l'empire^ en quatre grandes provinces , savoir : la BelgiqiLe , la Lyofinaise (ancienne Cel-* tique), V Aquitaine et la Narbonaise (ancienne province romaine). Strabon , Pomponius Mêla, Pline et Ptolémée donnent des détails sur cette première division de la Gaule.
La Belgique fut subdivisée , sous Tibère ^ en trois pro-* vinces : la Belgique , la Germanie supérieure et la Germani« inférieure.
Cet état de choses subsista jusqu'à Dioclétien. Sous ce prince , dont le règne fut , comme on sait , une époque de réformes administratives , la division de la Gaule subit d'im* portantes modifications. Les anciennes provinces furent supprimées: l'empire fut partagé en diocèses et en préfectures^ La Gaule devint alors un diocèse de la préfecture des Gaules, et fut partagée , suivant Ammien Marcellin (liv. xv), en douze provinces , savoir :
1* La 1*^* Germanie , cap. Mayence, 7° La 2« Lyonnaise, cap. Rouen,
2** La 2** Germanie, cap. Cologne, 8° Les Alpes grecques et pennines, 3° La 1^" Belgique, 9° L'Aquitaine, cap. Bordeaux,
4° La 2*^ Belgique, 10° La Noyempopulanie,
5° La Séquanaise, 11° La Narbonaise,
6° La f Lyonnaise, cap. Lyon, 12° La Viennoise.
Yalentinien V^ ajouta (selon Sextus Rufus) , quatre ans après
([)Cf. Mémoires de Tacadémie des Inscriptions et Belles-Lettres, tome VIII, 405. Mémoire de Delabarre sur les divisions que les empereurs romains ont faites des Gaules en plusieiirs provinces.
fion ayénement an trône (569)i deux DOuveHei provindes aux précédentes , sa? oir i
13*^ Les Alpes maritimes, démem- 14° Une seconde Aqoitàine. brées de la Yiemioise,
Enfin un dernier partage, opéré sous Gratien, porta à dixsept le nombre des proîinces : c'est la division que donne la notice des dignités de Tempire (sect. 54 , 46 , 48) , et qui fit appeler la Gaule le pays des dix-sept provinces ou les dix-sept provinces (i).
La Narbonaise fut alors partagée en deux parties , et les deux Lyonnaises partagées aussi chacune en deux provinces.
En 574 y sept de ces provinces furent séparées du reste du diocèse , et formèrent un État particulier qui eut sa capitale (Arles) et son administration distinctes. Ces sept provinces étaient :
i^ La TiemioiBe, ô° La l*^ Narbonaise ,
2o La 1*^* Aquitaine , 6° La 2® Narbonaise^
3** La 2"^ Aquitaine , 7** Les Alpes maritimes. 4* La Noyempopolanle)
Il faut encore citer deux divisions géographiques assez importantes : nous voulons parler du Tractus armorieanus et da Tràctus nervicanm. Ces deux divisions embrassaient toutes les côtes septentrionales de la Gaule. Le duc qui les gouvernait était chargé de les défendre contre les descentes des Saxons et des autres barbares qui attaquaient Pein|[>ire par mer.
S 2. GBOeftAPtis ra la dAtifi dons les bomainb i^).
Bornes.
La Gaule (Gallia) était bornée par le Rhin depuis son embouchure jusqu'à sa source , par les Alpes , par la Méditerra-
(t) Quelques auteurs ont admis 2 Yiemioised; cette émut* du P. I>àgi est réftitéô par le témoignage de tous les auteurs ascieiis.
(a^ VoyeE la carte n° 3. — Les livres à consulter pour les détails sont les divers mémoires et ouvrages de Valois, de d'Anvillë, et surtout Texcellent ouvrage de X. le baron ^àlkanaer , siir la géographie des Gaules.
ft2 GÉOGIUPHIB HISTORIQUE
née, les Pyrénées y l'océan. Atlantique , l'oeéan Britannique, la Manche, le Pas-de-Calais (fretum Gallicum) et l'océan Germanique (mer du Nord).
Montagnes.
Les chaînes de montagnes principales s'appelaient Alpes (les Alpes) , subdivisées en Alpes penninés, grecques et maritimes ; Pyrenœi (les Pyrénées) , Cebenna (les Cévennes) , Vogesus (les Vosges), Jura (le Jura).
Fleuves.
Les fleuves les plus importants portaient les noms de Rhenus (le Rhin), Scaldis (Escaut), Sequana (Seine), Liger (Loire), Garumna (Garonne) , Rhodanus (Rhône).
Lés affluents du Rhin étaient Mosella (la Moselle) , Mosa (la Meuse) , Sabis (la Sambre).
Les affluents de la Seine étaient Matrona (la Marne), Isara (l'Oise) , Axona (l'Aisne), Icauna (l'Yonne) , Atura (l'Eure).
Les affluents de la Loire étaient Meduana (la Mayenne), Lœdus (le Loir), Elaver (l'Allier) , Caris (le Cher) , Vigenna (la Vienne).
Les affluents de la Garonne étaient ^wn(/era (l'Ariége), Tarnis (le Tarn) , Oltis (le Lot) , Durannius (la Dordogne).
Les affluents du Rhône étaient Arar (la Saône) , Dubis (le Doubs) , Isara (l'Isère), Drt(6n^ta (la Durance).
Les petits fleuves portaient les noms de Samara (la Somme), Olina (l'Orne), Herius (la Vilaine), Carentulus (la Charente), Atur (l'Adour) , Atax (l'Aude) , Arauris (l'Héraut) , Varus (le Var).
Villes.
Les villes les plus considérables de la Gaule étaient : Argen^ toratum (Strasbourg) et Moguntiacum (Mayence) , dans la Germanie première; Colonia Agrippina (Cologne), Con^ fluentes {Cohleniz), dans la seconde Germanie ; Au^gustaTre^ verorum (Trêves) , la métropole de la Gaule ; Mediomatrici (Metz) , dans la première Belgique ; Turnacum (Tournai) ,
DB LA VBAEfGX. SS
Atrebates (Arras) , Bononia (Boulogne) , Amhiani (Amiens) , Bellovaci (Beauyais), Siiessiones (Soissons), jR^mt (Reims), dans la seconde Belgique ; Vesontio (Besançon) , Aventicum (Avenche) , dans la Séqùanaise.
Dans la Lyonnaise on trouvait : Lingones (Langres) , Aiesia (Alise) , Augustodunum (Autun) , Lugdunum (L^on), dans la première Lyonnaise ; Senones (Sens) , Carnutes (Chartres) , dans la Lyonnaise quatrième ; Rotomagus (Rouen) , dans la seconde Lyonnaise ; Turones (Tours) , Namnetes (Nantes) , Andecavi (Angers), Veneti (Ya^nnes), dans la troisième Lyonnaise.
Les principales villes de l'Aquitaine étaient : Bituriges (Bourges) , Arverni (Clermont) , Cadurci (Cahors) , dans la première Aquitaine ; Santones (Saintes) , Burdigala (Bordeaux) , dans la seconde Aquitaine ; Elusa (Eause) , AlÂSci Auch) , dans la Novempopulanie*
Les principales villes de la Narbonaise étaient Tolosa (Toulouse), Narbo Martius (Narbonne), Nemamus (Nîmes), dans la Narbonaise première; Vienna (Vienne) , Arausio (Orange) , Arelate (Arles), Massilia (Marseille), dans la Viennoise; Aquœ sextiœ (Aix) , Forum Julii (Fréjus), dans la Narbonaise seconde ; Daraniasia (IVIoutiers) , dans les Alpes grecques ; Ebrodunum (Embrun) , Nicœa (Nice) , dans les Alpes maritimes.
S4 GÉOGBAPHIl nSTORIQUB
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CflAPÎTRE IV.
La Gaule sous les Frauké.
Farmt les barbares qui détruisirent l'empire romain ati cinquième siècle , les Franks , les Bourguignons et les Ooths furent ceux qui s'établirent dans la Gaule.
Nous allons suivre l'histoire des divisions politiques de la Ûaule pendant cette époque y et nous remarquerons que, malgré les nombreux changements survenus dans les royaumes barbares , l'ancienne division de la Gaule en provinces , cités et pagi , adoptée par le clergé , se perpétua au milieu de ces modifications continuelles et du désordre qu'elles entraînaient à leur suite.
§ 4 . U QàJSVA SK 484 y A L'AVÉEfJSUEMT DE GLOVIS (l)«
La Gaule était divisée , à Tavénement de Glovis , en neuf parties : les royaumes franks, les possessions des Alémans, l'empire romain , la confédération armorikaine , la Bretagne , l'Aquitaine, la Septimanie, le royaume des Bourguignons, la province de Marseille.
4 . Les royaumes franks étaient situés entre la Somme , l'Oise, la forêt des Ardennes, la Moselle, une partie du Rhin, le Mein, le Wéser et la mer du Nord (2). Ils étaient divisés en deux grandes parties : le royaume des Franks-Ripuaires (Ripewares) et les royaumes des Franks-Saliens (Saliskes).
(i) Voyez la carte n** 4. — Cette carte et ce chapitre ont été rédigés d'après un mémoire de Foncemagne (acad. des Inscrip. , t. YIII) ; art. CloTis de la Biogr/univ. par Walkenaer ; Schsell, Cours d'hist.; et surtout Grégoire de Tours et les actes des conciles.
(a) Pour les pays occupés à Test du Rhin par les Franks et pour leurs origines, Cf. THist. des institutions mérovingiennes^ par Lehuerou, 1 vol. in-8^.
Le royaume des Ripuaires ftyait pottr capitéle Cologne. Ck)blentB , Tolbiac ( Duispargum ) en étaient les villes les plus importantes. On y trouyait encore Tungri (Tongres) , dans la Tfmgria , si souvent confondue par les annalistes de ce temps avec la Thuringe (Thuringia).
Les royaumes des Saliens étaient au nombre de trois : ceux de Tourbài, de Cambrai^ de Thérouenne.
Le royaume de Tournai , gouverné par Clovis , se compoiMiit de la Ménapie , restreinte aloi^ au diocèse de Tournai , qui comprenait les pays de Bruges, Gand, et Ypres (Flandre). Ce territoire était resserré entre la mer et TEscaut.
Le royaume de Thérouenne comprenait la Morinie ou diocèses de Thérouenne et de Boulogne.
Le royaume de Cambrai se composait de la cité des Nerviens ou diocèse de Cambrai.
2 . Les possessions des À lémans . — Les Aléma ns{A lemanni) étaient une tribu germanique établie entre le Ahin , la Bavière (Baioaria) et le Mein (c'est-à-dire^ dans la Souabe ou Alemania du moyen âge). Pendant l'invasion, ils passèrent le Rhin et s'établirent jusqu'à la Meuse , occupant les provinces modernes d'Alsace, Lorraine et Bavière rhénane. Leurs villes principales étaient Mayence, Worms , Spire , Verdun , Toul.
5. L* empire romain, — On donnait ce titre pompeux aux provinces possédées encore par Syagrius, gouverneur romain. Ces provinces s'étendaient entre la Meuse, la Somme, la Seine et le royaume des Bourguignons. Les villes étaient Amiens , Saint-Quentin , Soissons , Reims , Chàlons , Troyes , Auxerre, Sens, Beauvais.
4. La confédération armorikaine. Cette confédération était située entre la Seine , la Loire et la Bretagne. Elle se composait des cités gallo-romaines d'Angers , Orléans , Melun , Paris , Rouen , Lillebonne , Lisieux , Vieux , Bayeux , Yalognes , Seez , le Mans, Dreux , Chartres.
5. Là Bretagne. * — Les Kimris de la Bretagne étaient indépendants sous un comte particulier. Leur territoire s'étendait A peu près Jusqu'à la Mayemie.
86 eÉOGlUPHIB HISTOBIQUB
6 et 7. r Aquitaine et la Septimanie. — Ces deux provmces appartenaient aux Wisigoths depuis le règne de l'empereur Honorius. L'Aquitaine comprenait les évêchés de Bordeaux, Eause, Bourges, Toulouse, Agde , Nîmes, Rodez, AIbi, Cahors, Auch, Comminges, Béarn, Oléron, Lectoure, Limoges , Conserans , Périgueux , Uzès , Tarbes , Clermont , Bazas , Mende , Tours. La Septimanie se composait des sept diocèses qui étaient sous la métropole de Narbonne ; ces évêchés étaient ceux de Béziers, Maguelonne , Ntmes, Agde , Lodève , Carcassonne , Elne.
8. La province de Marseille (Provence) appartenait aux Ostrogoths qui Tavaient enlevée aux Bourguignons. Celte province était' formée par les diocèses et les villes d'Arles, Aix, Avignon, Digne, Fréjus, Marseille, Seuez, Antibes, Avignon.
9. Le royaume des Bourguignons s'élendait entre l'Aquitaine et les Alpes , le Rhin et la Durance. Il se composait des cités de Langres , Nevers , Autun, Chalon, Dijon, Besançon, Avenche , Martigni , Genève , Mâcon , Lyon , Vienne , Valence, Tarantaise, Grenoble, Die, Gap, Embrun ,^Saint- Paul-Trois-Châteaux , Vaison , Orange , Carpentras , Cavaillon, Sisteron. Lyon , Chàlon et Genève paraissent avoir été les capitales de ce royaume.
§ 2. LA GAULE A LA MOBT DE GLOVIS (514).
Les conquêtes de Clovis et de ses fils modifièrent complètement l'état de la Gaule. La victoire de Soissons (486) fit tomber au pouvoir des Franks l'empire de Syagrius. La victoire de Tolbiac (496) les rendit maîtres des possessions des Aléraans ; la conversion de Clovis au christianisme établit sa domination sur la confédération armorikaioe placée sous l'influence ou le gouvernement des évêques. Clovis s'empara aussi des cités de Rennes et de Nantes sur les Bretons. Enfin, la victoire de Vouillé (507) lui valut la possession de l'Aquitaine.
A la mort de Clovis , sauf la Bourgogne qui était demeurée
DE LA. FttANCiS. 37
indépendante et la Septimanie qui resta encore longtemps aux Wisigoths , toute la Gaule appartenait aux Franks.